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jeudi 3 juillet 2025

I Giullari di Corte : Via Fulton 4

En 2020, vous pouviez déjà lire sur ce blog la chronique du premier enregistrement du groupe I Giullari di Corte, Presa di Coscienza, un album qui était d'ailleurs mis au tableau d'honneur des meilleures sorties RPI de l'année de ce même blog. Depuis, cinq années ont passé et, après pas mal de péripéties, le groupe revient avec un deuxième disque, Via Fulton 4, publié cette fois par un label (Areasonica Records). Il ne reste plus maintenant qu'à l'écouter !
Les trois premières pistes de l'album sont assez disparates et évoquent plusieurs mouvances prog. Si "Genesi" est à l'évidence une réminiscence d'un RPI à l'ancienne, l'instrumental qui suit, "Fatto, sfatto e soddisfatto", doté d'une très belle fin épique, lorgne plus vers le IQ des années 80 (cf. les multiples changements de rythmes et les sonorités de synthés) alors que "Shine on your crazy divac." est, comme son nom l'indique, un clin d’œil au Floyd, au moins pour ce qui est de l'intro du morceau car après la 3ème minute, le groupe bascule dans un univers plus proche de celui du vénérable Greenslade . Mais ne vous laissez surtout pas abuser par cette entrée en matière tout azimut, car les Bolognais haussent ensuite franchement le ton et se lancent sans retenue dans un hard prog vintage. Ils alignent ainsi quatre titres de belle tenue ("La corsa sul tempo" "Giullare", "Venerdi", "Il cappellalaio matto") avant de terminer sans forcer avec le bluesy rock "Che fine ha fatto la signora Colombo ?", pas très éloigné de Wishbone Ash. Je note au passage que les musiciens savent appuyer sur la pédale d’accélération quand il le faut. Le final de "Giullare" en est, à cet égard, un bon exemple.
Autre point intéressant à souligner : le groupe a un son bien à lui que j'aime beaucoup. Il est très souvent fait de timbres clairs avec une utilisation d'effets de base (disto, wah wah) sur la guitare électrique, une basse lourde, une batterie qui va à l'essentiel sans fioriture inutile et enfin ces sons d'orgues vintage inimitables avec des machines modernes. 
En jouant habilement sur les deux tableaux, prog rock et heavy prog, I Giullari di Corte réussit à offrir un résultat global qui tient la route même si, à mon avis, c'est bien dans ses performances hard rock, et accessoirement hard blues ("Il cappellaio matto"), que le trio de Bologne est le plus convaincant. Mais, j'insiste, la cohabitation avec les séquences plus prog se fait de toute façon très bien. 
Même si I Giullari di Corte ne va rien révolutionner avec Via Fulton 4, vous pouvez être sûr que vous trouverez du plaisir à écouter les huit pistes de cet album, chacune d'entre elles recelant des idées intéressantes développées en toute simplicité sans jamais donner l'impression de vouloir en rajouter mais avec gardant en permanence un grand sens de l'efficacité. 
En tout cas, contrairement à ce que le nom du groupe pourrait laisser croire, les bouffons du rock progressif ne sont pas à chercher du côté d'I Giullari di Corte ! (just a joke bien sûr !). 
 
Le groupe : Alessio De Angelis (batterie, chant sur 3), Matteo Balestrazzi (basse, chant sur 5), Paolo Zacchi (guitares, claviers, chant sur 1).
 
La  tracklist : (écoute possible en cliquant sur chaque titre)

dimanche 20 décembre 2020

ma sélection des meilleurs albums de RPI pour 2020

 

Encore beaucoup de sorties cette année en prog italien avec une belle qualité d'ensemble, de beaux projets individuels et quelques franches réussites que l'on va bien sûr retrouver dans ma sélection 2020. J'en profite au passage pour remercier les artistes et les maisons de disques qui me font parvenir leurs copies avec une reconnaissance toute particulière pour ceux qui m'envoient une copie au format physique (CD ou vinyle). Ce sont ceux qui savent que j'ai vraiment du mal avec les supports dématérialisés. Encore merci à eux.
Ma sélection pour cette année 2020 est à la fois originale et surprenante dans la mesure où elle présente quatre évidences, qui sont aussi quatre valeurs sûres du prog italien, et cinq surprises que personne n'attendait.
TOP "1" 2020 S'il faut un vainqueur, alors la première place revient à LogoS et son album impeccable Sadako e le mille gru di Carta. Les Véronais atteignent avec cette œuvre un point haut de leur déjà longue histoire. Un très grand Bravo à eux !
Juste après, nous avons trois groupes confirmés du prog italien avec :
- La Maschera di Cera avec S.E.I.
- Ubi Maior avec Bestie Uomini e Dèi  
- Sintonia Distorta avec A piedi Nudi Sull'Arcobaleno 
Ils forment une belle haie d'honneur et sont vraiment très proches de LogoS, mais Sadako e le mille gru di Carta est réellement mon coup de cœur de l’année. 
Derrière, ce sont bien des surprises que je vous propos dans la mesure ou les cinq noms qui apparaissent étaient absolument inconnus de tous il y encore quelques mois. Vous pouvez ainsi vous pencher sérieusement sur les albums suivants (sans ordre spécial) : 
- les revenants de  Corpo avec  Corpo III
- Jus Primae Noctis et leurs très prometteurs Istinto
- le projet solo de Gianni Nicola malicieusement appelé Oh No it's prog (Oh No it's prog !)
- I Giullari di Corte dont j'espère que l'album Presa di Coscienza pourra bientôt être édité en format physique (peut être que cette mise en lumière les aidera, en tout cas je l'espère vraiment)
- et enfin, Cut the Tongue, l'album de fin d'année que l'on n'attendait pas, que l'on doit à Julius Project, un collectif de musiciens confirmés réunis autour d'un homme et de sa fille pour écrire quelques pages musicales d'une très belle histoire de famille.
Cela fait donc neuf albums distingués pour cette année qui se termine dans l'incertitude et la précarité pour beaucoup d'artistes. Je pense ici avant tout à eux en espérant que nous verrons tous en 2021 le bout de ce cauchemar. 
Pour ceux qui ne sont pas dans cette sélection, qu'ils n'oublient pas qu'il s'agit uniquement de mes goûts personnels, pas d'un concours ! Je pense particulièrement à Mesmerising (The Clutters Storyteller), Ancient Veil (Unplugged Live), Daniele Solo (Order or DisOrder), Instant Curtain (Let us tear apart), Métronhomme (tutto il tempo del mondo), O.A.K. (Nine Witches under a Walnut tree), OTEME (Un Saluto alle Nuvole), Monjoie (Love Sell Poor Bliss for Proud Despair), Notturno Concertante (Let Them say). J'ai aussi pris pris beaucoup de plaisir à l’écoute de ces albums.
Voici donc la liste de cette sélection de neuf albums avec la possibilité de lire ou relire à chaque fois ma chronique si vous cliquez sur le titre.
 
LogoS : Sadako e le mille gru di Carta (Andromeda Relix) (bandcamp de LogoS ici)

La Maschera di CeraS.E.I. (label : BTF.IT, AMS)

Ubi Maior :  Bestie Uomini e Dèi (label : BTF.IT, AMS)

Sintonia Distorta : A piedi Nudi Sull'Arcobaleno (label Lizard Records, le site du groupe ici)

Corpo : Corpo III  (label : Lizard Records)

Jus Primae Noctis : Istinto (label : Nadir Music)

Oh No it's prog : Oh No it's prog ! (Autoproduction, pour contacter Gianni Nicola c'est ici)

I Giullari di Corte : Presa di Coscienza (autoproduction, le bandcamp du groupe ici)
 
Julius Project : Cut the Tongue (autoproduction, c'est distribué par G.T. Music à cette adresse)

mercredi 1 avril 2020

I Giullari di Corte : Presa di Coscienza


Malgré une démo de sept titres en 2003 (In Una Notte di Tempesta), le groupe I Giullari di Corte n'avait pas eu le temps de faire parler de lui., la faute à une dissolution rapide quelques mois après ce premier ballon d'essai. La formation a refait surface en 2017 seulement et s'est alors attelée à réaliser un vrai album. Vrai ne veut pas dire "objet physique" puisqu'il n'est disponible pour l'instant que dans un format numérique sur le bandcamp du groupe à cette adresse . Même si une éventuelle édition limitée vinyle est en projet. Cela dépendra bien sûr des retours positifs (ce dont je ne doute pas) que les membres du groupe auront. On va donc essayer de les aider un peu. D'autant plus qu'ils le méritent.
Car Matteo Balestrazzi, Alessio De Angelis et Paolo Zacchi ont réussi à trois un vrai tour de force !
En grande partie instrumental, Presa di Coscienza est un album qui peut être pris comme une carte de visite, le groupe couvrant plusieurs styles différents selon les morceaux : influences classiques pour "Nautilus " développé sur une base de toccata, hard baroque dans la lignée de The Trip pour "Vent'anni spesi cosi", smooth jazz pour "L'ombra di Sherlock Holmes", encore du jazz mais plus soutenu (à la Henri Texier Azur Quartet période An indian's week) pour "La cicala e la formica" avant de basculer sur un intermède franchement prog,  (belle) chanson romantique pour "Viaggio in treno senza biglietto" qui vous rappellera plein de vieux trucs du RPI  des 70' comme Eneide et Festa Mobile (au passage ce titre est vraiment excellent et un des tous meilleurs de l'album), thème et structuration typiquement prog à la Banco del Mutuo Soccorso pour "Presa di Conscienza" et "Il prezzo", séquence qui sonne très début des années soixante avec un petit côté The Ventures pour "Il messicano", à nouveau un rock prog bien foutu et accrocheur avec "Dolcetto o scherzetto ?" et, last but not least, un hommage à Black Sabbath pour finir en beauté ("Sabbatho nero").
Dans un ensemble de qualité sans réel défaut, il faut noter une excellente basse et des arrangements très réussis. Enfin même si nos amis Alessio et Paolo ne sont pas des chanteurs nés, ils s'en tirent plutôt bien en prenant le micro à tour de rôle.
En espérant qu'un label s’intéresse vite à eux, je vote donc personnellement pour une édition physique (CD ou vinyle) de cet album  !

La tracklist :
1. Nautilus
2. Vent'anni spesi cosi
3. L'ombra di Sherlock Holmes
4. La cicala e la formica
5. Viaggio in treno senza biglietto
6. Presa di Conscienza
7. Il prezzo
8. Il messicano
9. Dolcetto o scherzetto ?
10.Sabbatho nero

L'album est en écoute libre sur YT
Vous pouvez écouter et acheter les titres sur le bandcamp du groupe, ici

Les musiciens : Matteo Balestrazzi (basse), Alessio De Angelis (batterie, chant et guitare acoustique sur "Presa di Conscienza"), Paolo Zacchi (claviers, guitares, synthés, chant)