dimanche 27 février 2022

De Rossi e Bordini

  

Petit rappel pour les néophytes du genre : Carlo Bordini est le batteur historique de trois groupes qui comptent dans l'hsitoire du prog italien : Goblin, Cherry Five et Rustichelli e Bordini. Gianluca De Rossi est, quant à lui, depuis le début des années deux mille le leader et maître à penser du groupe Taproban.

Cela fait déjà plusieurs années que Carlo Bordini et Gianluca De Rossi collaborent ensemble, puisque dès 2008 ils avaient présenté un long épique "il pozzo dei giganti" sur la méga compilation Dante's inferno, The Divine Comedy Part 1. En 2010 ils proposaient "Dentro la Cerchia Antica (Paradiso XVI)" pour le dernier volet du projet Dante's inferno. En 2015, les mêmes ressuscitaient Cherry Five pour un album qui reprenait le titre  "il pozzo dei giganti"dans une version rallongée et plus travaillée mais aussi "Dentro la Cerchia Antica" et en complément "Manfredi (Purgatorio III)" leur permettant ainsi de présenter leur propre interprétation conceptuelle de la Divine Comédie. Ils sortent donc enfin un album sous leurs deux seuls noms évoquant bien sûr l'antique mais mythique  Rustichelli e Bordini.  

Carlo Bordini : batterie, percussions, récitatif

Gianluca De Rossi, claviers, pédales Taurus, voix

La tracklist :

2. La Porta Nel Buio (18:42)
3. Natività (4:57)
4. Cammellandia (12:58) 
 
Voilà le (très court) trailer pour nous faire patienter :  De Rossi e Bordini
 

 

 

 

lundi 14 février 2022

Nathan : Uomini di sabbia

Sortie du troisième album des liguriens de Nathan, après Nebulosa en 2016 et Era en 2018. Huit morceaux pour Uomini di Sabbia dont une longue suite de 15 minutes, "Eros". En cliquant sur les liens vous pouvez écouter deux morceaux : "Fatti non foste" et "Nel giardino di Maria". 

Quelques explications (en italien) par le groupe lui-même : 

Terzo album in poco più di cinque anni per i Nathan, formazione proveniente dalla città ligure di Savona capitanata dal duo Piergiorgio Abba / Bruno Lugaro, rispettivamente tastierista e cantante, autori di tutte le musiche e i testi. Musicalmente “Uomini di sabbia” riprende il percorso già intrapreso con il debutto “Nebulosa” (2016) e il successivo “Era” (2018), con chitarre energiche, atmosfere ‘genesisiane’ e composizioni costellate di tempi dispari; i brani sono ancora più complessi ma anche immediati al tempo stesso, grazie a una notevole attenzione alla produzione e ai suoni che rende l’ascolto scorrevole e privo di punti deboli. “Uomini di sabbia” non è un ‘concept album’ nel senso classico del termine, ma tutti i brani sono uniti da un tema comune: l’individuo, le sue debolezze e incapacità di opporsi ai soprusi - da cui la metafora della sabbia - ma anche il coraggio e lo spirito d’avventura che rendono l’uomo capace di ribellarsi alle ingiustizie; in sintesi, un’onesta rilettura di questi tempi difficili in chiave hard-prog rock, suggellata dalla lunga suite conclusiva “Egos”, incentrata sul tema del Grande Fratello e della libertà come utopia.
 

La tracklist :
1 Fatti non foste 4:41
2 Monoliti 7:05
3 Delirio onirico 7:55
4 Il pianto del cielo 3:56
5 Madre dei sortilegi 9:19
6 Nel giardino di Maria 6:28
7 L’acrobata 5:32
8 Egos 14:54

ZoneM : Sono dentro di me

Il faut un certain courage et une certaine dose d'inconscience pour se lancer en 2022 dans un projet conceptuel qui revendique une franche inclinaison pour l'horrifique aussi bien que pour le gothique et en tout état de cause pour le non conventionnel. C'est le challenge que relève pourtant Beppi Menozzi le claviériste d'Il Segno del Comando. Les autres membres de son groupe principal font d 'ailleurs partie de l'aventure (Diego Banchero à la basse, Fernando Cherchi à la batterie, Davide Bruzzi et Roberto Lucanato aux guitares) au même titre que ceux de son autre formation, Jus Primae Noctis (Marco Fehmer au chant, Pietro Balbi à la guitare). Tout ce petit monde, augmenté d'encore quelques autres musiciens, participe à ce projet très personnel, imaginé par Beppi, basé sur une réflexion conceptuelle qui mérite réellement une recherche approfondie (qui se trouve être un sujet sur lequel je travaille en ce moment !) : l’idée que les sons que l'on perçoit ont le pouvoir d'activer des sensations primaires, notamment la peur. Ainsi, c'est l’amygdale, connu comme le noyau le plus ancien du cerveau humain, qui déclenche l’anxiété et la tension sans que la partie rationnelle de l’esprit puisse en avoir le contrôle. Les sons et la musique sont des vecteurs directs pour atteindre les couches les plus profondes du cerveau. Les sons le font à travers des bruits inattendus, des bruits non identifiables mais aussi des bruits naturels reconnaissables. La musique le fait en influençant le métabolisme et la fréquence cardiaque à travers le rythme et les dissonances qui entraînent l’auditeur hors de la zone de confort des sons familiers et attendus.

A partir de ce constat, Beppi Menozzi se lance dans un incroyable périple introspectif  qui incite fortement l'auditeur à faire ce voyage sonore les yeux fermés à l'écoute de ses réactions intimes en essayant de visualiser ce qu'il ressent,, ce que le titre de cet album indique clairement "sono dentro di me"("je suis en moi" ). Il va alors se trouver balloter entre des ambiances musicales évocatrices d'un certain type de  films (on va y revenir) et un style de musique plus communément prog. D'un côté les atmosphères cinématographiques évoquent les bandes son des gialli et des films d'horreur  de la grande époque des années soixante dix (l'énorme "Cospirazione" est un modèle du genre !). Il y a des évocations incroyables dans cet album avec des ambiances aussi bien à la John Carpenter ("Vulnerabile, bestia pt 3") qu'à la David Lynch ("Merrick")  ou encore à la Fabio Frizzi ("Amigdala"). De l'autre côté, les références au rock progressif émergent régulièrement évoquant Emerson Lake & Palmer ("Peshtigo") et même Peter Gabriel. On n'est pas complètement coupé non plus des styles, dark et torturés, habituellement développés par les deux groupes de Beppi Menozzi, Il Segno del Comando et Jus Primae Noctis avec des titres comme "Arkham" ou encore "Cthulhu". Enfin, si vous voulez juste vous faire plaisir, écoutez le technoïde et funky "Nessuna uscita", le genre de morceau après lequel moult musiciens permanentés des années quatre vingt ont couru sans jamais l'atteindre.

Le foisonnement de thèmes et l'alternance de titres, soit raisonnablement longs soit très courts, semblent résulter de la volonté délibérée de Beppi Menozzi qui veut privilégier la spontanéité de ses idées en faisant passer au second plan la forme. Tout cela afin de solliciter la mémoire la plus ancienne et la plus instinctive de l'auditeur, par des détails inaudibles rationnellement. En cela, le sentiment d’avoir affaire à un montage décousu prédomine, mais çà fait tellement plaisir d’être face à une œuvre ambitieuse et réellement originale. Car au final ce qui est le plus remarquable dans cet album, c'est bien ce sentiment d'avoir affaire à une succession de climats dérangeants et d'ambiances déstabilisantes qui obligent se réajuster en permanence avec la réalité. Expérience réussie pour moi donc !  

 

Musiciens et participants : Beppi Menozzi (chant, claviers, arrangements, composition, textes, production) Pietro Balbi (guitare), Diego Banchero (basse, texte) Alessandro Bezante (basse), Davide Bruzzi (guitare), Fernando Cherchi (batterie), Marco Fehmer (chant, guitare, composition, textes), Graziella Gemignani (quadri), Mauro Isetti (basse), Roberto Lucanato (guitare), Renzo Luise (guitare), Tommaso Maestri (guitare),Pietro Menozzi (guitare), Rita Menozzi (chant), Riccardo Morello (chant), Silvia Palazzini (chant), Paolo Puppo (graphisme, guitare), Mario Riggio (batterie). 

La tracklist :

  1. Nessuna uscita
  2. Arkham
  3. Cospirazione
  4. Eurimaco, il mentitore (bestia pt 1) 
  5. Cthulhu
  6. Polifemo (incubo pt 1)
  7. Amigdala
  8. Incubo pt 2
  9. Peshtigo
  10. Sono qui (bestia pt 2)
  11. Vulnerabile (bestia pt 3)
  12. Bestia pt 4
  13. Merrick
  14. Proci (bestia pt 5)
  15. Sono dentro di me
  16. Saigon

 Distribué par Black Widow Records



lundi 7 février 2022

Enten Hitti : Via Lattea

 

Avec Enten Hitti, j'en étais resté au très beau  A tutti gli uragani che ci passarono accanto chroniqué sur ce blog en mai 2020. Mais voilà que ce collectif de recherche musicale revient début 2022 avec Via Lattea. Cette fois les musiciens d'Enten Hitti sont partis chercher l'inspiration dans le patrimoine matrilinéaire de l'Homme et plus généralement dans ce qui est enfoui au plus profond de chaque homme : la transmission de la vie assurée à preuve du contraire par les femmes, n'en déplaise aux progressistes inconséquents de la Silicon valley. Via Lattea est donc le résultat de plusieurs voyages effectués dans les endroits où la culture de la "femme sacrée" a pris forme il y a plus de quatre mille ans. On parle là, aussi bien de Chypre, de la Crète, de la Turquie, que de l'Irlande, de l'Afrique du Sud ou encore de l'Indonésie. Les faits historiques et géographiques ont été librement réinterprétés et transformés en pièces musicales qui, tout en évoquant dans certains cas des univers musicaux spécifiques veulent avant tout saisir l’esprit du "féminin" dans son universalité. Via Lattea est donc un hommage à la qualité "féminine" et aux cultes de la Déesse Mère remis au goût du jour avec des moyens contemporains.  

Le style musical reste celui auquel les musiciens d'Enten Hitti nous ont habitué : ethnique, minimaliste, ambient pour un résultat éthéré, vaporeux avec une sensation de grande sensibilité à la fois hypnotique et évocatrice d'une forme de quête spirituelle. Car ne nous y trompons pas, ce qui distingue la musique d'Enten Hitti des trop nombreux rubans musicaux new age qui pullulent un peu partout, c'est bien cette profondeur dans le propos et cette évidente volonté permanente de donner du sens à chaque onde sonore produite. Je vous laisse écouter "Compassion of a star" (avec Paola Tagliaferro, Lorenzo Pierobon et Claudio Milano au chant) ou "What clouds now" (avec cette fois, la voix seule de Paola Tagliaferro) pour bien entendre ce que je veux vous faire comprendre. Magique serait peut-être le qualificatif qui résume le mieux Via Lattea (la voie lactée). 

Le groupe est formé de Pierangelo Pandiscia, Gino Ape, Giampaolo Verga et Jos Olivini auxquels sont venus se joindre quelques noms connus de la sphère prog italienne  + quelques musiciens amis invités : Juri Camisasca, Jenny Sorrenti, Vincenzo Zitello, Antonio Testa, Alio Die, Paola Tagliaferro, Claudio Milan, Gamelan Gong Cenik, Giulia Ermirio. 

dimanche 6 février 2022

Aquael : Anthology

 

En 1979,  le groupe Aquael voit le jour à Turin. Comme le clame haut et fort son leader, Maurizio Galia, il s'agit d'une des toutes dernières manifestations du prog italien des années soixante dix. Dans la configuration Aquael le groupe n'enregistre rien de probant et disparaît au profit quelques années plus tard de Maury e i Pronomi, une formation sœur toujours drivée par un Maurizio Galia aussi têtu que persévérant. Trois albums sont publiés de manière très confidentielle en autoproduction (quelques centaines de copies seulement sont vendues à chaque fois) : Ziqqurat nel canavese en 1997, Tanganica il passato ed il futuro en 2000 et (Ec)citazioni Neoclassische en 2004. Le dernier album, publié sorti par Mellow Records étant sans doute le plus abouti avec, pour l'occasion, un concept ainsi résumé : " A fantastic journey through the archetypes of our classical past with irony, amusement and a little bit of sadness". A la vérité, il s'agit toujours du groupe Aquael puisqu'on retrouve les mêmes noms de musiciens au générique. Mais la formation qui ne tenait que par le bon vouloir de Maurizio Galia va ensuite vite s'évaporer.

Dix ans plus tard et après avoir connu pas mal de soucis, Maurizio Galia décide de réaliser une compilation de titres piochés dans les trois albums de Maury e i Pronomi mais en reprenant le nom d'Aquael. L'album, intitulé Anthology, sort d'abord au format numérique avant qu'enfin en 2022, une édition vinyle soit pressée. Deux morceaux sortis uniquement en EP  en 2012 ("Murat Begins" et "Yokohama via Satellite") ont également été ajoutés. Ce qui permet d'avoir un condensé sympa et précieux de la carrière du groupe. 
Anthology propose ainsi dix morceaux qui résument assez bien le style d'Aquael/Maury e i Pronomi fait d'un mélange équilibré entre diverses influences du prog italien. On retrouve ainsi des relents de
Biglietto Per L'inferno, de Banco del Mutuo Soccorso, d'Il Balletto Di Bronzo et même de Murple ("Lei e Venezia"). Ajoutez à cela un zeste d'Ennio Morricone ("Le porte dell'averno") et vous aurez une idée assez précise de ce que donne cette compilation qui permet également découter une version alternative plus musclée de "Apollo, Minerva e l'etrusco". A titre personnel, je regrette juste l'absence de l'excellent "Oceano" qui rappelait assez Eloy et Omega. Mais il n'est pas question de bouder son plaisir car cette compilation contient de toute façon la quintessence de ce qu'a produit la formation turinoise, "Ziqqurat", "Fiato immortale" et "Lei e Veneziano" en étant clairement les fleurons. 

En main, l'objet est beau et coomme toujours, le graphisme très soigné est signé Maurizio Galia, normal c'est son métier. 

Les musiciens : Maurizio Galia (claviers, chant), Nicola Guerriero (guitares), Enrico Testera (basse), Sergio Cagliero (claviers), Marco Giacone Griva (guitare), Sylvia Delfino (chant), Carlo Bellotti (batterie), Sergio Ponti (batterie), Bruno Giordana (saxophone), Dino Pelissero (flûte)

La tracklist Anthology

1. Ziqqurat
2. Apollo, Minerva e l'etrusco
3. Fiato immortale
4. Le porte dell'averno
5. Yokohama via satellite
6. Murat Begins
7. Altri tempi
8. Lei e Venezia (*)
9. Part-time
10. Il cielo diviso (*)

(*) uniquement en téléchargement 

La tracklist Anthology - édition vinyle

Face A :
1. Ziqqurat
2. Altri tempi
3. Part-time

Face B :
1. Murat Begins
2. Yokohama via satellite
3. Meddley "Apollo", "Minerva e l'etrusco", "fiato immortale, "le porte dell'averno" ("Apollo" est une version alternative)


Vous pouvez écouter chaque morceau en cliquant sur son lien.

L'album peut être commandé chez Toast records

 

 

 

dimanche 23 janvier 2022

Sorties 2022

 Toutes ces merveilles devraient sortir d'ici quelques semaines

Macchina Pneumatica : Appartenza

Sintesi del viaggio di Es : Gli alberi di Stravopol 

Odessa : L'alba della civiltà

Zolder Ellipsis : Entropy override

dimanche 16 janvier 2022

La Vittima Designata

 

A l'occasion de la sortie de la version restaurée et sous-titrée en français de La Vittima Designata, le tout nouvel éditeur vidéo Frenezy m'a demandé de participer au bonus concernant la musique du film écrite par Luis Bacalov et interprétée par les New Trolls, l'occasion aussi bien sûr de parler du Concerto grosso en particulier et du rock progressif italien du début des 70' de manière plus générale. Je suis vraiment très heureux d'avoir participé à cette aventure.
Bien sûr, je vous engage à vous procurer le DVD ou le Blu-ray. Le film est un des meilleurs giallo que je connaisse et cette version restaurée est juste magnifique ! 

le lien de Frenezy en cliquant sur le nom souligné.

L'annonce officielle de la sortie du DVD/Blu-ray prévue pour janvier 2022 :
Le premier titre à ouvrir le bal en 2022 sera La Victime Désignée (1971) de Maurizio Lucidi avec Tomas Milian, Pierre Clémenti et Katia Christine. 
Voici le détail de notre édition blu-ray qui comptera un étui et une jaquette réversible : 
1 BD50 - 1920x1080P - Format 2.35 Cinémascope 
Durée : 1h40 (version intégrale) 
Version italienne sous-titrée français - PCM Mono 2.0 
Version française avec inserts en VOST - PCM Mono 2.0 
EXCLUSIF AU BLU-RAY : possibilité de visionner le film dans sa version française raccourcie d'origine (durée : 1h29) 
Suppléments en HD 
=> "La mort déguisée" : entretien chapitré avec Jean-François Rauger, directeur de la programmation à la Cinémathèque française (26 min. / vf) 
=> Luis Bacalov & les New Trolls : le spécialiste Louis de Ny resitue la bande originale de Luis Bacalov dans le contexte du rock progressif italien et analyse trois extraits musicaux du film (16 min. / vf) 
=> Retour à Venise : analyse de l'historien du cinéma Rosario Tronnolone qui nous replonge dans les méandres du film (12 min. / vost) 
=> Scènes coupées et alternatives : reconstruction de scènes issues d'un montage alternatif du film à partir des meilleures sources accessibles (16 min. / vost) 
=> Bandes-annonces cinéma de La Victime Désignée, Dans les Replis de la Chair et Femina Ridens (10 min. / vost) Nous proposerons également ce titre en DVD : tous les bonus y figurent à l'exception de l'option permettant de visionner le film dans sa VF raccourcie d'origine.


samedi 15 janvier 2022

Ambigram

 

Ambigram est une nouvelle formation italienne entre super groupe (enfin tout est relatif bien sûr !) et collectif dont le premier album a vue le jour en fin d'année dernière. Francesco Rapaccioli au chant, Beppe Lombardo aux guitares, Max Marchini à la basse et Gigi Cavalli Cocchi (Mangala Vallis) à la batterie forment le noyau dur de ce groupe autour duquel viennent graviter quelques musiciens qui comptent comme Paolo Tofani (le guitariste d'Area), la chanteuse Paola Folli et le duo Max Repetti (claviers) Annie Barbazza (chœurs), ces deux derniers artistes s'étant illustrés dans diverses performances couvrant aussi bien le répertoire de Greg Lake que celui de King Crimson (cf. l'album Moonchild sorti en 2018). 

Vous savez, un ambigramme c'est une figure graphique (un  dessin, un mot) qui prend une signification différente selon l'angle sous lequel on le regarde. La musique d'Ambigram, c'est un peu çà. Quand on regarde la liste des musiciens impliqués, çà semble évidemment très italien. Quand on écoute la musique, çà devient beaucoup moins évident. Car ces huit chansons semblent plutôt calibrées pour faire mouche dans un style néo prog très british (d'ailleurs le chant est en anglais). 

L’album commence très bien avec l'excellent "A mediterranean tale" enjolivé de beaux passages atmosphériques et d'une tonalité d'ensemble pas si éloignée que cela de La Coscienza di Zeno (ce sera la seule référence au prog italien). On est encore emballé en entendant la courte intro musclée de "Cerberus reise" qui ouvre pour un titre très tendu et très rock. "Pig tree" est dans la continuité de "Cerberus tree" avec un riff de guitare encore plus appuyé et une rythmique qui déménage vraiment tout sur son passage. Le morceau est pas mal tordu et il faut apprécier les poussées martiales de Rapaccioli mais avec ce rythme d'enfer imprimé par la section basse/batterie et l'orgue en folie de Max Repetti, çà passe tout seul. çà passe d'autant mieux que la deuxième partie du titre, plus calme, est vraiment de haute tenue."Salling home" est très différent de ce que l'on a entendu jusque là. La rythmique à la Police et les chœurs assurés par Paola Folli donnent un côté très pop années 80 à ce morceau qui s'étire gentiment en longueur et qui s’alanguit au point de donner l'impression d'écouter du Sade. "Immaginary daughter" est plutôt une belle chanson avec à nouveau des chœurs sympas et  un long chorus de guitare électrique de Lombardo tout à fait dans le ton de l'ensemble. A propos de guitare électrique c'est le mythique Paolo Tofani qui s'y colle sur "L'absinthe", un morceau qui sert surtout de rampe de lancement pour une longue partie centrale assimilable à une forme de jazz rock libéré et smoothy. Le côté nerveux est amené par la performance vocale d'un Francesco Rapaccioli à nouveau très habité dont la voix surfe sur des lignes de chant particulièrement casse-gueules. Arrive alors ce qui est réellement la vraie perle de cet album : "Patchwork", un morceau qui possède une vraie grâce avec sa ligne mélodique toute en nuances et ses interventions de hautbois (il y en a deux) ma foi fort réussies. Paolo Tofani intervient à nouveau mais cette fois de manière plus discrète en se fondant parfaitement dans l'ensemble. L'album termine par "Pearls before swine", un relativement court morceau bien rock, bien pêchu avec un pont central particulièrement inventif. 

Bien que très éloigné des canons du RPI, cet album est plutôt bien vu avec une évidente orientation très pop rock british qui n'exclut pas quelques courts moments plus personnels rappelant, en moins emphatique et avec une ambition nettement plus mesurée, ce qu'Aufklärung avec produit il y a vingt sept ans avec De' la tempesta... Vu le pedigree des musiciens, on aurait été surpris d'être déçu. Ce n'est pas le cas bien heureusement.  J'ajoute enfin, et çà ne gâche rien, que l'artwork est très réussi.

La tracklist :

  1. A mediterranean tale
  2. Cerberus reise
  3. Pig tree
  4. Salling home
  5. Immaginary daughter
  6. L'absinthe
  7. Patchwork
  8. Pearls before swine
  9. Cerberus reise (radio edit)

samedi 1 janvier 2022

Bonne Année 2022

 

Pas d'édito du nouvel an cette année, juste un message subliminal. 
Bonne Année à tous. A bientôt. Buon Anno a tutti. A presto !

lundi 27 décembre 2021

ma sélection des meilleurs albums de RPI pour 2021


Je suis toujours un peu mal à l'aise avec cette histoire de meilleurs albums de l'année. Tout d'abord parce que cela reste très subjectif et très personnel. Ensuite car je connais quand même un paquet des musiciens concernés et qu’il n'est pas toujours facile de rester objectif. Voilà pourquoi je préfère parler de "sélection" ou de "top" mais pas de "classement". 

Au passage, merci aux artistes, musiciens et groupes pour ces beaux moments de musique sans cesse renouvelés le plus souvent sans qu'ils aient en retour la juste rémunération de leur travail artistique (s'il vous plaît, faites moi plaisir, boycottez Spotify). La reconnaissance est donc essentielle et est le moins que l'on puisse faire quand on s'intéresse un tant soit peu à ce qu'ils créent. Au passage, une partie des albums de cette sélection sont des auto-productions dont mes trois coups de cœur. Les temps changent !

Merci également à tous ceux qui m'envoient leur musique, labels et artistes, soit en format physique (bien !) soit par lien (moins bien).

2021 aura globalement été une bonne année pour le rock progressif italien avec pas mal de sorties intéressantes. Pour ce qui concerne ma sélection, je vous propose cette année trois catégories avec trois albums retenus à chaque fois (si le titre est souligné c'est qu'il y a un lien pour une écoute totale ou partielle de l'album).

Mes Coups de Cœur 2021

Ske, Insolubilia TOP "1" 2021

Elisa Montaldo, Fistful of Planets part II

Antiche Pescherie Nel Borgo, Si no sabir...tazir !

 

Mes Musts 2021

Syndone, Kama Sutra

Accordo dei Contrari, UR-

Premiata Forneria Marconi, Ho Sognato Pecore Elettriche

 

Les belles surprises de 2021  

Archangel, (Third warning)

Gruppo Autonomo Suonatori, Omnia Sunt Communia

Alessandro Corvaglia, Out of the gate

Je n'oublie pas les autres albums qui m'ont également beaucoup plu dont Fufluns (Refusés), Stefano Lupo Galifi (dei ricordi un museo),  Habelard2 (Copriferro Semantico), Hora Prima (L'uomo delle genti), Hunka Munka (Foreste Interstellari), Hype, (Evolve), Il Porte di Venere (e pensa che mi meraviglio ancora), Il testamento degli Arcadi (il testamento degli Arcadi), Bernardo Lanzetti (Horizontal rain), Nodo Gordiano (H.E.X.), Officina F. Lli Seravalle (Blecs), Osanna, Il diedro del Mediterraneo, Prometheo (Quello Che Rimane), Raven Sad (The leaf and the wing).


lundi 13 décembre 2021

break

 

Vous avez remarqué que je n'ai rien publié depuis le post d'Osanna il y a dix jours. Les sorties se faisant rares en cette fin d'année, je vais faire une petite pause qui va me permettre de terminer mes deux livres en cours d'écriture qui devraient sortir, je l'espère, en 2022. 

On se retrouve pour mon top de l'année 2021. D'ici là, passez de bonnes fêtes et soyez prudents pour vous mais aussi pour les autres. Abundans cautela non nocet.

samedi 4 décembre 2021

Osanna : Il Diedro del Mediterraneo

Ce nouvel album d'Osanna arrive en même temps que le film Osannaples (Réal. Deborah Farina) et le livre sur Lino Vairetti (L'Uomo, sulle note di un veliero par Franco Vassia), deux , tous deux présentés au forum du Veruno cette année.

Après une courte intro énigmatique au didgeridoo, Lino Vairetti entre en scène pour déclamer "Il Diedro del Mediterraneo" l'instrument principal d’accompagnement étant ici la harpe de Vincenzo Zitello ce qui donne une couleur inusitée à cette ode à la Méditerranée." Ti Ritroverò" reste sur la tonalité très laid back de ce début d'album. Mais avec Osanna, les ballades réservent toujours quelques surprises, et celle là ne déroge pas à la règle, avec un pont central très festif avant de s'échapper doucement vers une digression jazz rock remarquablement fluide. Avec "L'Uomo del Prog", c'est cette fois le violon qui entre en scène. La lente montée en intensité de ce titre est un véritable tour de force. Lino semble d'ailleurs s'effacer pour laisser le plus de place possible aux différentes parties instrumentales qui se succèdent à toute vitesse, un vrai régal ! Je veux bien entendre ce morceau sur scène. "Tu" est un hommage direct à Danilo Rustici, le guitariste historique du groupe disparu au début de cette année. Lino chante avec son cœur. Vous me direz, c'est toujours le cas mais là l'émotion est palpable et l'intervention de David Jackson au saxo vous mets au bord des larmes. Quelle belle chanson, quel solo final de guitare électrique. "Signori della Terra" est une simple complainte mais quand c'est Lino qui s'y colle, seulement accompagné de Pako Capobianco à la guitare électrique, cela prend vraiment du relief et il est vraiment difficile de se détacher du chant de Lino. Il y a ensuite "Tempo" qui vous propose un retour dans le temps pour atterrir à Woodstock. On s'y croirait presque. Inutile de préciser que Pako se surpasse une fois encore. Ce garçon est vraiment un guitariste hors pair d'une efficacité incroyable.  Nous voilà arrivé au grand moment de l'album. Le poème d'Antonio De Curtis récité par Francesco Paolantoni ouvre pour ce magnifique chant de tradition napolitaine "Zuoccole e Tammorre " qui virevolte et danse sur une tarentelle rock dont seul Osanna a le secret. La voix féminine que vous entendez n’appartient pas à n’importe qui. Fiorenza Calogero réalise un travail remarquable depuis de nombreuses sur la recherche et la mise en valeur des chants traditionnels du sud de l'Italie, et tout particulièrement de la région napolitaine. "Mare nostrum" arrive à point nommé pour secouer l'album. Il s'agit d'un rock très typé Osanna. Lino Vairetti ressort son harmonica, sa voix filtrée reprend en partie les paroles de "Il Diedro del Mediterraneo". Je vous recommande tout particulièrement le pont instrumental avec un solo de malade de Pako et un chorus de saxo de Saverio Giugliano qui se fond parfaitement dans l'ensemble.  "Caracalla '71" évoque évidemment le festival rock prog du même nom qui s''était déroulé à Rome en 1971.Voilà un titre qui devrait vous permette de bien finir l'album car son accès est immédiat et le riff principal s'impose de lui-même. Voilà qui rappelle aussi qu'il y a cinquante ans exactement sortait L'uomo, le premier album d'Osanna.

Sans atteindre à mon avis la magnificence de Palepolitana, Il Diedro del Mediterraneo dévoile une facette plus nostalgique d'Osanna mais fait honneur au groupe. Plutôt rock, folk ou pop, moi de toute façon, je suis fan absolu d'Osanna. En bref, Osanna sera toujours Osanna !

Le groupe : Lino Vairetti (chant, guitare acoustique, claviers), Irvin Vairetti (synthés, programmation, chant), Pako Capobianco (guitares), Enzo Cascella (basse), Gennaro Barba (batterie et percussion), Sasà Priore (claviers).

La tracklist  (vous pouvez écouter chaque titre en client sur son lien) :

1. Spirit
2. Il Diedro del Mediterraneo
3. Ti Ritroverò
4. L'Uomo del Prog
5. Tu
6. Signori della Terra
7. Tempo
8. Zuoccole, Tammorre e Femmene
9. Zuoccole e Tammorre
10. Mare Nostrum
11. Caracalla '71

le lien bandcamp du groupe Osanna


 

 

dimanche 28 novembre 2021

Il Testamento degli Arcadi

Voici le premier album de ce collectif créé en 2019, s'inspirant de la série télé de science-fiction du même nom. Le projet a vu le jour grâce une fois encore à Loris Furlan (Lizard Records) qui a mis en relation Pierpaolo Lamanna, l'auteur du concept, avec quelques artistes liés à Lizard Records, à commencer par Alessandro Seravalle (Garden Wall, Officina F.lli Seravalle etc...), le principal artisan de la partie musicale. Mais aussi Milo Furlan (Scarled), Gianluca Tassi (Black Jester, Moonlight Circus, Faveravola) et Mirko Baruzzo (Spirosfera, Anam) qui complétent le groupe. Sont également venus se joindre au projet : Mariano Bulligan au violoncelle, Simone d’Eusanio au violon et Lorenzo Giovagnoli (Odessa) qui joue des claviers et réalise les orchestrations. 

je laisse comme d'habitude la partie conceptuelle, ce n'est en général pas mon propos, et je passe à la partie musicale. De ce côté là, le résultat est varié pour ne pas dire hétérogène. Les dix morceaux sont un drôle de mélange entre rock industriel, prog sombre adouci par le violon miaulant de Simone d'Eusanio, psychédélisme barré et krautrock au souffle cosmique marqué par l'attirail d'instruments exotiques utilisé par Mirko Baruzzo. On retrouve bien là la patte fantasque et parfois dérangée d'Alessandro Seravalle. Lorenzo Giovagnoli est heureusement là pour donner un semblant de normalité au tout grâce à ses arrangements apparaissant en début et en fin d'album. Pour faire court, il vous faut imaginer une synthèse d'Iron Butterfly, d'Embryo, d'Amon Duul, de Goblin, de Van der Graaf Generator et du King Crimson période années deux mille. Pas facile hein ! Le tout donnant ce que Loris Furlan qualifie d'ethno-space-kraut. "Bergman" me semble un bon départ pour se faire malgré tout une idée générale de ce qui vous attend. A vous d'avoir la curiosité d'aller écouter le reste. Je pense que vous ne serez pas déçus.

Il Testamenti degli Arcadi : Alessandro Seravalle (guiatres, Mellotron, piano, synthés), Mirko Baruzzo (guiatre électrique, violon esrai, sarad, santur, tablas), Milo furlan (batterie, percussions), Gianluca Tassi (basse), Pierpaolo Lamanna (concept, paroles, direction artistique)

Avvec : Mariano Bulligan (violoncelle), Simone D'Eusanio (violon), Lorenzeo Giovagnoli (claviers et orchestrations).

La tracklist CD : 

  1. Un altro tempo, un altro luogo
  2. Mare imbrium I
  3. La missione dei Dariani
  4. Exodus I - il dominio del drago
  5. Bergman
  6. Exodus II - Il guardiano di Piri
  7. Phantasma (a) Fotosintesi Umana b) Forza Vitale c) Fine dell’Immortalità)
  8. Gli occhi di Tritone
  9. Mare imbrium II
  10. Exadus III - Terrarcadia

 La tracklist LP :

  1.  Un altro tempo, un altro luogo

  2. La missione dei Dariani
  3. Phantasma (a) Fotosintesi Umana b) Forza Vitale c) Fine dell’Immortalità)
  4. Bergman
  5. Sole nero
  6. Gli occhi di Tritone
  7. Mare imbrium
  8. Terrarcadia 

Vous pouvez écouter les titres surlignés.

Lable : Lizard Records

 

samedi 20 novembre 2021

Accordo dei Contrari : UR -

Voici le cinquième album, en déjà presque quinze ans, d'un groupe qui n'a jamais déçu. Car le nom d'Accordo dei Contrari est autant gage de qualité technique que de perfection esthétique. Même si la seule incursion en France des italiens date déjà de 2014, je crois me souvenir que ceux qui étaient présents cette année là au festival Crescendo ont été impressionnés par l'excellence de ce groupe qui est, à mon avis, encore meilleur aujourd'hui et supérieur dans sa formation actuelle. Je vous rassure tout de suite, UR - ne risque  pas de déroger à la règle.

Quand les musiciens de Bologne affirment qu'ils veulent juste faire une musique originale, ambitieuse et belle à la fois, ils sont parfaitement en phase avec leur objectif et en même temps en dessous de la vérité. De fait, la musique délivrée par Accordo dei Contrari est toujours aussi puissante mais également, il faut bien le dire, toujours aussi sophistiquée et exigeante. Le rapprochement avec un jazz rock fusion à la Mahavishnu Orchestra  semble tout à fait approprié voire carrément justifié si l'on met en parallèle  le morceau "Cosi respirano gli incendi del tempo "avec "Birds of Fire". Très loin, du côté italien, il y a également des accointances avec Area, en particulier celui de Arbeit Macht Frei, et plus récemment avec Deus Ex Machina, ce qui est plutôt un beau compliment. Mais pour moi, le groupe dépasse largement (heureusement) ce cadre trop restrictif pour se positionner sur une ligne artistique qui pourrait se trouver quelque part à mi chemin entre le meilleur Canterbury et l'Art Rock. "Tergeste" et "Secolo breve" en sont de remarquables exemples. Quand on sait que toutes les compositions sont exclusivement signées par le claviériste Giovanni Parmeggiani, il y a là de quoi tirer un grand coup de chapeau à ce musicien qui est, depuis le début, le véritable maître à penser de cette formation, accompagné du fidèle Marco Marzo aux guitares.  

Ce qui est sûr, c'est  que cet album est sans doute le meilleur à ce jour du groupe et comme je vous ai affirmé que les quatre autres albums étaient excellents, je dois m’expliquer : UR - fait la différence avec ses prédécesseurs d'une part, car il est porté par une inspiration  maximale constante, et d'autre part, car il ne souffre d 'aucune baisse de régime pendant ses cinquante trois minutes, ce qui relève quasiment de l'exploit compte-tenu de la densité du matériau sonore que fourni le groupe. Un must en quelque sorte !

Le groupe : Giovanni Parmeggiani (claviers) , Marco Marzo Maracas (guitares), Stefano Radaelli (sax alto), Cristian Franchi (batterie)

La trackist :
1. Tergeste
2 Cosi respirano gli incendi del tempo
3. Più limpida e chiara di ogni impressione vissuta (Part III)
4. UR -
5. Secolo breve
6. Contrari ad ogni accordo 
 

L'album est sorti le 19 novembre chez Cuneiform.











Le lien bandcamp du groupe : Accordo dei contrari


















dimanche 14 novembre 2021

Habelard2 : Copriferro Semantico

 

Sergio Caleca (Habelard2) continue son bonhomme de chemin. Pour son neuvième album, il s'est entouré d'un vrai groupe, ce qui n'est pas si fréquent avec ce musicien qui a plutôt l'habitude de tout faire lui-même. Nous parlons donc cette fois d'Habelard2 & Friends. Qui sont ces musiciens d'ailleurs ? Paolo Callioni, au chant, est le compère de Sergio Caleca dans le groupe Ad Maiora qui, au passage, n'a plus rien produit depuis 2016. Le guitariste, Ettore Salati, a un CV long comme le bras et est bien connu des progueux pour avoir été avec The Watch au début de ce groupe et aussi pour être régulièrement associé aux albums de Daal. Gabriele Manzini a fait aussi appel à lui pour son projet parallèle Archangel. Fabio Sereni enfin est le batteur de la bande. Copriferro Semantico est un album un peu différent au caractère hétéroclite. La raison en est simple : il s'agit d'une collection de morceaux composés sur une période de quarante ans dont cinq dont la toute première mouture date de 1979. Sergio Caleco a depuis retravaillé ces compositions, parfois en s'y reprenant à plusieurs reprises, pour aboutir à cet excellent résultat. Car, je le redis, je suis toujours surpris par la qualité constante  de la musique produite par ce musicien, à commencer par le magnifique dyptique "Muscle Inertia Part I & II" qui a quelque chose de Goblin sur les premières mesures avant de prendre un envol floydien. L'intérêt de cet album tient aussi dans le fait qu'à côté des instrumentaux drivés par Sergio aux claviers (sauf "Bifolky" qui est une combinaison de guitares et de bouzouki), il y a quelques belles chansons comme "How can I explain it?" et "Nothing more". "Lulluba" est à mettre à part car il s'agit vraiment d'une pièce étonnamment construite, que l'on qualifiera de prog pour simplifier et pour faire plaisir à tout le monde, en fait une longue tirade qui mute en mini suite symphonique qui me rappelle un certain Rick Wakeman. Quant à "There's no solution", c'est le morceau résolument rock de l'album et même s'il est très teinté années quatre vingt, il fait son petit effet. Pour en revenir aux instrumentaux, si nous avons déjà évoqué "Muscle Inertia" "Bifolky" et "Lulluba", il faut aussi parler d'une autre pièce remarquable, "Acquaragia". Il s'agit d'une composition d'une richesse assez incroyable qui mérite plusieurs écoutes pour réellement se l'approprier entièrement. La première partie écrite sur le même type de gammes que celles utilisées par Gentle Giant ne fait qu'augurer d'une suite passionnante, ce qui est effectivement le cas, Sergio ayant l'intelligence d'ouvrir ensuite complètement le morceau. Le titre éponyme clôt l'album en une longue séquence planante de ME, proche de Tangerine Dream, bien agréable avec ces belles sonorités mélangées d'Elka Rhapsody, de synthé Davoli et de Syntorchestra Farfisa.
Cette musique mériterait évidemment plus de moyens et une meilleure production mais en l'état il s'agit déjà d'un très bon album qu permet à Sergio Caleca de garder la main et à l’auditeur de passer un bon moment, en attendant le retour de Ad Maiora ! (je suis têtu, je sais !)
 

La tracklist :
 
1. Muscle Inertia, part1
2. How can I explain it ? 
3. Bifloky
4. Acquaragia
5. Muscle Inertia, part 2
6. Nothing more 
7. Lulluba
8. There's no solution
9. Carosello
10. Crank
11. Copriferro Semantico

Contacts :
habelard2.altervista.org
habelard2.bandcamp.com


lundi 8 novembre 2021

Rovescio della Medaglia : La Bibbia (50th Anniversary)

Après le projet des 50 ans de Caronte porté à bout de bras par Pino Sinnone le batteur de The Trip, voici l'album des 50 ans de La Bibbia, le premier 33 tours d'Il Rovescio della Medaglia sorti en...1971 ! Si The Trip l'a fait, il n'y a pas de raison qu'Il Rovescio della Medaglia ne fasse pas pareil. Il se trouve  que les deux groupes se sont produits au Veruno cette année. Pour The Trip, pas de problème, Pino Sinnone a fait le show malgré ses soixante dix neuf ans. Pour Il Rovescio della Medaglia, le groupe était en place et le concert était grandiose mais j’avoue avoir été assez inquiet pour. Enzo Vita qui semblait absent, n'intervenant que très peu à la guitare électrique et laissant l'essentiel des parties de guitare, solo compris, au jeune Davide Pepi, au demeurant excellent. Revenons au groupe actuel. En vingt ans, Enzo Vita nous a sorti du chapeau au moins trois formations différentes portant le nom d'Il Rovescio della Medaglia (il avait même recruté Ranestrane en backing band il y a quelques années). il est donc légitime de se demander ce que vaut cette nouvelle mouture. Il y a d'ailleurs eu encore des mouvements de personnel dans le groupe depuis la sortie, pourtant récente (novembre 2020), du live Contaminazione 2.0. Au passage, Enzo Vita n'avait pas attendu le jubilé (et oui, un jubilé c'est cinquante ans, vous aurez au moins appris quelque chose à la lecture de cette chronique) de Contaminazione sorti en 1973, pour le reprendre intégralement en concert et en proposer une version enregistrée en public.

A l'écoute de l'album, il faut reconnaître que, un peu comme Pino Sinnone avec The Trip 2021, Enzo Vita a trouvé globalement la bonne formule. Seul le chant me semble un peu en retrait par rapport à celui de Pino Ballarini mais il faut être lucide, difficile de se hisser au niveau de Ballarini même cinquante ans après. Pour le reste ces musiciens connaissent leur affaire et impriment une belle modernité à l'ensemble de ces reprises tout en gardant le côté symphonique, sans doute même encore mieux mis en valeur. Mieux, la musique d'Il Rovescio della Medaglia retrouve la puissance et la hargne qui faisaient sa renommée à la grande époque. Les morceaux sont tous des brûlots compacts, de véritables missiles de heavy rock qui prouvent qu'Il Rovescio della Medaglia était largement en avance sur la nouvelle vague du heavy metal, la démesure baroque et la classe en plus ! 

Donc je ne vais pas faire le fine bouche. Cet album est une bonne surprise et les nouvelles interprétations des six titres de La Bibbia rendent hommage à leurs lointains prédécesseurs.

 

Le groupe : Enzo Vita (guitares), Andrea Castelli (basse), Nicola Costanti (claviers, chant), Davide Pepi (guitares), Marco Pisaneschi (batterie)


Le label : Jolly Roger Records

 

La trackist :

 1. Nothingness (Il Nulla)

  2. La Creazione

  3. L'Ammonimento

  4. Sodoma XY

  5. Il Giudizio

  6. The great flood (Il Diluvio)

  7. The creation (CD Bonus track - English Lyrics)

  8. The warning (CD Bonus track - English Lyrics)

  9. Judgment day (CD Bonus track - English Lyrics)                                        

dimanche 7 novembre 2021

Tony Pagliuca : Rosa Mystica

Découvrez le dernier album de Tony Pagliuca en cliquant sur ce lien

Même s'il n'a pas besoin d’être présenté, je rappelle juste que Tony Pagliuca est le clavier historique de Le Orme, membre fondateur:du groupe qu'il a quitté il y a maintenant bien longtemps et créateur en grande partie des pièces les plus prog des albums Collage, Uomo di Pezza et Felona e Sorona.  

Il a commencé sa carrière solo en 1990 avec l’album Io chiedo. Il a ensuite sorti Immagin'Arie en 1993, Re-collage (avec David Jackson) en 2004,  Après-Midi en 2010 et Canzone d'Amore en 2018. En gros, il prend son temps.

Cette fois, il propose un album qui est l'expression d'une recherche personnelle et intérieure que l'on peut qualifier de mystique. Ce la permettra de mieux comprendre le style de musique qui nous attend.

Pour enregistrer Rosa Mystica il a collaboré avec le regretté Maestro Vittore Ussardi. Les voix sont assurées par Elisabetta Montino (Quanah Parker) et Andrea Saccoman. Tony Pagliuca tient bien sûr les claviers, Giuseppe Vio est à la guitare, Alberto Pagliuca au ukulélé et Paolo Vianello à la batterie.

 

 

 

 

 

dimanche 24 octobre 2021

L'Equilibrio


En attendant des morceaux originaux, nous allons garder un œil sur ce projet qui revendique une inspiration directement tirée d'un concept album, enregistré par Le Orme en 1973, qui a effectivement marqué pour toujours le prog italien : Felona e Sorona. Le groupe a d'ailleurs choisi pour nom un des morceaux emblématiques de ce disque.

En écoute pour l'instant ces deux très belles reprises :

Sospesi nell'incredibile

L'equilibrio