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mercredi 8 octobre 2025

Aufklärung : Nell'idea di un tempo che

Le groupe Aufklärung, trente ans après l’impressionnant De la tempesta...l'oscuro piacere, réapparaît ressuscité par deux de ses membres originels, Michele Martello et Marco Mancarella, pour nous offrir un très bel album. L'absence de Chicco (Francesco Grosso) au chant se fait évidemment sentir même si Michele De Luca s'en sort très bien. Mais, tout cela n'a finalement qu'une importance relative car la musique que propose le groupe en 2025 prend le contre-pied du néo-prog puissant et expressif qui était sa marque de fabrique en 1995. Aufklärung délivre désormais un rock progressif italien beaucoup plus symphonique, parfois même pastoral ("Ansia"), ce qui n'exclut pas quelques beaux moments encore hargneux que l'on peut apprécier surtout sur "Urlo" et à moindre degré sur "Apnea". Ces deux morceaux plus remuants, sont entourés par deux très belles suites de plus de treize minutes chacune, "Ansia", plus aventureuse par ses contrastes, ayant largement ma préférence. En tout cas, le Aufkärung de 2025 répand encore sa lumière bienfaitrice. Nell'idea di un tempo che marque ainsi un retour tout à fait honorable de la formation de Brindisi.

Le groupe : Michele Martello (guitare), Michele De Luca (chant), Marco Mancarella (claviers), Dante Di Giorgio (basse, guitare), Doriana De Luca (flute), Riccardo D'Errico (batterie).

La tracklist :

1. Respiro n°1
2. Urlo
3. Apuea
4. Ausia

mardi 7 octobre 2025

Bambi Fossati : il castello tira sassi

 

Les fans les plus fervents du rock progressif italien se rappellent obligatoirement du groupe Garybaldi et de ses deux albums, surtout Nuda (1972) auréolé de sa pochette culte signée Guido Crepax.
Derrière Garybaldi (et Gleemen), il y avait le guitariste Pier Niccolo Fossati aka Bambi Fossati trop tôt décédé en juin 2014, qui après la dissolution de son groupe en 1974 avait poursuivi sa carrière en solo ainsi qu'au sein d'une formation dont le nom rappelait son diminutif : Bambibanda. Étaient bien sûr venues s'ajouter des reformations ponctuelles de Garybaldi, la dernière en 2010, Bambi Fossati ayant ensuite dû faire face à la maladie qui allait l'amener à sa disparition. Bien que peu connu du grand public, son nom apparaissait de temps en temps quand on évoquait les légendes du vieux prog italien des 70.
Maintenant une petite histoire pour lancer cette chronique.     
Il y a environ deux ans, je suis sur la place Giacomo Matteotti à Gênes à discuter avec deux vendeurs de disques. L'un d'entre eux me raconte alors une histoire incroyable. En déménageant la cave de la maison de Fossati, quelqu'un de la famille a retrouvé des bandes enregistrées par le guitariste. La (double) question se pose évidemment de savoir si elles sont exploitables et si quelqu'un serait intéressé pour les publier. J'avoue ne plus avoir pensé à cette anecdote ensuite. Des histoires comme ça, on en entend régulièrement sans qu'il n'y ait jamais de suite.
Une année plus tard, en passant chez  Black Widow Records, je me retrouve avec ce CD entre les mains, Pino et Massimo me racontant à nouveau cette même histoire de bandes exhumées. Mais maintenant c'est du concret. Car une fois encore, la team de BWR a fait des miracles ou plutôt un miracle en réhabilitant ces enregistrements pas forcément très anciens puisque l'on peut les situer dans une période allant de 1994 à 2003.
Il castello tira sassi ne peut pas être considéré à proprement parlé comme un testament de Bambi Fossati, mais plutôt comme un témoignage de sa verve artistique. Il y a toujours quelque chose d'émouvant lorsque l'on écoute bien des années après des prises qui n'étaient pas forcément destinées à être publiées, un peu comme si l'on ouvrait pour la première fois un journal intime.         
Grâce au travail méticuleux de post-production réalisé par Alessandro Paolini, les 11 tracks proposées (l'intro est parlée) présentent une qualité d'écoute globalement satisfaisante. Mais elles ont surtout toutes pour point commun de présenter le guitariste gênois dans un registre différent de celui de Garybaldi, car même si les sonorités et les intonations sont proches évidemment, le Fossati que l'on entend sur cet album est beaucoup plus roots. C'est principalement vrai pour ce qui concerne les 4 brûlots blues rock "Reprimanda mores", "Qualcosa non va", "Trattoria Celeste" et "In una stanza" enregistrés durant la même session (probablement live) par le trio Fossati / Nuovibri / Olivieri. Un peu plus loin le bloc "Palazzo pazzo", "Mille città", "Schizzo metropolitano" datant probablement des années 90 est d'une veine plus pop-rock débridée, "Schizzo metropolitano" s'approchant d'ailleurs beaucoup du style du groupe napolitain Osanna. Quant à la très belle chanson "Madre di cose perdute", elle sonne comme du Gleemen, Maurizio Cassinelli et Gian Paolo Casu sont d'ailleurs présents sur l'enregistrement. Au passage, ce morceau est incontestablement la perle de cet album avec en prime les vocalises de Vania Altrinetti.
Les bonus tracks viennent encore ajouter un surcroît de bonnes surprises, surtout avec "Toledo" qui permet d'entendre un nouveau solo d'anthologie de Fossati. Car pour ceux qui ne le connaissaient peu ou pas, ils pourront se rendre compte que Bambi Fossati n'avait vraiment pas usurpé son sobriquet d'Hendrix du sud. Tout y était : une attaque de cordes brute et anguleuse, un son de guitare acide et des décollages psychédéliques amplifiés et renforcés par les effets (dis)tordus qu'il réussissait à faire sortir de ses pédales. Il avait aussi pour lui une voix pas toujours exceptionnelle mais caractérisée par des inflexions très typées et par une chaleur bluesy.
il castello tira sassi (qui peut être traduit par "le château en ruine") constitue un bel hommage posthume dédié à celui dont le nom a toujours été prononcé à Gênes avec beaucoup de respect.  
Gloria animae suae.
La tracklist : 
  1. Intro
  2. Reprimanda mores
  3. Qualcosa non va
  4. Trattoria Celeste
  5. In una stanza
  6. Mona
  7. Palazzo pazzo
  8. Mille città
  9. Schizzo metropolitano
  10. Madre di cose perdute
  11. Toledo (bonus track - studio live)
  12. 26 Febbraio 1700 (bonus track - live)

 Label : Black Widow Records

 

dimanche 21 septembre 2025

Il Segno del Comando : Sublimazione (chronique)


Il y a quelques semaines le groupe Il Segno del Comando annonçait la sortie d'un album live pour juillet 2025. Un petit évènement en soi puisque que jusque là, en fait de live, nous avions seulement un enregistrement, datant de 2017, certes réalisé en conditions live mais en studio, nommé Il Segno del Comando : ... Al passato, al presente, al futuro...Live, un album présenté sur ce blog à l'occasion de sa réédition 2024, chronique ici.
Mais cette fois, c'est du sérieux puisque nous avons l'essentiel du concert assuré par les génois le 31 janvier 2025 à Pesaro, soit sept morceaux auxquels ont été ajoutés trois titres bonus provenant d'un concert un peu plus ancien (30 octobre 2022) en Hollande, pour une durée totale d'écoute de 78 minutes. Pour ses trente années d'existence, le groupe s'offre donc enfin un vrai album live et quel album!
Car au-delà du fait que la set-list jouée constitue une sorte de best of des meilleurs titres d'Il Segno del Comando, nous avons enfin l'opportunité de pouvoir entendre le vrai son du groupe en conditions live. Et je peux vous affirmer que cela fait toute la différence notamment au niveau des parties de guitares qui sont une des vraies forces des génois en concert avec les deux guitaristes, Davide et Roberto, qui ont la bonne habitude d'aligner des soli de folie à tomber par terre. C'est aussi l'occasion de savourer le chant de Riccardo Morello dont la voix s'épanouit dans sa nudité la plus naturelle, sans filet, confirmant l'excellence de ce chanteur, évidemment irrésistible sur "Sulla via della veglia". Et puis, il y a bien sûr l'inamovible Diego Banchero, véritable pilier du groupe, impérial au passage sur l'instrumental sur "Aseità", dont les lignes de basse soutiennent solidement l'ensemble de l'édifice. Il est épaulé dans sa mission rythmique par Paolo Serboli, le dernier arrivé (avec au passage un petit salut amical à Fernando Cherchi). Enfin, il est plaisant d'entendre parfaitement les accompagnements de Beppi Menozzi aux synthés et ainsi se rendre compte que le claviériste génois connaît sur le bout des doigts les codes du rock progressif symphonique italien, comme il le démontre sur "La taverna dell'angelo" ou encore sur "Il mio nome è menzogna" par exemple. 
Tout est exceptionnel dans ce live, mais si vous voulez appréhendez au mieux l'essence même de ce groupe, alors écoutez en priorité l'emblématique "Il segno del comando" qui tient autant de l'orgie sonore gothique que du festival pyrotechnique en mode dark prog (en même temps, je m'en veux déjà de ne pas citer les autres morceaux, tiens "Il mio nome è menzogna" ou "Missa nigra" au hasard !).
Ne soyez pas surpris : la prise de son est à la fois brute et généreuse, sans aucun fard. C'est ce qui fait tout l'intérêt de ces captations car c'est réellement comme cela que sonne cette formation capable de délivrer un flot musical à la fois puissant, efficace et roboratif. 
Cet enregistrement rend donc vraiment justice au groupe génois qui après trois décennies sur le pont, sans jamais baisser la garde, peut aujourd'hui légitimement être considéré comme un des grands noms du prog italien contemporain. Quod erat demonstrandum !
Sublimazione n'est pas un album juste "essentiel" mais un live absolument "indispensable" à posséder.
 
Le groupe : Diego Banchero (basse), Davide Bruzzi (guitare et claviers), Roberto Lucanato (guitare), Riccardo Morello (chant), Beppi Menozzi (claviers, 1 à 7), Paolo Serboli (batterie, 1 à 7), Fernando Cherchi (batterie, 8 à 10).
 

La tracklist:

  1. Il domenicano bianco
  2. Sulla via della veglia
  3. Nel labirinto spirituale
  4. La bianca strada
  5. La taverna dell’angelo
  6. Il segno del comando
  7. Aseità
  8. Il mio nome è menzogna (bonus track)
  9. Missa nigra (bonus track)
  10. Il calice dell’oblio (bonus track)
Petite précision très utile : cet album est réalisé en auto-production. Je vous mets donc ici l'adresse du site du groupe Il Segno del Comando pour vous permettre de faire vos petits achats directement !

jeudi 29 mai 2025

Albus Diabolus : Compendio Esoterico Elettronico

Normalement si vous suivez mon blog, vous connaissez maintenant bien Mater a Clivis Imperat, le groupe drivé par Samael von Martin. Si c'est le cas, il ne vous a pas échappé que la claviériste d'Il Tempio delle Clessidre, Elisa Montaldo, avait été associée à la réalisation des deux albums de cette formation assimilée au dark prog. Dans la continuité de cette collaboration, il était donc logique que les deux musiciens montent un projet commun. 
Voici donc Albus Diabolus !
Tremblez pauvres mortels car avec Compendio Esoterico Elettronico, vous entrez dans le monde des morts-vivants. Chaque note qui vibre provoque le malaise ("Homorphus", "Outro"), chaque son qui résonne évoque la peur ("Elettro sabba", "Potentissimis", "Noctua"). 
Derrière l'obscurité, Pandémonium existe donc réellement, cette ville où règnent Satan et ses pairs, le royaume des cérémonies occultes ("Albus diabolus", "Liturgica", "E cosi sia") et des rites ("Dada shining" "Rituale") dédiés au culte du diable blanc. Mais il y aussi une cantina, pas celle de Mos Eisley bien sûr, pourtant l'ambiance n'en est pas si éloignée. Incubes et succubes s'y trémoussent joyeusement ("Sommi spiriti") sur le dance floor.
Le projet musical porté par Albus Diabolus a le mérite de sortir des sentiers battus sans non plus être furieusement novateur. Car la base d'inspiration revendiquée par Samael est bien la synthwave des années 2010, elle-même héritée de la coldwave des années 80. Si l'on en restait là, votre serviteur serait sûrement au plus mal pour continuer cette chronique. Mais tout l'art de Samael et d'Elisa est justement de partir de ce susbstrat musical et d'y rajouter des doses de dark wave, de gothic ambient, d'electronic sounds et même de metal doom dans des proportions qui relèvent du secret d’alchimiste. Car si je prends les trois premiers morceaux qui ouvrent l'album mais aussi un peu plus loin "Elettro sabba", le résultat est absolument bluffant. Le concept atteint pour moi ses limites avec "Sommi spiriti" mais d'un autre côté il permet aussi des concrétions sonores inattendues comme "E cosi sia", "Noctua" et "Outro".
La manière de jongler entre ces différents genres musicaux, quand même très typés, est assez bien vu. Cette façon de perturber brusquement par des salves de guitares surpuissantes ou mieux par des montées orgasmiques d'orgue liturgique, ces atmosphères musicales d'un froid glacial, façonnées par des synthés et des boîtes à rythmes, donne des effets sonores assez saisissants.
Je ne sais pas si ce projet aura une suite mais ce qui est sûr, c'est que la collaboration entre Samael Von Martin et Elisa Montaldo, entamée avec Matera Clivis Imperat, entérinée avec Albus Diabolus, se révèle vraiment intéressante sur la durée. Le fait est que leurs univers musicaux se rejoignent, leur permettant ainsi d'aboutir à une complémentarité fructueuse mais aussi à une identité artistique commune qui pourrait être qualifiée de dark mood ésotérique. Alors, à quand un projet complètement axé Jacula/Antonius Rex ?

Le line up:
Il Diavolo (Samael Von Martin): chant lead, guitares, synthés, claviers, basse
Elisa Montaldo: chant, chœurs, claviers, synthés, programming, arrangements.
Simòn Fèrètro : guitare lead
Alessio Saglia : orgue d"église
Natalija Brankovic : récitante

La tracklist:
1. Albus Diabolus
2. Homorphus
3. Liturgica (en écoute en cliquant sur le titre)
4. Potentissimis
5. E Così Sia...
6. Dadashining
7. Elettro Sabba
8. Sommi Spiriti
9. Noctua
10. Rituale
11. Outro

Sortie prévue le 11 avril 2025 puis le 30 mai 2025 et une nouvelle fois reportée !

Label : My Kingdom Music

 


 

vendredi 4 avril 2025

ENTEN HITTI : Mistiche ribelli

Il est avant tout utile de rappeler qu'Enten Hitti est une formation un peu à part. Il s'agit en fait d'un laboratoire de recherche dédié aux arts de la scène, créé en 1996 par Pierangelo Pandiscia et Gino Ape.
Pour ce septième album, leurs réflexions les ont amené à travailler sur des domaines très particuliers comme les expériences de rituels sacrés de guérison en Afrique du Nord, en Inde et au Moyen Orient. La musique ainsi créée s’inspire de sons archaïques provenant de sources sonores naturelles ancestrales. Ce véritable voyage mystique ouvre, une fois encore avec Enten Hitti à des expériences inédites qui prennent la forme de véritables sculptures sonores desquelles émanent des réminiscences de mélodies soufis, de chant de la nuit des indiens navajos, de mantras tibétains, de litanies liturgiques chrétiennes ou encore de chants occitans. La notion de musique ethnique est à la fois bien présente tout en apparaisant diluée dans un halo spirituel qui semble joué un rôle de catalyseur ou plutôt de chemin à suivre. Ce qui fait que, de manière assez étonnante, ces dix compositions, pourtant alimentées par des influences provenant d'horizons très différents, forment un tout homogène. Un peu comme s'il existait un langage universel primaire que les membres d'Enten Hitti avaient réussi à exhumer et à retranscrire.
La démarche artistique d'Enten Hitti est donc toujours aussi passionnante mais également tellement originale. Elle mérite la plus grande attention lors d'écoutes qui ne peuvent être réalisées que dans des conditions parfaites de calme et de recueillement. 
Avec Mistiche ribelli, Enten Hitti accouche d'un album aussi lumineux à l'extérieur qu'à l'intérieur. 

Enfin, au passage, si vous voulez en savoir un peu plus sur ce groupe atypique et sur ses deux derniers albums évoqués dans ce blog, voici le lien A tutti gli uragani che ci passarono accanto et Via Lattea.

Les musiciens :
Gino Ape : hautbois, flûtes, xylophone, piano, santoor, voix
Pierangelo Pandiscia : luth, gong, trompette, psaltérion à arc, percussions
Giampaolo Verga : violon
Carmen D’Onofrio : voix
Jos Olivini : accordéon, piano, harpe celtique, table tubes.
Invités : Gianfranca d’Adda et Vicky Ferrara (percussions), Vincenzo Zitello (viola et violoncelle), Dorothy Moscowitz Falaski (chant)

La tracklist :


    1. L’uomo di dio
    2. Mater mantra
    3. Carne della stessa carne
    4. Evren mantra
    5. Le consolazioni delle ninfee
    6. Mantra del soffio
    7. Oreade
    8. Mantra delle ombre
    9. Our needs of consolation
    10. Mantra delle onde

 Label : Lizard records

 

jeudi 23 janvier 2025

Banco del Mutuo Soccorso : Storie invisibile

Le nouveau Banco sort le 28 février 2025. Apparemment le groupe a décidé de mettre le paquet pour la promotion de cet album avec déjà une quinzaine de dates de concerts annoncées d'ici le mois de mai.

Storie invisibile se veut être le troisième volet d'une trilogie dédiée à l'existence humaine qui complètera donc Transiberiana et Orlando, le forme dell'amore.  

Le groupe présent est stable avec Vittorio Nocenzi (orgue, synthés, voix) comme pivot et son fils Michelangelo Nocenzi (piano et claviers) désormais positionné comme étant celui qui assurera sûrement la relève. Tony D’Alessio assure le chant soliste, Filippo Marcheggiani est aux guitares, Marco Capozi à la basse et Dario Esposito à la batterie. 

Pour avoir écouté l'album dans son entièreté, il faut se rendre à l'évidence : ça chante gentiment mais ça n'a plus grand chose à voir avec du prog et même hélas avec le Banco del Mutuo Socorso que l'on a aimé et respecté pendant toutes ces années. Quant à certaines sonorités de synthés, on peut se demander si le groupe n'a pas ressorti les vieux coucous des années 80. Un peu triste tout cela.

Voici la tracklist :

01 – Studenti
02 – Il mietitore (en écoute en cliquant sur le titre)
03 – Il pittore
04 – Non sono pazzo
05 – L’ultimo moro dell'Alhambra
06 – Senza nuvole
07 – La casa blu
08 – Sara' ottobre
09 – Cena di natale
10 – Spiegami il cielo
11 – Solo mervaglia
12 – Capo Horn