samedi 17 janvier 2026

Liturgia del Piombo : Volume primo (Trad. IT)

Ecco dunque Liturgia del Piombo, il nuovo progetto solista di Ludovico Maggi Padovan. ​Il nome non è stato scelto a caso, dato il suo significato pesante. ​Evoca direttamente questa pratica divinatoria che consiste nel versare piombo fuso nell'acqua e nell'interpretarne i segni, la molibdomanzia in un linguaggio erudito. ​Ma si riferisce anche, naturalmente, a quel periodo buio dell'Italia che ha visto un accumularsi di azioni terroristiche, omicidi, ma anche intrighi politici e corruzione di ogni genere, con una serie di drammi che sono rimasti a lungo nella memoria collettiva.
Ludovico Maggi non è un neofita, tutt'altro, poiché in precedenza ha fatto parte con Andrea Pozzi di Wanda Wulz, un gruppo che ha comunque prodotto quattro ottimi album tra il 2012 e il 2020. ​Wanda Wulz navigava felicemente tra la musica elettronica dark wave e il pop industriale (sempre molto cupo). ​Musicalmente molto distante da Wanda Wulz, Liturgia del Piombo è piuttosto una formula audace che combina il meglio del rock progressivo heavy energico e del jazz avanguardista e disinibito, un post prog jazzy in un certo senso!
Ludovico ha la fortuna di essere un talentuoso polistrumentista. ​Può così dare libero sfogo a tutti i suoi desideri di suoni originali e trascrivere le idee e l'atmosfera del suo concept utilizzando gli strumenti che ritiene più appropriati. ​In questo caso, il clarinetto e l'organo sono gli elementi distintivi del suono voluto dal suo creatore.
Ho accennato poco prima a un discorso musicale energico ma anche pesante. ​Al di là dei temi vari, molto riusciti perché sempre molto melodici, è questa dimensione "potente" che fa la differenza e cattura l'ascoltatore perché c'è molta dinamica in questa musica che rimane sempre molto ariosa, il che fa una grande differenza per me. ​A volte abbandonando formule più elaborate ("pagine 84-168", "pagine 254-336", "pagine 594-666"), Ludovico non esita a divertirsi proponendo anche brani molto facilmente accessibili come nel caso del rilassante "pagine 336-419" o dell'irresistibile funk-rock "pagine 420-505" attraversato da un bel coro di pianoforte elettrico. ​
Lo sottolineo regolarmente, gli album 100% strumentali sono spesso esercizi impegnativi, ancora di più quando un solo musicista è al comando, ma per quanto riguarda questo ​Volume primo, non si può che rimanere estasiati di fronte alla ricchezza e all'interesse di queste otto tracce. ​ ​
Un eccellente lavoro di alchimista in un certo senso! ​
Ancora una volta, questo album non beneficia né di un'etichetta né di un distributore, dagli almeno la possibilità che merita.

La tracklist :

  1. Pagine 1-83
  2. Pagine 84-168
  3. Pagine 169-253
  4. Pagine 254-336
  5. Pagine 336-419
  6. Pagine 420-505
  7. Pagine 506-593
  8. Pagine 594-666
     

 

Liturgia del Piombo : Volume primo

Voici donc Liturgia di Piombo, le nouveau projet solo de Ludovico Maggi Padovan. Le nom n'a bien sûr pas été choisi au hasard compte-tenu de sa lourde signification. Il évoque directement cette pratique divinatoire qui consiste à verser du plomb fondu dans l'eau et à en interpréter les signes, la molybdomancie en langage savant. Mais il fait aussi bien sûr référence à cette période noire de l'Italie qui a cumulé actions terroristes, assassinats, mais aussi intrigues politiques crapoteuses et corruptions en tout genre avec à la clé une série de drames restés inscrits pour longtemps dans la mémoire collective.
Ludovico Maggi n'est pas un néophyte, loin de là puisqu'il a précédemment fait partie avec Andrea Pozzi de Wanda Wulz , un groupe qui a quand même accouché de quatre très bons albums entre 2012 et 2020. Wanda Wulz naviguait avec bonheur entre musique électronique tendance dark wave et pop indus (toujours très sombre). Très éloigné musicalement de Wanda Wulz, Liturgia di Piombo serait plutôt une formule audacieuse combinant le meilleur du rock progressif heavy énergique et du jazz décomplexé avant-gardiste, un post prog jazzy en quelque sorte !
Ludovico a la chance d'être un multi-instrumentiste de talent. Il peut ainsi laisser libre cours à toutes ses envies de sonorités originales et retranscrire les idées et l'ambiance de son concept en utilisant les instruments qu'il pense les plus appropriés. En l’occurrence, la clarinette et l'orgue sont ici les éléments distinctifs du son voulu par son créateur.
J'ai évoqué un peu avant un propos musical énergique mais aussi heavy. Au delà des thèmes variés, très réussis car toujours très mélodiques, c'est bien cette dimension "powerful" qui fait la différence et scotche l'auditeur car il y énormément de dynamiques (avec un "s") dans cette musique qui reste toujours très aérée, ce qui fait grandement la différence pour moi. Délaissant parfois des formules plus élaborées ("pagine 84-168", "pagine 254-336", "pagine 594-666"), Ludovico n'hésite pas à se faire plaisir en proposant aussi des morceaux très simplement accessibles comme c'est le cas pour le très relax "pagine 336-419" ou encore pour l'irrésistible funk-rock "pagine 420-505" traversé par un chouette chorus de piano électrique. 
Je le souligne régulièrement, les albums 100% instrumentaux sont souvent des exercices casse-gueules, encore plus quand un seul musicien est aux commandes, mais pour ce qui concerne ce Volume primo, on ne peut que rester béat face à la richesse et à l'intérêt de ces huit pistes.   
Un excellent travail d'alchimiste en quelque sorte !
Comme une fois encore, cet album ne bénéficie ni d'un label ni d'un distributeur, donnez lui au moins la chance qu'il mérite. Voilà pour vous y inciter le lien bandcamp utile :

La tracklist :

  1. Pagine 1-83
  2. Pagine 84-168
  3. Pagine 169-253
  4. Pagine 254-336
  5. Pagine 336-419
  6. Pagine 420-505
  7. Pagine 506-593
  8. Pagine 594-666
     



 

mardi 13 janvier 2026

ZU : Ferrum Sidereum

 

Si je compte bien, il s'agit du 13ème album pour cette formation originaire de Bologne. Au passage le groupe fêtera en 2027 ses trente années d'existence. ZU est un trio, à vocation essentiellement instrumentale, centré sur les explorations musicales de ses deux membres présents depuis les débuts du groupe, Luca Mai et Massimo Pupillo.

Le résultat est toujours aussi complexe et barré, à l'avant-garde de l'avant-garde ! Une musique qui explore les possibilités soniques de l'indus, du noisy, du free jazz et du métal. Sur la durée de l'album (80 minutes), l'écoute peut s'avérer goûteuse ou éprouvante. Tout cela dépend de votre fibre musicale et de votre résistance aux coups de boutoir. Au-delà d'une grande originalité, il faut reconnaître à cette musique un très fort pouvoir magnétique. Voilà, en tout cas, un album qui secoue sévère et qui réveille en ce début d'année. 

Morceaux préférés : "Kether", "Hymn of the pearl".  

Le groupe : Luca Mai (synthés, instrus. électroniques, saxophone), Massimo Pupillo (basse, guitare, synthés), Paolo Mongardi (batterie).

La tracklist :

  1. Charagma
  2. Golgotha
  3. Kether
  4. A.I. Hive Mind
  5. La donna vestita di sole
  6. Pleroma
  7. Fuoco Saturnio
  8. The celestial bull and the white lady
  9. Hymn of the pearl
  10. Perseidi
  11. Ferrum sidereum

Sortie le 6 janvier 2026 en formats CD et double LP vinyle

Label : House of Mythology 

Lien écoute bandacmp : ZU Ferrum Sidereum

dimanche 4 janvier 2026

Conférence Rock Progressif Italien le 10 janvier 2026

Le samedi 10 janvier 2026, je serai à la Médiathèque d'Issy-les-Moulineaux pour une conférence sur le rock progressif italien. SI vous êtes dans le coin, n'hésitez pas à venir, cela se passe sous un format sympa de "café musical" de 16h00 à 17h30.

jeudi 1 janvier 2026

Edito du Nouvel An et Bonne Année 2026 (+ Trad. IT)

 

 

L’IA et l’ultracrépidarianisme ou « Le crépuscule des lumières ».
En ce début d’année 2026, qui marque déjà un quart révolu du vingt-et-unième siècle, somme- nous encore une civilisation qui s’améliore intellectuellement, qui apprend à développer une pensée structurée et crée pour le plaisir d’atteindre la beauté, de toucher au sublime ?
Je ne le crois pas.
D’un côté, nous avons la société du n’importe quoi. Aujourd'hui, n’importe qui s’auto-proclame spécialiste, expert, artiste, penseur, critique. Plus besoin d’études fastidieuses (et fatigantes), de longs apprentissages, de passations d’expériences et de partages de connaissances, car des vecteurs de communications très pratiques et peu regardant en termes de compétences, servent désormais d’abreuvoirs idéologiques aux masses. Les plateaux télé et radio déversent à longueur de journées les affirmations en forme de diktats des représentants serviles des pouvoirs et le verbiage vide des « sachants ». Les réseaux sociaux permettent aux esprits les plus embrumés de s’affirmer comme des tenants de la bien pensance et aux philosopheurs bancales anonymes de s’ériger en donneurs de leçons. Lire les posts sur les pages FB et Insta s’apparente à un vrai festival de la connerie humaine.
De l’autre côté, l’IA est arrivée, omnisciente, omniprésente, partout ! Là où ce formidable outil aurait dû être utilisé et concentré sur des applications permettant l’amélioration de nos conditions de vie (la recherche médicale par exemple), l’homme a décidé de s’en servir pour penser moins, réfléchir moins, gagner de l’argent plus vite, atteindre le succès sans effort. Le phénomène de l’IA n’est pas une vague, même pas un tsunami, c’est un reset autant inexorable que fatal pour l’humanité. L’IA est une technologie absolue et dominatrice qui va raser, effacer progressivement tout ce qu’il y avait avant, tout ce que l’homme avait mis des siècles à bâtir et à créer lentement. Mais surtout l’IA va instaurer l’obscurcissement de la pensée, la négation de la réflexion et la disparition de la création. L’homme apprenait grâce à ses erreurs si nécessaires pour évoluer et faire mieux, l’homme trouvait ses ressources pour créer un monde meilleur et plus beau dans son imaginaire. L’IA va amputer l’homme de ce qui en faisait un être capable d’interférer sur son processus évolutif et de développer une conscience.
L’IA annonce l’ère de l’homme diminué. L’IA et l’ultracrépidarianisme sont les maux de notre époque, les ferments de l’inéluctable crépuscule des lumières. 
 
Trad IT : 
 
"Il crepuscolo delle luci"
All'inizio di questo 2026, che segna già un quarto del XXI secolo, siamo ancora una civiltà che migliora intellettualmente, che impara a sviluppare un pensiero strutturato e crea per il piacere di raggiungere la bellezza, di toccare il sublime?
Non credo.
Da un lato, abbiamo la società del “tutto vale”. Oggi chiunque si autoproclama specialista, esperto, artista, pensatore, critico. Non c'è più bisogno di studi noiosi (e faticosi), di lunghi apprendistati, di trasmissione di esperienze e condivisione di conoscenze, perché vettori di comunicazione molto pratici e poco esigenti in termini di competenze servono ormai da abbeveratoi ideologici per le masse. I programmi televisivi e radiofonici riversano tutto il giorno affermazioni sotto forma di diktat dei rappresentanti servili del potere e le chiacchiere vuote dei “sapienti”. I social network consentono alle menti più confuse di affermarsi come sostenitori del pensiero corretto e ai filosofeggianti anonimi e traballanti di ergersi a dispensatori di lezioni. Leggere i post sulle pagine Facebook e Instagram è come assistere a un vero e proprio festival della stupidità umana.
Dall'altra parte, è arrivata l'IA, onnisciente, onnipresente, ovunque! Laddove questo formidabile strumento avrebbe dovuto essere utilizzato e concentrato su applicazioni che consentissero il miglioramento delle nostre condizioni di vita (la ricerca medica, ad esempio), l'uomo ha deciso di utilizzarlo per pensare meno, riflettere meno, guadagnare denaro più velocemente, raggiungere il successo senza sforzo. Il fenomeno dell'IA non è un'onda, nemmeno uno tsunami, è un reset tanto inesorabile quanto fatale per l'umanità. L'IA è una tecnologia assoluta e dominante che radere al suolo, cancellando progressivamente tutto ciò che c'era prima, tutto ciò che l'uomo aveva impiegato secoli a costruire e creare lentamente. Ma soprattutto l'IA porterà all'oscuramento del pensiero, alla negazione della riflessione e alla scomparsa della creazione. L'uomo imparava grazie ai suoi errori, così necessari per evolversi e migliorare, l'uomo trovava le risorse per creare un mondo migliore e più bello nella sua immaginazione.
L'IA amputerà l'uomo di ciò che lo rendeva un essere capace di interferire con il suo processo evolutivo e di sviluppare una coscienza.



 

lundi 29 décembre 2025

Sélection albums RPI 2025 / Selezione album RPI 2025

 

L'année 2025 aura été de nouveau prolifique pour le prog en provenance d'Italie. et une fois de plus, la quantité n'aura pas nui à la qualité, loin de là. Pour 2025 je retiens pas moins de 20 albums (un record depuis que ce blog existe) qui m'ont particulièrement plu avec des retours aussi emballants qu'inattendus (Aufkärung, Cervello, Tale Cue), des nouveaux arrivants talentueux (Phil Servini & The Mind Warp, RaraOvis) et enfin des confirmations rassurantes (Caravaggio, Tritop, Wilson Project). Tout cela pour dire que ce n'est pas demain la veille que le prog italien mettra la sourdine. 

Cette sélection a été réalisée à partir d'une cinquantaine d'albums reçus et écoutés dont une quarantaine ont bénéficié d'une chronique dans ce blog. J'en profite au passage pour remercier les nombreux groupes et musiciens qui m'envoient directement leur CD (parfois leur vinyle !). Merci pour leur confiance. Enfin, les 20 albums qui suivent sont présentés sans ordre de préférence.

 Sélection albums RPI 2025 / Selezione album RPI 2025  

 ***

Aufklärung : Nell'idea di un tempo che

Caravaggio : We all we are

Celeste :Anima Animus

Cervello : Chaire

Daal : Decoding the emptiness

G.O.L.E.M. :  Still Life (EP)

Hora Prima : 2

Il Segno del Comando : Sublimazione (live)

Limite Acque Sicure : Un'altra mano di carte

Elisa Montaldo : Looking back, moving forward

Nuova Era 20.000 leghe sotto i mari

Diego Petrini La materia del suono

Paola Tagliaferro e la compagnie dell' Es : Il suono delle sfere 

Phil Selvini & The Mind Warp T.E.T.R.U.S.

RaraOvis : ne sveleremo l'essenza

Runaway Totem (feat. AndromaA) : Metaphorm Tetraphirm

Submarine Silence : Atonement of a Former Sailor Turned Painter

Tale Cue : Eclipse of the midnight sun

Tritop : Tritop 120

 Wilson Project : Atto Prima


vendredi 26 décembre 2025

Tritop : Tritop 120

Parmi les très très bonnes surprises de l'année 2023, il y avait eu l'apparition du groupe Tritop avec son excellent premier album Rise of Kassandra (chronique ici). Deux ans plus tard, Tritop récidive et nous propose Tritop 120.
Mais au fait, avant d'attaquer la partie musique de cet album, pourquoi s'appelle-t-il Tritop 120 ?  Il s'agit d'un hommage au meilleur ami d'Ivo, Roberto, décédé dans un accident de voiture en 2019 et dont le surnom était justement Tritop 120. J'aime la fidélité et la loyauté en amitié, deux qualités très - trop - rares de nos jours. Pour cela, respect à Ivo et au groupe. 
 Comme pour Rise of Kassandra, le gros du travail de composition est à nouveau fourni par le batteur du groupe, Ivo Di Traglia, pour un résultat remarquablement construit alliant structures complexes intéressantes, voire novatrices, et lignes mélodiques très travaillées.
Après le très court instrumental introductif qui fait office de leurre, "Master of drama" ne tarde pas à s'imposer par sa puissance et dévoile des côtés métal épique et nü métal absolument terrifiants.
De fait, ce second album s'affirme donc comme beaucoup plus métal que son prédécesseur mais il est surtout beaucoup plus orienté vers un prog moderne là où Rise of Kassandra naviguait beaucoup dans un prog à la Spocks Beard, Flower Kings voire même Magic Pie. En attaquant l'écoute de ce morceau, profitez bien des deux premières minutes pour respirer un grand coup, car après vous risquez d'avoir le souffle coupé. Les quelques notes qui entament "Wanderlust" jouées au piano, dans un style romantique, ne sont qu'un très court intermède car les musiciens mettent à nouveau la gomme avec il est vrai une dose de métal moins forte pour un résultat qui ressemble à du Neal Morse speedé qui aurait abusé de psychotropes.  
Tritop 120 mérite à l'évidence plusieurs écoutes pour en saisir toutes ses nuances et toute sa richesse notamment harmonique. A cet égard, la longue suite de plus de 23 minutes, "Asymmetrical Reflections Of A Restless Heart" peut être considérée comme ce que le groupe a fait jusque là de plus ambitieux et de plus sophistiqué (tout cela dans le bon sens du terme évidemment !). Dès l'intro, la sensation de grandeur et d'emphase provoquée par les orgues est absolument prenante. Divisé en cinq parties, ce morceau m'évoque le meilleur de Shadow Gallery, ce groupe de prog métal américain toujours inégalé à ce jour dans la manière de construire des cathédrales musicales flamboyantes sans fioritures inutiles ni effets de styles stériles (suivez mon regard). 23 minutes 32, c'est long, et pourtant je peux vous dire qua ça pousse jusqu'au bout avec une intensité qui va crescendo.Just incredible !  
Je ne sais pas jusqu'où ira ce groupe mais en tout cas, Tritop 120 démontre et prouve qu'il en a encore sous le pied. 
Dernier album et dernière chronique sur ce blog pour 2025, mais franchement je peux vous dire que l'on termine l'année en beauté pour le prog made in Italie ! Une année qui se finit par un vrai coup de tonnerre dans le ciel toujours bleu du prog italien.   

Le groupe :  Ivo Di Traglia (batterie), Pierfrancesco Di Pofi (claviers, Hammond, piano, synthés, chœurs), Francesco Caponera (guitares, chœurs,), Jacopo Tuzi (basse, guitare acoustique, chœurs), Mattia Fagiolo (chant lead), Iacopo Di Traglia (guitare classique).

+ Roberta Campoli, Annalaura Talpa, Eleonora Belfiore (chœurs féminins sur 4)

La tracklist

1 - Rebuild nothing
2 - Master of drama 
3 - Wanderlust
4 - Asymmetrical reflections of a restless heart 

Voici le lien bandcamp du groupe pour écoute et achat : Tritop bandcamp

samedi 13 décembre 2025

Cervello : Chaire

Après sa dissolution en 1974, laissant comme héritage musical un unique album, le singulier Melos, et après le décès de son chanteur Gianluigi Di Franco en 2005, le sort de la formation napolitaine Cervello semblait définitivement appartenir au passé. Certes en 2017, les survivants Corrado Rustici, Antonio Spagnolo et Giulio D'Ambrosio avaient fait revivre le nom et la légende du groupe le temps d'un concert au Japon. Un coffret live (CD + DVD) avait d'ailleurs été publié à suivre. Mais tout cela pouvait ressembler à ces multiples "revenez-y" qui maintiennent en vie, depuis maintenant plus de trente ans, les légions du rock, du hard rock et du rock progressif.
C'était sans compter avec la détermination de Corrado Rustici qui a décidé de ressortir les bandes enregistrées en 1973/1974 en vue d'un second disque qui n'a jamais vu le jour pour cause de séparation prématurée. Chaire est donc un album qui présente des compositions originales mises en valeur avec des arrangements actuels. Corrado Rustici étant passé maître dans l'art de la production, le résultat est assez incroyable car de manière étonnante et improbable, la musique du groupe garde le même pouvoir de fascination qu'il y a cinquante ans, peut être justement car ce ne sont pas des nouveaux morceaux mais bien des témoignages musicaux contemporains du premier album mis en lumière avec toujours la même cohésion instrumentale et la voix si évocatrice du regretté Gianluigi Di Franco Je vous le dis en un mot, le résultat est miraculeux. A l'instar du morceau phare "Templi Acherontei" posté en avant-première sur YT, tout l'album est fait de cet alliage entre la culture méditerranéenne (pour rappel le groupe est de Naples), la folie d'un prog désinhibé, parfois provocant, et les charges émotionnelles provoquées par des envolées oniriques touchant au sublime.
Le live de 1973 doit être pris comme une archive d'époque, d'une durée d'ailleurs très courte (27 minutes). Le son de l'enregistrement est assez brut, proche d'un bootleg de qualité moyenne. Il permet toutefois de retrouver le groupe en action, faisant preuve d'une énergie et d'une vitalité assez bluffantes, interprétant une set-list qui reprend les titres de Melos ainsi que l'inédit "Progressivo remoto", un instrumental déjà entendu lors du concert de 2017 à Tokyo.
On pourra éventuellement bloquer sur l'artwork flashy de la pochette mais pour ma part, je trouve que cette porte des étoiles de laquelle se déverse cette profusion de couleurs est plutôt bien vue. Quant au contenu musical, il faut bien admettre que la résurrection du groupe Cervello est plus que convaincante et que l'album studio Chaire, qui en est le corollaire et surtout la motivation principale,  est une des palingénèses les plus réussies du petit monde du rock progressif italien.

Le groupe : Corrado Rustici (guitares, claviers, voix), Antonio Spagnolo (basse, guitare acoustique, voix), Giulio D'Ambrosio (flûte, saxophone, voix), Gianluigi Di Franco (chant lead), Roberto Portaon (batterie).

Tracklists CD 1 et CD 2 :

Chaire
1. Chaire - Hello
2. Templi Acherontei
3. La Seduzione di Chiaro Ulivo
4. Reina de Roca
5. Movalaide incl. Trasfigurazione
6. La Danza dei Guardiani
7. Chaire - Farewell

Live 1973 Pomigliano D'Arco 
1. Intro
2. Canto del Capro
3. Scinsione
4. Euterpe
5. Melos
6. Progressivo Remoto

Sortie : le 5 décembre 2025

Label: Sony Music
Formats : CD, vinyle, digital

jeudi 11 décembre 2025

Elisa Montaldo : looking back, moving forward

 

Fidèles lecteurs de ce blog, vous avez une nouvelle en avant première la présentation et la chronique d'un album qui sort le jour même. C'est pas beau ça !

Pourquoi cet album ne s’appelle pas Fistful of Planets 3 ? Après tout, c’est toujours Elisa Montaldo en solo. Il y a même des thèmes repris de Fistful of Planets 1 et 2 , alors !
Alors, le titre de ce quatrième album, looking back moving forward, donne la clé de cette énigme : regarder en arrière, aller de l’avant.
Derrière, il y a Fistful of Planets 1 (2015) et Fistful of Planets 2 (2021) mais aussi bien sûr Dévoiler (2020). Trois albums en dix ans, une décade, un cycle complet en quelque sorte. Mais surtout, une période pendant laquelle Elisa, l’artiste mais aussi la femme, a avancé dans son propre parcours de vie.
Dix ans après Fistful of Planets 1, elle a donc senti qu’il était temps d’aller de l’avant. Bien sût, cette étape cruciale ne s’est pas décidée en un déclic. Le doute, les hésitations, parfois même la perte de repères, font partie d’un cheminement naturel pour atteindre une sérénité perdue, peut-être même inconnue, et pour percevoir enfin distinctement la lumière d’une aube nouvelle. Ce jour nouveau est arrivé.
Ensuite, il faut décoder. Car Elisa procède toujours à sa manière, très personnelle, par petites touches. Ces quatorze vignettes musicales sont autant de traceurs émotionnels qui une fois écoutés, réécoutés, représentent un miroir à facettes multiples. Vous pouvez vous déplacer, changer votre angle de perception et ainsi discerner des ondes fluctuantes et des reflets mouvants. Il s’agit là d’une impression troublante poussée à son paroxysme avec les six capsules instrumentales qui forment la suite « The dreamcore bubble ».
Alors, je sais, vous allez me dire que je ne vous parle pas beaucoup musique dans cette chronique. Détrompez-vous. La musique ce sont des émotions, des sensations, des vibrations. C’est donc à vous d’aller à la découverte de cet album qui résonnera selon votre sensibilité. C’est sûrement ce qui explique que je suis très touché à titre personnel par « You’re with me » et « All di là delle idee ».
Mais comme je suis quand même bon prince, je vous propose de zoomer sur deux pièces hors norme à écouter en priorité. D’abord le magnifique motet profane « Alone or not » qui constitue une véritable cathédrale vocale formée par la voix émouvante d’Elisa à laquelle viennent se joindre les chœurs fournis par Francesco Ciapica enregistrés sur pas moins de seize pistes pour un résultat « just gorgeous ». Ensuite la chanson « Looking back – Moving Forward » avec le duo Elisa Montaldo – Barbara Rubin (et avec une fois encore Francesco Ciapica en renfort) au summum de ce qui peut se faire en matière de sensitivité. 

J’espère vous avoir donner envie d’acquérir et d’écouter cet album alors ne rater pas ce rendez-vous que vous propose Elisa. 


Les musiciens ;

Elisa Montaldo (chant, choeurs, piano, piano Rhodes, Roli Seaboard rise 2, claviers, synthés, autoharpe, flûte native américaine, flûte hulusi,  mandoline, percussions africaines, ocarina, effets.
Musiciens invités : Mattias Olsson (batterie, percussions), Francesco Ciapica (chant), Barbara Rubin (chant et violon),  Carmine Capasso (guitares, theremin, sitar), Giacomo Castellano (guitares électriques), Carlo Guardamagna (basse)

La tracklist :

1 - Raining solitude
2 - Still Floating / we didn’t waste time
3 - Alone or not (modern vampire)
4 - The Bunyan Effect
5 - You’re with me
6 - Al di là delle idee
7 - Northern Woods
"The Dreamcore bubble" (8 à 13)
8 - Out of the cold white desert
9 - 1941 the path
10 - Pastel markers
11 - 30 January
12 - Wesak (LoFi version)
13 - Watermelon in Easter hay
14 - Looking back, moving forward
 

Sortie le : 11 décembre 2025 (autoproduction)

Formats : CD édition limitée avec goodies (50 exemplaires), CD digipack, digital download

Écoute et commande du CD sur le lien bandcamp elisamontaldo


 

vendredi 21 novembre 2025

Exit : Dove va la tua strada ?

 

Vous avez l'habitude maintenant, le label Black Widow Records se fait une spécialité de sortir du néant des groupes de prog italien des années 70 qui n'ont pas eu l'honneur d'une publication discographique à l'époque mais qui ont conservé quelques témoignages sonores de leurs créations musicales.
Cette fois, c'est au tour d'un groupe de Trieste, Exit, de bénéficier du coup de baguette magique. Les morceaux proposés datent de 1973 et ont été enregistrés dans des conditions à l'évidence spartiates, mais les moyen techniques actuels permettent de réaliser un excellent travail de nettoyage et de remise en ordre, heureusement, pour un résultat probant en terme de qualité d'écoute.
Voilà qui permet de profiter de six titres qui tiennent autant du hard blues que du rock progressif, un peu à la manière d'Il Rovescio della Medaglia. En tout cas, en 1973, avec Exit, ça jouait vite et plutôt gras. 
On peut se demander à juste titre ce que ce groupe aurait donné pris en main par un bon producteur car les musiciens en avaient sous le pied et, à part le chant qui est un peu limite, il y avait du potentiel comme on peut le constater à l'écoute de "Ti risvegli" et de "Grandi regni", des compositions à tiroirs qui semblaient plus ambitieuses !
Voilà donc une nouvelle curiosité que l'on doit au label Black Widow.

Le groupe : Euro Cristiani (batterie), Tavčar (guitares), Paolo Bassi (basse), Ilario Sfecci (chant).

La tracklist :

  1. Dove va la tua strada ?
  2. Lassu dove vai
  3. La sfera
  4. Corri e fuggi
  5. Ti risvegli
  6. Grandi regni

Label : Black Widow Records

Sortie : 15 novembre 2025

Disponible en formats physiques CD et LP vinyle

lundi 17 novembre 2025

Tale Cue : Eclipse of the midnight sun

Retour plutôt inattendu de Tale Cue, un groupe créé à Milan en 1988 qui s'était sabordé peu après la sortie d'un album de néo prog publié par Musea en 1991 (Voices beyond my curtain).
Trente trois ans plus tard, sort donc cet Eclipse of the midnight sun concocté par trois membres de la formation d'origine : Laura Basla, Silvio Masanotti et Giovanni Porpora rejoints par le batteur Alessio Cobau.
Globalement, on reste dans un prog très chanté (on ne peut décemment plus parler de néo prog aujourd'hui sauf à se trouver face à une musique ringarde ce qui n'est pas le cas de cet album, loin de là !). Eclipse of the midnight sun, c'est neuf chansons très mélodiques toutes marquées et portées par la très belle voix de Laura Basla. Les climats sont parfois rêveurs à la limite de la nostalgie, parfois beaucoup plus rock avec des chorus de guitares très musclés de Silvio Masanotti, le tout lié par les parties de synthés plutôt resplendissantes de Giovanni Porpora. Au passage, le niveau technique des musiciens a notablement monté depuis leur premier enregistrement discographique.
Même si l'album est très homogène, un morceau sort quand même du lot. il s'agit de "Vertigo", la pièce la plus longue (10 mn 15) mais aussi la plus travaillée et la plus efficace, la plus prog en quelque sorte ! J'ajoute également trois autres titres, qui bien que plus courts, présentent des caractéristiques similaires : le punchy "Gordon Sinclair", le très accrocheur "The cue" ainsi que le vraiment éblouissant "The rage ans the innocence".
Les membres de Tale Cue semblent avoir voulu démontrer que l’histoire ne pouvait pas, ne devait pas, s'arrêter à Voices beyond my curtain. Le résultat (excellent) leur donne amplement raison. 

Le groupe : Silvio Masanotti (guitares, basse), Giovanni Porpora (claviers), Alessio Cobau (batterie), Laura Basla (chant).

La tracklist :

1. Voices from the past
2. The rage and the innocence
3. For gold and stones
4. Suntears
5. Gordon Sinclair
6. Tides
7. The cue
8. Lady M
9. We will be back once more
10. Vertigo

Sortie : 16 novembre 2025

Label: Freia

 

 

samedi 15 novembre 2025

LeoNero : Monitor

Le pseudonyme de LeoNero ne vous dit sans doute rien, le nom de Gianni Leone, déjà un peu plus. Mais si je vous dis Balletto di Bronzo, alors là oui, vous y êtes ! C'est d'ailleurs bien à ce même Gianni Leone, leader éphémère d'il Balletto di Bronzo, que l'on doit l'album culte Ys. Considéré comme un des chefs d’œuvre du prog italien, il portait pourtant en lui les germes de la mort du groupe. Car Gianni Leone, artiste fantasque s'il en est, après deux petites années (1971/1973) passées au sein de cette formation, allait entamer, juste après, une longue carrière solo chaotique parfois difficile à suivre sur la durée, le napolitain ayant pas mal bougé, passant d'un pays à un autre, tout en cultivant l'art de la transformation aussi bien pour ce qui concerne son aspect physique que pour son nom. Après avoir enregistré son premier disque solo (Vero, 1977) dans l'ambiance no-wave de New-York, il part sur la côte ouest des Etats-Unis. Trois ans plus tard, son second album est le fruit de sessions d'enregistrements dans des studios californiens. Il en résulte Monitor, qui sort en 1980, un disque plutôt bizarre comprenant une première face de cinq titres avec The Optical Band, en fait le groupe de power punk Plugz rebaptisé pour l'occasion, et une deuxième face de six titres du seul LeoNero aux prises avec ses machines (claviers et boîtes à rythmes).
Témoin et acteur d'une d'une époque où les avancées technologiques appliquées aux nouveaux instruments faisaient souffler un grand vent de modernité sur le monde de le musique, Gianni Leone en épouse totalement les modes musicales et... part dans tous les sens : new wave, synth pop, disco, délires électroniques, beats technoïdes, tout y passe !
Comme le propos de Monitor n'est absolument pas prog, je ne vais pas m'étaler sur la partie analyse musicale. Mais je vous incite par contre à jeter une oreille attentive à cet album car au milieu de quelques bizarreries et autres moments bien barrés qui ont quand même plutôt mal vieillis ("Volpe Orbot", "No, no, no, no" par exemple"), le génie de Gianni Leone transparaît à de nombreuses reprises. L'homme fait tout sauf n'importe quoi. De manière générale la face A (pistes 1 à 6 pour le CD) est assez impressionnante, et même si l'on est le plus souvent loin du rock progressif d'Il Balletto di Bronzo, certains titres comme "Strada" ne nous étonnent pas tant que cela quand on connaît bien Gianni Leone et sa furiosa légendaire. Il y a également une reprise d'un morceau des Grass Roots, "Piangi con me", une chanson qui avait été interprétée en Italie, à la fin des années 60, par The Rokes (un groupe anglais qui a fait toute sa carrière en Italie). Savourez aussi la sucrerie acide "Il nuovo mondo", c'est assez addictif dans le genre ! Détendez-vous même avec "Abat-jour" et son rythme chaloupé de bossa-nova. Enfin écoutez la version dance de "Tell me why", replacez-vous dans le contexte de l'époque, et dites moi si cela n'aurait pas dû faire un bon petit tube !
A noter que la réédition Black Widow propose un titre en plus avec The Optical Band, "LeoNero Mesa Beat", qui n'était pas sur la face A du vinyle ainsi que quatre titres en bonus.
Côté formats, Black Widow Records fait bien les choses comme toujours. Vous avez donc le choix entre le CD avec un livret de 20 pages, le LP vinyle en édition standard ou le LP vinyle en édition limitée (100 copies) acompagné d'un 2ème disque avec quatre titres en plus, du CD et illustré d'une couverture différente signée Nik Guerra.  

Bien sûr, à quarante cinq années d'écart, Monitor peut être légitimement pris comme une curiosité mais si vous voulez mieux connaître cet artiste protéiforme qu'est Gianni Leone, alors cet album constitue une clé de compréhension indispensable.


La tracklist (édition CD) :

1
Strada
2
Segmento
3
Piangi con me
4
Optical Surf Beat
5
Anaconda
6
LeoNero messa Beat      
7
Volpe Robot
8
Il nuovo mondo
9
No, no, no, no
10
Tell me why
11
Abat-jour
12
Ne' ieri ne' domani
13
Tell me why (bonus- second version)
14
Il nuovo mondo (bonus- re-edit)
15
Stanchiamoci insieme (bonus)

16
Un'eccitazione nuova (bonus)




lundi 10 novembre 2025

Runaway Totem (Feat. AndromacA) Metamorph Tetraphirm (trad. IT)

Ecco quindi Runaway Totem ridotto alla sua espressione più semplice, ovvero Roberto Gottardi (alias Cahal de Betel) da solo. Infatti, da Multiversal Matter del 2019, Gottardi è l'unico capitano della sua astronave, il suo ultimo fedele rimasto, Raffaello Regoli, ha lasciato la nave per dedicarsi alla sua band Cormorano, riattivata nel 2023.
Ma state tranquilli, Gottardi ha sempre saputo circondarsi delle persone giuste, e ancora una volta l'equipaggio, riunito sotto il nome di AndromacA, è di altissimo livello per accompagnarlo in questa nuova avventura. Senza dubbio, uno dei più ambiziosi mai chiamati Runaway Totem, che, a ben vedere, simboleggia nella mente del suo creatore la fuga dal totem, ovvero il rifiuto di tutti gli idoli e di tutte le barriere. Il soprano Antonella Suella è un'artista dal background ricco e poliedrico, avendo studiato canto classico al Conservatorio Paganini di Genova. Si è poi rivolta a discipline più moderne: il progressive metal con la band Nova Malà Strana, e in seguito la musica sperimentale con Stefano Bertoli, il duo che da oltre vent'anni forma il gruppo AndromacA. Stefano Bertoli, dal canto suo, è un vero mago delle tastiere e soprattutto di ogni tipo di strumento elettronico (vocoder, sequencer, ecc.), il che lo ha portato a investire molto in progetti che possono essere paragonati alla ricerca musicale e alla sperimentazione sonora.
Sto correndo un po' troppo, ma Roberto Gottardi non avrebbe potuto fare scelte migliori di questi due musicisti per assisterlo e supportarlo in questo ambizioso progetto, che richiede una vera competenza tecnica. L'opera si presenta come un trittico composto da due CD e un DVD: un bel pacchetto! Ogni CD contiene una registrazione dal vivo di una fase del concept, e il DVD offre uno scorcio della performance audiovisiva che gli artisti hanno tenuto il 16 dicembre 2023, dal vivo all'Abbazia San Bernardino di Genova. Questa performance comprende tutte le tracce di Metamorph Tetraphirm.
Questo titolo insolito, Metamorph Tetraphirm, deriva da una frase latina che significa "La Metafora delle Quattro Firme". Le quattro firme in questione si riferiscono alle eliche del DNA. Queste quattro eliche, o otto filamenti di DNA, furono simbolicamente liberate durante la famosa performance dal vivo per aprire degli "Stargate" che conducono a universi con densità diverse dalla nostra. Si tratta, quindi, di un viaggio nel tempo e nello spazio.
Infine, vale la pena notare che questo progetto cosmico è dedicato alla memoria di Nik Turner. Questo dovrebbe dare all'ascoltatore un'idea di cosa aspettarsi. E in effetti, non c'è dubbio: l'opera concepita da Gottardi è animata dall'inizio alla fine da musica elettronica psichedelica e progressiva. Fin dai primi secondi, vi trasporta in spazi interstellari immensi e inesplorati. Roberto Gottardi, Stefano Bertoli e Antonella Suella sviluppano un materiale sonoro fortemente intriso di reminiscenze di trance tribali e incantesimi rituali, a volte giustapposte ad acid krautrock. Da questo fermento costante, emerge regolarmente anche una dimensione zeuhl, in particolare grazie alle performance vocali di Roberto e soprattutto di Antonella. Composto principalmente da una successione di stati d'animo e atmosfere (questa è la natura del genere, ovviamente), il disco presenta anche alcuni slanci davvero mozzafiato, come "Deutsch Nepal" o il lungo e orgasmico finale di "Tat l'albero cosmico", controbilanciati da alcuni momenti di profonda spiritualità ("Indian dream"). L'esperienza d'ascolto è innegabilmente piuttosto disorientante, ma in definitiva piuttosto accattivante, a tratti persino emozionante, come l'enorme vortice sonoro di 12 minuti che è "Ritual thanz" o la cataclismatica "Heliocentric energy". Tra l'altro, il cenno ai Pink Floyd in "On the run", che riproduce, con alcune varianti, la sequenza di otto note del sintetizzatore EMS AKS, è piuttosto ben fatto, in quanto perfettamente integrato nel tutto. Permette persino di stabilire un collegamento con il brano successivo, "Stratosfear", che opera su un loop in evoluzione leggermente diverso, pur rimanendo nello stesso spirito, questa volta con una chiara evocazione dell'omonimo brano dei Tangerine Dream. La sequenza "on the run" - "Stratosfear" è innegabilmente uno dei grandi successi creativi dell'album.
Se avete seguito la lunga saga dei Runaway Totem fin dai suoi esordi, ben oltre trent'anni fa, potete a ragione considerare questo album, nella sua forma (la registrazione di un'esibizione dal vivo unica) e nel suo contenuto (vedi sotto), come un traguardo e un culmine, che ovviamente dobbiamo alla sua mente, Roberto Gottardi. Per me Metamorph Tetraphirm è innegabilmente una pietra miliare nella vasta discografia della band.

Runaway Totem
Roberto Gottardi (Cahal de Betel) : guitares, synth guitar, synth Stellar, claviers, percussions, theremin, vocaux.

AndromacA
Antonella Suella : chant lead
Stefano Bertoli : Ableton Push 3, Waldorf Iridium, Synclavier Regen, taiko, gong, bols tibétains

+ Clara Luna : chorégraphie et danse.

 


Tracklist CD 1 (phase I) :
  1. In den garten Pharaos
  2. Future days
  3. Father cannot yell
  4. On the run
  5. Stratosfear
  6. Deutsch Nepal
     
 Tracklist CD 2 (phase II) :
  1. Ritual thanz
  2. Indian dream
  3. Heliocentric energy
  4. Mekanik ritual
  5. Tat l'albero cosmico

 

 

mercredi 5 novembre 2025

Runaway Totem (Feat. AndromacA) Metamorph Tetraphirm

 
Voilà donc l'entité Runaway Totem réduite à sa plus simple expression, en l’occurrence au seul Roberto Gottardi (aka Cahal de Betel). En effet, depuis Multiversal matter en 2019, Gottardi est le seul maître à bord de son vaisseau spatial, son dernier fidèle, Raffaello Regoli, ayant quitté le navire pour se consacrer à son groupe Cormorano réactivé en 2023.
Mais soyez rassurés, Gottardi a toujours su très bien s'entourer et une fois encore l'équipage, réuni sous le nom d'AndromacA, est de qualité pour l'accompagner dans cette nouvelle aventure. Sans aucune doute, une des plus ambitieuses portant le nom de Runaway Totem qui, je le rappelle, signifie dans l'esprit de son créateur la fuite du totem, c'est-à-dire le refus de toute idole et de toute barrière. 
La soprano Antonella Suella est une artiste au parcours riche et complet puisqu’elle a d'abord suivi un cursus de chant classique au conservatoire Paganini de Gênes. Elle s'est ensuite tournée vers des disciplines plus modernes : le prog métal avec le groupe Nova Malà Strana, puis l'expérimental avec Stefano Bertoli, le duo formant depuis plus de vingt ans le groupe AndromacA justement. Stefano Bertoli est pour sa part un véritable wizard des claviers et surtout des machines électroniques en tout genre (vocoder, séquenceur, etc...) l'amenant à énormément s'investir dans des projets que l'on peut apparenter à de la recherche musicale et à de l'expérimentation sonore. 
J'anticipe un peu, mais Roberto Gottardi ne pouvait pas faire meilleurs choix que ces deux musiciens pour l'assister et l'épauler dans cette création d'envergure demandant de réelles compétences techniques.      
L'objet se présente sous la forme d'un triptyque regroupant 2 CD et 1 DVD, rien que ça ! Chaque CD propose une phase du concept enregistrée live et le DVD permet d'assister à la performance audiovisuelle donnée par les artistes, le 16 décembre 2023, en direct à l'Abbazia San Bernardino de Gênes, ce spectacle constituant l'intégralité des morceaux de Metamorph Tetraphirm.
Ce titre bizarre, Metaphorm Tetraphirm, tire son nom d'une locution latine signifiant « La Métaphore des Quatre Signatures ». Les quatre signatures en question font référence aux hélices de l'ADN. Ces quatre hélices, soit huit brins d'ADN, étaient symboliquement libérées lors de la fameuse performance live pour ouvrir des « Portes des Étoiles » menant à des univers de densités différentes de celle de notre propre univers. Il s'agit donc ni plus ni moins que d'un voyage à travers le temps et l'espace
Enfin, il est bon d'indiquer que ce projet cosmique est dédié à la mémoire de Nik Turner. Voilà qui peut orienter l'auditeur sur ce qui l'attend. Et de fait, il n'y a pas à s'y tromper, l’œuvre imaginée par Gottardi est propulsée de bout en bout par une musique électronique psychédélique et progressive. Dès les premières secondes, elle vous transporte dans des espaces interstellaires planants encore inexplorés. Roberto Gottardi, Stefano Bertoli et Antonella Suella développent un matériau sonore fortement imprégné par des réminiscences de transes tribales et d'incantations rituelles parfois confrontées à un krautrock acide. De ce bouillonnement permanent, émerge également régulièrement une dimension zeuhl notamment due aux performances vocales de Roberto et surtout d'Antonella. Avant tout fait d'une succession d'ambiances et d'atmosphères (c'est le genre qui veut ça bien sûr), il en éclot quelques jaillissements réellement époustouflants comme c'est le cas pour "Deutsch Nepal" ou encore pour le long final orgasmique de "Tat l'albero cosmico", contrebalancés par quelques climats d'une grande profondeur spirituelle ("Indian dream"). L'expérience auditive est évidemment assez déstabilisante mais finalement assez prenante voire passionnante par moments à l'instar de l'énorme vortex sonore de 12 minutes qu'est "Ritual thanz"ou encore du cataclysmique "Heliocentric energy". Au passage, le clin d’œil à  Pink Floyd sur "On the run", reproduisant avec quelques variations le séquencement des huit notes du synthé EMS AKS, est assez bien vu car parfaitement intégré à l'ensemble. Il permet même de faire le lien avec le morceau suivant, "Stratosfear", qui fonctionne sur une boucle évolutive légèrement différente, tout en restant dans le même esprit, avec cette fois une évocation franche du morceau homonyme de Tangerine Dream. L'enchaînement "on the run" - "Stratosfear" est d'ailleurs incontestablement une des grandes réussites créatives de cet album.
Si vous avez suivi la longue épopée de Runaway Totem depuis ses débuts, il y a largement plus de trente ans maintenant, vous pouvez considérer à juste titre que cet album, dans sa forme (captation d'une performance in vivo unique) comme dans son contenu (voir infra), représente à la fois un accomplissement et un climax que l'on doit évidemment à son shaman Roberto Gottardi. Pour moi, Metamorph Tetraphirm fait incontestablement date dans la  longue discographie du groupe.

Musiciens intervenants :

Runaway Totem
Roberto Gottardi (Cahal de Betel) : guitares, synth guitar, synth Stellar, claviers, percussions, theremin, vocaux.

AndromacA
Antonella Suella : chant lead
Stefano Bertoli : Ableton Push 3, Waldorf Iridium, Synclavier Regen, taiko, gong, bols tibétains

+ Clara Luna : chorégraphie et danse. 
 

Tracklist CD 1 (phase I) :
  1. In den garten Pharaos
  2. Future days
  3. Father cannot yell
  4. On the run
  5. Stratosfear
  6. Deutsch Nepal
     
 Tracklist CD 2 (phase II) :
  1. Ritual thanz
  2. Indian dream
  3. Heliocentric energy
  4. Mekanik ritual
  5. Tat l'albero cosmico

Arianuova : volevo andare altrove

Daniele Olia, également membre du groupe de Savona, Qirsh, est le principal artisan de cet album. Il a développé ce nouveau projet musical à partir d'un concept, désormais pas mal usé mais qui fonctionne toujours, traitant des désirs ataviques des êtres humains. La musique est un rock progressif qui a recours aux instruments d'origine classique (orgue, cordes, piano, guitares acoustiques) combinés avec ceux plus habituels du rock, les sons électroniques et les effets vocaux venant compléter cette large palette sonore.
À la première écoute, la musique rappelle celle de Qirsh justement. De manière générale, le style qui se dégage va du prog classique des années 70 à un rock mélodique plus moderne aux consonances parfois proches de la new-wave. On trouve également quelques envolées de guitare à la Pink Floyd ainsi que plusieurs passages instrumentaux en partie logés dans la suite de 15 minutes "L’orologio che andava all’indietro". A signaler, un chant particulier que l'on peut qualifier de guerrier ! Mais pour le reste, l'essentiel y est avec un rock progressif engagé plutôt ancré dans le présent, sans trop regardé en arrière, ce qui est une bonne chose. Cet album devrait donc plaire à ceux qui sont à la recherche de renouvellement et d'un peu de sang neuf (au figuré bien sûr !).

Pour vous faire une idée, voici le teaser en écoute ici.

Le groupe : Daniele Olia (claviers, guitare, chœurs), Luca Bonomi (batterie), Massimo Zanon (chant), Michele Spinoni (guitare).


La tracklist :

  1. Rota fortunae
  2. la strada buona (en écoute ici)
  3. Rainbow bridge
  4. Downfall
  5. La quiete dopo la tempesta
  6. La commedia è finita
  7. L'orologio che andava all'indietro
  8. Fortuna rota volvitur

Label : Lizard records

 


mardi 4 novembre 2025

ZoneM : Sync Out (work in progress)

  
Rappelez-vous: en 2022, Beppi Menozzi, le claviériste d'Il Segno del Comando, masqué sous le nom énigmatique de ZoneM, nous avait livré un album OVNI (Sono dentro di me) éminemment original, fruit d'un grand foisonnement d'idées personnelles. Je vous laisse relire la chronique de l'époque ZoneM Sono dentro di me.
Depuis Beppi Menozzi a continué d'avancer dans son cheminement artistique à son rythme et selon son inspiration. Il est désormais accompagné dans ce projet par la chanteuse Silvia Palazzini.  
On retrouve ainsi sur sa chaîne YouTube ses créations musicales qu'il dépose tranquillement au fur et à mesure de ses envies. Nous avons, à aujourd'hui, six nouveaux morceaux, regroupés sous le nom générique de Sync Out, et autant de nouveaux reflets kaléidoscopiques de l'intense activité prospective qui semble animer Beppi Menozzi.
Il est évidemment un peu tôt pour vous proposer une synthèse de tout cela mais à l'écoute de ces six titres, je sens une nette inflexion dans les compositions de Beppi. Incontestablement, la présence et surtout la voix (superbe) de Silvia Palazzini y sont pour beaucoup. Tout en restant dans un cadre connoté prog, principalement grâce aux  parties de claviers de Beppi, on s'approche assez souvent d'un format chanson. Mais là où on pourrait y associer les termes de "facilité" et de "mainstream", il faut en réalité penser "exigence" et "haut de gamme". De ce fait, je trouve également beaucoup d’homogénéité dans ces compositions avec à l'arrivée un sentiment de cohérence en passant d'une chanson à une autre. 
Il y a, à l'évidence, une ambition nouvelle dans le projet artistique de Beppi Menozzi. Voilà qui préfigure, je l'espère pour ma part, un futur nouvel album qui pourrait bien donner une nouvelle dimension à l'entité ZoneM.
En attendant, je vous propose une écoute de ces six morceaux. 


vendredi 24 octobre 2025

RaraOvis : ne sveleremo l'essenza

Un peu de vent frais souffle sur le prog italien avec ce très beau ballon d'essai envoyé par le compositeur australo-italien Leonardo Pegoraro. L'homme, jusque là inconnu dans le petit monde du rock progressif italien, est natif d'Urbino mais vit et travaille depuis dix ans à Melbourne en Australie. Ayant étudié très jeune la flûte à bec et le piano, il est aujourd'hui un compositeur polyvalent pouvant se prévaloir d'une solide formation en musique classique. Son style d'écriture mêle rock symphonique progressif, ambient, folk, électronique et minimalisme.
Enregistré à Gênes dans le Studio 77 de Matteo Ricci, cet album implique plusieurs musiciens génois bien connus dans notre petit monde du rock progressif italien, à commencer par Fabio Zuffanti qui a supervisé l'affaire mais aussi Luca Scherani au piano, Andrea Orlando à la batterie, Mauro Serpe à la flûte, Irene Manca au chant (magnifique voix au passage). Sont également de la partie : Fabio Cinti au chant, Giulio Gaietto à la basse, Massimo Montarese et Marco Topini aux guitares, Osvaldo Loi au violon, Jacopo Gabutto aux basson, flûte et clarinette.Leonardo Pegoraro se charge quant à lui des claviers et des arrangements.
Comme vous pouvez le constater, le nombre de musiciens sollicités est conséquent et la palette d'instruments utilisés est assez large. Mais, vous le ressentirez nettement à l'écoute, les compositions élaborées par Leonardo Pegoraro le nécessitent et le méritent.
L’album propose notamment une suite de 22 minutes absolument bluffante. La musique est, disons le sans ambage, d'une grande richesse, mêlant habilement rock progressif, intonations médiévales et envolées symphoniques. Pegoraro apporte même quelques touches exotiques à sa musique, orientale dans la première partie de la suite avec l'utilisation d'une cloche tibétaine, africaine un peu plus loin avec des notes émanant d'un stringbow.
Remarquables également la chanson "Luci a mandorla" survolée par la voix prenante d'Irene Manca ou encore "I contorni dell'alba" qui représente la synthèse parfaite de tout ce que contient cet album en matière de beauté, de finesse mais aussi d'inspiration.   
Les techniques utilisées sont proches de la musique savante (textures harmoniques complexes, gammes originales, contrepoints, chant en canon, arrangements sur plusieurs clés) et évoquent nettement une partition écrite par un compositeur opérant une incursion - réussie - dans la musique progressive italienne. 
En cela cet album intrigue, charme et donne envie d'entendre rapidement une nouvelle création de Leonardo Pegoraro. 
Étonnante découverte donc qui semble arriver de nulle part, mais dont le côté frais charme incontestablement.
Décidément, ça bombarde en ce moment les nouveautés, côté RPI, Et là c'est vraiment du tout bon !

Les musiciens : Fabio Cinti (chant), Irene Manca (chant), Leonardo Pegoraro (claviers), Luca Scherani (piano), Matteo Ricci (guitares électriques, soundscape), Massimo Montarese (guitares), Marco Topini (guitare classique), Giulio Gaietto (basse, claviers), Andrea Orlando (batterie), Jacopo Gabutto (flageolet, flûte traversière, clarinette), Mauro Serpe (flûte traversière), Osvaldo Loi (violon, viola).
 
La tracklist :
  1. Prima passi
  2. Sento calore
  3. Luci a mandorla
  4. I contorni dell'alba
  5. ne sveleremo l'essenza

 
Label : Lizard Records

jeudi 23 octobre 2025

Sigmund Freud : Risveglio

Régulièrement, le label Black Widow réussit à sortir du néant un vieux groupe de rock progressif italien sans aucun antécédent notable, le plus souvent inconnu même des fans les plus affutés.
Même si cela ne fait pas vraiment avancer la cause, on est bien d accord, il y a quand même un vrai plaisir à retrouver l'esprit et le savoir-faire de ces précurseurs.
Voilà qui va être une nouvelle fois le cas avec Sigmund Freud, un groupe né en 1972 dans le magnifique secteur des Castelli Romani, près de Rome. Entre 1972 et 1975, ses membres ont composé et enregistrés plusieurs morceaux pour deux labels connus (EMI ou RCA) mais au final aucun album n'a jamais vu le jour. Jusqu'en 1978, année de la dissolution du groupe, Sigmund Freud a malgré tout continué a fonctionner et a participer à de nombreux concerts et rassemblements rock qui se sont principalement déroulés dans la région du Latium et dans la capitale italienne (notamment à à Villa Pamphili).
Cinquante plus tard, sollicité par Black Widow, le fondateur du groupe, Claudio Ciuffa a remis sur pied une nouvelle formation avec de nouveaux musiciens. Puis en janvier 2025, ils sont entrés en studio pour enregistrer les morceaux composés il y a cinquante ans, avec la volonté de retrouver les sensations qui avaient motivé les anciens membres de Sigmund Freud au moment de la création du groupe.
De ce côté, le pari est assez réussi car il est évident que la musique sonne assez datée avec une profusion de tonalités vintage, le résultat d'un recours limité des effets sur les instruments (guitares électriques) et d'un apport conséquent des couleurs de claviers old school (Moog, Mellotron et orgue Hammond) ce qui donne un son assez organique à l'ensemble.
Côté compositions, le progueux nostalgique du vieux RPI sera comblé avec cinq morceaux de durées respectables (entre 8 et 12 minutes). Le premier titre, "Fiori di polvere bianca", navigue dans un registre pop prog pouvant rappeler Gleemen avec un pont central plus rock qui apporte du nerf à l'ensemble. Avec "Giochi d'ombre", le groupe s'approche cette fois plus d'un prog plus candide, avec quelques accents pastoraux, à la Errata Corrige, avec là aussi un passage final plus rock. A partir du troisième morceau, le niveau semble monter d'un cran. Pas que les deux premiers titres soient mauvais, bien au contraire, mais ils pâtissent tous les deux d'un léger déficit d'originalité. Ainsi "Palla di neve" démontre dès les premières mesures une qualité d'écriture beaucoup plus affirmée. La suite du morceau ne fait que confirmer cette bonne impression de départ avec une succession de très belles séquences tant dans les variations rythmiques que dans les modulations harmoniques. Et oui, la fin du morceau fait bien penser à Eneide ! "La quiete dopo la tempesta " est un long titre de 11 minutes avec cette fois une construction en rebondissements qui nous vaut quelques belles envolées et autant de moments jouissifs. "Epilogo" est certes une composition prog de facture classique mais avec une très belle musicalité et un long pont instrumental psyché très original. Avec ce dernier morceau très apaisant, l'album 2025 (*) se termine sur cette bonne note finale. De là à penser que ce  réveil de Sigmund Freud est une forme de catharsis prog.

(*) avertissement : le label Black Widow a tenu à ajouter un medley de 17 minutes intitulé "Freud 70' medley". Il s'agit du seul enregistrement ancien conservé par le groupe. C'est donc un véritable témoignage d'époque qu'il faut appréhender avec beaucoup de mansuétude compte-tenu des imperfections inhérentes à ce type d'archives sonores. 

Le groupe : Claudio Ciuffa (guitares, flûte, saxo soprano), Marco Cavaterra (basse), Claudio Carbonetti (piano, synthés, Moog, Mellotron, voix), Evandro Gabiati (batterie, percussions), Dino Pacini (guitares), Luca Allori (chant lead, guitare acoustique).

La tracklist :

  1. Fiori di polvere bianca
  2. Giochi d'ombre
  3. Palla di neve
  4. La quiete dopo la tempesta
  5. Epilogo
  6. Freud 70' medley (bonus track) 

Date de sortie : 28 septembre 2025

Label : Black Widow Records

mercredi 15 octobre 2025

Le Orme : Il Leone et la Bandiera (version CD)

 

Deux ans après sa sortie, il est temps de s'intéresser à nouveau au dernier album en date des Vénitiens de le Orme. Vous allez vite comprendre pourquoi. 
En 2023, un coffret 3 CD intitulé Le Orme and friends avait été mis sur le marché pour un tarif beaucoup trop élevé au regard de l'intérêt des deux autres CD accompagnant l'album Il Leone e la Bandiera (voir toutes les publications à ce sujet de ce blog). Puis en 2024, un LP (encore trop cher !) présentant enfin l'album seul Il Leone e la Bandiera avait été publié à 500 exemplaires numérotés. Peu après, la version CD du même Il Leone e la Bandiera, financièrement plus abordable et comprenant en prime des bonus tracks, sortait discrètement. Je pense que vous comprenez bien le petit tour de passe-passe organisé par le label !
Une nouvelle recension de cet album me paraît aujourd'hui utile pour lui redonner le juste éclairage qu'il mérite. 
L'écoute d'Il Leone e la Bandiera débute par une ouverture (instrumentale) mêlant divers orgues et synthés aux sonorités plutôt imposantes, comme à la grande époque. C'est bien le son Le Orme que l'on entend et je dois avouer que cette introduction est plutôt dynamique Voilà un démarrage qui rassure sur la direction prise.
"Acqua di Luna" permet de faire connaissance avec Luca Sparagna, le nouveau frontman du groupe qui prend le poste, après plusieurs essais plus ou moins convaincants avec d'autres chanteurs/bassistes. Sa voix est effectivement très proche de celle d'Aldo avec par contre moins de puissance. Mais la ressemblance vocale reste troublante. Le morceau d'une grande luxuriance est tout simplement beau et n'a clairement rien à envier aux chansons pop écrites par Aldo.
"Ferro e Fuoco" démarre sur un intrigant riff d'orgue Hammond plutôt lourd. La section rythmique entre rapidement en action et le groupe déroule ensuite jusqu'au chant de Luca qui adopte une posture vocale de rocker. Étonnant mais très réussi. Les arabesques jouées au synthé par Michele Bon sont du pur Le Orme. Michi Dei Rossi se met au diapason en martelant ses peaux sur un rythme binaire. Les vénitiens de Le Orme dans un exercice de hard swinguant, c'est pour le moins réjouissant en 2024.
Quasiment enchaînée avec "Ferro e Fuoco", "Lucciole di Vetro" est une très belle chanson enlevée assortie d'un refrain superbe, sûrement une des perles de cet album qui peut sans aucune hésitation être comparée aux grandes compositions romantiques d'Aldo. Le pont d'obédience classique, jouée au piano par Michele Bon, est également de toute beauté.
"L'alba della Partenza" est un croisement réussi entre le style Le Orme et celui d'E.L.P.. Il semble que Michele Bon se soit également vraiment fait plaisir sur cette composition. Discrètement mais sûrement, au fil des pistes, la voix de Luca Sparagna s'impose et affirme sa personnalité. Une présence qui se confirme d'ailleurs également sur "Rosa dei Venti" avec sa ligne mélodique sublime reprise en fin de morceau par une chorale mixte le transformant en hymne, d'ailleurs chanté a capella sur les dernières mesures.
L'album se termine par l'énorme instrumental "Caigo" construit en forme de happening, titre dans lequel on distingue facilement une fois encore la patte de Michele Bon qui rappelle ce qu'il avait apporté au groupe pour les albums Elementi et L'infinito. Voilà en tout cas sept minutes d'un final à rebondissements bien rempli ! 

Cet album de Le Orme sorti en 2024 est en fait excellent. Il est ce que le groupe a fait de mieux depuis le départ d'Aldo en 2008, çà ne fait aucun doute car si La Via della seta (2011) était également très bon, il n'avait pas le même niveau d’homogénéité que ce Il Leone e la Bandiera qui, en outre, ne présente pas de moment faibles. Je ressens même une forme de régénération avec le sang neuf apporté par Luca Sparagna qui est incontestablement la très belle surprise de ce disque. L'homme du match en quelque sorte ! Il n'est d'ailleurs pas usurpé de lui décerner une mention spéciale tant Luca assure comme un chef et pas seulement sur cet album car pour l'avoir entendu  plusieurs fois en concerts, il fait vraiment le job avec classe. Et Dieu sait que remplacer dignement Aldo Tagliapietra à la fois à la guitare, à la basse et surtout au chant n'est pas un rôle facile. Luca Sparagna, lui, se hisse au niveau de son illustre prédécesseur sans problème ! 
Cette version CD comprend également en bonus track des versions live de "Rosa dei venti" et "Acqua di luna" confirmant l'excellente forme de ce groupe enfin revenu à son meilleur niveau. 
 

La tracklist (CD) :

1. Ouverture
2. Acqua di Luna
3. Ferro e Fuoco
4. Lucciole di Vetro
5. L'alba della Partenza
6. Rosa dei Venti
7. Caigo

8. Rosa dei venti - live (bonus track)
9. Acqua di luna - live (bonus track)

+ Acqua di luna (vidéoclip)

Voici le lien pour commander la version CD éditée à 1000 exemplaires numérotés : Orangle Records CD