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jeudi 23 janvier 2025

Banco del Mutuo Soccorso : Storie invisibile

Le nouveau Banco sort le 28 février 2025. Apparemment le groupe a décidé de mettre le paquet pour la promotion de cet album avec déjà une quinzaine de dates de concerts annoncées d'ici le mois de mai.

Storie invisibile se veut être le troisième volet d'une trilogie dédiée à l'existence humaine qui complètera donc Transiberiana et Orlando, le forme dell'amore.  

Le groupe présent est stable avec Vittorio Nocenzi (orgue, synthés, voix) comme pivot et son fils Michelangelo Nocenzi (piano et claviers) désormais positionné comme étant celui qui assurera sûrement la relève. Tony D’Alessio assure le chant soliste, Filippo Marcheggiani est aux guitares, Marco Capozi à la basse et Dario Esposito à la batterie. 

Pour avoir écouté l'album dans son entièreté, il faut se rendre à l'évidence : ça chante gentiment mais ça n'a plus grand chose à voir avec du prog et même hélas avec le Banco del Mutuo Socorso que l'on a aimé et respecté pendant toutes ces années. Quant à certaines sonorités de synthés, on peut se demander si le groupe n'a pas ressorti les vieux coucous des années 80. Un peu triste tout cela.

Voici la tracklist :

01 – Studenti
02 – Il mietitore (en écoute en cliquant sur le titre)
03 – Il pittore
04 – Non sono pazzo
05 – L’ultimo moro dell'Alhambra
06 – Senza nuvole
07 – La casa blu
08 – Sara' ottobre
09 – Cena di natale
10 – Spiegami il cielo
11 – Solo mervaglia
12 – Capo Horn

dimanche 18 juin 2023

Divae Project : Prog will never die

Guido Bellachioma (Prog Italia, Progressivamente) persiste et signe en continuant à faire vivre le Divae Project et en donnant ce nouveau rendez-vous aux fans inconditionnels de prog italien. Comme il le rappelle très bien "sans mémoire, il n'y a pas de futur". Vous avez, avec cette affirmation déjà entendue ailleurs, une idée précise de l'état d’esprit dans lequel est Guido pour ce Divae Project qui est, rappelons-le, une lointaine émanation du groupe romain Divae et de son album Determinazione sorti en 1995. Aujourd'hui, les musiciens formant le Divae Project sont différents mais l'idée générale reste la même : s'inspirer du passé pour se projeter dans le futur. Au passage, le projet intègre le principe de faire intervenir ponctuellement des gloires du prog italien. En 1995, c'était Gianni Leone (Il Balleto di Bronzo) et Lino Vairetti (Osanna) qui avaient été sollicités. En 2021 avec Stratosferico, c'était à nouveau Lino Vairetti (Osanna) mais aussi Enzo Vita (Il Rovescio della Medaglia), Pericle Sponzili (Reale Accademia di Musica), Elio Volpini (Flea, L'Uovo di Colombo, Etna), Paolo Lucini (Ezra Winston), Fabio Trentini (ex Le Orme) et Gianni Nocenzi (Banco del Mutuo Soccorso), pour les musiciens invités, avec des hommages  appuyés à Demetrio Stratos (Area), Giulio Capiozzo (Area) et Danilo Rustici (Osanna, Città Frontale, Luna, Uno).
Ce Prog will never die est lui en grande partie consacré à Banco del Mutuo Soccorso avec la présence appréciable des frères Nocenzi. L'album, uniquement publié en 33 tours vinyle (500 exemplaires) présente sur sa face A, trois instrumentaux composé par Davide Pistoni, l'artisan principal de ce disque. La face B est constituée de trois reprises de Banco del Mutuo Soccorso. 
Pour ce qui concerne la Face A "Tango Zoppo" ne trompe pas son monde. C'est bien un tango mais un tango façon prog qui fonctionne sur un rythme inhabituel en 11/4, donc absolument pas dansant. L'accordéon de rigueur est bien là mais il délivre des notes plutôt tristes. Il est épaulé par une guitare électrique qui déroule un très long solo en distorsion. Les deux instruments se relaient dans une bel harmonie. Surprenant mais très intéressant au final. "E pericoloso giocare con il fuoco" est une formidable tentative (réussie) de fusion entre le jazz rock (représenté par le jeu de guitare de Fabio Cerrone à la Alan Holdsworth) et le psyché prog (incarné par un synthé aux sonorités acides et au pitch bend nerveux). Accessoirement, çà groove sévère sur ce morceau avec une rythmique carrément funky. " Prog will never die" se veut être la suite prog de l'album. Après une très longue première partie romantique, très classique d'approche, jouée au piano sur fond de synthé, le court second mouvement se veut lui plus contemporain, impressionniste, avec un piano qui reste l'instrument principal. Arrive alors le troisième mouvement complètement ancré dans un rock progressif à la Banco justement ! Cela reste très mélodique avec des arrangements symphoniques et une guitare électrique positionnée en soliste. Le break de batterie permet de relancer la machine pour aborder une autre facette du style Banco, plus rock et rythmiquement plus nerveuse, ce qui a pour effet de déboucher sur un final très puissant, genre grand orchestre, qui enfle encore sur les toutes dernières mesures.
Pour la face B, il s'agit maintenant de retrouver Gianni Nocenzi (au piano bien sûr), accompagné du groupe Divae Project, pour une réinterprétation de "la città sottile". J'ai bien écrit réinterprétation, car effectivement Gianni semble avoir dépensé beaucoup d'énergie pour arriver à en proposer une version à la fois évoluée et fidèle à l'esprit de l'original. C'est de fait parfaitement réussi au point que l'on pourrait imaginer qu'il s'agit d'une version alternative. Le grand moment du morceau est bien sûr la partie centrale dans laquelle Gianni se retrouve seul à jouer une partition de piano totalement retravaillée et pensée avec une insertion de piano préparé, calé sur une octave, une expérience tout à fait satisfaisante. Mais j'aime aussi le gros chorus de guitare électrique qui suit et qui ne dénature absolument pas l'essence du morceau. La ballade intemporelle "750.000 anne fa...l'amore" est, elle, traitée sur un mode romantique poussé à l’extrême, le violon de Natalia Dudynska apportant la touche poignante et déchirante à cette chanson interprétée en trio seulement (piano, chant, violon), le groupe rock ne se permettant d'intervenir qu'à deux reprises, la première fois en 7/8, d'où ce côté soudainement sautillant, la deuxième en simple accompagnant. "Bambino" enfin, un morceau passé plutôt inaperçu et tiré de l'album Il 13, avec cette fois Vittorio Nocenzi qui offre une nouvelle introduction qui prend la forme d'un joli prélude joué sur un piano numérique avec pour épicentre un accord de 5ème mineur qui donne cette tonalité extrêmement romantique à l'ensemble, Vittorio étant ici étonnamment tout en retenue. La chanson en elle même est magnifiquement interprétée avec un chanteur, Luca Velletri, qui fait très bien le job sur l'ensemble des trois titres chantés (il met sa voix dans les traces de celle de Francesco Di Giacomo quand même !) et un bassiste que l'on connaît bien dans le prog, Fabio Trentini, qui assure une ligne de basse remarquablement chantante et expressive.
Il y a à l'évidence beaucoup d'émotion qui se dégage de la face B de ce disque avec des musiciens qui trouvent le juste dosage entre le respect de la tradition et l'apport de propositions restant loyales à l'esprit d'origine. En cela le Divae Project de Guido Bellachioma et Davide Pistoni est en phase avec sa ligne de conduite "apprendre de ses erreurs sans rien nier, en essayant de révéler des nouvelles frontières avec une énergie renouvelée". Nous y sommes encore cette fois. Bravo.


Les musiciens :
Davide Pistoni : claviers, piano, synthés, arrangements
Fabio Cerrone : guitares
Francesco Isola : batterie
Lorenzo Trincia : basse
Stefano Indino :accordéon (A1)
Luca Velletri : chant (B1, B2, B3)
Natalia Dudynska : violon (B2)
Fabio Trentini : basse (B3)

Gianni Nocenzi : piano (B1)
Vittorio Nocenzi : piano (B3)


La Tracklist :

A1 : Tango Zoppo
A2 : E pericoloso giocre con il fuoco
A3 Prog will never die

B1 : La città sottile
B2 : 750.000  anni fa...l'amore
B3 : Bambino

Vous pouvez commander votre exemplaire par Ma.Ra.Cash ou encore chez Vinyl Strike





vendredi 26 mai 2023

Divae Project : Prog will never die

Il faut bien que vous ayez des scoops de temps en temps ! Alors, regardez voir ce que le pape du prog italien, Guido Bellachioma, nous a concocté avec la participation royale de Gianni et Vittorio Nocenzi. Les deux frères milanais réinterprètent sur la face B du vinyle trois titres de Banco del Mutuo Soccorso : "La città sottile", "750 000 anni fa... l'amore ?" et "bambino". La face A présente trois instrumentaux inédits : " Tango zoppo", "E pericoloso giocare con il fuoco", "Prog will never die". Que du très bon et du très grand en perspective.

çà sort le 23 juin et c'est une production Divae Project évidemment !

vendredi 16 septembre 2022

Banco del Mutuo Soccorso : Orlando, le forme dell'amore

Il y a deux groupes pour lesquels je n'arriverai jamais à m'habituer à l'absence de leur chanteur emblématique, Yes avec Jon Anderson et Banco del Mutuo Soccorso avec Francesco Di Giacomo. C'est comme çà ! Avec ce nouvel album de Banco, c'est encore pire car Vittorio Nocenzi en tentant une nouvelle fois de réactiver la magie du vieux Banco réussit au moins partiellement son pari. Car de fait cette fois, çà fonctionne plutôt bien dans l'ensemble, surtout au niveau des compositions qui renouent avec une marque de fabrique propre à Banco. Alors, que l'on soit bien d'accord, je n'ai rien contre Tony d'Alessio qui est un garçon très sympathique et un chanteur qui connaît son métier, mais à l'écoute de cet album, je ne m'y retrouve pas. Il y a des manques pour moi. Ou plutôt un manque. Alors je sais, çà ne fera pas revenir Francesco mais ce qui aurait été hors norme avec le gentil géant romain se révèle très ordinaire avec un autre chanteur, aussi méritant que soit Tony D'Alessio, je le redis. Ainsi sur un morceau comme "La pianura rossa", la puissance vocale de son prédécesseur et surtout son emphase font clairement défaut. Il n'y a plus dans la musique du Banco d'aujourd'hui cette intensité qui la caractérisait, qui faisait de chaque morceau une performance ultime. Ceci étant dit, Banco reste un groupe qui se place au-dessus de la mêlée avec des prestations live actuelles de grande qualité. Et quand j'écoute un titre comme "Cadere O Volare", oui c'est vrai, je crois pendant quelques minutes que le mythique Banco est revenu.  Alors, il ne faut pas m'en vouloir si je préfère écouter les instrumentaux "La maldicenza" et "Il paladino". Çà sort le 23 septembre chez Inside Out. Le CD fait près de 80 minutes et la pochette est très belle !

La tracklist :

1. Proemio
2. La pianura rossa
3. Serve Orlando adesso
4. Non mi spaventa più l'amore
5. Non serve tremare
6. Le Anime deserte del mondo
7. L'isola felice
8. La Maldicenza
9. Cadere O Volare
10. Il paladino
11. L'amore accade
12. Non credere alla luna
13. Moon suite
14. Come e successo che sei qui
15. Cosa vuol dire per sempre

Le groupe : Vittorio Nocenzi (piano, synthés, chant), Filippo Marcheggiani (guitares, chœurs),Nicola Di Già (guitares), Marco Capozi (basse), Fabio Moresco (batterie), Tony D'Alessio (chant)

Viola Nocenzi, la fille de Vittorio, chante sur "L'amore accade" et l'album a été écrit (musique et paroles) avec Michelangelo, le fils de Vittorio. Ce qui fait que cet album ressemble quand même pas mal à une affaire de famille !

jeudi 14 février 2019

Banco del Mutuo Soccorso : Transiberiana

Cette fois c'est au tour d'un autre dinosaure du prog italien de signer avec Inside Out. Après Premiata Foniera Marconi, Banco del Mutuo Soccorso repart pour une nouvelle aventure discographique, vingt six ans après son dernier album studio. Évidemment sans Francesco di Giacomo, çà fait bizarre mais tant qu'à faire, je préfère encore un nouvel album avec des nouveaux titres que d'entendre des reprises de BMS avec le nouveau chanteur (qui est très bon, ce n'est pas le problème). 
Transiberiana va sortir le 26 avril et évidemment la pochette est un gros clin d’œil au tout 1er album de 1972.
Voilà déjà les titres :
1. Stelle sulla terra
2. L'imprevisto
3. La discesa dal treno
4. L'assalto dei lupi
5. Campi di Fragole
6. Lo sciamano
7. Eterna Transiberiana
8. I ruderi del gulag
9. Lasciando alle spalle
10. Il grande bianco
11. Oceano: Strade di sale

samedi 2 février 2019

Le coin des vinyles : Banco (Banco del Mutuo Soccorso)






 
Banco del Mutuo Soccorso : Banco (LP, Manticore, MA6-505S1, edit. USA, 1975)


Banco del Mutuo Soccorso encore ! Mais cette fois il s‘agit du LP publié en 1975 à vocation internationale. A l’instar de Premiata Forneria Marconi ou de Le Orme, Banco tente le coup de la version en anglais. Arrivant juste après les trois albums majeurs du groupe (Banco del Mutuo Soccorso, Darwin, Io sono nato libero), il devrait donc présenter les titres principaux chantés en anglais. Bizarrement, ce n’est pas tout à fait le cas. Je m’explique.
D’abord il y a ce nouveau morceau (« L’albero del pane ») chanté en italien. Allez comprendre !
Ensuite, une bonne partie de la Face A est instrumentale comme si le groupe évitait au maximum l’obstacle (le chant en anglais).
Ensuite, le deuxième album (Darwin) est carrément ignoré. Sachant que c’est sans aucun doute la masterpiece du groupe, voilà qui ne manque pas d’étonner. Enfin, tant qu’à faire de choisir un long titre, « l’evoluzione » ou «   La Conquista Della Posizione Eretta » auraient sûrement été encore plus représentatifs du niveau d’excellence des romains que « Metamoforsi ».
Donc, le résultat n’est pas déshonorant pour la musique de Banco del Mutuo Soccorso mais aurait pu (du) être encore meilleur.
Comme toujours avec Banco, la pochette extérieure et intérieure se veut originale avec deux mises en scène amusantes de Francesco di Giacomo.
Voici la track list avec entre parenthèses la correspondance avec les titres d’origine.

Face A :
Chorale (Traccia theme)
L’albero del pano (inédit)
Metamorphisis (Metamorfosi)

Face B :
Oustide (R.I.P.)
Leave me alone (Non mi rompete)
Nothing’s the same (Dopo niente)
Traccia II (Traccia II)




lundi 28 janvier 2019

Francesco di Giacomo

Francesco di Giacomo l'immense chanteur de Banco del Mutuo Soccorso nous a hélas quitté brusquement le 21 février 2014. Le magazine Prog Italia nous a préparé une grande et belle surprise avec album vinyle qui sortira pile cinq après sa disparation, le 21 février 2019. Au programme 10 chansons inédites du maestro que Prog Italia nous promet joyeuses, ironiques, romantiques et pleines d'émotions. Tout Francesco quoi ! 

samedi 1 décembre 2018

Le coin des vinyles : Come in un' ultima cena (Banco del Mutuo Soccorso)







Banco del Mutuo Soccorso : Banco (LP, Manticore, MAL 2015, 1976)

Pour ce mois de décembre 2018, je vous présente Come in un' ultima cena, le LP sorti en 1976 par Banco del Mutuo Soccorso avec sa pochette une fois de plus si particulière qui justifie de posséder l'édition vinyle. En effet les milanais ont choisi un thème religieux pour l'iconographie de leur album, en l’occurrence  la Cène. Vous pourrez même vous amuser à identifier les membres du groupe parmi les apôtres entourant le Christ pour son dernier repas.
Musicalement, il est clair que Banco a encore évolué depuis Io sono nato libero qui remonte quand même à trois ans. Désormais, les puissantes envolées aux claviers ont disparu. De même, les grandes phases épiques et symphoniques se font rares. Il faudra attendre le dernier titre de l’album, « Fino alla mia porta » pour retrouver le Banco des premières années. Come in un’ultima cena est un album étonnamment posé et aéré. Autre différence marquante : les titres sont tous d’un format ramassé, le plus long restant largement sous les huit minutes. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, Come in un’ultima cena n’est pas d’un accès si facile. Le groupe joue beaucoup sur les ambiances et les nuances. Les titres sont très fouillés et un gros travail est réalisé sur l’instrumentation notamment acoustique (flûte, violon, clavecin,  cor français, guitare classique, trompette, clarinette). Autant d’éléments caractéristiques qui font que l’on peut rapprocher cet album dans sa démarche de celle de Gryphon et surtout de Gentle Giant. Enfin des titres comme « ...a cena, per esempio » ou encore les parties introductives de « Si dice che i delfini parlino », « Slogan » et « Voilà Mida » dégagent une intensité dramatique très marquée. Tout cela fait que Come in un’ultima cena n’est sans doute pas l’album de Banco qu’il faut écouter en premier. Il est plutôt à conseiller à ceux qui connaissent déjà bien le groupe.
(chronique extraite du livre  Le Petit Monde du Rock Progressif Italien, éditions Camion Blanc)


samedi 4 novembre 2017

Banco del Mutuo Soccorso

Sony BMG vient de sortir un coffret Legacy Edition de Io sono nato libero. Pour 20 euros (hors frais d'expédition), vous aurez la joie de récupérer l'édition remastérisée de Io sono nato libero + un deuxième CD de 5 nouveaux titres (La libertà difficile) avec le nouveau chanteur + un livret de 40 pages en italien bien sûr. Pour info, Banco del Mutuo Soccorso tourne à nouveau aujourd'hui avec un Vittorio Nocenzi qui semble être sorti de ses gros ennuis de santé.