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samedi 31 octobre 2020

Il Bacio della Medusa : AnimAcusticA

En cette fin d'année 2020, le rythme des sorties s'accélère pour le petit monde du prog italien. Cette fois, c'est au tour d'Il Bacio della Medusa de sortir chez AMS Records ce qui devient son deuxième album live (après celui de 2015). Il s'agit d'une captation relativement récente réalisée le 19 octobre 2019 à l'occasion du festival Trasimeno Prog qui se déroulait dans un lieu désormais mythique en Italie pour les concerts prog de qualité : le Palazzo della Corgna in Castiglione del Lago. Il Bacio della Medusa en a profiter pour immortaliser ce concert très différent de ce que le groupe a l'habitude de proposer. Car outre une set list en grande partie renouvelée (seuls deux titres sont communs aux deux albums), la différence de taille avec le premier live réside dans une interprétation acoustique et revisitée des morceaux (acoustique pas unplugged).   

Voilà qui me convient car la musique d'Il Bacio della Medusa mérite un bel écrin, une mise en valeur digne de l'univers du luxe, tout en gardant le côté théâtral et lyrique du chant de Simone Cacchini. Et c'est bien le cas ici ! Avec en prime une relecture des morceaux qui se traduit par des arrangements appropriés appliqués à une exécution que je n'ai pas peur de qualifier de "plus classique". Cela pourra, a contrario, en perturber certains. Mais prenez le temps d'écouter (et de savourer) "La Sonda"  et vous constaterez que la puissance du rock est bien présente, à partir de 3 mn, mais différemment, de manière plus subtile disons. Sont également de la partie le jazz mais surtout les rythmes sud-américains et la musique d'Amérique du Sud en général qui semblent de plus en plus inspirer le groupe. Les musiciens d' Il Bacio della Medusa ont toujours fait preuve d'une grande capacité à marier divers styles musicaux. Ils le démontrent encore avec bonheur. Quand je parle de bonheur, je pense ainsi au plaisir que j'ai eu à écouter "Preludio, Il Trapasso", "Confessione d'un Amante" et "Cantico del Poeta Errante" dans des versions sublimées. Je pense aussi au final irrésistible d"Animatronica Platonica" et au géant "Scorticamento di Marsia" où le chemin du groupe croise à plusieurs reprises celui de Delirium. C'est l'exercice qui le veut : le chant de Simone Cecchini et les instruments à vent d'Eva Morelli sont ici encore mieux mis en valeur que d’habitude. Si Simone n'avait pas besoin de çà tant sa voix était déjà naturellement mise en avant, concernant le jeu d'Eva, ce n'est que justice. 

A noter enfin que le groupe nous offre un prime un titre studio bonus, l’inédit 'Testamento d'un poeta" qui a le double avantage de nous faire sortir de l’album en douceur dans un dernier beau moment de grâce.  

En résumé, si vous aimez  Il Bacio della Medusa, ce live devrait vous plaire. Pour les autres, c'est sûrement un bon moyen pour découvrir la musique d'un groupe qui est sur le pont depuis bientôt vingt ans (il est donc temps !). Vous pouvez d’ailleurs en profter pour lire ou relire l'interview du groupe ici.

La tracklist: à écouter sur le bandcamp du groupe

1. Preludio: Il Trapasso
2. Confessione d'un Amante
3. Il Vino (Breve delirio del vino)
4. La Sonda
5. 5 e 1/4... Fuori dalla Finestra il Tempo è Dispari
6. Animatronica Platonica
7. Sudamerica
8. Uthopia... il Non Luogo
9. Scorticamento di Marsia
10. Cantico del Poeta Errante
11. De Luxuria, Et De Ludo, Et De Taberna
12. Corale per Messa da Requiem
12. Testamento d'un Poeta

Le groupe : Simone Cecchini (chant, guitare acoustique 6 et 12 cordes), Diego Petrini (batterie, piano, synthé, mellotron), Federico Caprai (basse), Simone Brozzetti (guitare électrique), Eva Morelli (flûte, saxo), Simone Matteucci (guitare électrique)
 

 


mercredi 28 octobre 2020

Rovescio della Medaglia : Contaminazione 2.0

Il Rovescio della Medaglia est un autre nom mythique de la scène prog italienne des années 70, principalement grâce à son album phare, Contaminazione sorti en 1973.  Les deux disques qui l'avaient précédé étaient à mon avis beaucoup un ton en dessous, en tout cas moins décisifs. Le groupe s'est disloqué assez vite après son coup de maître. Puis à partir de 1995, Enzo Vita, son guitariste, devenu de fait son leader, a tenté à plusieurs reprises de relancer la machine avec plus ou moins (souvent) de bonheur. Il a fallu attendre 2016 pour enfin tendre l'oreille avec l’album Tribal Domestic qui permettait à Rovescio della Medaglia de renouer avec son meilleur niveau en partie grâce au fait qu'Enzo avait enfin dégoté un chanteur épatant en la personne de Chris Catena (au style toutefois très éloigné de celui du chanteur historique, Pino Ballarini). Toutes les tentatives de reformation du groupe ont toujours été accompagnées de prestations live plutôt de très bon niveau mais avec à chaque fois des musiciens différents (dont ceux de RanestRane entre 2011 et 2013). En 2017, l'inépuisable Enzo Vita a remonté un nouvelle équipe pour quelques concerts. Celui de septembre 2018 à l'abbaye de San Galgano a été enregistré, le groupe profitant d’être accompagné pour l'occasion par un quatuor à cordes et de Vittorio de Scalzi (New Trolls) à la flûte. Cet album, Contaminazione 2.0, présente la set list du Contaminazione de 1973 jouée dans l'ordre (plus trois morceaux de La Bibbia en bonus sur la version CD). C'est incontestablement beau et très grandiose mais à mon avis un peu trop propre par rapport à ce que le groupe était capable de faire aux débuts des années soixante dix (à l'époque, Il Rovescio della Medaglia était le groupe de rock italien à avoir le plus gros matériel de sono et était considéré comme étant celui qui jouait le plus fort). Juste un regret qu'Enzo n'ait pas fait ce live avec le line-up de Tribal Domestic. Là, çà aurait été carrément de la bombe. Ceci étant, je ne vais pas faire la fine bouche, "La grande Fuga"ou (et surtout) "alzo un muro elettrico" sont toujours aussi impressionnants à entendre après toutes ces années.

La tracklist :

1. Absent For This Consumed World
2. Ora Non Ricordo Piu
3. Il Suono Del Silenzio
4. Mi Sono Svegliato E... Ho Chiuso Gli Occhi
5. Lei Sei Tu: Lei
6. La Mia Musica
7. Johann
8. Scotland Machine
9. Cella 503
10. Contaminazione 1760
11. Alzo Un Muro Elettrico
12. Sweet Suite
13. La Grande Fuga 

 C'est distribué par  Jolly Roger Records

dimanche 25 octobre 2020

Ellesmere : WYRD

Voici la pochette du troisième album à venir d'Ellesmere, le groupe que Roberto Vitelli (ex Taproban) fait vivre depuis 2015 (cf. Les  Châteaux de la Loire et From Sea and Beyond). Outre cette très belle et alléchante couverture, vous noterez le line-up de rêve que Roberto a réussi à réunir autour de lui pour ce nouveau projet :

Fabio Bonuglia : claviers

Mattias Olson : batterie et percussions

John Hackett : flûte

Roberto Vitelli : basse, guitares

David Cross : violon

David Jackson : saxophone

Tony Pagliuca : claviers

Tomas Bodin : claviers

Fabio Liberatori : claviers

Luciano Regoli : chant

Giorgio Pizzala : chant

Il ne reste plus à attendre maintenant que le contenu musical, ce qui ne devrait pas tarder.

çà sort chez AMS



dimanche 11 octobre 2020

Lizard Records : sorties

 Plusieurs sorties chez Lizard Records pour le dernier trimestre de l'année 2020

Tout d'abord Ceneri, le second album du groupe Indra.  Au programme : modern jazz et folk au service d'une World music qui puise son inspiration aussi bien dans les Balkans, que le pourtour méditerranéen ou encore l'Inde (par l'utilisation d'instruments aussi typiques que le sitar et le tabla) avec au passage une magnifique pochette. En suivant ce lien, je vous fait écouter "Fuocchi d'artificio"


Unplugged Live par Ancient Veil qui comme son nom l'indique est une compilation de titres joués en concerts en Italie autour de Gênes soit en trio acoustique (Edmondo Romano, Alessandro Serri, Fabio Serri) ou augmenté de la section rythmique du groupe (Massimo Palermo, Marco Fuliano). Dans tous les cas, le rendu est très fidèle au style Ancient Veil et Eris Pluvia. En écoute en suivant ce lien Rings of eartly lights (suite)

Homo Habilis (Zaal) concocté par Agostino Macor (Finisterre et La Maschera di Cera). Tout ce que je peux vous dire c'est que vous allez être très étonné du résultat, très éloigné du genre de musique que pratique habituellement Agostino avec ses groupes de référence. Une petite idée en écoutant le teaser   

Planetarium, le deuxième album des Sardes d'Ozone Park qui suit l'excellent Fusion Rebirth sorti en 2018 dont voici le teaser en écoute (je n'ai rien de concret pour l'instant concernant le trop récent Planetarium) .


Et encore, le sixième album de Mezz Gacano : OzocovonobovO MMXX,. C'est toujours aussi barré et définitivement pas ma tasse de thé. Le (très court) teaser en écoute en cliquant sur ce lien

 

Pour finir, une surprise avec le retour de Fiaba qui n'avait pas donné de nouvelles depuis 2012 (La pelle nella luna).  Le nouvel album s’appellera Di gatti di rane di folleti e d'altre storie et sera assorti d'une couverture à l'artwork très différent de ce à quoi le groupe nous avait jusque là habitué. Est-ce à dire que la musique aurait également évoluée de manière radicale ? Nous le saurons bientôt.


 

 

samedi 3 octobre 2020

Métronhomme : Tutto il tempo del mondo

çà devait arriver, et nous aurons je l'espère d'autres belles surprises de ce type : nos amis de Métronhomme ont profité de la période de confinement (avril 2020) pour enregistrer un nouvel album en restant tranquillement à la maison, chacun chez soi.
De ce faut, Tutto il tempo del mondo est très différent de 4, ne serait-ce que parce qu'il a été fabriqué à partir d'idées jetées en l'air et attrapées au vol par chacun des musiciens. Comme il n'était pas question de faire des répétitions, les morceaux ont été construits selon un procédé assez simple sans rajouts et surtout avec uniquement les instruments dont disposaient les membres du groupe chez eux. La vidéo de "Quarantine" donne une assez bonne idée du processus particulier de création : à regarder ici. D'où cette impression de découvrir au final un matériau musical brut présentant une évidente fraicheur et même, de manière plus étonnante, une forme de légèreté ambiante. Le groupe en a même profité pour se lancer et oser le chant sur deux titres (très réussi sur "Come la neve", plus anecdotique sur "Il rumore del mare"), là où Métronhomme s'était toujours cantonné à l'instrumental. De fait, on est plus sur des morceaux accessibles au format ramassé et au ton parfois accrocheur. Métronhomme révèle ainsi une autre facette de sa personnalité artistique. Ses membres semblent avoir été atteints par un syndrome désinhibiteur qui les a poussé à se lâcher (sans doute la menace latente de fin du monde distillée à la même période par moult médias anxiogènes). 
Personnellement, j'ai vraiment passé un très bon moment à l'écoute de Tutto il tempo del mondo, chaque morceau évoquant à sa manière une humeur du moment, parfois sereine avec même une certaine profondeur dans le propos ("Arkè", "La citta di K."), parfois gentiment technoïde ("di una moneta che cade" et"Supermarket") et parfois carrément entrainante avec "Quarantine" qui est assurément le tube de cet album virtuel destiné à prendre bientôt une forme réelle et physique via le label M.P. & Records (distribution GT Music). 

La tracklist : (écoute en cliquant sur le lien de chaque morceau)

1. Quarantine

2. Come la neve

3. di una moneta che cade

4. Supermarket

5 Arkè

6. Il rumore del mare 

7. La citta di K.

Le groupe : Mirko Galli (basse, pédale synthé), Tommaso Lambertucci (piano, synthé, chant), Andrea Lazzaro Ghezzi (percussions), Marco Poloni (guitares, chant).