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samedi 20 mars 2021

Archangel : Third Warning

Gabriele Manzini, le leader et claviériste d'Ubi Maior, est également le maître à penser d'un autre groupe moins connu qu'Ubi Maior : Archangel. il s'agit plutôt en fait d'un projet parallèle que Gabriele réactive épisodiquement au gré de ses envies. De fait, depuis la première manifestation discographique en 2009 (The Akallabeth), ce Third Warning n'est que le troisième album en douze ans, succédant à Tales of Love and Blood sorti en 2013. Pour ceux qui ont suivi cette partie de la carrière de Gabriele, ils auront remarqué que le milanais aime avoir des invités extérieurs de qualité. Archangel a ainsi enregistré les participations des chanteurs Damian Wilson (Landmarq, Treshold, Rick Wakeman et tout récemment Arena), Zacharie Stevens (Savatage) ou encore Ted Leonard (Enchant). Pourtant cette fois, c'est une équipe d'habitués, voire même de familiers, qui est aux côtés de Gabriele avec les piliers inamovibles de la section rythmique (Davide Martinelli à la batterie et Walter Gualtiero Gorreri la basse), et les trois guitaristes d'Ubi Maior (les anciens Alessandro Dovi et Stefano Mancarella, plus la titulaire actuelle du poste Marcella Arganese qui se distingue sur toute la fin de "The end of the World"), Giancarlo Padula s'acquittant quant à lui une nouvelle fois parfaitement de sa tâche au poste de chanteur. Dans les deux précédents albums, Archangel se perdait plus ou moins dans différents genres musicaux (hard prog, métal gothique, A.O.R.) sans démériter mais sans vraiment convaincre non plus. J'avoue que j'ai eu un peu peur en écoutant le premier titre qui me rappelait un peu trop les deux précédents albums. Mais non, tout va bien. Cette fois, Gabriele limite au maximum la prise de risque et fait planer son archange dans un halo d'atmosphères soft prog. C'est remarquablement bien fait avec un dosage parfait entre des parties chantées très mélodiques, délibérément orientées mainstream dans l'esprit de ce que sont capables de faire Alan Parsons ou Mike Oldfield, et des interventions instrumentales positionnées en solo central (guitare électrique et claviers) à chaque fois parfaitement calibrées. L'ensemble a de forts relents néo prog, si ce terme a encore réellement un sens aujourd’hui. Tiens je vais innové, je vais parler de "prog Middle of the Road". En fait, cet album me donne l'impression de ressembler à Gabriele, imperturbable en toute occasion, dont la posture de gentleman dénote parfois dans un univers rock plus agité. Ici, il est dans son élément (évidemment, c'est lui qui en est le créateur). Il imprime à cet album un ton uniforme qui n'en est pas pour autant monotone, les très très bons "Metal into brain" et "When the eagle hung his head"sont là pour le démontrer. Gabriele nous rappelle ici qu'il est avant tout un excellent compositeur capable d'écrire des chansons faciles d'accès en apparence, mais qui contiennent toutes une réelle profondeur pour peu qu'on les écoute attentivement. "Thetis" a ainsi cette puissance contenue et cette forme de chant posé quasiment recueilli, que l'on retrouve chez IQ par exemple. Gabriele paie aussi son tribut à Genesis avec "Circle of life" librement inspiré selon ses dires d'Entangled". Il n' y a là à l'évidence aucune volonté de plagier, juste d'en garder le côté éthéré et vaguement naïf. A titre personnel, j'aurai plutôt relevé des similitudes avec certains titres du Marillion de Steve Hogarth, mais bon. L'album contient également deux pièces instrumentales aux ambiances très évocatrices mais très différentes l'une de l'autre. Là où "The Last Day Of Beauty" développe une atmosphère lourde et mystique, "Storm Over St. Andrew’s Churchyard" se fait crépusculaire et romantique dans un symphonisme foisonnant. Archangel ne remplace pas Ubi Maior, il n'est d'ailleurs pas sur le même créneau stylistique mais il permet à Gabriele Manzini de développer d'autres idées musicales avec un accessibilité plus directe et donc une perception plus immédiate. On comprend ainsi mieux pourquoi deux compositions ("Thetis" et "Circle of life") datant des sessions d'enregistrements du dernier album d'Ubi Maior  Bestie, Uomini e Dei  ont en fait été mises de côté et utilisées pour cet album dArchangel, dont l'option "chant en anglais" convient mieux à ces deux chansons. Third Warning termine par "When the eagle hung his head", un long titre de onze minutes qui est sûrement le plus original de l'album. Pour vous donner une idée, c'est comme si Arena et Jethro Tull avaient fait un morceau en commun (ne cherchez pas la flûte. Ce n'est pas parce qu'on parle de JT qu'il faut à chaque fois penser flûte. Il y a quand même un peu plus que çà dans la longue carrière de JT !).  Cet album d'Archangel est sûrement, et de loin, le meilleur des trois à ce jour. Mais je dois dire que j'ai quand même une idée qui m'a effleuré l'esprit à plusieurs reprises en écoutant Third Warning : qu'aurait donné cet album chanté par Damian Wilson ? Je vous laisse trouver la réponse mais pensez-y quand même car consciemment ou inconsciemment, Gabriele avait, une fois encore, cette voix en tête en réalisant son album. J'en suis à peu près sûr !    

Mon coup de cœur : "Metal into brain"

La tracklist :
1.Technological Anguish
2.Metal Into Brain
3.The Last Days of Beauty
4.Thetis
5.The End of the World
6.Storm Over St. Andrew’s Churchyard
7.Circle of Life
8.When the Eagle Hung His Head
 
Le lien bandcamp pour écouter et acheter : Archangel Bandcamp
Vouis pouvez aussi commander le CD en allant sur ces liens  AMS et BTF.IT

dimanche 20 décembre 2020

ma sélection des meilleurs albums de RPI pour 2020

 

Encore beaucoup de sorties cette année en prog italien avec une belle qualité d'ensemble, de beaux projets individuels et quelques franches réussites que l'on va bien sûr retrouver dans ma sélection 2020. J'en profite au passage pour remercier les artistes et les maisons de disques qui me font parvenir leurs copies avec une reconnaissance toute particulière pour ceux qui m'envoient une copie au format physique (CD ou vinyle). Ce sont ceux qui savent que j'ai vraiment du mal avec les supports dématérialisés. Encore merci à eux.
Ma sélection pour cette année 2020 est à la fois originale et surprenante dans la mesure où elle présente quatre évidences, qui sont aussi quatre valeurs sûres du prog italien, et cinq surprises que personne n'attendait.
TOP "1" 2020 S'il faut un vainqueur, alors la première place revient à LogoS et son album impeccable Sadako e le mille gru di Carta. Les Véronais atteignent avec cette œuvre un point haut de leur déjà longue histoire. Un très grand Bravo à eux !
Juste après, nous avons trois groupes confirmés du prog italien avec :
- La Maschera di Cera avec S.E.I.
- Ubi Maior avec Bestie Uomini e Dèi  
- Sintonia Distorta avec A piedi Nudi Sull'Arcobaleno 
Ils forment une belle haie d'honneur et sont vraiment très proches de LogoS, mais Sadako e le mille gru di Carta est réellement mon coup de cœur de l’année. 
Derrière, ce sont bien des surprises que je vous propos dans la mesure ou les cinq noms qui apparaissent étaient absolument inconnus de tous il y encore quelques mois. Vous pouvez ainsi vous pencher sérieusement sur les albums suivants (sans ordre spécial) : 
- les revenants de  Corpo avec  Corpo III
- Jus Primae Noctis et leurs très prometteurs Istinto
- le projet solo de Gianni Nicola malicieusement appelé Oh No it's prog (Oh No it's prog !)
- I Giullari di Corte dont j'espère que l'album Presa di Coscienza pourra bientôt être édité en format physique (peut être que cette mise en lumière les aidera, en tout cas je l'espère vraiment)
- et enfin, Cut the Tongue, l'album de fin d'année que l'on n'attendait pas, que l'on doit à Julius Project, un collectif de musiciens confirmés réunis autour d'un homme et de sa fille pour écrire quelques pages musicales d'une très belle histoire de famille.
Cela fait donc neuf albums distingués pour cette année qui se termine dans l'incertitude et la précarité pour beaucoup d'artistes. Je pense ici avant tout à eux en espérant que nous verrons tous en 2021 le bout de ce cauchemar. 
Pour ceux qui ne sont pas dans cette sélection, qu'ils n'oublient pas qu'il s'agit uniquement de mes goûts personnels, pas d'un concours ! Je pense particulièrement à Mesmerising (The Clutters Storyteller), Ancient Veil (Unplugged Live), Daniele Solo (Order or DisOrder), Instant Curtain (Let us tear apart), Métronhomme (tutto il tempo del mondo), O.A.K. (Nine Witches under a Walnut tree), OTEME (Un Saluto alle Nuvole), Monjoie (Love Sell Poor Bliss for Proud Despair), Notturno Concertante (Let Them say). J'ai aussi pris pris beaucoup de plaisir à l’écoute de ces albums.
Voici donc la liste de cette sélection de neuf albums avec la possibilité de lire ou relire à chaque fois ma chronique si vous cliquez sur le titre.
 
LogoS : Sadako e le mille gru di Carta (Andromeda Relix) (bandcamp de LogoS ici)

La Maschera di Cera : S.E.I. (label : BTF.IT, AMS)

Ubi Maior :  Bestie Uomini e Dèi (label : BTF.IT, AMS)

Sintonia Distorta : A piedi Nudi Sull'Arcobaleno (label Lizard Records, le site du groupe ici)

Corpo : Corpo III  (label : Lizard Records)

Jus Primae Noctis : Istinto (label : Nadir Music)

Oh No it's prog : Oh No it's prog ! (Autoproduction, pour contacter Gianni Nicola c'est ici)

I Giullari di Corte : Presa di Coscienza (autoproduction, le bandcamp du groupe ici)
 
Julius Project : Cut the Tongue (autoproduction, c'est distribué par G.T. Music à cette adresse)

lundi 11 mai 2020

Ubi Maior : Bestie, Uomini e Dèi (trad. italiano)

 

Bene, questa volta ci siamo!
Gli Ubi Maior pubblicano (finalmente) il loro quarto album. Primo ascolto completo, prime impressioni: è sempre buono, sempre così ispirato.
Ma c'è anche che questo gruppo migliora con l'avvicinarsi dei suoi vent'anni di esistenza. Gabriele Manzini (tastiere), Alessandro di Caprio (batteria) e Mario Moi (voce) sono solidi pilastri con, per quanto riguarda Mario, un ruolo sempre più importante da quando ha felicemente ripreso la pratica del violino e della tromba. Questo gli permette di essere presente anche sulla strumentale "Nessie". Gli ultimi arrivati, Gianmaria Giardino al basso e Marcella Arganese alla chitarra, sono ormai membri indispensabili, e ho già detto e scritto a più riprese che Marcella aveva dato molto al gruppo in termini di musicalità ma anche di efficienza. A questo proposito, un brano come "Bestie, Uomini e Dèi" dimostra l'alto livello di complementarità raggiunto da Gabriele e Marcella, sia nella creazione che nell'esecuzione di una composizione ambiziosa.
L'album è molto omogeneo, quasi compatto, con i suoi sei pezzi di durata compresa tra 5 e 10 minuti al massimo. Il brano "Nero notte" è saggiamente collocato in apertura per rassicurare i fan fin dai primi secondi sulla grande forma del gruppo dopo cinque anni di silenzio. Ed è proprio così! E tanto vale dirlo subito, questi 3/4 ora di musica passeranno molto (troppo) velocemente.
Menzione speciale per "Wendigo", di cui il vostro “servitore” ha avuto la fortuna di seguire la genesi, che è un pezzo di notevole finezza ed efficacia. Devo ammettere che il risultato finale mi lascia a bocca aperta. Quando parlo di efficienza, bisogna riconoscere che un pezzo come "Nessie" si presenta con un riff d'introduzione devastante!
Senza dubbio con questo Bestie, Uomini e Dèi, Ubi Maior ha raggiunto il culmine della sua arte. Il gruppo riesce nell'impresa di rinnovarsi, pur mantenendo la propria identità, senza mai cedere alla facilità, un pezzo come "Fabula Sirenis" ne è il miglior esempio e lo stratosferico "Misteri Di Tasseglia" non è lontano dal seguire lo stesso cammino.
Perché il bello di Ubi Maior è questa ambivalenza permanente della sua musica, sia melodica che energica, sia sinfonica che ritmica, in qualche modo appannaggio dei grandi gruppi di prog italiani! 
(traduzione Rossana Lombardi)

vendredi 8 mai 2020

Ubi Maior : Bestie, Uomini e Dèi

Bon, cette fois, on y est ! Ubi Maior sort (enfin) son 4ème album. Première écoute complète, premières impressions : c'est toujours aussi bon, toujours aussi inspiré. Mais il y a aussi que ce groupe se bonifie à l'approche de ses vingt années d'existence. Gabriele Manzini (claviers), Alessandro di Caprio (batterie) et Mario Moi (chant) sont de piliers solides, avec en ce qui concerne Mario un rôle de plus en plus important depuis qu'il a repris avec bonheur la pratique du violon et de la trompette. Ce qui lui permet d'être aussi présent sur l''instrumental "Nessie". Les derniers arrivés, Gianmaria Giardino à la basse et Marcella Arganese à la guitare, sont désormais des membres indispensables, et j'ai déjà dit et écrit à plusieurs reprises que Marcella avait apporté énormément au groupe en terme de musicalité mais aussi d'efficacité. A cet égard, un morceau comme "Bestie, Uomini e Dèi" démontre le haut niveau de complémentarité atteint par Gabriele et Marcella, tant dans la création que dans l'exécution d'une composition ambitieuse.
L'album est très homogène, presque compact, avec ses six morceaux d'une durée allant de 5 à 10 minutes maximum. Le titre "Nero notte" est judicieusement placé en opener afin de rassurer les fans dès les premières secondes sur la grande forme du groupe après cinq années de silence. C'est bien le cas ! Et autant vous le dire tout de suite, ces 3/4 d'heure de musique vont passer très (trop) vite.   
Mention spéciale pour "Wendigo", dont votre serviteur a eu la chance de suivre la genèse, qui est une pièce d'une finesse remarquable et d'une efficacité à toute épreuve. J'avoue que le résultat final me laisse sur le cul. Quand je parle d'efficacité, il faut reconnaître qu’un morceau comme "Nessie" se pose là avec son riff d'intro dévastateur !   
Incontestablement avec ce Bestie, Uomini e Dèi, Ubi Maior est au sommet de son art. Le groupe réussit l'exploit de se renouveler, tout en gardant son identité, sans jamais céder à la facilité, un morceau comme "Fabula sirenis" en est le meilleur exemple et le stratosphérique "Misteri Di Tasseglia" n'est pas loin de suivre le même chemin.
Car ce qui est bon avec d'Ubi Maior, c'est cette ambivalence permanente de sa musique, à la fois mélodique et énergique, à la fois symphonique et rythmée, l'apanage des grands groupes de prog italiens en quelque sorte !

La tracklist :
1. Nero notte
2. Misteri di Tessaglia
3. Wendigo
4. Nessie à écouter ici
5. Fabula Sirenis
6. Bestie, Uomini et Dèi

Le groupe : Gabriele Manzini (claviers, flûte),), Alessandro di Caprio (batterie), Mario Moi (chant, violon, trompette), Gianmaria Giardino (basse), Marcella Arganese (guitares)

Voici les liens du groupe :
sa page bandcamp : https://ubimaior.bandcamp.com/album/bestie-uomini-e-d-i
sa page FB : http://www.facebook.com/ubimaiorweb

Merci pour eux !

dimanche 5 avril 2020

Ubi Maior : Besti, Uomini e Dèi ("Nessie")

En attendant la sortie le 20 mai 2020 de Bestie, Uomini e Dèi, le nouvel album d'Ubi Maior, voici un premier titre instrumental en écoute sur YT pour éveiller votre curiosité.
Il vous suffit de cliquer sur "Nessie"
Mario Moi ne chante pas sur ce morceau mais est au top au violon et à la trompette, Marcella est meilleure que jamais à la guitare électrique et Gabriele Manzini maîtrise son sujet, comme d'habitude, aux claviers. La section rythmique (Alessandro Di Caprio & Gianmaria Giardino) est solide.
Un ENORME instrumental qui annonce un sacré album à venir ! J'adore déjà ! 

mercredi 19 février 2020

Ubi Maior : Bestie, Uomini e Dèi


Ubi Maior : Bestie, Uomini e Dèi

Voilà déjà la pochette (belle !) et le titre de l'album (ambitieux !) 

Le mixage des morceaux est en cours 

bientôt ! presto !

mardi 7 novembre 2017

Andrea Orlando

Encore une sortie très récente : dalla vita autentica par Andrea Orlando. On pourrait se dire : "un album de batteur, oui bof". Mais il se trouve que c'est du très beau prog Italien fait par un membre de La Coscienza di Zeno (et ex Finisterre) accompagné de musiciens qui viennent des groupes frères (La Coscienza di Zeno, Ubi Maior, Höstsonaten, La Maschera di Cera, Finisterre).En écoute sur Progstreaming (http://progstreaming.nl/pages/play-album.php?activeAlbum=2017-11-04-06 - Andrea Orlando - Dalla Vita Autentica)