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mercredi 6 décembre 2023

Syndone : DirtyThirty

"Asseyez-vous, installez-vous. C’est l’histoire d’un voyage artistique, d’une parabole de 30 ans.
Écoutez. Immergez-vous. Éliminez toutes les distractions. Laissez la musique vous parler, comme avant. DirtyThirty est l’aboutissement d’une lutte de classes, de l’idéal utopique de ceux qui s’accrochent obstinément à un modèle du monde qui englobe encore la pensée, l’émerveillement et le courage de l’art. Syndone est une vision, un voyage de neuf albums, le désir de laisser une trace dans le monde. Syndone est un métamorphe, un groupe qui a changé de peau et de musiciens sans jamais changer son âme : nager à contre-courant, défier la mode et le déclin (pas seulement musical) d’une époque où vous ne pouvez réussir que si elle plaît aux pouvoirs qui sont en place.
Pourtant, il fut un temps où les albums étaient capables de nous transporter, à commencer par l’artwork des pochettes, de briser les règles, de franchir les frontières, avec tout un ensemble d’atmosphères, de sons et de constructions stylistiques réfléchies, raffinées. C’était le temps du rock progressif; à l’époque, on l’appelait simplement « pop », parce qu’il était populaire. Aujourd’hui, il reste très peu de choses qui sont progressives : il n’y a pas de frisson de découverte, nous ne sommes plus ouverts à l’émerveillement et à l’étonnement. nous ne dévions pas de l’idée d’un être humain de plus en plus standardisé et remplaçable.
Nik Comoglio, le cœur et l’âme musicale de cette histoire, n’a jamais cédé à cette réalité. Épaulé par les talents vocaux et conceptuels de Riccardo Ruggeri, le claviériste et compositeur basé à Turin a vraiment réussi à imposer sa marque de fabrique. Syndone, avec son rock érudit, impeccable, aussi violent et énergique que mélancolique et orchestral, est un défi, un contrepoint, un doigt du milieu levé à la stratégie sournoise de la narcose collective sagement tombée d’en haut dans le Kali Yuga de la civilisation occidentale. C'est une  antidote.
DirtyThirty
est son couronnement, le (peut-être) dernier chapitre. Savourez-le comme un bon vin, à petites gorgées, et n’oubliez pas de rester humain."

Ma foi cette déclaration sent un peu le sapin comme on dit chez nous. En attendant la première piste, "DirtyThirty", se révèle une entrée en matière sublime avec un Riccardo Ruggeri, dont la voix si prenante, est ici carrément émouvante de lyrisme contenu. Le très direct "Fight club" étonne un peu par son côté glam/hard. Le contraste est évidemment saisissant avec la pièce romantique "The Angel" traversée il est vrai par un grain de folie, "Il fiele e il limite", sur lequel raisonne pour la première fois le vibraphone de Marta Caldera. Plongée ensuite dans le jazz funky de "Valdrada's Screen" : réussir à groover d'aussi belle manière avec un accordéon en arrière plan est quand même une exploit à souligner, sans même parler de l'orgue d'église qui s'invite pour un improbable intermède. "I spit on my virtue" reprend les affaires là où "Fight club" les avait laissées avec un résultat assez proche. Toujours dans un esprit très rock, "I only ask for a super glue" me paraît un cran au-dessus avec des chorus d'orgue Hammond et une ligne de chant assez convenus mais hyper efficaces. "Mary Ann" accroche l'auditeur par son style comédie musicale à l'américaine mais là on est clairement dans le haut de gamme et surtout la digression centrale est un pur délice, la présence de l'orchestre symphonique s'intégrant parfaitement à l'ensemble. La ballade "René" interprétée à la guitare acoustique, s'écoule gentiment avant de basculer sur une séquence incroyablement dense et lourde sur laquelle Riccardo Ruggeri émet une série de vocalises habitées qui évoquent par moments Demetrio Stratos. Retour au rock  avec "God’s will". Le tempo quasi primaire impulse un rythme martial à ce titre qui résonne comme un exutoire. Les claviers sonnent assez datés (années quatre vingt pour être précis) mais çà passe car c'est dans l'esprit du morceau. Le jazzy "Thousand times I cried" dégage un charme incroyable. Les variations jouées par les deux claviéristes, accompagnés de Marta au vibraphone, sont autant de petites perles qu'il est bon de retrouver à plusieurs reprises tout au long du morceau. "So long evrybody" est une pièce que l'on peut qualifier, sans l'ombre d'une hésitation, de classique. Ce que l'on prendra pour un prélude, exécutée d'abord largo puis en adagio, se déploie gracieusement, amplement, portée d'abord par un piano puis par l'ensemble orchestrale mené de main de maître par Francesco Zago. "Evelyn" constitue une suite logique avec à nouveau une lutherie en partie classique (comprenant aussi une clarinette) mise au service cette fois d'une chanson qui pourrait s'apparenter à une complainte s'il n'y avait ce final sautillant venant soudainement changer l'ambiance du morceau et constituant une fin plutôt joyeuse. 

Pour fêter ses trente années d'existence les Turinois s'offrent un album sur lequel ils font, eux-mêmes, des relectures de leurs propres titres (je vous ai mis en dessous les précisions concernant les titres et albums d'origine). Le résultat est assez imparable : Syndone fait du Syndone, toujours aussi bien avec toujours ce style distinctif apparenté au rock baroque qui est à prendre ici dans le meilleur sens du terme. Au-delà de la qualité de l'écriture et du niveau des musiciens, la musique proposée par Syndone est toujours d'une grande richesse dans l'agglomération de de différents styles. Compte-tenu de l'étonnante présentation de cet album par le groupe (que vous avez pu lire en tête d'article), reste maintenant à savoir si nous avons affaire à un chant du cygne ou bien à une simple pause. A titre personnel, j'espère évidemment que Nick Comoglio et son groupe nous proposera encore d'autres beaux albums à l’avenir. Dans tous les cas, Syndone aura fêté dignement ses 30 années d'existence 🎂 !

 

 

Syndone, line up :
Nik Comoglio : compositions, orchestrations, orgue Hammond, Juno, Moog, Mellotron, claviers
Riccardo Ruggeri : compositions, chant
Marta Caldara : vibraphone, marimba, claviers
Gigi Rivetti : piano, orgue Hammond, Moog, accordéon
Simone Rubinato : basse, basse fretless, basse baritone, guitare 
Ciro Iavarone, batterie, percussions
Invités :
Tony de Gruttola : guitare électrique guitare acoustique (sur “DirtyThirty”)
Andrea Carbone : guitare électrique (sur “Mary Ann”)
Pino Russo : guitare classique (sur “René”)
Gianluca Cagnani : organ pipe (sur “Valdrada’s screen”)
Kaori Tsutsui : clarinette en Bb (sur “Evelyn”)
Rebecca Onyeji : chœurs
Charlie Poma : chœurs
String Trio (sur “I spit on my virtue”) avec Valerio Iaccio (violon), Roberto D’Auria (violon), Michelangiolo Mafucci (violoncelle)
Orchestre Symphonique de Budapest dirigé par Francesco Zago
 
La tracklist :
1. DirtyThirty
2. Fight Club
3. The Angel incluant “Il fiele e il limite” de l'album La bella è la bestia (2012)
4. Valdrada’s Screen  restyling du titre “Spleen” de l’album Spleen (1992)
5. I spit on my virtue
6. I only ask for a super glue incluant le titre “Eros & Thanatos” de l'album Odysséas ('2014)
7. Mary Ann  restyling du titre “Marianne” de l'album Spleen '1992)
8. René restyling du titre “Magritte” de l'album Melapesante (2010)
9. God’s will restyling du titre “Inca” de album Inca (1993)
10. Thousand times I cried restyling du titre “Proverbi” de l'album Inca (1993)
11. Evelyn Japanese version version traduite du titre “Evelyn” de l'album Mysoginia (2018)
12. So long everybody – the time has come and I must leave you restyling du titre “Penelope” (version pour orchestre) de l'album Odysséas (2014)

 

 

 

lundi 27 décembre 2021

ma sélection des meilleurs albums de RPI pour 2021


Je suis toujours un peu mal à l'aise avec cette histoire de meilleurs albums de l'année. Tout d'abord parce que cela reste très subjectif et très personnel. Ensuite car je connais quand même un paquet des musiciens concernés et qu’il n'est pas toujours facile de rester objectif. Voilà pourquoi je préfère parler de "sélection" ou de "top" mais pas de "classement". 

Au passage, merci aux artistes, musiciens et groupes pour ces beaux moments de musique sans cesse renouvelés le plus souvent sans qu'ils aient en retour la juste rémunération de leur travail artistique (s'il vous plaît, faites moi plaisir, boycottez Spotify). La reconnaissance est donc essentielle et est le moins que l'on puisse faire quand on s'intéresse un tant soit peu à ce qu'ils créent. Au passage, une partie des albums de cette sélection sont des auto-productions dont mes trois coups de cœur. Les temps changent !

Merci également à tous ceux qui m'envoient leur musique, labels et artistes, soit en format physique (bien !) soit par lien (moins bien).

2021 aura globalement été une bonne année pour le rock progressif italien avec pas mal de sorties intéressantes. Pour ce qui concerne ma sélection, je vous propose cette année trois catégories avec trois albums retenus à chaque fois (si le titre est souligné c'est qu'il y a un lien pour une écoute totale ou partielle de l'album).

Mes Coups de Cœur 2021

Ske, Insolubilia TOP "1" 2021

Elisa Montaldo, Fistful of Planets part II

Antiche Pescherie Nel Borgo, Si no sabir...tazir !

 

Mes Musts 2021

Syndone, Kama Sutra

Accordo dei Contrari, UR-

Premiata Forneria Marconi, Ho Sognato Pecore Elettriche

 

Les belles surprises de 2021  

Archangel, (Third warning)

Gruppo Autonomo Suonatori, Omnia Sunt Communia

Alessandro Corvaglia, Out of the gate

Je n'oublie pas les autres albums qui m'ont également beaucoup plu dont Fufluns (Refusés), Stefano Lupo Galifi (dei ricordi un museo),  Habelard2 (Copriferro Semantico), Hora Prima (L'uomo delle genti), Hunka Munka (Foreste Interstellari), Hype, (Evolve), Il Porte di Venere (e pensa che mi meraviglio ancora), Il testamento degli Arcadi (il testamento degli Arcadi), Bernardo Lanzetti (Horizontal rain), Nodo Gordiano (H.E.X.), Officina F. Lli Seravalle (Blecs), Osanna, Il diedro del Mediterraneo, Prometheo (Quello Che Rimane), Raven Sad (The leaf and the wing).


vendredi 4 juin 2021

Syndone : Kama Sutra

Sortie du nouveau Syndone au nom évocateur (Kāma Sūtra) le 19 juin 2021. Le groupe a été signé par le label Manticore Records qui évoque plein de bons souvenirs pour les progueux italiens : Emerson Lake & Palmer bien sûr, mais aussi Premiata Forneria Marconi et Banco del Mutuo Soccorso. Pourquoi avoir appelé cet album Kāma Sūtra ? Voici quelques précisions de Riccardo Ruggieri : " Le Kāma Sūtra constitue pour les Hindous un compendium sur l’art d’aimer et d'obtenir le plaisir sexuel, en restant en cohérence avec les anciennes croyances rurales et pastorales de leur culture religieuse. Cette culture considère encore l’amour dans toutes ses manifestations les plus naturelles, de la poésie au chant, à la danse, à la peinture, à la sculpture permettant de renforcer le côté divin du processus de procréation et l’adoration du principe de la vie, également à travers le plaisir érotique. Kāma Sūtra est ici utilisé uniquement comme un mot dont le son lors de sa prononciation émerveille les gens qui l'entendent. Pour Syndone, cela devient un prétexte pour évoquer aussi bien l’amour entre deux personnes, la réalité des prostituées d’aujourd’hui, la provocation. les images, les symboles, les jeux de rôle et les personnes. Parmi tout cela, une histoire vraie, celle de Perlasca, une héroïne qui a combattu le nazisme, et beaucoup d’autres histoires communes, parmi lesquelles, peut-être, les nôtres, avec des personnages inventés, des divinités, des symboles érotiques et beaucoup, beaucoup d’amour".

La dernière fois que j'ai entendu ce groupe en live, c'était en 2019 au Festival Prog Sud, cher à mon coeur. Les italiens avaient alors présentés Mysoginia, leur tout récent album dont le concept était totalement axé sur les femmes, sur La Femme.Cette fois avec Kāma Sūtra la formation bolognaise s’encanaille nettement. Le long teaser de neuf minutes permet de reconnaître le style désormais facilement identifiable de Syndone mais aussi de se faire une idée précise de ce que va donner cet album qui semble bien né. L'écoute exhaustive des onze titres dont deux instrumentaux (tous les deux superbes) le confirme. L'opener "It's only make believin'" est une bombe qui donne le ton d'un album qui va être puissant, intense, lyrique. Tout cela n'est absolument pas dû au hasard mais bien à une qualité d'écriture remarquable. Les compositions ont une richesse harmonique et une recherche dans les arrangements, notamment symphoniques, que l'on retrouve dans des œuvres du classique par exemple. Mais pas de panique, c'est bien du rock progressif  auquel j’ajouterais le qualificatif baroque dans le sens le plus noble du terme. Avec Syndone, on est toujours surpris tant le spectre musical proposé est large au risque d'ailleurs parfois de perdre l'auditeur en attente d'une ligne stylistique plus lisible. Pour ma part, je me régale de cette diversité qui de toute façon a pour points communs : une pertinence dans le propos, un intérêt constant en terme de compositions soignées et enfin une qualité sans faille. Quand j'écoute Syndone, je pense souvent à Queen et je me dis que ce groupe italien est la version prog aboutie du Queen baroque et symphonique qui a trop tôt délaissé et abandonné cette voie royale qu'il avait pourtant lui-même ouvert de magnifique manière. Nik Comoglio et Gigi Rivetti n'ont jamais aussi bien composé et joué. Riccardo Ruggieri n'a jamais aussi bien chanté. Marta Caldera n'a jamais été aussi fine dans ses interventions. Et enfin le groupe a dégoté un bassiste high level en la personne de Simone Rubinato. Depuis que Nik Comoglio a relancé Syndone en 2010, son groupe ne nous a proposé que de très bons albums pour un parcours qui ressemble beaucoup à un sans faute (même si j'ai un faible à titre personnel pour Odysséas). Kāma Sūtra s'inscrit dans la continuité et pourrait même bien être le meilleur opus de  Syndone à ce jour. Explications : après avoir réécouté toute la disco du groupe, il me parait évident que cet album monte le niveau d'un cran en réussissant l'exploit de présenter des compositions à la fois encore plus fouillées que d'habitude, avec un soin tout particulier apporté aux orchestrations, tout en restant très accessibles, générant ainsi une forme d'évidence à l’écoute qui se matérialise par quelques belles fulgurances et une fluidité permanente à laquelle le groupe ne nous avait pas toujours habitué. La marque des grands en quelque sorte ! 

Il n'y a plus qu'à attendre la publication officielle dans quelques jours et réserver son exemplaire, vous avez le choix entre le vinyle édition couleur (300 exemplaires) et le CD édition Digipack golden (500 exemplaires).

La tracklist

1. It's only make believin'
2. Nirvana
3. Carousel (instrumental)
4. Into the Kama
5. Bitches
6. You still shine
7. Sex toys r us
8. 2 thousand 10 (instrumental)
9. Sacred & Profane
10. We are the world we created
11. Peace on Earth

Le groupe : Nik Comoglio (claviers, Hammond, Moog, orchestration, chœurs), Riccardo Ruggeri (chant lead, chœurs), Gigi Rivetti (claviers, Hammond , piano, clavinet), Marta Caldara (vibraphone, timbales), Simone Rubinato (basse), Eddy Franco (batterie, percussions)

Invités :  David Jackson (flute et double sax solo sur 7), Annie Barbazza (duo vocal sur 4) 

L'orchestre symphonique de Budapest est ici dirigé par une vieille connaissance, Francesco Zago. 

Label : Manticore Records 

Distribution : MaRaCash


 


 

 

mercredi 29 novembre 2017

Syndone

C’est encore loin mais Syndone annonce la sortie d’un nouvel album, Mysoginia, en mai 2018. Y’a plus qu’à attendre ! Un très très court teaser sur YT :
https://www.youtube.com/watch?v=81D-wZwsL7w