mardi 30 juillet 2019

Unimother 27 : Chrysalis

Chrysalis, 7ème album pour notre ami Piero Ranalli (ex Areknamés) et son projet Unimother 27. C'est toujours aussi barré avec un mixage improbable fait dans un couloir mais j'aime bien les pochettes de ses albums et surtout le son qui me rappelle les vieux Ozric Tentacles. 
En écoute, le teaser sur YT :
https://www.youtube.com/watch?v=NI7gQQ8K5dM

lundi 15 juillet 2019

Sintesi del Viaggio di Es : l'interview

Bon c'est l'été ! J'ai un peu plus de temps, alors je prends quelques libertés pour faire des entretiens plus longs. Cette fois c'est avec Sintesi del Viaggio di Es, groupe qui m'intriguait depuis un moment aussi bien de par son nom énigmatique que par le fait qu'il s'agissait d'une émanation du groupe Sithonia. Inutile de préciser que j'ai vraiment apprécié l'album Il Sole alle Spalle que j'ai trouvé à la fois très frais et relativement original dans un contexte prog. 
Merci à Valerio Roda, le bassiste du groupe, pour sa disponibilité.

Peux-tu nous résumer l’histoire de ce nouveau groupe et sa connexion avec Sithonia ?
L’idée de ce groupe a commencé après la dissolution définitive de Sithonia en 2013. Je voulais créer un groupe jouant du rock progressif mais en faisant de la musique acoustique. De la musique originale, pas un groupe de reprises. J’ai demandé à Sauro Musi (le guitariste de Sithonia durant la période 1997 – 1999, présent sur l’album Hotel Brun) s’il était d’accord et nous avons monté un nouveau groupe que nous avons appelé Sintesi Quartet (guitare, basse, chant et violon). Durant cette période, j’ai composé « l’illusione » et la première partie du morceau « Il sole alle spalle ». Puis le groupe s’est arrêté et avec Sauro, nous avons demandé à Marco Giovannini (le chanteur de Sithonia) de nous rejoindre pour un nouveau projet de rock progressif. Il y a quelques années, Nicola jouait déjà avec moi dans un groupe de folk irlandais et breton, Maurizio Pezzoli était un ami à nous et jouait avec Sauro et moi dans une autre formation qui s’appelait Sipario. Pour finir, je connaissais aussi Eleonora car elle jouait dans un groupe folk avec un ami à moi. Je lui ai demandé de venir aussi avec nous.  En dehors de notre amitié (Marco, Sauro et moi), la connexion avec Sithonia tient à la fois dans le fait que j’écrivais des morceaux pour Sithonia et que nous voulions reprendre l’héritage musical de ce groupe.     

D’où vient le nom du groupe ?
Nous avons piqué le concept dans la psychologie : l’ego, le super ego et Es en italien, Id en anglais (l’intuition, NDT). Je ne suis pas un psychologue mais de ce que je sais, Es est ce qui nous guide inconsciement dans nos choix émotionnels et qui conditionne nos comportements, c’est donc ce qui nous guide aussi dans nos choix musicaux et ce qui nous a poussé un jour à jouer d’un instrument plutôt qu’un autre. Le voyage de Es dure donc toute la vie et nous proposons à ceux qui vont nous écouter, à travers nos textes, une synthèse de ce qui se passe dans ce voyage (Sintesi del viaggio di Es).

Penses-tu que Il sole alle spalle est un album prog ? Personnellement, je trouve que c’est autant de la musique progressive que des chansons soft rock très travaillées et sophitisquées avec des moments très délicats et des touches folk. Comment définirais-tu votre musique ? 
Je pense que c’est une sorte de musique progressive inspirée du style anglais des années soixante dix et quatre vingt avec un esprit italien. 

C’est moi ou çà chante beaucoup dans cet album ?
Oui c’est exact, il y a beaucoup de parties vocales dans cet album, sans doute plus qu’avec d’autres groupes de prog-rock. Il n’y a pas de raison particulière, peut-être est-ce tout simplement parce que j’aime écrire des paroles !

Quelles sont les principales influences dans votre musique ?
Nous aimons tous Genesis, Pink Floyd, Led Zeppelin, Deep Purple, King Crimson et en ce qui me concerne j’aime tout particulièrement Marillion, Twelfth Night, Iron Maiden, Metallica et un zeste de rock gothique comme Within Temptation, Evanescence etc...  Nous avons pris quelque chose de tous ces groupes.

Penses-tu que votre musique avec Sintesi del viaggio di Es est très différente de Sithonia ou est-ce une suite logique ?
Sithonia nous a donné beaucoup, c’est la voie principale en fait et nous avons quitté cette route pour prendre un autre chemin. En d’autres mots, je pense que Sintesi del viaggio di Es est une sorte de continuité. Une continuité dans une autre direction. 

Sur cet album, il y a la présence d’Eleonora (Montenegro). Sur “Ritornano Stanotte” et sur “L’illusione”, elle joue de très beaux airs celtiques au tin whistle. Cela se réfère à quelque chose en particulier ? 
Non c’est seulement des images sonores. Nous pensions à ce moment là que nous nous trouvions sur des landes irlandaises un jour de brumes. Eleonora a joué de la musique irlandaise pendant des années et nous voulions utiliser ce savoir-faire.

Valerio, sur plusieurs titres ta basse sonne de manière très originale. Quelles sortes de basses utilises-tu sur cet album ?
Je joue habituellement d’une basse six cordes avec des effets, principalement un chorus. Des fois j’utilise une basse quatre cordes fretless comme par exemple sur “L’illusione”. Il m’arrive aussi de jouer au médiator. 

Une question pour Nicola (le batteur) : sur “intro – noi”, quelle sorte de beat particulier joue-t-il à 3’43?
Nicola : j’ai transcris en musique ce que je ressentais, la sensation de tomber de très haut, longtemps,  dans un trou sans fond. C’est ce que les paroles m’évoquaient.

« Il Sole Alle Spalle, Coda : Lei » est un morceau très long (presque seize minutes).  C’était une volonté de faire une suite prog ou quelque chose d’autre ?
Non ce n’est pas une suite prog ! Comme je le disais avant, au début c’était une chanson acoustique et puis j’ai ajouté des parties encore et encore et au final çà faisait un morceau de plus de quinze minutes !

Quel est le (ou les) morceau dont vous êtes le plus fier sur l’album ?
A mon avis, mais je peux affirmer que tout le groupe est d’accord, “L’illusione”  et “Il sole alle spalle”, tout spécialement “Può tornare il vento”, la partie centrale de cette suite car nous l’avons ressenti très fort et très profondément tous en même temps. “L’illusione” est une chanson très douce et nous aimons comment elle sonne avec la flûte, la guitare acoustique et la batterie à la fin. 

Il y a une signification particulière concernant la photo de la couverture de l’album ou est-ce juste de l’art ( et de belles lumières !) ?
Oui ! en fait, nous étions dans une petite rue du centre de Bologne, où il y a un pub et c’est là que nous avons pris cette photo. Elle n’a pas été retouchée, elle est naturelle.

Quels sont vos prochains projets ?
Nous sommes en train de travailler sur le nouvel album qui, je pense, sera prêt pour le début de 2020.

Des nouvelles du côté de Sithonia ?
Pour le moment, il n’y a pas de plans avec Sithonia. Mais je pense, avec regrets, que nous nous orientons vers une fin naturelle.

 

 



dimanche 14 juillet 2019

Le coin des vinyles : UT (New Trolls)


New Trolls : UT (LP, Cetra, LPX20, 1972) (LP, Seven Seas, GXF 2050, 1980)

Chose promise, chose due ! Voilà UT, un autre album des New Trolls qui mérite d'être sorti du lot. Comme par hasard, il suit à quelques mois près Searching for a Land.  Et comme par hasard, il marque la fin (provisoire) du groupe. En fait, non, ce n'est pas un hasard. Cet album, encore plus que  Searching for a Land met en avant la dichotomie qui existe au sein de la formation génoise entre deux visions artistiques qui s'opposent de plus en plus, le temps passant. Celle d'abord de Vittorio De Scalzi, tenant d'une ligne traditionnelle avec l'idée de continuer à mélanger tout ce qui a fait le succès des New Trolls en ratissant large (la pop, le rock symphonique et le jazz rock). Celle de Nico Di Palo ensuite qui entend poursuivre lui dans la voie du hard rock bon teint, celui justement qui a permis de faire Searching for a Land puis UT. Cette divergence de vue aboutira à la scission des New Trolls en deux nouveaux groupes. D'un côté les NT. Atomic System avec Vittorio De Scalzi et de l'autre Ibis avec Nico Di Palo, Maurizio Salvi et Gianni Belleno (précision utile : leur premier album Canti d'innoncenza, canti d'esperenza... ne portera pas le nom d'Ibis mais celui plus intime de "Nico, Gianni, Franck et Maurizio"). Ajoutons que les deux formations dissidentes feront du bon boulot, bien meilleur en tout cas que la future production des New Trolls de nouveaux réunis à partir de 1975.
En attendant ce UT est un sacrément bon disque. Certains pensent que c'est de loin le meilleur des New Trolls. J'en suis ! Avec en plus un très bon point : le chant est à nouveau en italien (Searching for a Land et le single "Black hand" étaient chantés en anglais pour un résultat peu convaincant).
La face A démarre par deux instrumentaux de haute volée dont "Studio" une adaptation d'une pièce du XIXème siècle écrite par l'anglais Johann Baptist Cramer. Nico Di Palo prend ensuite le relais pour deux morceaux merveilleux dont il est clairement l'inspirateur ("I Cavalieri Del Lago dell'Ontario" et "Storia Di Una Foglia"). Il est d'ailleurs à noter que sur cette 1ère face, Vittorio De Scalzi se fait très discret et n'apparaît sur aucun crédit. Le dernier morceau ("Nato Adesso") est plus une longue jam axée sur un solo de guitare psychédélique mais présente une partie chantée qui fait toute la différence avec les très beaux arpeggios romantiques joués au piano par Maurizio Salvi. 
La face B démarre en trombe avec un riff piqué à Tommy Iommi. De fait le morceau (de presque dix minutes) ressemble beaucoup à ce que l'on entend sur les premiers Black Sabbath (chant et rythmique compris). Ce n'est pas ce qui il y a de plus original mais force est de souligner que le groupe excelle dans ce genre (constat déjà fait pour Searching for a Land) surtout quand il ajoute une partie centrale de son cru typiquement italienne pour le coup. Bien qu'il n'ait pas composé le morceau, Vittorio De Scalzi a dû enfin respirer avec la belle ballade "Paolo e Francesca" qui permettait de retrouver un New Trolls plus classique. Et que dire de la chanson finale ("  Chi Mi Puo' Capire) sur laquelle Nico Di Palo se surpasse dans un style pop romantique de grande classe.
UT est incontestablement une grande réussite pour les New Trolls et une victoire pour Nico Di Palo. Mais c'est une victoire à la Pyrrhus puisque la formation se sera désagrégée pendant l'enregistrement de l'album. La bataille pour continuer en gardant le nom du groupe sera rude et cette fois c'est Vittorio De Scalzi qui prendra l'avantage en gagnant de haute lutte le droit d'accoler le fameux "New Trolls" à son Atomic System.




samedi 6 juillet 2019

Trama : l'interview


En 2018, il est sorti un très bon album (Oscure Movenze) signé Trama. Certes ce groupe, originaire de Gênes, fait peu de de bruit mais c’est surtout dû au fait qu’il ne produit pas en concert et qu'il a vécu un gros break de plus de quinze ans. Pourtant Trama mérite un gros P.O.I. D’abord parce que sa musique est tout simplement vraiment bonne mais aussi car il y a dans ce combo des musiciens que l’on connaît bien, notamment Luca Scherani et Gabriele Guidi Colombi (tous les deux membres de La Coscienza di Zeno) sans parler d’Elisa Montaldo qui est passée par ce groupe avant de monter sa propre formation, Il Tempio delle Clessidre. Il compte aussi dans ses rangs une superbe chanteuse, Annalisa Accorsi, à la voix naturellement puissante et mélodieuse, qui peut rivaliser sans problème avec un paquet de concurrentes.
Lorenzo Loria, Le guitariste de Trama, co-fondateur du groupe avec le batteur Paolo Gaggero, s’est gentiment prêté au jeu de l'entretien ce qui permet d’en connaître un peu plus sur ce groupe discret qui mérite beaucoup mieux. En attendant, vous pouvez écouter en boucle Oscure movenze, vous risquez d’être étonner par la qualité de cet opus.    

 
Qui êtes-vous, quelle est votre histoire ?
Nous sommes apparus au milieu des années 90 en tant que cover band jusqu’au jour où nous nous sommes décidés à faire notre propre musique en choisissant de jouer un prog  mélodique inspiré de groupes célèbres comme Marillion Emerson Lake & Palmer, Yes et Genesis. Le premier album Prodromi di Finzione Sovrapposte (1999) a été notre grand plongeon dans le monde prog.  Durant les années qui ont suivies, nous avons complètement lâché l’affaire pour des raisons de famille et de travail jusqu’à ce que nous nous retrouvions pour faire notre deuxième album Obscure Movenze en 2018.

Pourquoi êtes vous toujours ensemble au bout de vingt ans ?
Avant tout parce que nous sommes tous attachés à Trama qui a été notre premier groupe qui nous a permis de faire notre propre musique. Et surtout parce que nous sommes liés par une forte amitié en plus de l’amour commun que nous avons pour notre style de musique. Et comme tu le dis, çà fait vingt ans que l’on fait quelque chose ensemble !

Comment définiriez vous votre musique ? Faites-vous du rock progressif ?
Hum c’est assez difficile à définir... disons que nous essayons de faire une musique élaborée mais en même temps mélodique. Prog mélodique serait la plus juste définition. En tout cas, nous essayons de le faire à notre manière. Nous sommes toujours à la recherche de sons nouveaux et de nouvelles expérimentations en essayant de ne jamais être banal.


Donnez votre propre définition du rock progressif .
Il n’existe pas de définition. Pour nous, c’est du rock avec des influences de tous les styles, avec une utilisation importante d’instruments et de sons différents, avec des tempo et des rythmes particuliers qui sortent de l’ordinaire, avec une volonté de rechercher des choses différentes des standards habituels. Pour trouver des idées, nous nous inspirons de tous les genres de musiques en essayant de les réunir autour de nouvelles mélodies.

Quel est votre morceau le plus progressif ? 
Honnêtement je ne sais pas, peut être « Fuco nel buio » sur le premier album.

De quel morceau ou de quel album êtes vous le plus fier et pourquoi ?
Nous sommes fiers de chaque morceau que nous avons composé parce que nous avons mis à chaque fois 150% de passion et d’amour. Mais « Oscure Movenze » a quelque chose de magique car c’est le morceau qui nous a décidé à faire le deuxième album. (« Oscure Movenze » est en fait un morceau qui avait été composé pour le premier album et qui n’avait pas été retenu pour une question de choix. Vingt ans plus tard le groupe l’a complété et développé pour en faire un album complet : « oblio » est une nouvelle compo inédite, « anche se per poco » et « il sottile equilibrio » sont des morceaux anciens et « il viaggio » est un extrait d’une suite jamais apparue en dehors des répétitions – NDT).

Quel est votre prochain projet ?
Nous allons probablement faire un nouvel album qui sera encore différent des précédents. Comme nous l’avons dit avant, nous aimons toujours expérimenter de nouvelles idées. Ensuite nous avons dans les tiroirs un rêve très difficile à réaliser : un beau concert live dans un beau théâtre où nous pourrions proposer tous nos meilleurs morceaux. 

Merci Louis. Nous sommes toujours heureux de rencontrer des personnes nouvelles qui aiment notre musique. Je ne peux que te remercier, toi et tous ceux qui ont une vraie passion pour cette musique et qui nous permettent d’avoir des opportunités de nous exprimer. Lorenzo



mercredi 3 juillet 2019

Le Zoo di Berlino

Mon premier contact avec ce groupe au nom étonnant (mais les italiens ne sont pas à çà près en matière de noms de groupe improbables) s'est fait un peu par hasard en Italie à l'occasion de la FIM 2017 à Erba. Le groupe était programmé pour jouer le 28 mai. Entre temps j'avais rencontré les frères Pettinelli à leur stand puisqu'ils sont également (et surtout) les créateurs d'un studio d'enregistrement (Consorzio ZdB). Nous avions parlé de longues minutes de Banco del Mutuo Soccorso et d'Area dont ils sont fans et dont ils avaient tous les disques vinyles originaux avec eux (il y en avait pour une fortune !). Le surlendemain le concert m'avait agréablement surpris malgré l'absence de dernière minute des deux membres d'Il Rovescio della Medaglia (Enzo Vita et Pino Ballardini) qui étaient pourtant annoncés sur le programme pour venir jouer un ou deux morceaux avec Lo Zoo di Berlino (un problème de santé apparemment). Les trois musiciens (basse, batterie, claviers) avaient produits un show assez étonnant fait d'une musique plutôt futuriste (mélange de post rock, d'avantgarde et de psychédélisme intemporel) brillamment illustrée par une projection de films d'animations passionnants. Franchement j'avais beaucoup aimé leur prestation que j’avais trouvé captivante.
A l'époque le groupe avait joué des titres de son premier album Rizoma - Elements. Et voilà que j'apprends coup sur coup qu'un nouvel album vient de sortir (resistenze elettriche) et que le groupe va jouer en France au festival Crescendo à Saint Palais sur Mer. 
C'est donc l'occasion ou jamais de mettre en avant ce groupe atypique qui détonne dans le paysage actuel d'un prog italien qui tourne pas mal en rond et peine à se renouveler. 
Pour que vous fassiez mieux connaissance avec Lo Zoo di Berlino, voici les liens Soundcloud et Bandcamp. Bonne découverte !