vendredi 28 février 2020

Il Segno del Comando : Il Segno del Comando (1997/2019)


J'avoue que j'avais relégué le premier album éponyme d'Il Segno del Comando aux oubliettes. Il aura fallu cette réédition récente par Black Widow pour que je réécoute tranquillement cet opus primum. Premier constat : le son du groupe a évolué en vingt ans. Il n'a pas fondamentalement changé mais il a subi quelques modifications. La présence sur ce disque du claviériste Agostino Tavella n'y est sûrement pas étrangère (voir plus loin). Les ingrédients utilisés sont les mêmes que ceux auxquels la formation génoise a recours aujourd'hui (influences gothiques, atmosphères doom, penchants dark prog, inspiration occulte, messages ésotériques) mais les proportions sont différentes. Deuxième constat : ce disque mérite d'être remis en avant. Pour vous donner un ordre d'idées, Il Segno del Comando en 1997 c'était le meilleur de Jacula, d'Antonius Rex, d'Il Balleto du Bronzo, de Biglietto per l'Inferno  et plus récemment d'Akron et d'Abiogenesi avec une touche de L'Ombra della Sera pour les nombreuses évocations de vieux génériques télé italiens ("Messaggero di pietra"). Je ne peux pas mieux vous dire. D'ailleurs à propos des groupes de la sphère Zuffanti, des réminiscences de La Maschera di Cera, vu de du côté de son versant le plus sombre, ressortent aussi.  Il est flagrant que le groupe mettait à l'époque beaucoup plus en avant ces références aux musiques de téléfilms glauques destinés à répandre la terreur dans les foyers italiens équipés de leur première télé en noir et blanc.
A l'écoute de l'album, on redécouvre, avec une certaine surprise, le chant habité de Renato Carpaneto (alias "Mercy") mais aussi les claviers incroyablement prenants et expressifs d'Agostino Tavella qui passe sans problème de l'orgue d'église au piano électrique. Il faudra que j'ai une petite conversation avec Elisa Montaldo à ce sujet, mais je ne serais pas surpris qu'elle ait tilté sur ces sonorités churchy comme elle les aime (il y en a partout sur ce disque). Enfin Diego Banchero révèle ici un côté plus extraverti qu'à l’habitude de sa personnalité avec un jeu de basse très expressif à la limite par moments de l'exubérance ("Missa nigra" ou encore le complètement barré "La taverna dell'angelo " qui tourne progressivement à l'orgie sonore païenne). A été rajouté en prime sur la réédition l'instrumental "Magia postuma" sur lequel il ne manque que la voix d'Arthur Brown.
Ce premier disque, c'était peut-être les débuts d'Il Segno del Comando avec une certaine spontanéité incarnée par Renato Carpaneto et une iconographie déjà très particulière, mais le groupe savait ce qu'il voulait, affirmait son style et surtout accouchait d'un premier diablotin au caractère bien trempé. Car, avec le recul des années, il apparaît clairement que cet album  possède une âme, c'est d'ailleurs évident dès les premières secondes de "Tenebroze presenze". Alors, je vous conseille de faire comme moi et de remettre vite les pendules à l'heure. Il n'est jamais trop tard pour bien faire.


La tracklist :
1. Tenebrose presenze 
2. Il Segno del Comando
3. Salmo XVII  O "della doppia morte"
4. Messaggero Di Pietra
5. Ritratto di  donna Velata (Lord Byron's night promenade)
6. Missa nigra
7. La taverna dell'angelo
8. Ghost lovers in Villa piuma
9. Magia postuma (bonus track sur la réédition)
Le groupe : Renato Carpaneto "Mercy" (chant), Gabriele Grixoni (guitare),  Matteo Ricci (guitare), Agostino Tavella (claviers), Diego Banchero (basse), Carlo Opisso (batterie).
Invités : Osvaldo Giordano (mellotron  sur 2), Patrizia Baldacci (chant 5), Elena Menichini (chant sur 6), Andrea Romeo (sax  sur 7), et Doriana Barbè (programmation).

Enregistré en de février à mai 1996 à Gênes, remastérisé en 2019
Label : Black Widow Records ( https://blackwidow.it/)


dimanche 23 février 2020

Anno Mundi : Land of Legends

Depuis déjà un bon moment le revival a touché ce bon vieux hard prog des seventies à tendance doom (comprendre Black Sabbath). Voilà pourquoi, cela fait maintenant pas mal d'années que l'on assiste à un vrai bombardement d'albums chargés à ras la gueule de sonorités totalement anachroniques qui suintent le lourd, le gras et pour tout dire la sueur virile. Le but de tout çà n'est évidemment pas d'être original mais bien de se faire plaisir, de jouer loud comme à la grande époque et de se donner ainsi des sensations fortes. La formation italienne Anno Mundi est complètement dans ce trip. Déjà, le groupe annonce la couleur avec un nom qui reprend celui du premier titre emblématique du Tyr (1990) de Black Sabbath. Voilà qui donne une indication sur une orientation musicale qui s'affiche heavy métal. Ce qui va  largement se vérifier à l’écoute de cet album. Alors pourquoi cette galette plus qu'une autre, tant il y a pléthore de scuds de ce type dans la production actuelle du genre ? D'abord parce que çà sort chez Black Widow Records et que s'il y a bien un label qui ne fait pas n'importe quoi en la matière, c'est bien celui-là, Massimo Gasperini ne rigole pas quand il s'agit de parler de heavy et de stoner. Ensuite parce que mon intention a été attirée par les noms de deux membres du groupe. Si le chanteur Federico Giuntoli sort d'une formation de métal épique romain absolument inconnu pour moi (Martiria), ce n'est pas le cas de. Mattia Liberati  et de Flavio Gonnellini qui arrivent tout droit d'un groupe que nous connaissons bien dans le prog italien, je parle d'Ingranaggi della Valle ! Voilà qui est un vrai gage de qualité, car ces deux artistes sont d'excellents musiciens et ils le prouvent une fois de plus avec ce side projet.  A la vérité, la galette proposée est un peu hétérogène car elle présente en fait l'essentiel de la production d'Anno Mundi.sur plusieurs années. A la suite de l'album de 2019, Land of Legends, six titres, enregistrés entre 2014 et 2018,  ont été ajoutés, regroupés en une compilation d'inédits qui prend le nom de Rock in a danger zone. Pour être franc, çà fait beaucoup, les six titres en question étant quand même pas mal bourrins, à part le "Tribute to Erich Zann" qui est une (très courte) composition des seuls Liberati et Gonnellini, comme par hasard. En ce qui concerne l'album lui-même, Land of Legends, objet de notre attention du moment, si je suis moins convaincu par "Female Revenge", long morceau épique sur lequel Federico Giuntoli force sa voix, il est clair que l'album vaut par ses quatre premiers titres. Que ce soit "Twisted World's End" digne du meilleur Dio,  "Hyperborea" superbe pièce montée à trois étages dont son magnifique instrumental "dreams", le heepien "Dark Energy" et enfin un autre long instrumental, "Hyperway to knowhere", qui est un magnifique exercice de stoner d'une finesse incroyable (cela peut paraître paradoxal et pourtant c'est bien le cas) tout au long duquel Mattia Liberati y déploie des trésors d'inventivité sur ces claviers, cette première demi-heure est absolument remarquable et proche du sans faute. Si ce Land of Legends devait avoir une suite, il serait bien que le groupe reste dans l'esprit de ces morceaux tout en développant encore plus un côté prog que l'on sent latent (l'influence de Mattia Liberati et Flavio Gonnellini, sans aucun doute !).    


La tracklist
1. Twisted World's End (https://www.youtube.com/watch?v=MrIIXbqOA9M)
2. Hyperborea (https://www.youtube.com/watch?v=xs6dVK-PJG4)
4. Hyperway To Knowhere (https://www.youtube.com/watch?v=Kkh2vzPk3uU)
5. Female Revenge (https://www.youtube.com/watch?v=J161pLdDH7o)
+ bonus tracks from Rock in a danger zone
6. Megas Alexandros (https://www.youtube.com/watch?v=sz6cwN1J_Ug)
7. Dark Matter: Nibiru's Orbit
8. Searching The Faith (https://www.youtube.com/watch?v=JxdvtvLb81g)
9. Tribute To Erich Zann (https://www.youtube.com/watch?v=maJ8KgOtOW0)
10. Pending Trial (https://www.youtube.com/watch?v=gxxXLp-YvHw)
11. Fanfare

Le groupe est formé de  : Federico Giuntoli (chant, chœurs), Mattia Liberati (claviers), Flavio Gonnellini (basse), Alessio Secondini Morelli (guitares), Gianluca Livi (batterie, chant)
avec en invités : Francesca Luce (chant sur 3 et 5), Renato Gasparini (guitare sur 2), Alessandro Milana (violon sur 2), Domenico Dente (solo de basse sur 2), Alessio Livi (chœurs sur 2), Emanuele Livi (chœurs sur 2), Emiliano Laglia (basse sur 11).

Label : Black Widow Records (https://blackwidow.it/)

samedi 22 février 2020

Jus Primae Noctis : l'interview en français et en italien !




Une première question traditionnelle pour commencer : vous me racontez l’histoire du groupe ?
Le groupe est né en 1991. Son histoire se divise en trois périodes. Jusqu'en 2002 environ, nous avons travaillé en trio (guitare et voix avec Marco Fehmer, claviers et basse pour Beppi Menozzi, batterie et percussions pour Mario Riggio) en faisant une musique originale très proche du prog, des morceaux très élaborés avec des arrangements raffinés et des "choc rythmiques", c'est-à-dire des mesures impaires insérées dans le contexte d'une chanson. Nous avions un fort côté prog. Durant la deuxième période, de 2003 à 2012, notre chanteur n'était pas disponible pour des raisons professionnelles et le groupe s'est agrandi en intégrant le guitariste Renzo Luise, ainsi qu’un bassiste et un chanteur qui ont changé au fil du temps. Pendant cette période, nous n'avons joué que des morceaux prog classiques des années 70 (Yes, King Crimson, Genesis, Jethro Tull, Vdgg et les Italiens de Le Orme, Pfm, Banco, New Trolls). La troisième période est celle que nous vivons actuellement, avec les trois membres originaux qui ont été rejoints par le guitariste Pietro Balbi (2012) et un bassiste, aujourd’hui Alessandro "Beza" Bezante. Nous faisons principalement nos propres morceaux et c’est dans ce contexte que le CD Instinto  est né.

Où avez-vous été chercher le nom du groupe ?
Il date d’il y a très longtemps. Nous recherchions un nom latin qui soit assez «prog» et dont on puisse se souvenir facilement. Et puis l’acronyme JPN  fonctionne bien.

Vous aviez fait d’autres albums avant Istinto ?
Dans les années 90, nous avons enregistré quelques CD auto-produits : Jus Primae Noctis en  1998 que nous venons de remastériser (il sera publié au printemps par Nadir Music), Live alle Muse (1999) et Aeropittura (2002), qui contient des improvisations enregistrées en direct sur bandes DAT mastérisées avec les moyens de l’époque. Vous pouvez écouter d’autres enregistrements du groupe sur des bootlegs officiels et sur des compilations de labels indépendants. En 2004, nous avons également réalisé un DVD live, dans lequel nous reprenions les classiques du prog des seventies.
 
Vous considérez vous comme un groupe faisant de la musique progressive ?
Oui, mais nous avons notre identité spécifique. Nous entendons le prog comme un style de contamination, permettant la liberté d'expression, faisant attention aux mélodies et se réservant des grands espaces instrumentaux.

Quelles sont vos influences et vos sources d’inspiration ? 
Chacun de nous a des influences différentes. Tout le monde aime Pink Floyd et une certaine influence psychédélique se fait sentir. Beppi écoute tout ce qui est prog et de la musique classique. Il a aussi une passion pour Rush. Pietro écoute du métal, de la musique classique, Brassens et Django. Beza est branché sur les musiques actuelles. Mario et Marco sont plus sur le prog classique anglais et italien (Pfm, Van der Graaf, King Crimson). Mario aime beaucoup le Gong de Pierre Moerlen. Marco est également influencé par l'école de la chanson d’auteurs de notre ville, Gênes.

Votre style musical semble avoir évolué au cours des années ?
Oui tu as raison Louis, il a beaucoup évolué. Si vous écoutez nos morceaux des années 90, vous aurez du mal à nous reconnaître. Nous nous autorisons maintenant plus de liberté dans les arrangements et les parties plus instrumentales. Il y a aussi une contribution fondamentale de Pietro et de Beza qui ont apporté un vent nouveau, Pietro du côté des guitares et Beza pour ce qui a rapport aux sons plus actuels. Dans les années où il a travaillé à l'étranger, Marco Fehmer a appris à jouer de l'oud et du bouzouki, que nous avons inclus dans notre palette sonore comme les percussions ethniques., Un ensemble curieux et harmonieux a été créé comme dans le morceau "Una Storia". Vous pouvez y reconnaître un bouzouki grec, des tablas indiens, des caxixis brésiliens qui jouent sur un air presque scandinave. Intéressant, non ?

Qui a composé  la musique et les paroles sur Istinto ?
Marco Fehmer a toujours écrit toutes les paroles, qui sont très importantes dans le contexte musical et nous distinguent des autres groupes de prog. Il est influencé par la littérature italienne, mais notre opinion est qu'il est très proche de Peter Hammill. La musique est presque entièrement composée par Marco Fehmer et notre claviériste Beppi Menozzi, avec la participation de Pietro Balbi. Mais il faut considérer que les arrangements sont fait par l'ensemble du groupe et, quand nous jouons, naissent souvent des improvisations collectives qui sont inclues dans les morceaux du disque.

Pour un premier « vrai » album, votre musique est très mature. C’est dû à quoi d’après vous ? Des compositions préparées depuis longtemps ou beaucoup d’expérience acquise depuis 1991 ?
Nous avons fait une longue pré-production pour ce disque. Nous l'avons enregistré dans notre studio, en affinant les arrangements, puis nous l'avons réenregistré dans différents studios professionels. C'est le résultat d'un vrai travail d'équipe. Ensuite, le son a été mixé extraordinairement par Andrea Pellegrini, l'ingénieur du son d'Adrian Belew, qui a travaillé ces dernières années avec de nombreux artistes comme King Crimson et Queen. Sa contribution a été fondamentale pour la création de notre son.

Quel est le titre dont vous êtes le plus fier sur Istinto ?
Chacun de nous dans son cœur aime certaines chansons plus que d'autres, mais nous n'avons pas de réelles préférences. Nous avons fait le clip vidéo de "Quarto", mais cela ne veut pas dire que c'est notre préférée, c'est tout simplement la plus appropriée pour faire la première vidéo.


Avec quel musicien ou quel groupe rêveriez vous de partager un morceau ?
Eh bien, tout le monde a ses rêves non ! Entre autres musiciens, voici ceux qui se démarquent : Peter Hammill, David Gilmour, Robert Fripp, Adrian Belew, Dave Mustaine, James Hetfield, Mauro Pagani, Sting, Bireli Lagrene, Chick Corea, David Sylvian, Manu Katché.

Vous jouez régulièrement sur scène ?
Non, au cours des deux dernières années nous avons fait peu de concerts car nous nous sommes concentrés sur le disque. En avril, nous commençons à jouer l'album sur scène. Nous aimerions beaucoup jouer a l’étranger.

Quels sont vos prochains projets ? 
Maintenant, nous voulons promouvoir le CD Istinto , mais nous travaillons déjà sur les morceaux du nouvel album.

Quelques mots à ajouter pour les lecteurs du blog ?
Mais oui ! Nous aimerions bien jouer en France. Si vous aimez notre album nous sommes prêts !


Le lien du site du groupe
https://spark.adobe.com/page/lk095CUAdx5cz/




Prima domanda tradizionale: mi racconti la storia del gruppo ?
La band è nata nel 1991. La sua storia si divide in tre fasi. Fino al 2002 circa abbiamo lavorato in trio (Marco Fehmer chitarra e voce, Beppi Menozzi tastiere e basso, Mario Riggio batteria e percussioni) su materiale originale molto vicino al prog; canzoni molto elaborate, con arrangiamenti raffinati e diverse “trappole ritmiche”, cioè inserti dispari nel contesto di una canzone. Un lato fortemente prog lo avevamo: in ogni concerto facevamo almeno un paio di lunghi brani improvvisati sul momento.
Nella seconda fase dal 2003 al 2012, il nostro cantante non era disponibile per motivi di lavoro e il gruppo si è allargato, includendo il chitarrista Renzo Luise, un bassista e un cantante che cambiava nel tempo. In questa fase abbiamo suonato dal vivo solo brani di prog classico degli anni ’70, Yes, King Crimson, Genesis, Jethro Tull, Vdgg e gli italiani Orme, Pfm, Banco, New Trolls.
La terza fase è quella odierna, ai tre membri originari si sono uniti il chitarrista Pietro Balbi (2012) e un bassista, che oggi è Alessandro “Beza” Bezante. Ora facciamo principalmente brani nostri ed in questo contesto è nato il cd Istinto.

Dove hai trovato il nome del gruppo ?
E nato tanti anni fa, cercavamo un nome latino (che ben si adatta con il prog) e che si ricordasse facilmente. E poi abbreviato funziona bene: Jpn.

Hai fatto altri album prima Istinto ?
Negli anni 90 abbiamo registrato alcuni cd autoprodotti: Jus Primae Noctis del 1998 (che abbiamo rimasterizzato e ripubblicheremo a primavera per Nadir Music), il Live alle Muse (1999) e Aeropittura (2002), che contiene improvvisazioni registrate dal vivo su Dat e rimasterizzate coi mezzi dell’epoca. Abbiamo registrato altri materiali finiti in bootleg ufficiali e raccolte di gruppi indipendenti. Nel 2004 abbiamo anche realizzato un Dvd live, in cui eseguiamo i classici del prog anni ’70.

Vi considerate un gruppo che fa musica progressiva ?
Sì, ma con una nostra identità specifica. Intendiamo il prog come contaminazione e libertà espressiva, attenzione alle melodie ma anche ampi spazi strumentali.

Se sì, quali sono le vostre influenze e le vostre fonti di ispirazione?
Ognuno di noi ha diverse fonti. A tutti piacciono i Pink Floyd, e qualche influenza psichedelica si sente. Beppi ascolta tutto il prog e la musica classica, ed ha una passione per i Rush, Pietro ascolta anche metal, musica classica, Brassens e Django, Beza conosce anche la musica di oggi, Mario e Marco sono più sul prog inglese e italiano classico, Pfm, Van der Graaf, King Crimson. Mario ama molto i Gong di Pierre Moerlen. Marco è anche influenzato dalla scuola della canzone d’autore della nostra città, Genova.

Il vostro stile musicale sembra essersi evoluto nel corso degli anni ?
Si Si è evoluto molto, se senti come suoniamo oggi i nostri brani degli anni ’90 fai fatica a riconoscerli. Abbiamo più libertà negli arrangiamenti, più parti strumentali e il fondamentale contributo di Pietro e Beza che hanno portato aria nuova, Pietro sul versante chitarristico, Beza ci aiuta a rendere il nostro suono più attuale. Negli anni in cui ha lavorato all’estero Marco Fehmer ha imparato a suonare l’oud marocchino e il bouzouki, che abbiamo inserito nella nostra paletta sonora, insieme a percussioni etniche. Si è creato un curioso insieme armonico: nel brano “Una storia” puoi trovare un bouzouki greco, tablas indiane, caxixi brasiliani che suonano un’aria quasi scandinava. Interessante, no?

Chi ha composto la musica e il testo su Istinto ?
Marco Fehmer ha sempre scritto tutti i testi, che sono molto importanti nel contesto musicale e ci distinguono dalle altre prog band. Lui è influenzato dalla letteratura italiana, ma noi troviamo che sia molto vicino a Peter Hammill. Le musiche sono quasi tutte di Fehmer e del tastierista Beppi Menozzi, con la partecipazione di Pietro Balbi, Ma considera che gli arrangiamenti vengono fatti da tutto il gruppo assieme e spesso nascono improvvisazioni corali che vengono incluse qua e là nei brani.

Per un primo «vero» album, la vostra musica è molto matura. A cosa pensate sia dovuto? Composizioni preparate da molto tempo o molta esperienza dal 1991?
Abbiamo fatto una lunga preproduzione di questo disco, lo abbiamo registrato nel nostro studio, raffinando gli arrangiamenti, poi lo abbiamo riregistrato in studi diversi. E’ il frutto di un vero lavoro di gruppo. Poi il suono è stato straordinariamente mixato da Andrea Pellegrini, l’ingegnere del suono di Adrian Belew, che negli ultimi anni ha lavorato con tantissimi artisti come King Crimson e Queen, il suo contributo è stato fondamentale per la creazione del nostro sound.

Qual è il, il brano di cui si è più orgogliosi Istinto?
Probabilmente ognuno di noi in cuor suo ama qualche brano più di altri, ma non abbiamo reali preferenze. Abbiamo fatto il videoclip di “Quarto”, ma questo non vuol dire che sia il nostro preferito, è semplicemente il più adatto per realizzare il primo video.

Con quale musicista o gruppo sognate di condividere un brano ?
Beh, ognuno di noi ha i suoi sogni. Sicuramente, tra gli altri spiccano Peter Hammill, David Gilmour, Robert Fripp, Adrian Belew, Dave Mustaine, James Hetfield, Mauro Pagani, Sting, Bireli Lagrene, Chick Corea, David Sylvian.

Suoni regolarmente sul palco ?
No, negli ultimi due anni abbiamo fatto pochi concerti e ci siamo concentrati sul disco. Ad aprile iniziamo a promuovere il disco dal vivo. Ci piacerebbe molto suonare fuori dall’Italia.

Quali sono i vostri prossimi progetti ?
Ora vogliamo promuovere ISTINTO, ma stiamo già lavorando sui pezzi del nuovo disco.

Alcune parole da aggiungere per i lettori del blog ?
Oh, sì, ci piacerebbe molto suonare in Francia, se vi piace il nostro album, chiamateci

Label : Nadir Music (http://www.nadirmusic.net/)
Distr. : Black Widow Records (https://blackwidow.it/)

mercredi 19 février 2020

Ubi Maior : Bestie, Uomini e Dèi


Ubi Maior : Bestie, Uomini e Dèi

Voilà déjà la pochette (belle !) et le titre de l'album (ambitieux !) 

Le mixage des morceaux est en cours 

bientôt ! presto !

lundi 17 février 2020

Fabrizio De André & PFM : il concerto ritrovato

Tout est dans le titre !  Sort ces jours-ci en Italie, le film d'un concert de la fameuse tournée de 1979 qui avait réunie pendant plusieurs semaines Fabrizio De André et les musiciens de Premiata Forniera Marconi. Les bandes de ce concert, enregistré le 3 janvier 1979 à Gênes, ont été retrouvées grâce au réalisateur Piero Frattari qui les avait conservées précieusement pendant toutes ces années. Ce sont les seules images (vidéo) de la tournée qui s'est déroulée du 21 décembre 1978 au 30 janvier 1979. Jusque là, nous avions uniquement comme témoignages audio, les deux vinyles Fabrizio De André in concerto, arrangiamenti PFM (vol 1 & 2).
Comme on peut le constater dans l'extrait YT (lien ci-dessous), les images sont de qualité très moyennes mais le son est excellent et surtout Fabrizio est au mieux de sa forme, ce qui n'a pas toujours été le cas durant les trente trois dates de la tournée (lire le récit de ce périple épique dans mon livre sur Patrick Djivas). 
Fabrizio De André aurait eu 80 ans le 18 février 2020. Ce docu-film, réalisé par Walter Vetroni, est donc un beau moyen de rendre hommage au chanteur gênois.

samedi 15 février 2020

Il Giardino Onirico : Apofenia (2019)

 

Vous avez évidemment noté que cet album d'Il Giardino Onirico faisait partie des meilleures sorties de l'année 2019 dans mon classement du prog italien. Il Giardino Onirico était un groupe qui faisait jusque là du prog instrumental et à l'écoute du premier morceau d'Apofenia, il est logique d'imaginer que çà va continuer. Il faut dire que les douze minutes d' "Oniraunota" sont un véritable enchantement alliant symphonisme, emphase et puissance parfaitement dosée. Pourtant avec le démarrage très nerveux de "Scivolosa Simmetria", on se dit que le groupe ne va pas pouvoir continuer comme çà pendant huit minutes. Exact ! La surprise arrive par la voix bien connue d'Alessandro Corvaglia (Delirium, La Maschera di Cera, Aurora Lunare et j'en passe). Perso, j'adore ce mec et sa voix  très typée, je le reconnais. Avec "Alétheia", c'est le retour au prog instrumental cette fois mâtiné de sax et de chœurs. Le morceau dure presque treize minutes et on ne s'ennuie pas une seule seconde tant c'est à la fois beau et inspiré dans un style qui rappellera le symphonisme débordant de Zuffanti dans Finisterre ou Höstsonaten. Avec le titre suivant, "Mushin", le groupe a composé une chanson sur mesure pour Jenny Sorrenti. Elle peut ainsi s'exprimer parfaitement dans ce registre vocal très particulier qui rappelle Kate Bush dans cette manière "hantée" de chanter. Pour le titre qui arrive ensuite, "Apogeo", méfiez-vous des premières secondes en trompe l’œil. Ce morceau est une vraie tuerie. Dans le genre métal prog, Il Giardino Onirico, tient la dragée haute aux groupes de référence que je ne citerais pas ici pour ne pas leur faire de peine (lol !). Bien sûr, ce n'est pas mon style de prédilection mais là c'est tellement bien amené que je prends et surtout la reprise à 7 mn 30 est absolument imparable et emmène le titre en grandes pompes jusqu'à la fin. Avec "Nodo All'anima", on retrouve Alessandro Corvaglia dans une performance vocale tout en contrastes, dont il a le secret. Même remarque que pour la chanson avec Jenny Sorrenti, ce titre est taillé pour Alessandro et peut faire penser à la tonalité  générale du dernier album en date de Delirium (L'era della menzogna) sur lequel le Gênois brille. Le passage flamenco est plutôt bien vu et parfaitement inséré dans l'ensemble, surtout si l'on considère qu'il sert de propulseur à une séquence métallique de feu. Arrivé à ce point de l'album, il est évident que le groupe (nous) a déjà beaucoup donné et on lui accorderait facilement un final en roue libre. C'est d’ailleurs ce que semble indiquer l'intro de "Lacrime di Stelle" portée par un saxo lancinant. Mais ce morceau est le plus long de l'album et en quatorze minutes on peut faire plein de choses. Les musiciens vont nous le prouver en allant bien au-delà de nos espérances et en se dépassant une nouvelle et dernière fois. C'est à la fois onirique, exotique mais aussi mélancolique et dark avec une fois encore une outro à couper le souffle. Mais je vous laisse découvrir et savourer.  
Avec ce troisième album Il Giardino Onirico réalise l'album parfait, le sans-faute. Apofenia vient ainsi compléter une encore jeune discographie plus que prometteuse qui, surtout, appelle d'autres merveilles du même genre. 

La tracklist :
1. Onironauta 
2. Scivolosa Simmetria 
3. Alétheia 
4. Mushin 
5. Apogeo 
6. Un Nodo All'anima 
7. Lacrime Di Stelle 

Le groupe : Stefano Avigliana (guitares), Dariush Hakim (claviers), Ettore Mazzarini (basse), Massimo Moscatelli (batterie, percussions), Emanuele Telli (claviers).
Avec aussi en invités : Alessandro Corvaglia (chant sur 2 et 6), Jennry Sorrenti (chant sur 4), Jenna "Sharm" Holdway (chœurs sur 7), Fuori dal coro (chœurs sur 3), David Morucci (saxophone sur 3 et 5), Claudio Braccio (saxophone sur 7)

Label : Lizard records (http://www.lizardrecords.it/il-giardino-onirico-apofenia/)

vendredi 14 février 2020

Picchio dal Pozzo

L’image contient peut-être : 7 personnes 
Juste pour le plaisir de revoir ce nom sur une affiche de concert. En espérant un nouvel album dans la foulée. On ne sait jamais !

lundi 10 février 2020

Witchwood : Litanies from the Woods & Handful of Stars

Vous vous demandez pourquoi, je vous ressors aujourd'hui des trucs qui datent d'il y a cinq ans voire plus. Alors, je vous réponds que tous ce que j'avais écrit à l'époque sur un autre blog (pas géré par moi hélas, d'où le problème) a disparu ex abrupto. Pas grave. Grâce à cela, j'ai pu créer mon propre blog dédié entièrement au prog italien et je m'en portes bien. Les lecteurs aussi j'espère.  
En 2015, la sortie de ce premier album de Witchwood avait fait son petit effet. Pas du fait de son originalité et encore moins d'un quelconque esprit novateur. Bien au contraire, Witchwood est un groupe qui comme Psycho Praxis (Italie) ou Arabs in Aspic (Norvège), fait totalement allégeance aux grands anciens du heavy prog mélodique des seventies et de manière plus général aux groupes emblématiques de la même période pour peu qu'il y ait quelque chose de bien typé et si possible de couillu à récupérer pour épicer sa propre tambouille hard-psychédélique. Pour mieux me faire comprendre, citons pêle-mêle, au rang des références incontournables : Uriah Heep, Black Sabbath, Led Zeppelin, Deep Purple, Blue Oyster Cult mais aussi Jethro Tull, les Doors et même Blind Faith. D'ailleurs, la photo de pochette sert de marqueur et est là pour bien donner un premier signe fort au public, dans un  genre Affinity et Black Sabbath-premier album.
C'est vrai qu'à chaque fois, on se fait avoir de la même manière. L'a priori tenace veut que l'on se dise qu'on va encore se taper un énième resucée de hard prog régressif. Et puis une fois, le disque lancé, on se retrouve pris dans cette drôle d'ambiance vintage qui vous envoie de drôles de doses d'adrénaline. Alors d'accord, il y a peut être un peu de nostalgie là dedans mais surtout, quand on tombe sur un groupe comme Witchwood, l'inspiration est bien présente. Le talent aussi ! Autre chose. Quand on prétend aller sur ce genre de terrain exigeant, il vaut mieux à la fois assurer au niveau chant et compter aussi sur une rythmique qui envoie du pâté, au risque sinon de passer pour une bande de pieds nickelés tout droit sortis d'un spinal tap de bazar. Çà tombe bien, nos italiens ont tout çà en rayon. Riccardo Dal Pane est un chanteur qui survole son sujet et la paire basse/batterie (Samuele Tesori/Andrea Palli) a le groove et arrache tout sur son passage.
Enfin pour ceux qui auraient un peu peur d'ingurgiter un pavé de 79 minutes, difficile à digérer, style double Big Mac avec la sauce qui dégouline de partout, qu'ils soient une dernière fois rassurés. Witchwood, c'est la classe totale. Stylés les mecs, stylée la musique avec des respirations incroyables comme les dix minutes de "The World Behind Your Eyes" quand ce n'est pas la flûte de Samuele Tesori qui diffuse des ondes apaisantes. Car s'il y a bien un point qui caractérise le groupe, c'est cette propension à prendre tout son temps pour déployer tranquillement les différentes sections de ses morceaux, pour placer des enchaînements instrumentaux qui peuvent durer plusieurs minutes et même d'en rajouter quand on croit que c'est fini. On s'approche ainsi, par moments, de performances à vocation scénique.
Alors comme finalement, faire du neuf avec du vieux, c'est plutôt à la mode depuis un moment, autant s'y mettre sans réticences et avec Witchwood, on tape directement dans le haut du panier.
Witchwood is good !

La tracklist de Litanies from the Woods (2015)
1. Prelude / Liar
2. A Place For The Sun
3. Rainbow Highway
4. The Golden King
5. Shade Of Grey
6. The World Behind Your Eyes
7. Farewell To The Ocean Boulevard
8. Song Of Freedom
9. Handful Of Stars

Un an après, en 2016, Witchwood a sorti un album bis composé de titres non retenus pour Litanies from the Woods, d'une version différente de "Handful of Stars" et de deux reprises de haut vol, le "Flaming Telepaths" de Blue Oyster Cult et "Rainbow Demon" de Uriah Heep.


La tracklist de Handful of Stars (2016)
1. Presentation : Under the Willow
2. Like a Giant in a Cage
3. A Grave is the River
4. Mother
5. Flaming Telepaths (Blue Oyster Cult cover)
6. Rainbow Demon (Uriah Heep cover)
7. Handful of Stars (version alternative)

Label : Jolly Roger Records ( http://www.jollyrogerstore.com/releases.php)

Le groupe : Riccardo "Ricky" Dal Pane (chant lead, chœurs, guitares, mandoline, percussions), Stefano "Steve" Olivi (claviers dont Hammond C100, Leslie 760, Moog Voyager, et piano), Andrea Palli (batterie et percussions), Samuele Tesori (flûte, harmonica), Luca Celotti (basse). 

mercredi 5 février 2020

Jus Primae Noctis : Istinto

 

Istinto, est un album sorti entre fin décembre 2019 pour la version CD et janvier 2020 pour la version numérique, qui a d'abord retenu mon attention car il y avait les amis Diego Banchero (Il Segno del Comando) et Luca Scherani (La Coscienza di Zeno) qui jouaient dessus en invités. Au final, l'écoute de ce disque s'est révélée passionnante avec un point fort : il se dégage de chaque titre une ambiance bien particulière et les musiciens viennent régulièrement vous chercher pour vous inviter à entrer dans l'univers qu'ils ont créé pour vous. C'est tour à tour hanté ("L'uomo d'aria e La Preda"), plombé ("E tutto amore"), torturé ("Quarto") mais aussi parfois onirique ("Nel Buio") ou tout simplement beau ("Una Storia"), et encore purement entrainant  ("Ouverture") quand çà ne lorgne pas du côté de PFM ("Gli Aquiloni"). J'aurai aussi aimé entendre Aldo Tagliapietra chanter sur un titre comme "La Prima Volta Che Ho Visto La Luce", vous écouterez et vous comprendrez pourquoi. Ne passez pas non plus à côté de "Maria", l'énorme titre live qui démontre le potentiel que le groupe a sur scène. Un vrai monument de presque dix minutes. Impressionnant ! 
Précisons que Jus Primae Noctis est un groupe qui, bien que n'ayant pas fait beaucoup parler de lui jusque là, a déjà une certaine antériorité puisqu'il fêtera bientôt ses vingt ans d'existence. Sur l'album Istinto, nous avons deux musiciens d'un autre groupe gênois, Il Segno del Comando,  avec Beppi Menozzi aux claviers (membre de Jus Primae Noctis depuis deux ans) et Diego Banchero en renfort à la basse.
Enfin pour les petits malins, Jus Primae Noctis, c'est l'équivalent du droit de cuissage en latin. Tout un programme !

La tracklist :
1. Ouverture (https://www.youtube.com/watch?v=a8FvZDmchVc)
2. Quarto (https://www.youtube.com/watch?v=GAP-pDOIqUg)
 a) Stasi
 b) Crisi
 c) Posto Al Sicuro
3. Nel Buio (https://www.youtube.com/watch?v=xwoIj3v8xag)
 a) Nel Buio
 b) Rivelazione
4. La Prima Volta Che Ho Visto La Luce (https://www.youtube.com/watch?v=UVlZkPEbgD4)
5. Dissimulare Disagio Da Deprecabile Disordine (https://www.youtube.com/watch?v=ja-1Qg3Zp2g)
6. Una Storia (https://www.youtube.com/watch?v=5Uz9lcY0QDo)
 a) Perso Nella Mia Chimica
 b) Prigioniero
7. L'Uomo D'Aria E La Preda (https://www.youtube.com/watch?v=5z1d65pfmgE)
8. Gli Aquiloni (https://www.youtube.com/watch?v=JnvQ9VMz0lo)
9. Maria (live 2016) (https://www.youtube.com/watch?v=mdkSeNhuE9o)
 a) Ida
 b) Volta
10. Urgenza (https://www.youtube.com/watch?v=xis9DF_4REs)
11. E' Tutto Amore (https://www.youtube.com/watch?v=cy7K87HV7GM)

Le groupe : Marco Fehmer -(chant, guitare), Beppi Menozzi (claviers), Mario Riggio (batterie), Pietro Balbi (guitare)
+ quelques invités : Alex “Pacho” Rossy (percussions sur 1, 2, 3, 5, 6, 8, 11), Diego Banchero (basse sur  1 à 7, 11), Giovanni Bottino (basse sur 9), Marina Larcher (chant sur 6), Renzo Luise (guitare sur 6),  Matteo Scarpettini (percussions sur 6, 8, 11), Luca Scherani (claviers sur 11)

Label : Nadir Music
Distribution : Black Widow Records

dimanche 2 février 2020

Graal : Chapter IV


Les gars de Graal, ils déroulent leur hard prog rétro (comprendre 70') avec une facilité, que c'en est écœurant. Alors dans ces cas là, il est plus pratique de dire que çà n'a rien d'original, que çà a déjà était fait mille fois et que franchement, hein bon, autant écouter les maîtres. Comme çà, on s'en sort bien, la main sur le cœur et la tête haute. Il y a juste un petit problème avec Graal, c'est que c'est bon, très bon même. Ces musiciens connaissent l'évangile des hardos sur le bout des doigts et pour les prendre en faute de flagrant copiage ou de pompage éhonté, il faudra se lever de bonne heure. A vrai dire, rien ne leur fait peur même pas les instrumentaux menés sur un train de chevauchée épique ("The day that never ended"). Au milieu de ces ambiances résolument hard, Danilo Petrelli laisse échapper de ses claviers quelques enchaînements de notes à connotation plus prog comme savait si bien le faire Ken Henseley du temps du grand Uriah Heep l'intro magique de "Last hold"). Graal ne se hisse peut être pas tout à fait au niveau des confrères de Witchwood, eux aussi issus de l'écurie italienne Jolly Roger, mais de toute façon dans cette catégorie poids lourd, chacun avance au pas de charge sans même jeter un coup d'œil sur la concurrence. Marche ou crève !  Il y aurait bien un moyen de coincer ces italiens avec le chant en anglais. Pas de chance. Outre le fait qu'Andrea Ciccomartino a un timbre de voix très chaud, parfaitement adapté au style de musique pratiqué par son groupe, il chante sans accent, ou si peu. Enfin pour ceux qui pensent que çà bourrine pendant une heure, ils en seront aussi pour leurs frais. Après le morceau introductif tout en douceur avec flûte et guitare acoustique ("Little song"), qui il est vrai rappelle par certaines intonations un certain "Lady in Black" de qui vous savez,, le groupe leur donne rendez-vous sur les trois dernières pistes pour une sortie progressive toute en nuances et en délicatesse, "Northern Cliff" (https://www.youtube.com/watch?v=1rY003pJRN8) constituant une conclusion réellement distinguée. Il n' y a pas à dire, ces mecs connaissent leur affaire et çà s'entend.
Mention spéciale pour : "Pick up all the faults" aux forts relents de Leaf Hound : https://www.youtube.com/watch?v=jadDbxZRabQ

La tracklist :
1. Little song
2. Pick up all the faults
3. Shadowplay
4. Revenge
5. The day that never ended
6. Stronger
7. Guardian devil
8. Lesser man
9. Last hold
10. Goodbye
11. A poetry for a silent man
12. Northern Cliff

Le groupe : Andrea Ciccomartino (chant),  Franceseco Zagarese (guitares), Michele Raspanti (basse), Danilo Petrelli (claviers), Alex Giulani (batterie)

Label : Jolly Roger records
 http://www.jollyrogerstore.com/releases.php