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samedi 30 novembre 2019

Psychic Equalizer : The Sixth Extinction

Une fois n'est pas coutume, je vous propose la chronique d 'un album très récent qui ne sort pas du sérail habituel du prog italien mais qui mérite vraiment d'être mis en lumière. Je parle de The Sixth Extinction du groupe Psychic Equalizer

Psychic Equalizer est une formation à vocation internationale qui regroupe une chanteuse australienne (d’où le chant parfait en anglais), un guitariste colombien, un batteur danois et plusieurs musiciens espagnols dont le leader et créateur du groupe, le claviériste Hugo Selles, également producteur de l’album. Cet artiste, encore jeune, possède à l’évidence de solides bases classiques doublées d’un talent qui ne demande qu’à apparaître au grand jour. Mais plutôt que de faire étalage de sa science ou de jouer au petit virtuose, il se met humblement au service de la musique pour composer une oeuvre qui n’est pas loin du chef d’œuvre.
The Sixth Extinction est un concept album imaginé par Hugo Selles à partir du livre du même nom, écrit par Elisabeth Kolbert (prix Pulitzer en 2015). Mais là n’est pas le plus important. Car l’intérêt principal de cet album (court) d’à peine trois quart d’heure, réside avant tout dans son contenu musical.
The Sixth Extinction, voilà ce que devrait être la musique progressive en 2019 pour mériter de garder ce nom : un matériau sonore ambitieux, construit, élaboré qui va puiser son inspiration un peu partout sans idées pré-conçues et en s’abstenant surtout de reprendre des plans déjà mille fois entendus ; ces mêmes gimmicks et phrasés répétés à l’infini qui flattent l’oreille des progueux et permettent à de nombreux groupes actuels d’obtenir un peu d’audience et parfois même du succès sans prendre de risque. Cette espèce de nécrose mortifère du rock progressif actuel ne concerne pas Hugo Selles, le maître à penser de Psychic Equalizer dont la ligne conductrice artistique est aux antipodes de ce genre de posture.
A l’arrivée je ne sais pas si cet album est du rock, du classique symphonique ou de la world music, je n’ai pas envie de le savoir et encore moins de le définir comme cela. Ce que je sais c’est que The Sixth Extinction est un produit parfaitement fini amalgamant de multiples influences et sources d’inspiration qui, dans une sorte de régénérescence de cellules vieillissantes, forme une matière nouvelle et originale. C’est aussi pour cela que vous n’aurez pas le plaisir d’avoir droit aux habituelles comparaisons ou références à tel ou tel groupe ou artiste. Ce serait faire affront à une œuvre qui se suffit à elle-même.
Je vous rassure cet album n’a rien d’élitiste et encore moins d’abscons, son écoute se fait même de manière assez fluide. L’attention auditive se portera sur la qualité de composition, la voix pure d’India Hooi, les arrangements somptueux, les changements de décors au sein d’un même morceau, parfois surprenants mais toujours intelligemment amenés, et enfin les multiples détails qui donnent du relief et de l’épaisseur à cette musique élaborée mais pourtant toujours accessible.
Il y a fort à parier que ce disque n’apparaîtra pas dans les divers classements des meilleurs albums de prog pour 2019. Il sera en tête du mien en tout cas et largement devant en plus.
(merci à Pierre Dulieu de Dragon Jazz pour la découverte)

Les membres du groupe : Hugo Selles (piano, claviers, percussions, choeurs), India Hooi (chant et instruments à vent), Adriàn Ubiaga (claviers et chœurs), Carlos Barragan (guitares), Morten Skott (batterie, percussions).

Le bandcamp du groupe :

La tracklist avec les liens YT pour une écoute directe :
1. Lonely Soul
2. The Sixth Extinction
3. Red List
4. Fly and Feel
5. Wilderness (I - VIII)
6. Wilderness (IX - XIII)
7. Prelude Opus 32 n°10 
https://www.youtube.com/watch?v=Gmo2VyMqHpo



























jeudi 28 novembre 2019

Officina F.lli Seravalle : l'interview (en français)


Allez, en route pour cette interview fleuve, en français cette fois, d’Alessandro Seravalle (Officina F.lli SERAVALLE) qui, pour ne rien vous cacher, m’a pris un peu de temps car Alessandro, non content d’intellectualiser énormément ses propos, est très prolixe dans ses réponses. Vous constaterez également, qu’outre sa très vaste culture, il fait régulièrement référence à des écrivains et philosophes, Français de préférence.

Hello Alessandro, tout d’abord, qu’est ce qui s’est passé entre la fin de Garden Wall, ton groupe historique, et le début de ce nouveau projet Officina F.lli Seravalle ? Pour les lecteurs de ce blog, il faut préciser que Garden Wall, c’est pas moins de huit albums en un peu plus de vingt ans d’existence.
Beaucoup de choses sont arrivées Louis. Tout d’abord, je dois te dire que Garden Wall ne s’est pas réellement arrêté , disons plutôt que nous faisons une très longue pause, le neuvième album, que nous intitulerons Psicomachie (qui veut dire quelque chose comme « la bataille des âmes »), est presque prêt et un jour nous allons le finaliser. Mais pour revenir au présent, j’ai réalisé deux CD sous le pseudo de Genoma (le premier est sur un album scindé en deux parties avec un autre projet intitulé λòγoς, le second s'appelle Silenzioso), c’est du matériau électronique, parfois très noisy, parfois minimaliste. J’ai aussi sorti deux CD sous mon propre nom, encore de la musique électronique mais cette fois moins hétérogène et plus centrée sur les timbres (ce que l’on dénomme « Klangfarben » en allemand, qui est la bonne expression pour moi). Dans le premier, qui s’appelle Morfocreazioni I-V, j’utilise principalement ma guitare et c’est la chose la plus noisy que je n’ai jamais faite, le deuxième s’appelle Spielräume et c’est un concept album électronique basé sur le constat que dans plusieurs langues comme l’allemand ou l’anglais (mais pas l’italien toutefois), le verbe « to play » (« spielen » en allemand) a trois significations différentes : « playing » a à voir avec la musique (jouer d’un instrument), avec les jeux (jouer à un jeu), et avec le théatre (jouer un rôle). Puis j’ai démarré d’autres projets : Schwingungen 77 Entertainment, qui est un guitar-trio « frénétique » que j’ai formé avec deux autres guitaristes, Andrea Massaria et Enrico Merlin, inspirés par le futurisme italien (ensemble nous avons réalisé un CD d’avantgarde destiné au label Setola di Maiale, Act I: notes in freedom), James Frederick Willetts est un quartet, encore avec Andrea Massaria à mes côtés, avec mon frère Gianpietro et le philosophe Raoul Kirchmayr. C’est de loin l’album le plus politisé que j’ai réalisé (avec des paroles en français, car mon ami Raoul a exercé pendant un temps à l’Université à Paris et c’est un grand expert des philosophies de Sartre et de Merleau-Ponty). D’autres projets n’ont jamais atteint l’étape de la réalisation en CD bien qu’ils aient pris beaucoup d’importance durant ces années (Agrapha Dogmata avec le violoncelliste Mariano Bulligan, le batteur Ermes Ghirardini, la danseuse Laura Della Longa et l’artiste visuel Luigina Tusini ; SeTe, un projet avec le multi-instrumentiste Carlo Sebastiano Tedeschi (consultable sur Bandcamp) et Bonsoir Trio, avec le bassiste Mauro Bon et le guitariste Tony Longheu.

Alessandro, j’ai envie que tu nous en dises plus sur le choix du nom du groupe et aussi du titre de l’album (même s’il y a une note explicative au dos de la couverture de Tajs !).
Tout d’abord, pourquoi “Officina”, Voilà ce que l’on trouve dans le dictionnaire à Officina : atelier, laboratoire, manufacture, contraction d’opificina, venant d’opifex (génitif opificis) “travailleur, ouvrier, fabricant”. Il semble que notre raison d’être soit de faire et d’expérimenter mais, bien sûr, il n’y a pas de conception intéressante sans une solide réflexion sur ce que tu fais (mon intérieur philosophique qui rejaillit !). Officina est l’endroit dans lequel mes visions musicales ainsi que celles de mon frère émergent ensemble, ma recherche de timbres se mélange avec les grooves vicieux apportés par mon frère. La chose amusante est qu’à la fin vous ne pouvez jamais dire qui à fait quoi tant tout est amalgamé. C’est de la musique pour le corps et pour l‘esprit avec un très fort feeling psychédélique. Nous l’appelons musica officinalis, tout comme les plantes officinales qui sont supposées avoir des effets thérapeutiques. La musique a toujours été le moyen que j’ai trouvé pour me soigner, pour chasser mes peurs et mes hantises. C’est une sorte de cure contre les effets épuisants de la vie quotidienne.
A propos du titre de l’album, Taj veut dire “coupure” en langue frioule. La coupe ou l’action de couper ont un rapport avec le fait de se soigner (le scalpel en chirurgie), avec le soin que la mère apporte en coupant la nourriture en petits morceaux pour son bébé, avec la mode (le couturier), avec le fait de tracer une ligne de division, avec le fait de donner une forme à quelque chose (comme pour les pierres précieuses qu’il faut retailler) ou encore le fait de supprimer quelque chose (rayer un mot). Beaucoup de significations en fait ! Mais taj, dans un sens plus prosaïque, dans notre région de l’extrème nord-est de l’Italie, signifie aussi un verre de vin. L’idée est venue à l’esprit de mon frère pendant que nous étions en train de boire un verre de vin quelque part, et après j’ai pensé à toutes les interprétations possibles de ce mot.

Pourquoi ce très net changement de style par rapport à Garden Wall ?
Je suis intimement convaincu que la musique progressive devrait ... progresser ! Rester  enfermé dans une position figée est quelque chose dont j’ai vraiment peur en tant qu’artiste. Regarder dans différentes directions, rester en permanence en mouvement, donne vie à la musique qui est condamnée autrement à être stérile. Etre « progressif » de nos jours est quelque chose qui devrait être très éloigné du fait d’imiter Genesis ou d’autres groupes du même genre. Je crois que c’est un gros problème dans la musique progressive. Malheureusement, beaucoup de progueux veulent juste entendre toujours le même truc encore et encore. C’est une manière de se rassurer ! Mais l’art ne peut pas être rassurant ! L’art doit stimuler, doit obliger les gens à réfléchir, doit même déranger. Garden Wall aussi a toujours essayé d’aller vers des chemins différents. Principium, notre premier album qui date de 1993 est à des années-lumières d’Assurdo, notre dernier album qui est sorti en 2011. Quelqu’un pourrait même dire que ce sont deux groupes différents.  
Je pense que l’électronique nous donne la chance de pouvoir expérimenter, en particulier si, comme moi, vous êtes intéressés par les tonalités, aussi c’est normal d’aller dans cette direction. Mon approche de la guitare a complètement changé de ce fait (je suppose que j’aurai de gros problèmes à jouer les vieux trucs de Garden Wall puisque je ne joue plus comme ça). La plupart du temps, je veux que la guitare ne sonne pas comme une guitare (beaucoup de sonorités étranges sur Taj! sont réalisées à la guitare mais vous ne pouvez pas l’affirmer). J’obtiens ce résultat à la fois avec une approche non conventionnelle de l’instrument (en en jouant avec des couteaux, des pierres et plein d’autres objets) et avec une utilisation importante de racks d’effets (la plupart n’ étant pas ceux faits pour les guitaristes, je recherche des pédales bizarres dont le rendu est assez imprévisible et réagissant entre elles en temps réel. L’influence de ce qui est appelé la musique créative de la scène avant-jazz de Chicago est perceptible dans ces sons. J’adore Anthony Braxton par exemple, aussi je lui ai dédié une composition sur le deuxième album de Genoma, appelée “Toni di ottoni” (c’est un jeu de mots pour ceux qui comprennent l’italien). Selon moi, la musique progressive n’est pas un genre mais une sorte d’attitude. Si vous restez statique sur vos positions, vous ne pouvez pas dire que vous faites de la musique progressive… mes idées s’arrêteront un jour, et ce sera le jour où j’arrêterai de faire de la musique.

Comment définis-tu votre style musicalement, de quoi peut-on le rapprocher ? Avez-vous des références incontournables !
Définir la musique est presque toujours très difficile. Officina F.lli Seravalle est réellement un chaudron dans lequel les influence les plus diverses et les plus inconscientes interagissent entre elles. Il y a de l’avant-jazz (certaines choses sont improvisées), du rock progressif, des moments dark-ambient mais aussi de la deep-house, de la techno, de l’avantgarde électronique. La chose importante est que tous ces “styles” (j’en ai sûrement oublié) passent par la lentille déformante de nos esprits, de sorte que ce qui est perceptible, le phénomène,  la musique réelle que vous pouvez entendre, ne correspond à aucun des styles que j’ai évoqué. Mon frère a inventé l’expression “psychedelia 3.0”, moi je parlais avant de “musica officinalis”…alors vous pouvez utiliser une de ces deux formules et elles peuvent signifier tout ou rien, c’est selon !
Avant de répondre à ta prochaine question, je veux citer un musicien que mon frère et moi adorons bien qu’il soit apparement aux antipodes de ce que nous faisons, mais c’est en réalité une très grande influence : Monsieur Phil Collins !

Alessandro, j’ai besoin de savoir : la musique des frères Seravalle est plus de l’avant garde ou de l’exploration musicale ?
Je pense que c’est les deux à la fois. Avantgarde est un terme qui vient du langage militaire. Et oui, de fait nous menons une forme de guerre contre ce que j’appelle la “Macdonaldisation de la musique”. Les mouvements historiques d'avantgarde ont été très souvent impliqués dans la politique (rappelez-vous juste le grand musicien vénitien Luigi Nono et ses batailles politiques). Dans ce nouveau disque, il y a des références explicites (le discours de Bettino Craxi au Parlement italien ou le monologue tiré de l’oeuvre de George Orwell, 1984). De ce point de vue, ma position est proche de celle du philosophe Français Michel Foucault. Ses critiques de la société moderne sont toujours si actuelles bien qu’il soit décédé en 1984 (une coïncidence ?). Son idée d’une « microphysique du pouvoir » est une sorte de guide éclairant dans mes positions politiques (dans un contexte plus ésotérique, mes convictions profondes s’inspirent beaucoup du grand Emil Cioran dont le discours philosophique est toujours mis en avant dans Tajs!).
Mais également, l’expression « exploration musicale » que tu emploies est absolument en phase avec ce que nous faisons. Explorer a à voir avec le défrichage de nouvelles voies, aller quelque part pour « rapatrier » (encore un terme d’un philosophe Français, Jacques Derrida cette fois) et donner une consistance à ce que vous avez été cherché à l’extérieur.

Le fait d‘avoir placé le titre le plus non-conformiste de l’album, “Danzatori di nebbia”, en première position est un choix délibéré ?
La tracklist a été décidée par mon frère (j’ai toujours beaucoup de mal en ce qui concerne les choix de tracklist). Je crois que c’est un bon choix pour finir. C’est la seule composition chantée (le chanteur est le grand Claudio Milano qui est aussi l’auteur des paroles). Elle démarre de la meilleure manière qui soit avec cette note de synthé à la fois profonde et douce puis l’orgue s’élève jusqu’au sommet de ses possibilités (en fait, le son d’orgue a été réalisé avec une guitare, nous avions discuté avant de ma manière de procéder et du fait que cela ne devait pas sonner comme une guitare). 

Les parties parlées ont été choisies pour des raisons d’esthétique auditive ou elles ont du sens pour vous ?
Toutes jouent un rôle très important. Dans le cas de  “Vuoto politico”, les paroles de Bettino Craxi sont particulièrement marquantes. Il explique au Parlement comment la corruption était (et est encore) au coeur du système italien. Il a été obligé de fuir en Tunisie pour éviter la détention, mais il a révélé qu’il n’était pas le seul coupable, tout le système politique italien a été infecté. L’action de la justice partait sûrement de bonnes intentions, mais elle a ouvert de ce fait un espace pour une dérive dangereuse, décourageante et détestable vers une nouvelle forme de fascisme que nous vivons malheureusement aujourd’hui dans notre pays. Le monologue inclu dans “Distopia” est tiré de l’oeuvre maîtresse de George Orwell’s, 1984. Quand Orwell a écrit ce récit dystopique, sa cible était la voie dictatoriale que le communisme avait pris; mon frère et moi sommes assez sûrs que ses mots pourraient facilement être appliqués (et je crois qu’Orwell serait d’accord) à la terrible “dictature de la pensée unique” qui est le moteur du capitalisme néolibéral. Ils disent que nous vivons dans le monde de « la fin des idéologies », mais ce n’est absolument pas le cas ! Jamais l’humanité, dans toute son histoire, n’a été menée par une idéologie unique, invasive et asservissante. “Bewusstsein als Verhängnis” (tiré du titre d’un livre d’Alfred Seidel) est marqué par une série de citations d’Emil Cioran. Cioran est le penseur ultime pour moi, je fais mien son Weltanschauung ! Il a changé ma vie. Il me dit parfois “tu n'es pas seul", comme Guido Ceronetti (mon autre guide) qui a dit « la lecture, c’est sentir la présence d’une main tendue, saisir une corde jetée sans hésitation, avoir à votre disposition un médicament non suspect ».

“NYC subway late at night” est une pièce plus conventionnelle, plus orientée free jazz. Es-tu surpris si je te dis que c’est le morceau que je préfère ?
C’est une composition de mon frère Gianpietro, il a écrit cette chose quand il est revenu d’un voyage à New York. Il était fasciné par les saxophonistes qui jouaient jusqu’à une heure très tardive de la nuit dans les stations de métro vides. Le saxophone alto est joué par Clarissa Durizzotto (elle est vraiment excellente et je suis sûr que nous retravaillerons ensemble à l’avenir). Je dois t’avouer que je ne joue pas une seule note dans ce titre, mon frère m’avait demandé d’ajouter des parties de guitare mais j’ai trouvé que cela sonnait très bien comme c’était, alors j’ai décidé de ne pas jouer dessus ! Un bon musicien doit être capable de savoir si sa participation amènera le morceau à un niveau plus élevé ou non. Il était inutile d’en rajouter sur “NYC subway late at night”. C’était juste parfait comme çà !  

Le fait de travailler dans un environnement familial (Alessandro et Gianpietro sont frères) est un avantage ou cela peut aussi créer des tensions ?
Je suppose que c’est un avantage mais, bien sûr, cela dépend beaucoup des relations que vous avez construites dans le passé. Je n’ai jamais eu de problèmes relationnels particuliers avec mon frère. Nous nous voyons souvent et nos relations sont basées sur une estime mutuelle. Je sais quel grand musicien il est, sa manière de construire des grooves est juste incroyable, et plus que tout, comme moi, il est très intéressé par le fait de développer des idées originales. De mon côté, je ressens son estime pour moi. Cela nous donne la chance de faire de la musique en totale liberté. Chacun apporte ses idées, planche sur des compositions en sachant que son travail sera apprécié et il n’y a presque pas de censure de part et d’autre. Bien sûr, nous discutons des différentes possibilités et des différentes voies que nous devrions prendre mais dans une ambiance réellement sereine. Nous avons même choisi une peinture de mon père pour notre couverture de pochette. Alors longue vie à Officina !

Officina F.lli Seravalle est un groupe destiné à jouer sur scène ?
C’est probablement le point dont nous discutons le plus. Nous ne voulons pas juste monter sur scène pour jouer face à une audience en train de nous écouter de manière classique. Notre idée est de construire une sorte de performance globale (une sorte de Gesamtkunstwerk comme Richard Wagner avait l’habitude d’appeler ce genre de tentative). Nous aimerions avoir notre musique intégrée dans un environnement plus élargi comprenant de la danse (je collabore avec une danseuse et chorégraphe fantastique sur un projet dont j’ai déjà parlé, Agrapha Dogmata), de la gestuelle théatrale (avec par exemple des images projetées sur le corps des comédiens), du visuel et peut être même de la diffusion de parfums. Nous ne voulons pas être sur scène, nous préférons être dans le public à regarder et écouter la représentation globale (le terme de « show » est d’une certaine manière dénaturé par ce que Guy Debord (encore une influence d’un penseur Français), identifie comme « La Société du spectacle ». Cette citation éclaire sa pensée : « Le spectacle est le capital à un tel degré d’accumulation qu’il devient image. Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisè par des images »). Quand j’étais adolescent, je voulais m’affirmer, être connu, devenir une “rockstar”. Maintenant le concept de célébrité est ce que je déteste le plus dans la musique. Je veux juste qu’on me laisse tranquille et laisser ma musique parler. Je pense que c’est pareil pour mon frère. Je suppose que la musique d’avantgarde est d’une certaine manière reliée à la résistance au capitalisme néo-libéral et ses effets sur les inégalités absolument anormales qu’il génère (selon de récentes études, les 26 personnes les plus fortunées possèdent autant de richesses que les 3.5 milliard d’humains les plus pauvres sur Terre !). 

Quels sont vos prochains plans à tous les deux ?
Officina F.lli Seravalle est désormais mon projet principal, aussi mon frère et moi allons commencer à travailler sur le troisième CD. Nous avons déjà plusieurs idées et des pistes de travail mais rien ne presse. Nous n’avons aucune obligation contractuelle (j’en profite pour exprimer ma profonde reconnaissance à Lizard records et à son manager, Loris Furlan). Nos relations sont basées sur l’amitié. Nous sommes éloignés de cent kilomètres et nous essayons de nous rencontrer chaque fois que cela est possible, la plupart du temps devant quelque chose de bon à manger et à boire. Alors nous pouvons prendre notre temps. Récemment, j’ai entamé un projet (intitulé Qohelet) avec Gianni Venturi, un artiste incroyable de Bologne. Le nom du projet est tiré d’un livre étonnant inspiré de la Bible dont la citation la plus fameuse est « nihil sub sole novi » (rien de nouveau sous le soleil). Certains considèrent Cioran comme le nouveau Qohelet, et c’est pourquoi Gianni et moi aimons beaucoup ce livre. Cioran lui-même a dit que dans Qohelet, tout avait été dit. Je suis toujours ouvert pour des collaborations stimulantes, aussi qui sait, peut-être vais-je commencer d’autres projets. J’aimerais faire quelque chose avec le grand poëte Nicola Vacca, nous en avons parlé, on verra. Bien sûr, j’ai une autre tâche : finir le neuvième album de Garden Wall album, ce que j’espère vraiment.

mercredi 27 novembre 2019

Maurizio Guarini : A Goblin's Chamber

Maurizio Guarini est le second claviériste historique de Goblin, aux côtés de Claudio Simonetti. Il  a rejoint le groupe en septembre 1975, juste après l'enregistrement de Profondo Rosso. Il joue donc sur Roller  et les albums suivants. 
Il sort en décembre son premier album solo, A Goblin's Chamber, publié par le label maison, BacktotheFudda. Il s 'agit en fait d'une sélection de morceaux, tirés du répertoire de Goblin, arrangés pour un quatuor à cordes avec Maurizio Guarini aux claviers et un percussionniste en appoint. Il semble que la mode soit à nouveau aux versions symphoniques (cf. Big Big Train, Latte e Miele 2.0 sans oublier la prochaine sortie de With friends with Orchestra de Marillion, rien à voir musicalement parlant évidemment !). 
A Goblin's Chamber sera disponible en version CD et vinyle bien sûr !

mardi 26 novembre 2019

Picchio dal Pozzo

Imaginez qu'il se passe à nouveau quelque chose de concret du côté de Picchio dal Pozzo ? Et bien moi, je crois que ce serait bien possible !

dimanche 24 novembre 2019

Prometheo : D'un fuoco rapito, d'un giovane uomo, d'un amore insensato

Le groupe de Bari, Prometheo, avait mis en ligne, il y a quelques semaines, un premier titre tiré de son futur album., titre qui me semblait déjà bien prometteur. Cette fois, c'est enfin l'album entier qui est publié  et la première écoute confirme à la fois l'affirmation d'un nouveau très bon groupe dans le paysage prog italien (quoique Prometheo existe depuis 2008) et une très belle matière musicale sur cet album dont le nom à rallonge semble être une spécialité italienne, je cite : D'un fuoco rapito, d'un giovane uomo d'un amore insensato. A l'évidence Prometheo s'inscrit dans la grande tradition du prog italien expressif et attachant. un rock progressif qui vous rend heureux car il y a toujours de belles lignes mélodiques à venir vous charmer sans pour cela négliger le côté énergique voire ardent qui donne une vraie dynamique au tout. Le travail de Prometheo pourra vous rappeler celui d'Il Bacio della Medusa en un peu moins démonstratif et exubérant.

Voici la track list des 10 titres pour une durée totale d'écoute de 56 minutes  :
1. Prothos (5:13)
2. Il Ratto Del Fuoco (6:05)
3. Fuga (1:38)
4. Canto I (4:04)
5. Una Prigione D'aria (8:28)
6. La Guerra Dei Titani (7:36)
7. Quel Che Vide La Rupe (5:37)
8. Canto II (2:56)
9. Il Segreto (9:42)
10. Eschatos (5:10)

La composition du groupe :  Alessandro Memmi (chant, guitare), Andrea Tarquilio (chant), Andrea Siano (claviers), Andrea Maddaloni (basse), Alessandro Cellamare (batterie).

Le titre "Il Ratto del fuoco" (excellent) est en écoute sur YT :
https://www.youtube.com/watch?v=38PmsIy0cCE
 
Pour info, l'album est disponible en format CD mais aussi sur plusieurs plate-formes d'écoute :
Apple music : 
https://music.apple.com/album/id/1482595332?fbclid=IwAR3Uj4JSjKmyBEkoFAhkJVSr-zn_O3GxeZKKByUmCvN8nVQdRlYrHtLPzjM
Deezer :
 https://www.deezer.com/it/album/113971352


lundi 18 novembre 2019

Officina F.lli Seravalle : l'intervista


 Per una volta, l’intervista prima in italiano !

Intervista con Alessandro Seravalle.

Ciao Alessandro, prima di tutto, cosa è successo tra la fine dei Garden Wall e l’inizio di questo nuovo progetto chiamato Officina F.lli Seravalle? Per I nostri lettori, dobbiamo specificare che I Garden Wall sono ancora a otto albums in più di venti anni.
Molte cose sono successe amico mio.  Prima di tutto voglio dirti che i Garden Wall non si sono sciolti, diciamo che ci stiamo prendendo una lunga pausa, siamo in attesa…il nono album, che sarà intitolato “Psicomachie”, è pressocchè pronto quindi un giorno lo finiremo. Ma, di nuovo su cosa è accaduto…in questi anni ho pubblicato un paio di Cd con il nome Genoma (il primo è un doppio album condiviso con un altro progetto intitolato λòγoς, il secondo si chiama “Silenzioso”), si tratta di roba elettronica, alle volte molto noisy, altre volte minimale. Ho inoltre pubblicato due cd con il mio nome…ancora una volta ma questa volta meno eterogenea, più focalizzata sul timbro (ciò che in tedesco è detto “Klangfarben”, la giusta espressione per la cosa), nel primo, intitolato “Morfocreazioni I-V”, ho usato principalmente la chitarra ed è la cosa più noise che io abbia mai fatto, il secondo è intitolato “Spielräume” ed è un concept album elettronico basato sul fatto che in alcune lingue (non in italiano comunque), tedesco e inglese ad esempio, “to play” (o spielen in tedesco) ha tre diversi significati: ha a che fare con la musica (“suonare” uno strumento, to play an instrument), con i giochi (“giocare”, to play a game) e con il teatro (“recitare”, to play a role). Inoltre ho dato il via ad altri progetti: Schwingungen 77 Entertainment (un Cd per l’etichetta d’avanguardia Setola di maiale chiamato “Act I: notes in freedom”) è un “trio di chitarre deliranti” con altri due grandi chitarristi, Andrea Massaria ed Enrico Merlin ispirato dal futurismo italiano; James Frederick Willetts è un quartetto, ancora Andrea Massaria al mio fianco assieme a mio fratello Gianpietro e al filosofo Raoul Kirchmayr. È il disco più politico che io abbia sin qui realizzato (ci sono dei testi in francese amico mio…Raoul ha lavorato all’Università di Parigi per qualche tempo in quanto è un grande esperto delle filosofie di Sartre e Merleau-Ponty). Altri progetti non hanno raggiunto il traguardo discografico e tuttavia sono stati improtanti in questi anni (Agrapha Dogmata, con il violoncellista Mariano Bulligan, il batterista Ermes Ghirardini, la ballerina Laura Della Longa e l’artista visuale Luigina Tusini; SeTe, un progetto col multistrumentista modenese carlo Sebastiano Tedeschi, dateci un ascolto su Bandcamp e Bonsoir Trio, con il bassista Mauro Bon e il chitarrista Tony Longheu devono sicuramente essere citati).

Concentriamoci sul nome di questa nuova band e anche sul titolo di questo album (anche se c’è una nota esplicativa sul libretto di Tajs!). Puoi spiegarci queste scelte?
Innanzitutto perché “Officina”, diamo un’occhiata al dizionario…Officina: in latino classico “bottega, fabbrica, laboratorio”, contrazione di opificina, da opifex, ficis “operaio, lavoratore, costruttore, artefice”. Sembra che il nostro fuoco sia sul fare, sperimentare, agire nel reale…ma naturalmente non c’è un fare di qualche interesse senza una solida riflessione su cosa fai (emerge il mio retroterra filosofico!). Officina è il luogo in cui le mie visione musicali e quelle di mio fratello si uniscono, la mia ricerca timbrica si fonde con i groove contagiosi forniti da mio fratello…la cosa divertente è che, alla fine, non si è in grado di discernere chi fa cosa dal momento che tutto è così intrecciato. È musica per il corpo e per la mente con un sapore fortemente psichedelico. La chiamiamo musica officinalis e proprio come le piante officinali si suppone che porti con sé qualche effetto terapeutico. La musica è ha sempre costituito il modo che ho trovato per curarmi, per lavar via le mie oaure e i miei fantasmi, è una sorta di cura contro gli effetti logoranti della vita di tutti i giorni. Circa il titolo: Taj significa “taglio” in friulano. Il tagliare ha a che vedere, ancora una volta, con il curare (il taglio del chirurgo), con il prendersi cura (la madre che taglio il cibo in pezzettini per il suo bambino), con lo stile (il sarto o il cineasta), con il marcare una linea di divisione, con il dare forma a qualcosa (il taglio delle pietre preziose, ad esempio) o con il cancellare qualcosa. Un sacco di significati! Ma taj, in una maniera più prosaica, nella nostra piccola regione all’estremo nord-est dell’Italia significa anche “bicchiere di vino”, l’idea è balenata a mio fratello mentre stavamo bevendo del vino da qualche parte, poi ho pensato a tutti i significati prima citati.

Perchè questo evidentissimo cambiamento di stile rispetto ai Garden Wall?
Sono profondamente convinto che la musica progressiva dovrebbe…progredire! Rimanere bloccati in una posizione acquisita è qualcosa che, come artista, mi spaventa veramente! Cercare sentieri diversi, rimanere in costante movimento dona vita alla musica altrimenti condannata alla sterilità> Essere “progressive” ai nostri giorni è qualcosa di molto lontano dall’imitare lo stile dei Genesis o di altre bands, secondo me questo è un problema enorme della musica progressiva. Purtroppo un sacco di progsters desiderano semplicemente riascoltare la stessa cosa più e più volte, è rassicurante! Ma l’arte non può essere rassicurante! L’arte deve stimolare, deve far pensare le persone, deve persino pungolare! Gli stessi Garden Wall hanno sempre provato di attraversare diverse strade. Principium, il nostro primo album risalente al 1993, è lontano anni-luce da Assurdo, l’utlimo lavoro del 2011. Si potrebbe pensare che sitratti di due distinti gruppi! Credo che l’elettronica dia la possibilità di sperimentare, in particolare se, come me, si sia interessati al timbro, sicché è stato abbastanza naturale muovermi in quella direzione. Anche il mio approccio alla chitarra è cambiato completamente (credo che avrei grossi problemi a suonare oggi il vecchio materiale dei Garden Wall dal momento che non suono più in quel modo). La maggior parte delle volte voglio che la chitarra non suoni come una chitarra (molti suoni bizzarri su Tajs! sono fatti con la chitarra ma non potresti mai dirlo). Ottengo questa cosa sia con approcci non convenzionali sullo strumento (suonandolo con coltelli, pietre, ventilatori e altri oggetti) e con un uso esteso di pedali (in particolare non quelli tradizionali dei chitarristi…cerco pedali strani le cui risposte siano almeno in parte imprevedibili e reagisco ai suoni che ne escono in tempo reale…è qui percepibile una specie di influenza della cosidetta creative music della scena avant-jazz chicagoana…adoro Anthony Braxton ad esempio tanto da avergli dedicato una composizione sul secondo album di Genoma intitolato “Toni di ottoni”, un gioco di parole se capisci l’italiano). La mia opionione è che la musica progressiva non sia un genere ma un certo tipo di attitudine. Se si rimane immobili nelle proprie posizioni non si può dire di fare musica progressiva…un giorno le mie idee finiranno, e quello sarà il giorno in cui abbandonerò il fare musica.

Come definiresti il tuo stile musicale, con quali riferimenti, che genere di vicinanze?
Definire la musica è sempre piuttosto difficile. Officina F.lli Seravalle è veramente un calderone nel quale le influenze più diverse e tendenzialmente inconscie reagiscono assieme. C’è l’avant-jazz (alcune cose sono improvvisate), il rock progressivo, momenti dark-ambient ma anche la deep-house, la techno l’avanguardia elettronica. La cosa importante è che tutti questi “stili” (ho sicuramente dimenticato qualcosa) passa attraverso la “lente deformante delle nostre menti”, così ciò che è percepibile, il “fenomeno”, la musica che puoi realmente udire non è alcuno degli stili succitati. Mio fratello ha coniato l’espressione “psichedelia 3.0”, ho parlato prima di “musica officinalis”…per cui puoi usare una di queste due formule e tuttavia esse dicono tutte e niente. Prima di rispondere alla tua prossima domanda voglio citare un msucista che sia io che mio fratello amiamo e che è in apparenza agli antipodi di quello che facciamo ma, in realtà, è una grossa influenza: il sognor Phil Collins!

La musica dei fratelli Seravalle è più avanguardia o esplorazione musicale?
Immagino entrambe. Avanguardia è termine che esce da un contesto militare. Sicché sì, combattiamo una sorta di guerra contro quella che chiamo “Mcdonaldizzazione della musica”. I movimenti dell’avanguardia storica sono stati spesso coinvolti nella politica (si pensi al grande musicista veneziano Luigi Nono e alla sue battaglie politiche), nel nuovo disco ci sono alcuni riferimenti espliciti (il discorso di Bettino Craxi al Parlamento italiano o il monologo tratto da 1984 di George Orwell). Da questo punto di vista la mia posizione è prossima a quella del filosofo francese Michel Foucault. La sua critica della società moderna è tutt’ora così attuale nonostante egli sia morto nel 1984 (una coincidenza?). La sua idea di una microfisica del potere è una specie di faro nelle mie posizioni politiche (su un piano maggiormente “cosmologico” le mie convinzioni più profonde pagano un debito al magnifico Emil Cioran la cui filosofia è sempre in prima linea, anche in Tajs!). ma anche l’espressione “esplorazione musicale” che hai usato è in linea con le cose che facciamo. Esplorare ha realmente a che fare con l’aprire nuove vie, andare da qualche parte fuori per poi “rimpatriare” (di nuovo un termine preso da un filosofo francese, Jacques Derrida questa volta) e dare forma ha ciò che hai trovato là fuori.

Avete piazzato “Danzatori di nebbia” in prima posizione, è stato un fatto voluto? Perché è forse la traccia più anticonformista dell’album.
La tracklist è stata scelta da mio fratello (ho sempre avuto fastidi nel decidere le tracklist), Ritengo che alla fine si sia rivelata una buona scelta. Si tratta dell’unica composizione cantata (il cantante è il fantastico Claudio Milano che è anche l’autore del testo) e attacca al giusto modo con questa nota molto profonda del sintetizzatore and l’organo che si innalza fino alle regioni più alte del suo registro (in effetti il suono organistico è stato ottenuto con la chitarra, si parlava in precedenza del mio approccio allo strumento teso a farlo suonare “non come una chitarra”).

Le parti parlate sono state scelte per ragioni estetiche o hanno un senso preciso?
Tutte giocano un ruolo molto importante. Nel caso di “Vuoto politico” le parole di Bettino Craxi (al tempo uno degli uomini più potent della politica italiana, fu Primo Ministro e capo del partito socialista) sono notevolmente impressionanti dal momento che il suo j’accuse viene direttamente dalla stanza dei bottoni del potere politico italiano. Egli racconta di come la corruzione fosse (e lo è tuttora) al cuore del “sistema Italia”, fu costretto a fuggire in Tunisia per evitare il carcere ma rivelò di non essere l’unico colpevole, tutto il sistema politico italiano era colpito. L’azione della Magistratura fu sicuramente buona nelle intenzioni ma creò spazio per la pericolosa, scoraggiante e detestabile deriva verso una nuova forma di fascismo che purtroppo viviamo attualmente nel nostro paese. Il monologo incluso in “Distopia” è tratto dal capolavoro di George Orwell “1984”. Quando Orwell scrisse il suo romanzo distopico il suo obbiettivo era il sentiero dittatoriale che il comunismo aveva intrapreso; io e mio fratello siamo ben sicuri che le sue parole potrebbero facilmente essere applicate (e immagino che Orwell sarebbe d’accordo) alla terribile “dittatura del pensiero unico” che è il turbocapitalismo neoliberista. Si dice che viviamo nel mondo della “fine delle ideologie”, ma non è assolutamente così! Mai nella sua storia l’umanità è stata guidata da un’unica, pervasiva e schiavizzante ideologia come questa! “Bewusstsein als Verhängnis” (che significa “la coscienza come fatalità”, è il titolo di un libro di Alfred Seidel) è contraddistinto da una serie di frasi di Emil Cioran come “meglio essere un animale che un uomo, un insetto che un animale, una pianta che un insetto, e così via. La salvezza? Tutto ciò che assotiglia il regno della coscienza e ne compromette la supremazia” oppure “la coscienza è l’incubo della natura” o ancora (e questa è piuttosto decisiva) “la coscienza è molto più della spina, è il pugnale nella carne. Cioran è il pensatore definitivo per me, la sua visone del mondo è la mia! Ha cambiato la mia vita, mi ha in qualche modo detto “non sei solo”, come Guido Ceronetti (l’altro faro per me) ebbe modo di affermare “leggerlo è avvertire la presenza di una mano tesa, afferrare una corda gettata senza timidezza, avere alla propria portata una medicina non sospetta”.

“NYC subway late at night” è un pezzo più convenzionale, più orientato al free jazz. Ti sorprendi se ti dico che è quello che preferisco?
Questa composizione è di mio fratello Gianpietro, ha scritto la cosa di ritorno da un viaggio a New York. Rimase affascinato dai sassofonisti che suonavano a notte fonda nelle stazione della metropolitana vuote, quindi ha cercato di ricreare le sensazioni provate mentre si muoveva attraverso New York usando la metropolitana a tarda notte> L’assolo di sassofono contralto è suonato da Clarissa Durizzotto (davvero fantastica e sono certo che lavoreremo ancora assieme in futuro). Devo confessarti che non suono una singola nota in quella composizione, mio fratello mi chiese di aggiungere delle chitarre ma sentivo che la cosa suonava alla grande così com’era e dunque ho deciso di non suonarci. Un buon musicista è in grado di comprendere se un suo intervento possa portare la canzone a un livello superiore oppure no. Inutile suonare su “NYC subway late at night”. Era semplicemente perfetta!

Il fatto di lavorare in un contesto famigliare (Alessandro e Gianpietro sono fratelli) è un vantaggio o può anche creare tensioni?
Immagino sia un vantaggio ma, ovviemente, dipende dalla relazione che hai costruito con un parente nel passato. In effetti non ho mai avuto problemi particolari con mio fratello…ci incontriamo piuttosto spesso e la nostra relazione è basata sulla stima reciproca. So che fantastico musicista lui sia, il suo modo di costruire i grooves è semplicemente grandioso e. soprattutto, come me, è interessato a sviluppare idee originali. D’altra parte sento la sua srtima per me. Questo ci dà l’opportunità di fare musica in completa libertà. Ognuno aggiunge le sue idee, lavoro sulle composizioni sapendo che il suo lavoro sarà apprezzato e non c’è praticamente censura. Naturalmente discutiamo delle diverse soluzioni e delle differenti strade che possiamo intraprendere ma davvero in un’atmosfera molto serena. SEgliamo persino I quadri di mio padre per le copertine assieme. Quindi…lunga vita all’Officina!

Officina F.lli Seravalle è una band destinata ad esibirsi su un palco?
Questo è probabilmente il punto su cui discutiamo maggiormente. Non vogliamo esibirci nel classico modo “frontale”…sai, gente sul palco che suona strumenti e il pubblico di fronte a loro ad ascoltare. La nostra idea è cercare di mettere in piedi una specie di Gesamtkunstwerk (“opera d’arte totale”) come Richard Wagner chiamava un tentativo siffatto. Ci piacerebbe che la nostra musica fosse inserita in un contesto più ampio che includa danza (collaboro con una fantastica ballerina e coreografa nel succitato progetto Agrapha Dogmata), azione teatrale (magari con proiezioni sui corpi degli attori), visuals, perché no? persino profumi e così via…non vogliamo stare sul palco, preferiremmo essere tra il pubblico guardando e ascoltando l’azione globale (il termine “spettacolo” è in qualche modo contagiato da ciò che Guy Debord, di nuovo influenze da pensatori francesi, etichettava appunto come “la società dello spettacolo”…questa citazione è illuminante: «Lo spettacolo è il capitale arrivato a un grado tale di axccumulazione da diventare immagine. LO spettacolo non è un insieme di immagini, ma un rapporto sociale tra le persone, mediato dalle immagini»). Quando ero giovane volevo affermare me stesso, essere conosciuto, condurre una vita da “rockstar”. Adesso il concetto di “rockstar” è quanto odio di più, volgio essere lasciato in pace e lasciare che sia la mia musica a parlare….credo sia lo stesso per mio fratello. Immagino che la “musica d’avanguardia” (qualunque cosa questa espressione significhi) sia in qualche modo correlata alla “resistenza” al capitalismo neoliberista e ai suoi effetti sulle abnormi diseguaglianze che porta con sé (secondo studi recenti 26 persone (!!!) possiedono la ricchezza di 3,5 miliardi delle persone più povere della Terra!).

Quali sono i tuoi prossimi piani artistici?
Al momento Officina F.lli Seravalle è il mio progetto principale, quindi io e mio fratello lavoreremo sul terzo cd…abbiamo alcune idee su cui lavorare ma non c’è assolutamente fretta. Non abbiamo obblighi contrattuali (voglio esprimere il mio pieno apprezzamento per Lizard records e per il suo capo Loris Furlan…la nostra relazione è basata sull’amicizia, abitiamo a circa 100 chilometri di distanza e cerchiamo di incontrarci ogni volta che possiamo…in particolare davanti a qualcosa di buono da mangiare e da bere!) per cui possiamo prenderci il nostro tempo! Di recente ha dato il via a un progetto con Gianni Venturi, un magnifico performer di Bologna, chiamato Qohelet. Il nome del progetto è tratto dallo straordinario libro incluso nella Bibbia la cui citazione più celebre è «nihil sub sole novi», “niente di nuovo sotto il sole”. Alcuni considerano Cioran come “il nuovo Qohelet”, ed ecco perché sia io che Gianni amiamo quel libro così tanto! Cioran stesso disse che nel Qohelet c’è già tutto. Sono sempre aperto a colaborazioni stimolanti quindi, chissà…forse inizierò qualche altra cosa. Vorrei fare qualcosa con il grande poeta Nicola Vacca, ne abbiamo parlato, quindi vediamo cosa nasce…ovviamente un altro obiettivo  è completare il nono album dei Garden Wall, spero di riuscirci.


http://www.lizardrecords.it/officina-f-lli-seravalle-tajs/






dimanche 17 novembre 2019

Tilion : Suites ritrovate

Je vous reparle très bientôt de ces Suites Ritrovate. L'album sort le 1er décembre en auto-production. Vous pouvez donc déjà le commander directement en vous connectant à cette adresse mail : tilionmusic@gmail.com
Pour vous faire patienter, voilà un lien pour écouter "Eclipse" tiré de l'album A.M.I.G.D.A.L.A. sorti en 2008, avec Lino Vairetti (Osanna) au chant.
 https://www.youtube.com/watch?v=sfFRBNng4uw

lundi 11 novembre 2019

Aldi Dallo Spazio : Quasar

Aldi Dallo Spazio est un groupe assez récent dans le paysage musical italien, puisque créé en 2015 à Ravenne. Quasar est sorti en 2019 mais une première mouture de cet album avait été enregistrée dès 2017. Le guitariste du groupe, Davide Mosca, est aussi membre de Witchwood, c'est ce qui a permis de faire la connexion avec Jolly Roger Records, plutôt spécialisé dans le hard et le heavy. Le label italien les a récupéré au vol pour finalement leur proposer de sortir une version plus aboutie de Quasar. Et c'est vraiment une bonne idée. Car si nos amis font clairement dans le "pop prog rock psychédélique revival" (ouf, c'est long !), ils le font bien et sans le côté poseur de leurs confrères de The Winstons, également adeptes du psyché rétro (ceux là je les ai un peu dans le pif depuis que je les ai vu sur scène). 
Bon pour revenir à Aldi Dallo Spazio, vous allez passer un sacré bon moment avec Quasar.  Dans ce genre d'exercice, il y a souvent (toujours) quelque chose qui cloche et qui vous fait dire "tiens, tiens, c'est pas d'époque çà". Là, je vous le promets, sans  même vous en rendre compte vous allez faire un bond dans le temps et en plus vous sentir vraiment bien. Car avec Aldi Dallo Spazio, çà coule, c'est fluide et évident. Écoutez "Litlle Pig Willy", si vous ne prenez pas votre pied avec ce morceau, je ne m'y connais plus. De toute façon, il n'y aucun déchet dans cet album. De "Long Time Lover" qui évoque le Premiata Forneria Marconi le plus festif, jusqu'à l'épique final "Epiphany" floydien en diable (n'oubliez pas, le morceau fait 17 minutes et non pas 11 !) en passant par "The distance"qui lorgne à plusieurs moments vers Goblin/Daemonia, vous allez en prendre plein les oreilles.
Frayant dans une veine vraiment très proche de ce que produit aussi Arabs in Aspic, Aldi Dallo Spazio réussit le sans faute là où trop souvent les Norvégiens nous laissent sur notre faim.
Après ce voyage immersif dans le passé, vous aurez peut être un peu de mal à revenir en 2019. Pour ma part, j'ai fait simple : j'ai choisi d'y retourner direct !
Vous l'aurez compris, Quasar est très belle réussite.

Track list avec les liens YT pour écoute directe :

1. Long time lover
2. The distance
3. Little Piggy Will 
4. Santana (a freedom song)
5. Epiphany
Le groupe : Dario Federici (chant, claviers), Simone Sgarzi (guitares), Davide Mosca (guitares), Marco Braschi (basse), Lorenzo Guardigli (batterie). 


Label : Jolly Roger Records 


dimanche 10 novembre 2019

Le coin des vinyles : in concerto (Le Orme)


Le Orme : in concerto
Philips 6323028 A (1974)
 
En 1974, les Vénitiens de Le Orme se sentent pousser des ailes. Le passage de la pop légère et psychédélique de la fin des années soixante à un prog plus consistant s’est plutôt bien passé. Le groupe peut revendiquer trois albums solides et reconnus (Collage, Uomo di Pezza, Felona e Sorona), une popularité qui s’affirme de mois en mois et un contrat avec une major (Philips).  Il est donc temps de frapper un grand coup. Aucun groupe italien de rock progressif n’a pour l’instant sorti d’album live. Le Orme va le faire coiffant ainsi au poteau Premiata Forneria Marconi de quelques mois (Cook sortira six mois après in concerto). Aucun groupe  italien de prog n‘a encore osé défier les anglais sur leur terrain en enregistrant en concert une longue impro inédite en studio, à l’instar de ce que faisait régulièrement à l’époque King Crimson ou Emerson, Lake and Palmer. Le Orme va s’y risquer avec le très long « Truck of fire » (22 mn 15) grattant une fois encore au passage Premiata Forneria Marconi qui fera de même sur Cook avec « Alta loma nine till five ».    


A l’arrivée, on a donc ce live enregistré les 16 et 17 janvier 1974 à Rome. La face A comprend effectivement la longue performance expérimentale précitée, découpée en deux parties. La première ressemble beaucoup à du Emerson, Lake and Palmer justement, durant laquelle Tony Pagliuca prend le leadership et se met en avant aux claviers (piano puis Moog, orgue et synthé) avant d’être rejoint par  Michi dei Rossi dont les très longues interventions percussives restent peu convaincantes dans l’ensemble, son utilisation du Drum Controller étant particulièrement laborieuse. La deuxième partie de « Truck of fire » est chantée et permet à Aldo Tagliapietra de reprendre une place plus centrale. De par son côté sombre et torturé, ce mouvement final fait fortement penser à King Crimson tout en évoquant quelques accents de Felona e Sorona.
La face B est consacrée à un florilège de titres tirés principalement de Collage. On s’étonnera que le magnifique Uoma di pezza ne soit pas représenté et qu’un seul morceau soit extrait du  récent Felona e Sorona (« Ritorno al nulla »). Il faut dire que l’on a droit à un deuxième moment totalement original avec « preludio a era inverno », une très longue introduction réussie à « Era inverno » signée Tiny Pagliuca (orgue).
Ce live n’est sans doute pas l’album avec lequel il faut entrer en contact avec Le Orme car trop peu représentatif du style réel du groupe. Il est toutefois intéressant pour les fans et constitue un  témoignage précieux de ce que les italiens étaient capables de produire sur scène à l’époque dans un style plus aventureux que ce que l’on imagine. On passera sur un rendu auditif très brut qui ne rend pas hommage à la musique des italiens avec un son sans aucune finesse.   


vendredi 8 novembre 2019

Michele Conta : l'intervista in italiano


Intervista a Michele Conta (Traduzione : Rossana Lombardi)

Dopo l’uscita di questo album che nessuno si aspettava, Endless Nights (vedere il mio articolo di qualche giorno fa), era indispensabile saperne di più sul nostro “ritornato” italiano, Michele Conta, membro storico della Locanda delle Fate. Ebbene, non resterete delusi perché la prima intervista esclusiva di Michele è per i lettori di questo blog. Ecco la versione italiana, mentre la versione francese  (https://rockprogressifitalien.blogspot.com/2019/11/scoop-michele-conta-linterview.html?spref=fb&fbclid=IwAR0iA4dzBRrg4zjcpbaa1PsySaCIAF9a-REQjcHaBi8eIrEASmBsgPm-s4U) è stata pubblicata qualche giorno fa.


Ciao Michele, sono proprio contento di farti questa intervista! Ovviamente la prima domanda è: cosa hai fatto per tutti questi anni dopo lo scioglimento della Locanda delle Fate (mi sembra) nel 1980?
Ciao Louis,
in tutti questi anni ho fatto il medico a tempo pieno e lo spazio dedicato al pianoforte era di sera dopo cena, per rilassarmi un po' dalla giornata di lavoro.

Come mai hai aspettato così tanto tempo prima di fare questo album solo?
Infatti dopo lo scioglimento, si stava sempre più affermando la disco music ed il punk e altra musica leggera di bassa qualità, per cui  ho preferito uscire dalle scene.

Sei rimasto in buoni rapporti con gli altri componenti della Locanda delle Fate?
I rapporti personali con i membri della Locanda sono buoni;  con alcuni di loro ci sentiamo spesso telefonicamente e anche di persona.
Sono entrato nella band da ragazzo: infatti avevo solo 17 anni e gli altri componenti erano più vecchi di me di parecchi anni per cui li consideravo come dei fratelli più grandi da cui prendere consigli.

Non hai mai pensato di tornare a suonare con la Locanda delle Fate?
Nel corso degli anni ci furono vari tentativi di reunion con la Locanda, però mai riusciti ...  Il punto di disaccordo era che alcuni musicisti della band volevano esclusivamente andare in tour con i brani del vecchio album, invece io ci tenevo a realizzare un disco nuovo, Infatti preferisco di gran lunga la composizione  ai concerti!

Hai pensato di invitare dei componenti della Locanda delle Fate nel tuo album?
Per le parti cantate di questo ultimo CD avevo pensato di chiedere a Leonardo Sasso, però Simone Lampedone (il mio ingegnere del suono) mi ha fatto notare che il sound sarebbe stato troppo  simile a quello  della Locanda.
Alla fine ho scelto la voce di Ermanno Brignolo (il chitarrista) perché vive a Sydney, in Australia, e ha ovviamente una perfetta pronuncia dell'inglese.

Quest’album è una sorta di prolungamento della Locanda delle Fate o qualcosa di completamente diverso e personale?
Inevitabilmente troverai alcune somiglianze con la musica della Locanda delle Fate perché, come sai, quattro delle tre vecchie composizioni di Forse le lucciole… erano le mie.
La differenza sostanziale con Forse le luccioleriguarda gli arrangiamenti musicali poiché sono meno barocchi e quindi più semplici, ma spero altrettanto efficaci.

Quando hai composto i brani di Endless nights?
Come ti ho detto, in tutti gli anni in cui non ho registrato dischi ho comunque sempre continuato a suonare e comporre.  E' stato Niko Papathanassiou (fratello del grande Vangelis) a convincermi a realizzare il cd.
Infatti lui viveva a Volos, in Grecia, e un paio di volte all'anno ritornava a Milano a trovare le sue due figlie (che lì vivevano) quindi prendeva il treno e veniva un paio di giorni ad Asti per salutarmi...
Insieme si ricordava i vecchi tempi… tra un bicchiere di vino e l'altro ascoltava le mie ultime composizioni, mi dava i suoi giudizi e così mi convinse a ricominciare...

Come definiresti la musica del tuo album? Lo consideri prog?
Secondo me il cd comunque rientra in quel genere musicale che voi giornalisti avete definito dopo gli anni ‘70 “Rock progressive”.
Mi  ricordo che quando suonavo con la Locanda delle Fate i giornalisti degli anni 70 ci definivano  come  band di rock mediterraneo oppure rock romantico!
E' un album  di sei brani che  tenta di esprimere le mie emozioni  e che non lascia spazio a fasi di virtuosismo fini a se stesse.

Come mai siete andati a registrare agli studios Abbey Road a Londra?
Le registrazioni sono stati fatte in parte a Torino (nello studio di registrazione di Simone Lampedone) e proseguite agli  Abbey  Road.  Questi studi londinesi  mi piacciono molto.  A guardarli dal di fuori, cioè dalle famose strisce pedonali, hanno un aspetto che intimorisce qualunque  musicista. Invece all'interno c'è un bell'ambiente  di professionalità e amicizia.  Stupisce la semplicità con cui i tecnici ti mettono a tuo agio.  L'ingegnere del suono che preferisco è Frank Arkwrite, perché cerca di capire nei minimi dettagli i suoni che io desidero ma nello stesso tempo dà un impronta con la sua personalità..

Com’è andata con Gavin Harrison?
Sono stato fortunato a conoscere Gavin Harrison.  È noto che lui suona solo canzoni che  lo coinvolgono emotivamente.  Prima di accettare ha voluto ascoltare i brani, così ho fatto la mia scelta e glieli ho spediti via mail... Ti confesso che per me  è stato come un esame scolastico.  Successivamente abbiamo iniziato a registrare partendo da “È Nell'Aria…”.  Ti devo confidare che un brano a cui tenevo non gli è piaciuto molto per cui ha preferito non includerlo.

 Che musica ascolti oggi?
Attualmente ascolto musica di vari generi, anche classica.  Ho un po' abbandonato i vecchi dinosauri del progressive da cui avevo imparato molto in gioventù (mi riferisco a Genesis, Gente Giant, King Crimson ecc).  Ultimamente ho riascoltato ad esempio  Steven Wilson e Pineapple Thief.

Cosa pensi dell’ambiente musicale di oggi, delle nuove tecnologie (come lo streaming) e del business attuale?
La tecnologia digitale negli ultimi anni ha completamente cambiato il modo di fare musica e di produrla.  Le case discografiche hanno sempre meno importanza.  Secondo me questo non deve spaventare i musicisti, anzi si sta instaurando un rapporto più immediato con chi ascolta (YouTube ecc.).  Dobbiamo pensare che da sempre  tutto cambia ed evolve ma l'arte e l'estro creativo saranno sempre presenti in noi.

Hai intenzione di tornare sul palco per suonare le canzoni del tuo album e magari anche qualche altro vecchio brano?
Per ora ho in programma solo qualche esibizione dal vivo con il pianoforte.  La più importante è prevista per i primi di Gennaio a Londra.

Adesso possiamo sperare anche in un prossimo album?
Gli ultimi mesi sono stati per me positivi dal punto di vista creativo nel senso che ho idee nuove con una evoluzione del mio stile.  Se questo cd avrà riscontro positivo l'idea è di concretizzarle con un nuovo lavoro.