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lundi 8 novembre 2021

Rovescio della Medaglia : La Bibbia (50th Anniversary)

Après le projet des 50 ans de Caronte porté à bout de bras par Pino Sinnone le batteur de The Trip, voici l'album des 50 ans de La Bibbia, le premier 33 tours d'Il Rovescio della Medaglia sorti en...1971 ! Si The Trip l'a fait, il n'y a pas de raison qu'Il Rovescio della Medaglia ne fasse pas pareil. Il se trouve  que les deux groupes se sont produits au Veruno cette année. Pour The Trip, pas de problème, Pino Sinnone a fait le show malgré ses soixante dix neuf ans. Pour Il Rovescio della Medaglia, le groupe était en place et le concert était grandiose mais j’avoue avoir été assez inquiet pour. Enzo Vita qui semblait absent, n'intervenant que très peu à la guitare électrique et laissant l'essentiel des parties de guitare, solo compris, au jeune Davide Pepi, au demeurant excellent. Revenons au groupe actuel. En vingt ans, Enzo Vita nous a sorti du chapeau au moins trois formations différentes portant le nom d'Il Rovescio della Medaglia (il avait même recruté Ranestrane en backing band il y a quelques années). il est donc légitime de se demander ce que vaut cette nouvelle mouture. Il y a d'ailleurs eu encore des mouvements de personnel dans le groupe depuis la sortie, pourtant récente (novembre 2020), du live Contaminazione 2.0. Au passage, Enzo Vita n'avait pas attendu le jubilé (et oui, un jubilé c'est cinquante ans, vous aurez au moins appris quelque chose à la lecture de cette chronique) de Contaminazione sorti en 1973, pour le reprendre intégralement en concert et en proposer une version enregistrée en public.

A l'écoute de l'album, il faut reconnaître que, un peu comme Pino Sinnone avec The Trip 2021, Enzo Vita a trouvé globalement la bonne formule. Seul le chant me semble un peu en retrait par rapport à celui de Pino Ballarini mais il faut être lucide, difficile de se hisser au niveau de Ballarini même cinquante ans après. Pour le reste ces musiciens connaissent leur affaire et impriment une belle modernité à l'ensemble de ces reprises tout en gardant le côté symphonique, sans doute même encore mieux mis en valeur. Mieux, la musique d'Il Rovescio della Medaglia retrouve la puissance et la hargne qui faisaient sa renommée à la grande époque. Les morceaux sont tous des brûlots compacts, de véritables missiles de heavy rock qui prouvent qu'Il Rovescio della Medaglia était largement en avance sur la nouvelle vague du heavy metal, la démesure baroque et la classe en plus ! 

Donc je ne vais pas faire le fine bouche. Cet album est une bonne surprise et les nouvelles interprétations des six titres de La Bibbia rendent hommage à leurs lointains prédécesseurs.

 

Le groupe : Enzo Vita (guitares), Andrea Castelli (basse), Nicola Costanti (claviers, chant), Davide Pepi (guitares), Marco Pisaneschi (batterie)


Le label : Jolly Roger Records

 

La trackist :

 1. Nothingness (Il Nulla)

  2. La Creazione

  3. L'Ammonimento

  4. Sodoma XY

  5. Il Giudizio

  6. The great flood (Il Diluvio)

  7. The creation (CD Bonus track - English Lyrics)

  8. The warning (CD Bonus track - English Lyrics)

  9. Judgment day (CD Bonus track - English Lyrics)                                        

jeudi 31 décembre 2020

Witchwood : Before the Winter

Le nouvel album de Witchwood, Before the Winter est sorti le 20 novembre 2020. Il succède à Litanies from the Wood (2015) et à Handful of Stars (2016). 
Adepte du hard prog psyché revival 70' (ouf !), la bande à Ricky dal Pane a bien l'intention de rester fidèle à sa religion. Pour résumer, Witchwood c'est une recette très efficace : 1/3 de Whitesnake, 1/3 de Rainbow et 1/3 d'Uriah Heep. Même si on va voir plus loin que le temps passant, cette définition tient de plus en plus de la caricature. Mais il est vrai que le premier tiers de l'album, avec les titres "Anthem for a child", "A taste of Winter" et "Feelin", est bien dans cette lignée. Il faut pourtant constater, à l'écoute de cet album, que Witchwood prend de plus en plus de liberté avec ses illustres aînés et s'affirme à travers des titres plus personnels. A cet égard "A crimson moon" et surtout "Nasrid" sont significatifs d'un registre plus posé dans lequel le groupe souhaite se distinguer. Sur ces deux morceaux, il faut noter la présence de Diego Banchero (Il Segno del Comando) à la basse fretless. Arrêtons nous quelques instants sur l'instrumental "Nasrid". Avant tout acoustique, le morceau est porté par une guitare classique qui alterne accords égrenés et arpèges au demeurant assez simples. Une flûte pastorale discrète prend le relais et ouvre pour une très belle séquence de vocalises féminines. Cela vous rappelle une bande son de musique de film ? Plutôt un vieux western ? Normal, tant l'hommage à Ennio Morricone semble évident. A l'opposé,Witchwood s'attaque à du gros blues rock qui tâche avec "Crazy little lover" qui tient autant de Lucifer Friends que de Leaf Hound. En tout cas, çà envoie du pâté.
 Il y a aussi au milieu de cet album le vraiment très bon "Hesperus" qui se distingue autant par sa longueur (huit minutes trente) que par un pont central atmosphérique étonnant. Ah c'est aussi un morceau sur lequel il y a beaucoup de flûte (il y en a d'ailleurs sur d'autres titres de l'album). Mais çà ne ressemble pas à ce que fait Maitre Anderson. Je préfère préciser car quand je tombe sur une chro sur FB qui parle d'un morceau prog avec de la flûte, à chaque fois çà ressemble à du Ian Anderson. Alors oui Samuele Tesori est un excellent flûtiste mais non il ne joue pas comme Anderson. Ce n'est pas la même attaque ni la même manière de jouer. Il faut quand même savoir de quoi on parle quand on veut écrire sur la musique (désolé je suis un peu énervé à cause de mon réveillon du 31 décembre gâché par une saloperie de virus). Avec "Slow colours of shade" le groupe revient à un ton qu'on avait déjà entendu sur ses deux premiers albums : un long morceau de presque onze minutes qui prend son temps pour prendre son envol. Le tempo est lourd, les chœurs masculins sont dantesques, les riffs de guitare sont sommaires et heavy au point que l'on se demande comment la flûte arrive à se frayer un chemin dans cette atmosphère suffocante. La dernière partie du morceau est très explicite quant à l'origine de cette composition qui va bien sûr puiser son inspiration dans les bandes son des films et téléfilms italiens d'horreur des années soixante dix. 
Pour finir, nous avons en bonus sur le LP "Star Child" qui est une reprise de Tyrannosaurus Rex librement adaptée par le groupe. A mon modeste avis, cette version est supérieure à l'original que je n'ai jamais pu saquer. Mais je vais être honnête, la preuve que c'était une bonne compo puisque, plus de cinquante après (et oui, elle date de 1968 !), cela fait une bonne chanson.     
Après avoir bien écouté cet album, on peut sans aucune hésitation faire les trois constats suivants :
1 - Witchwood a un vrai-savoir en matière de hard prog épique
2 - les compositions sont vraiment bonnes et vous restent un bon moment en tête (écoutez la tuerie "No reason to cry", vous allez comprendre)
3 - il y a quarante cinq ans, le groupe aurait eu sa place dans les dix meilleures formations du genre.Yes Sir !  
 
La tracklist :
1. Anthem for a child
2. A taste of winter
3. Feelin
4. A Crimson moon
5. Hesperus
6. No reason to cry
7. Nasrid
8. Crazy little lover
9. Slow colours of shade
10. Child star ( bonus sur le LP)

Le groupe : Ricky dal Pane (chant, guitares, mandoline), Andrea Palli (batterie), Stefano Olivi (claviers), Luca Celotti (basse), Samuele Tesori (flûte et harmonica), Antonino Stella (guitare solo). 

Vous pouvez commander au choix le CD ou le double LP à cette adresse : Jolly Roger Records
 

mercredi 28 octobre 2020

Rovescio della Medaglia : Contaminazione 2.0

Il Rovescio della Medaglia est un autre nom mythique de la scène prog italienne des années 70, principalement grâce à son album phare, Contaminazione sorti en 1973.  Les deux disques qui l'avaient précédé étaient à mon avis beaucoup un ton en dessous, en tout cas moins décisifs. Le groupe s'est disloqué assez vite après son coup de maître. Puis à partir de 1995, Enzo Vita, son guitariste, devenu de fait son leader, a tenté à plusieurs reprises de relancer la machine avec plus ou moins (souvent) de bonheur. Il a fallu attendre 2016 pour enfin tendre l'oreille avec l’album Tribal Domestic qui permettait à Rovescio della Medaglia de renouer avec son meilleur niveau en partie grâce au fait qu'Enzo avait enfin dégoté un chanteur épatant en la personne de Chris Catena (au style toutefois très éloigné de celui du chanteur historique, Pino Ballarini). Toutes les tentatives de reformation du groupe ont toujours été accompagnées de prestations live plutôt de très bon niveau mais avec à chaque fois des musiciens différents (dont ceux de RanestRane entre 2011 et 2013). En 2017, l'inépuisable Enzo Vita a remonté un nouvelle équipe pour quelques concerts. Celui de septembre 2018 à l'abbaye de San Galgano a été enregistré, le groupe profitant d’être accompagné pour l'occasion par un quatuor à cordes et de Vittorio de Scalzi (New Trolls) à la flûte. Cet album, Contaminazione 2.0, présente la set list du Contaminazione de 1973 jouée dans l'ordre (plus trois morceaux de La Bibbia en bonus sur la version CD). C'est incontestablement beau et très grandiose mais à mon avis un peu trop propre par rapport à ce que le groupe était capable de faire aux débuts des années soixante dix (à l'époque, Il Rovescio della Medaglia était le groupe de rock italien à avoir le plus gros matériel de sono et était considéré comme étant celui qui jouait le plus fort). Juste un regret qu'Enzo n'ait pas fait ce live avec le line-up de Tribal Domestic. Là, çà aurait été carrément de la bombe. Ceci étant, je ne vais pas faire la fine bouche, "La grande Fuga"ou (et surtout) "alzo un muro elettrico" sont toujours aussi impressionnants à entendre après toutes ces années.

La tracklist :

1. Absent For This Consumed World
2. Ora Non Ricordo Piu
3. Il Suono Del Silenzio
4. Mi Sono Svegliato E... Ho Chiuso Gli Occhi
5. Lei Sei Tu: Lei
6. La Mia Musica
7. Johann
8. Scotland Machine
9. Cella 503
10. Contaminazione 1760
11. Alzo Un Muro Elettrico
12. Sweet Suite
13. La Grande Fuga 

 C'est distribué par  Jolly Roger Records

mercredi 22 juillet 2020

Witchwood

Witchwood remet bientôt çà avec un  nouvel album prévu pour l'automne 2020, qui s’appellera Before the winter, toujours chez Jolly Roger Records.
Voici un premier titre en avant première avec la le clip vidéo qui va bien. "A Taste of winter" devrait ravir les fans du Deep Purple MK III et d'Uriah Heep, la flûte tulliene en plus.
Écouter et visualiser "A taste of winter" en cliquant sur ce lien

samedi 22 février 2020

Jus Primae Noctis : l'interview en français et en italien !




Une première question traditionnelle pour commencer : vous me racontez l’histoire du groupe ?
Le groupe est né en 1991. Son histoire se divise en trois périodes. Jusqu'en 2002 environ, nous avons travaillé en trio (guitare et voix avec Marco Fehmer, claviers et basse pour Beppi Menozzi, batterie et percussions pour Mario Riggio) en faisant une musique originale très proche du prog, des morceaux très élaborés avec des arrangements raffinés et des "choc rythmiques", c'est-à-dire des mesures impaires insérées dans le contexte d'une chanson. Nous avions un fort côté prog. Durant la deuxième période, de 2003 à 2012, notre chanteur n'était pas disponible pour des raisons professionnelles et le groupe s'est agrandi en intégrant le guitariste Renzo Luise, ainsi qu’un bassiste et un chanteur qui ont changé au fil du temps. Pendant cette période, nous n'avons joué que des morceaux prog classiques des années 70 (Yes, King Crimson, Genesis, Jethro Tull, Vdgg et les Italiens de Le Orme, Pfm, Banco, New Trolls). La troisième période est celle que nous vivons actuellement, avec les trois membres originaux qui ont été rejoints par le guitariste Pietro Balbi (2012) et un bassiste, aujourd’hui Alessandro "Beza" Bezante. Nous faisons principalement nos propres morceaux et c’est dans ce contexte que le CD Instinto  est né.

Où avez-vous été chercher le nom du groupe ?
Il date d’il y a très longtemps. Nous recherchions un nom latin qui soit assez «prog» et dont on puisse se souvenir facilement. Et puis l’acronyme JPN  fonctionne bien.

Vous aviez fait d’autres albums avant Istinto ?
Dans les années 90, nous avons enregistré quelques CD auto-produits : Jus Primae Noctis en  1998 que nous venons de remastériser (il sera publié au printemps par Nadir Music), Live alle Muse (1999) et Aeropittura (2002), qui contient des improvisations enregistrées en direct sur bandes DAT mastérisées avec les moyens de l’époque. Vous pouvez écouter d’autres enregistrements du groupe sur des bootlegs officiels et sur des compilations de labels indépendants. En 2004, nous avons également réalisé un DVD live, dans lequel nous reprenions les classiques du prog des seventies.
 
Vous considérez vous comme un groupe faisant de la musique progressive ?
Oui, mais nous avons notre identité spécifique. Nous entendons le prog comme un style de contamination, permettant la liberté d'expression, faisant attention aux mélodies et se réservant des grands espaces instrumentaux.

Quelles sont vos influences et vos sources d’inspiration ? 
Chacun de nous a des influences différentes. Tout le monde aime Pink Floyd et une certaine influence psychédélique se fait sentir. Beppi écoute tout ce qui est prog et de la musique classique. Il a aussi une passion pour Rush. Pietro écoute du métal, de la musique classique, Brassens et Django. Beza est branché sur les musiques actuelles. Mario et Marco sont plus sur le prog classique anglais et italien (Pfm, Van der Graaf, King Crimson). Mario aime beaucoup le Gong de Pierre Moerlen. Marco est également influencé par l'école de la chanson d’auteurs de notre ville, Gênes.

Votre style musical semble avoir évolué au cours des années ?
Oui tu as raison Louis, il a beaucoup évolué. Si vous écoutez nos morceaux des années 90, vous aurez du mal à nous reconnaître. Nous nous autorisons maintenant plus de liberté dans les arrangements et les parties plus instrumentales. Il y a aussi une contribution fondamentale de Pietro et de Beza qui ont apporté un vent nouveau, Pietro du côté des guitares et Beza pour ce qui a rapport aux sons plus actuels. Dans les années où il a travaillé à l'étranger, Marco Fehmer a appris à jouer de l'oud et du bouzouki, que nous avons inclus dans notre palette sonore comme les percussions ethniques., Un ensemble curieux et harmonieux a été créé comme dans le morceau "Una Storia". Vous pouvez y reconnaître un bouzouki grec, des tablas indiens, des caxixis brésiliens qui jouent sur un air presque scandinave. Intéressant, non ?

Qui a composé  la musique et les paroles sur Istinto ?
Marco Fehmer a toujours écrit toutes les paroles, qui sont très importantes dans le contexte musical et nous distinguent des autres groupes de prog. Il est influencé par la littérature italienne, mais notre opinion est qu'il est très proche de Peter Hammill. La musique est presque entièrement composée par Marco Fehmer et notre claviériste Beppi Menozzi, avec la participation de Pietro Balbi. Mais il faut considérer que les arrangements sont fait par l'ensemble du groupe et, quand nous jouons, naissent souvent des improvisations collectives qui sont inclues dans les morceaux du disque.

Pour un premier « vrai » album, votre musique est très mature. C’est dû à quoi d’après vous ? Des compositions préparées depuis longtemps ou beaucoup d’expérience acquise depuis 1991 ?
Nous avons fait une longue pré-production pour ce disque. Nous l'avons enregistré dans notre studio, en affinant les arrangements, puis nous l'avons réenregistré dans différents studios professionels. C'est le résultat d'un vrai travail d'équipe. Ensuite, le son a été mixé extraordinairement par Andrea Pellegrini, l'ingénieur du son d'Adrian Belew, qui a travaillé ces dernières années avec de nombreux artistes comme King Crimson et Queen. Sa contribution a été fondamentale pour la création de notre son.

Quel est le titre dont vous êtes le plus fier sur Istinto ?
Chacun de nous dans son cœur aime certaines chansons plus que d'autres, mais nous n'avons pas de réelles préférences. Nous avons fait le clip vidéo de "Quarto", mais cela ne veut pas dire que c'est notre préférée, c'est tout simplement la plus appropriée pour faire la première vidéo.


Avec quel musicien ou quel groupe rêveriez vous de partager un morceau ?
Eh bien, tout le monde a ses rêves non ! Entre autres musiciens, voici ceux qui se démarquent : Peter Hammill, David Gilmour, Robert Fripp, Adrian Belew, Dave Mustaine, James Hetfield, Mauro Pagani, Sting, Bireli Lagrene, Chick Corea, David Sylvian, Manu Katché.

Vous jouez régulièrement sur scène ?
Non, au cours des deux dernières années nous avons fait peu de concerts car nous nous sommes concentrés sur le disque. En avril, nous commençons à jouer l'album sur scène. Nous aimerions beaucoup jouer a l’étranger.

Quels sont vos prochains projets ? 
Maintenant, nous voulons promouvoir le CD Istinto , mais nous travaillons déjà sur les morceaux du nouvel album.

Quelques mots à ajouter pour les lecteurs du blog ?
Mais oui ! Nous aimerions bien jouer en France. Si vous aimez notre album nous sommes prêts !


Le lien du site du groupe
https://spark.adobe.com/page/lk095CUAdx5cz/




Prima domanda tradizionale: mi racconti la storia del gruppo ?
La band è nata nel 1991. La sua storia si divide in tre fasi. Fino al 2002 circa abbiamo lavorato in trio (Marco Fehmer chitarra e voce, Beppi Menozzi tastiere e basso, Mario Riggio batteria e percussioni) su materiale originale molto vicino al prog; canzoni molto elaborate, con arrangiamenti raffinati e diverse “trappole ritmiche”, cioè inserti dispari nel contesto di una canzone. Un lato fortemente prog lo avevamo: in ogni concerto facevamo almeno un paio di lunghi brani improvvisati sul momento.
Nella seconda fase dal 2003 al 2012, il nostro cantante non era disponibile per motivi di lavoro e il gruppo si è allargato, includendo il chitarrista Renzo Luise, un bassista e un cantante che cambiava nel tempo. In questa fase abbiamo suonato dal vivo solo brani di prog classico degli anni ’70, Yes, King Crimson, Genesis, Jethro Tull, Vdgg e gli italiani Orme, Pfm, Banco, New Trolls.
La terza fase è quella odierna, ai tre membri originari si sono uniti il chitarrista Pietro Balbi (2012) e un bassista, che oggi è Alessandro “Beza” Bezante. Ora facciamo principalmente brani nostri ed in questo contesto è nato il cd Istinto.

Dove hai trovato il nome del gruppo ?
E nato tanti anni fa, cercavamo un nome latino (che ben si adatta con il prog) e che si ricordasse facilmente. E poi abbreviato funziona bene: Jpn.

Hai fatto altri album prima Istinto ?
Negli anni 90 abbiamo registrato alcuni cd autoprodotti: Jus Primae Noctis del 1998 (che abbiamo rimasterizzato e ripubblicheremo a primavera per Nadir Music), il Live alle Muse (1999) e Aeropittura (2002), che contiene improvvisazioni registrate dal vivo su Dat e rimasterizzate coi mezzi dell’epoca. Abbiamo registrato altri materiali finiti in bootleg ufficiali e raccolte di gruppi indipendenti. Nel 2004 abbiamo anche realizzato un Dvd live, in cui eseguiamo i classici del prog anni ’70.

Vi considerate un gruppo che fa musica progressiva ?
Sì, ma con una nostra identità specifica. Intendiamo il prog come contaminazione e libertà espressiva, attenzione alle melodie ma anche ampi spazi strumentali.

Se sì, quali sono le vostre influenze e le vostre fonti di ispirazione?
Ognuno di noi ha diverse fonti. A tutti piacciono i Pink Floyd, e qualche influenza psichedelica si sente. Beppi ascolta tutto il prog e la musica classica, ed ha una passione per i Rush, Pietro ascolta anche metal, musica classica, Brassens e Django, Beza conosce anche la musica di oggi, Mario e Marco sono più sul prog inglese e italiano classico, Pfm, Van der Graaf, King Crimson. Mario ama molto i Gong di Pierre Moerlen. Marco è anche influenzato dalla scuola della canzone d’autore della nostra città, Genova.

Il vostro stile musicale sembra essersi evoluto nel corso degli anni ?
Si Si è evoluto molto, se senti come suoniamo oggi i nostri brani degli anni ’90 fai fatica a riconoscerli. Abbiamo più libertà negli arrangiamenti, più parti strumentali e il fondamentale contributo di Pietro e Beza che hanno portato aria nuova, Pietro sul versante chitarristico, Beza ci aiuta a rendere il nostro suono più attuale. Negli anni in cui ha lavorato all’estero Marco Fehmer ha imparato a suonare l’oud marocchino e il bouzouki, che abbiamo inserito nella nostra paletta sonora, insieme a percussioni etniche. Si è creato un curioso insieme armonico: nel brano “Una storia” puoi trovare un bouzouki greco, tablas indiane, caxixi brasiliani che suonano un’aria quasi scandinava. Interessante, no?

Chi ha composto la musica e il testo su Istinto ?
Marco Fehmer ha sempre scritto tutti i testi, che sono molto importanti nel contesto musicale e ci distinguono dalle altre prog band. Lui è influenzato dalla letteratura italiana, ma noi troviamo che sia molto vicino a Peter Hammill. Le musiche sono quasi tutte di Fehmer e del tastierista Beppi Menozzi, con la partecipazione di Pietro Balbi, Ma considera che gli arrangiamenti vengono fatti da tutto il gruppo assieme e spesso nascono improvvisazioni corali che vengono incluse qua e là nei brani.

Per un primo «vero» album, la vostra musica è molto matura. A cosa pensate sia dovuto? Composizioni preparate da molto tempo o molta esperienza dal 1991?
Abbiamo fatto una lunga preproduzione di questo disco, lo abbiamo registrato nel nostro studio, raffinando gli arrangiamenti, poi lo abbiamo riregistrato in studi diversi. E’ il frutto di un vero lavoro di gruppo. Poi il suono è stato straordinariamente mixato da Andrea Pellegrini, l’ingegnere del suono di Adrian Belew, che negli ultimi anni ha lavorato con tantissimi artisti come King Crimson e Queen, il suo contributo è stato fondamentale per la creazione del nostro sound.

Qual è il, il brano di cui si è più orgogliosi Istinto?
Probabilmente ognuno di noi in cuor suo ama qualche brano più di altri, ma non abbiamo reali preferenze. Abbiamo fatto il videoclip di “Quarto”, ma questo non vuol dire che sia il nostro preferito, è semplicemente il più adatto per realizzare il primo video.

Con quale musicista o gruppo sognate di condividere un brano ?
Beh, ognuno di noi ha i suoi sogni. Sicuramente, tra gli altri spiccano Peter Hammill, David Gilmour, Robert Fripp, Adrian Belew, Dave Mustaine, James Hetfield, Mauro Pagani, Sting, Bireli Lagrene, Chick Corea, David Sylvian.

Suoni regolarmente sul palco ?
No, negli ultimi due anni abbiamo fatto pochi concerti e ci siamo concentrati sul disco. Ad aprile iniziamo a promuovere il disco dal vivo. Ci piacerebbe molto suonare fuori dall’Italia.

Quali sono i vostri prossimi progetti ?
Ora vogliamo promuovere ISTINTO, ma stiamo già lavorando sui pezzi del nuovo disco.

Alcune parole da aggiungere per i lettori del blog ?
Oh, sì, ci piacerebbe molto suonare in Francia, se vi piace il nostro album, chiamateci

Label : Nadir Music (http://www.nadirmusic.net/)
Distr. : Black Widow Records (https://blackwidow.it/)

lundi 10 février 2020

Witchwood : Litanies from the Woods & Handful of Stars

Vous vous demandez pourquoi, je vous ressors aujourd'hui des trucs qui datent d'il y a cinq ans voire plus. Alors, je vous réponds que tous ce que j'avais écrit à l'époque sur un autre blog (pas géré par moi hélas, d'où le problème) a disparu ex abrupto. Pas grave. Grâce à cela, j'ai pu créer mon propre blog dédié entièrement au prog italien et je m'en portes bien. Les lecteurs aussi j'espère.  
En 2015, la sortie de ce premier album de Witchwood avait fait son petit effet. Pas du fait de son originalité et encore moins d'un quelconque esprit novateur. Bien au contraire, Witchwood est un groupe qui comme Psycho Praxis (Italie) ou Arabs in Aspic (Norvège), fait totalement allégeance aux grands anciens du heavy prog mélodique des seventies et de manière plus général aux groupes emblématiques de la même période pour peu qu'il y ait quelque chose de bien typé et si possible de couillu à récupérer pour épicer sa propre tambouille hard-psychédélique. Pour mieux me faire comprendre, citons pêle-mêle, au rang des références incontournables : Uriah Heep, Black Sabbath, Led Zeppelin, Deep Purple, Blue Oyster Cult mais aussi Jethro Tull, les Doors et même Blind Faith. D'ailleurs, la photo de pochette sert de marqueur et est là pour bien donner un premier signe fort au public, dans un  genre Affinity et Black Sabbath-premier album.
C'est vrai qu'à chaque fois, on se fait avoir de la même manière. L'a priori tenace veut que l'on se dise qu'on va encore se taper un énième resucée de hard prog régressif. Et puis une fois, le disque lancé, on se retrouve pris dans cette drôle d'ambiance vintage qui vous envoie de drôles de doses d'adrénaline. Alors d'accord, il y a peut être un peu de nostalgie là dedans mais surtout, quand on tombe sur un groupe comme Witchwood, l'inspiration est bien présente. Le talent aussi ! Autre chose. Quand on prétend aller sur ce genre de terrain exigeant, il vaut mieux à la fois assurer au niveau chant et compter aussi sur une rythmique qui envoie du pâté, au risque sinon de passer pour une bande de pieds nickelés tout droit sortis d'un spinal tap de bazar. Çà tombe bien, nos italiens ont tout çà en rayon. Riccardo Dal Pane est un chanteur qui survole son sujet et la paire basse/batterie (Samuele Tesori/Andrea Palli) a le groove et arrache tout sur son passage.
Enfin pour ceux qui auraient un peu peur d'ingurgiter un pavé de 79 minutes, difficile à digérer, style double Big Mac avec la sauce qui dégouline de partout, qu'ils soient une dernière fois rassurés. Witchwood, c'est la classe totale. Stylés les mecs, stylée la musique avec des respirations incroyables comme les dix minutes de "The World Behind Your Eyes" quand ce n'est pas la flûte de Samuele Tesori qui diffuse des ondes apaisantes. Car s'il y a bien un point qui caractérise le groupe, c'est cette propension à prendre tout son temps pour déployer tranquillement les différentes sections de ses morceaux, pour placer des enchaînements instrumentaux qui peuvent durer plusieurs minutes et même d'en rajouter quand on croit que c'est fini. On s'approche ainsi, par moments, de performances à vocation scénique.
Alors comme finalement, faire du neuf avec du vieux, c'est plutôt à la mode depuis un moment, autant s'y mettre sans réticences et avec Witchwood, on tape directement dans le haut du panier.
Witchwood is good !

La tracklist de Litanies from the Woods (2015)
1. Prelude / Liar
2. A Place For The Sun
3. Rainbow Highway
4. The Golden King
5. Shade Of Grey
6. The World Behind Your Eyes
7. Farewell To The Ocean Boulevard
8. Song Of Freedom
9. Handful Of Stars

Un an après, en 2016, Witchwood a sorti un album bis composé de titres non retenus pour Litanies from the Woods, d'une version différente de "Handful of Stars" et de deux reprises de haut vol, le "Flaming Telepaths" de Blue Oyster Cult et "Rainbow Demon" de Uriah Heep.


La tracklist de Handful of Stars (2016)
1. Presentation : Under the Willow
2. Like a Giant in a Cage
3. A Grave is the River
4. Mother
5. Flaming Telepaths (Blue Oyster Cult cover)
6. Rainbow Demon (Uriah Heep cover)
7. Handful of Stars (version alternative)

Label : Jolly Roger Records ( http://www.jollyrogerstore.com/releases.php)

Le groupe : Riccardo "Ricky" Dal Pane (chant lead, chœurs, guitares, mandoline, percussions), Stefano "Steve" Olivi (claviers dont Hammond C100, Leslie 760, Moog Voyager, et piano), Andrea Palli (batterie et percussions), Samuele Tesori (flûte, harmonica), Luca Celotti (basse). 

dimanche 2 février 2020

Graal : Chapter IV


Les gars de Graal, ils déroulent leur hard prog rétro (comprendre la belle époque des 70') avec une facilité, que c'en est écœurant. Alors dans ces cas là, il est plus pratique de dire que çà n'a rien d'original, que çà a déjà était fait mille fois et que franchement, hein bon, autant écouter les maîtres. Comme çà, on s'en sort bien, la main sur le cœur et la tête haute. Il y a juste un petit problème avec Graal, c'est que c'est bon, très bon même. Ces musiciens connaissent l'évangile des hardos sur le bout des doigts et pour les prendre en faute de flagrant copiage ou de pompage éhonté, il faudra se lever de bonne heure. A vrai dire, rien ne leur fait peur même pas les instrumentaux menés sur un train de chevauchée épique ("The day that never ended"). Au milieu de ces ambiances résolument hard, Danilo Petrelli laisse échapper de ses claviers quelques enchaînements de notes à connotation plus prog comme savait si bien le faire Ken Hensley du temps du grand Uriah Heep (l'intro magique de "Last hold"). Graal ne se hisse peut être pas tout à fait au niveau des confrères de Witchwood, eux aussi issus de l'écurie italienne Jolly Roger, mais de toute façon dans cette catégorie poids lourd, chacun avance au pas de charge sans même jeter un coup d'œil sur la concurrence. Marche ou crève !  Il y aurait bien un moyen de coincer ces italiens avec le chant en anglais. Pas de chance. Outre le fait qu'Andrea Ciccomartino a un timbre de voix très chaud, parfaitement adapté au style de musique pratiqué par son groupe, il chante sans accent, ou si peu. Enfin pour ceux qui pensent que çà bourrine pendant une heure, ils en seront aussi pour leurs frais. Après le morceau introductif tout en douceur avec flûte et guitare acoustique ("Little song"), qui il est vrai rappelle par certaines intonations un certain "Lady in Black" de qui vous savez,, le groupe leur donne rendez-vous sur les trois dernières pistes pour une sortie progressive toute en nuances et en délicatesse, "Northern Cliff" (https://www.youtube.com/watch?v=1rY003pJRN8) constituant une conclusion réellement distinguée. Il n' y a pas à dire, ces mecs connaissent leur affaire et çà s'entend.
Mention spéciale pour : "Pick up all the faults" aux forts relents de Leaf Hound : https://www.youtube.com/watch?v=jadDbxZRabQ

La tracklist :
1. Little song
2. Pick up all the faults
3. Shadowplay
4. Revenge
5. The day that never ended
6. Stronger
7. Guardian devil
8. Lesser man
9. Last hold
10. Goodbye
11. A poetry for a silent man
12. Northern Cliff

Le groupe : Andrea Ciccomartino (chant),  Franceseco Zagarese (guitares), Michele Raspanti (basse), Danilo Petrelli (claviers), Alex Giulani (batterie)

Label : Jolly Roger records
 http://www.jollyrogerstore.com/releases.php

dimanche 26 janvier 2020

Arca Progjet

Avec les groupes qui arrivent de nulle part, c'est en général tout bon (rarement) ou tout mauvais (souvent). Je ne sais d'ailleurs pas, si je n'avais pas vu qu'il y avait les participations de Mauro Pagani (ex Premiata Forneria Marconi), de Gigi Venegoni et d'Arturo Vitale (Arti & Mestieri), si j'aurais jeté une oreille sur cet album (comme quoi !). Parce que, quand je vois marqué projet quelque chose sur une pochette d'album, je ne sais pas pourquoi mais je suis sur mes gardes. Donc, pour faire court et pour couper au suspens, je vous le dis : cet album d'Arca Progjet vaut vraiment le détour. Déjà, on a clairement affaire à de très bons musiciens techniquement affutés (j'ai notamment découvert un sacré guitariste en la personne de Carlo Maccaferri). Ensuite la production est excellente avec un très gros son. Enfin, et c'est bien le principal, la musique est bonne avec un chant et des chœurs soignés, avec des arrangements luxueux au service de compositions très travaillées, s'éloignant des poncifs du genre pour proposer des enchaînements d'idées originales et des mélanges de styles bien maîtrisés. Tenter un rapprochement avec une ou plusieurs formations de référence ne me paraît pas être la bonne manière de qualifier la musique du groupe. Disons que si vous avez aimé Panther & C., FeM et La Bocca de la Verità, ce disque a des chances de vous plaire. Pour résumer : c'est un peu hard, un peu métal, un peu prog (plutôt néo prog d'ailleurs, de par les sonorités de claviers et de programmations utilisées), un peu jazz rock voire jazz fusion et c'est toujours très rythmé (Greg Verdun a un jeu de basse très funky), ce qui fait souvent la différence ("Sulla verticale"). Tout cela est parfaitement dosé et suffisamment varié pour que chaque titre tranche complètement avec les autres. On sent chez ces musiciens (principalement Alex Jorio et Gregorio Verdun qui sont les porteurs du projet et les compositeurs principaux) une réelle volonté d'aller vers quelque chose d'ambitieux sans pour cela partir dans des délires lourds ou difficilement supportables sur la durée. Bien au contraire, l'écoute de ce disque (57 minutes) passe à toute vitesse et la fluidité de l'ensemble est évidente. seul le titre bonus me semble dispensable. C'est bien peu de chose au regard d'une première œuvre remarquablement aboutie qui appelle une suite messieurs Jorio et Verdun. 
Mention spéciale pour "Neanderthal" qui décoiffe vraiment et "Un. Inverso" pour le magnifique chorus de Gigi Venegoni.

La tracklist :
2. Meta'morfosi (flûte : Matteo Morelli)
3. Requiend
4. Battito d'Ali
5. Sulla verticale
6. Neanderthal
7. Cielo nero (violon : Mauro Pagani)
9. Un. Inverso (guitare : Gigi Venegoni)
11.Aqua (CD bonus track)

Le groupe : Sergio Toya (chant), Greg Verdun (basse, guitare, claviers, chœurs), Alex Jorio (batterie, percussions, claviers, chœurs), Carlo Maccaferri (guitares), Filippo Dagasso (claviers et programmations)
+ Mauro Pagani (violon), Gigi Venegoni (guiatre), Arturo Vitale (sax), Matteo Morelli (flûte), Massimo Meaglia (claviers)

Label : Jolly Roger Records