dimanche 14 août 2022

Macchina Pneumatica : Appartenenza

Bien sûr dans cette formation milanaise, il y a l'ami Enzo Vitagliano à la batterie, çà compte ! L'homme est à la fois calme, posé et toujours dévoué aux autres. Un ami quoi ! Mais, de toute façon j'aime cette formation qui, à travers des tempos appuyés et des sonorités tirant vers les graves, dégage des ambiances viriles, la voix de Raffaele Gigliotti puissante et épaisse venant encore renforcer ce côté couillu. A mon avis, Riflessi e maschere, le premier album sorti en 2019 méritait un meilleur sort avec ses accents rappelant Il Bacio della Medusa. Mais le foisonnement permanent de productions prog et l'absence de supports de communication efficaces, ne permettent plus depuis longtemps aux meilleurs de se distinguer. On peut d'autant plus regretter cette situation qu'elle favorise les plus opportunistes (comprendre les moins intéressants musicalement parlant) et qu'a contrario elle freine les artistes qui ont des choses intéressantes à exprimer. Macchina Pneumatica, le groupe qui nous occupe présentement a d'ailleurs connu quelques galères pour trouver un label pour distribuer son album (j'en sais quelque chose !).  Mais finalement, Macchina Pneumatica sort enfin son deuxième album le 2 septembre 2022 chez Black Widow. Ce qui est une très bonne nouvelle. Merci à Massimo Gasperini d'avoir continuer l'aventure avec Macchina Pneumatica sur son label.  

L'écoute d'Appartenenza confirme tout le bien que je pense de ce groupe. Je maintiens et confirme mon appréciation portée pour Riflessi e maschere : nous sommes à mi chemin entre hard prog et prog italien vintage (rétro quoi !). D'abord le hard prog avec l'éponyme "Appartenenza" qui fout d'entrée le feu. Çà fuse de partout avec le Hammond de Carlo Fiore qui est immédiatement dans l'action. Ensuite avec "Pazzo" au rythme pesant, illuminé par une ligne de chant sublime portée par Raffaele Gigliotti. Bientôt le piano électrique viendra donner une touche légère à l'ensemble faisant de ce titre un chaud-froid musical. Dieu que c'est deux brûlots sont bon à entendre. A partir de la troisième piste, une légère inflexion se fait sentir avec tout d'abord le plus nuancé "Fuoco d'Agosto" et ses chœurs magnifiques à la Il Cerchio d'Oro. Nous sommes désormais passés en terrain typiquement prog italien. L'instrumental "Il cerchio", le confirme tellement qu'il me fait furieusement penser au dernier album en date de Maxophone. J'aurais d'ailleurs bien aimé entendre la voix d'Alberto Ravisini sur ce titre, sachant qu'il fait les chœurs sur quatre autres morceaux de l'album. L'intro très rock de "Rendimento garantito" nous ramène sur une forme de hard prog, proche de F.E.M., qui prend quand même par moments, sur les parties chantées les plus légères, des intonations de prog italien à la New Trolls. L’atterrissage avec "Venerdi sera" est remarquablement confortable. Il s'agit d'une ballade au tempo légèrement accéléré ce qui permet d'en faire une chanson entraînante, ce qui se confirme avec l'avant dernière partie du titre sur laquelle le groupe accélère gentiment. 

Nous avons donc, pour la deuxième fois en trois ans, un sans faute pour Macchina Pneumatica. Pour ceux qui n'ont pas encore découvert ce groupe, il va être grandement temps de s'y mettre !

Le groupe : Raffaele Gigliotti (chant, guitares), Carlo Fiore (claviers), Carlo Giustiniani (basse, chœurs), Vincenzo Vitagliano (batterie, chœurs) + Alberto Ravasini (chœurs sur 1, 2,3 5)

La tracklist :

1. Appartenenza
2. Pazzo
3. Fuoco d'Agosto
4. Il Cerchio (Strumentale)
5. Rendimento garantito
6. Venerdi sera

Label : Black Widow Records
Pour l'instant disponible en format CD et en Digital (BWRDIST 681)


lundi 8 août 2022

Italian Prog


FR: voici "Italian Prog", la bible absolue du RPI de mon ami Augusto Croce avec qui j'ai collaboré à plusieurs reprises ces dernières années. Le livre est régulièrement mis à jour et existe en version italienne ET anglaise. Tout ce qui concerne les musiciens et les groupes de prog italien depuis le début du mouvement est là, y compris les formations inconnues du grand public. Les informations sont souvent rares. C'est la source.A ma connaissance, il n'y a en pas d'autre aussi fiable et intéressante.

IT : Ecco "Italian Prog", la bibbia assoluta del RPI del mio amico Augusto Croce con cui ho collaborato più volte negli ultimi anni. Il libro è regolarmente aggiornato ed esiste in versione italiana E inglese. Tutto ciò che riguarda i musicisti e i gruppi di prog italiani dall'inizio del movimento è lì, comprese le formazioni sconosciute al grande pubblico. Le informazioni sono spesso scarse. Questa è la fonte. Non ce ne sono altre altrettanto affidabili e interessanti.

ENG : Here is "Italian Prog", the absolute bible of the RPI of my friend Augusto Croce with whom I collaborated several times in recent years. The book is regularly updated and exists in Italian AND English version. Everything that concerns musicians and Italian prog groups since the beginning of the movement is here, including the unknown formations of the general public. Information is often scarce. That is the source. There is no other source as reliable and interesting.

lundi 1 août 2022

Phoenix Again : Vision

La sortie du nouvel album de Phoenix Again est prévue pour le 27 août. Il est déjà possible d'écouter l'instrumental "Psycho" sur le bandcamp du groupe. Suivez le lien ici

Cet article sera mis à jour au fur et à mesure des informations reçues.

mercredi 27 juillet 2022

Patrick Djivas - Via Lumière : chronique dans Mat2020 (trad. en français)

 

Très belle chronique de Fabio Rossi dans Mat2020 du livre sur Patrick Djivas en version italienne (traduite pour l'occasion en français)

"Sorti il y a deux ans pour la maison d’édition française Camion Blanc sous le titre 'Via Lumière - La biographie autorisée du bassiste d’Area et de PFM', le beau livre de Louis de Ny dédié à Patrick Djivas, l’un des personnages principaux du Rock Progressif Italien, est finalement imprimé en Italie, . Le label génois Officina di Hank a cru dans les potentialités de cet essai et, sur les conseils de l’écrivain ami depuis longtemps de Louis, a heureusement décidé de le publier. Le travail accompli par l’auteur a été méticuleux et le lecteur trouvera une moisson d’informations qui lui permettra de cadrer parfaitement tous les événements artistiques de Patrick, accompagnés de nombreuses informations sur sa vie privée et ses passions principales. C’est un voyage dans le temps, dans lequel on est catapulté, qui fascine surtout quand on parle de l’âge d’or du progressif italien. Le bassiste français a joué sur l’un des disques les plus expressifs jamais réalisés ici, le superbe premier album d'Area 'Arbeit Macht Frei' (1973), et a été le protagoniste de toute l’épopée de la PFM à partir du remarquable LP L'Isola di Niente (1974). Aborder cette biographie signifie aussi se délecter des anecdotes de l’un des groupes qui ont écrit l’histoire du prog au point de mériter des louanges venant de l’étranger aussi. Rappelons qu’Emerson, Lake & Palmer voulaient ardemment la PFM sous leur label (Manticore Records). Le style d’écriture de Louis est fluide, linéaire, les chapitres dont il se compose sont courts, essentiels et cela rend l’œuvre à la portée de tous en étant exempte de baroqueries littéraires inutiles. Vous rencontrerez des personnages désormais mythiques comme Greg Lake, Ian Anderson, Jaco Pastorius, Frank Zappa ainsi que, bien sûr, Fabrizio De André, le regretté artiste ligure avec qui la PFM a tissé une collaboration désormais passée dans l’histoire. C’est un chemin magnifique auquel vous serez confronté qui vous permettra de mieux comprendre les aventures époustouflantes d’un personnage au talent naturel comme Patrick, aimé et apprécié de tous et pas seulement pour sa technique de basse louable (Pastorius le considérait comme le meilleur après lui! ).
Accompagné de la préface de son ami et compagnon de mille aventures Franz Di Cioccio, "Patrick Djivas, Via Lumière - La biographie autorisée du bassiste de Area et PFM" s’apprête à devenir l’un des titres les plus significatifs sortis en Italie cette année dans le monde désormais inflationniste de la non-fiction musicale. Fortement recommandé. L’argent pour diffuser la culture EST LE MEILLEUR DÉPENSÉ. Rappelez-vous toujours de cela.

"Patrick Djivas, Via Lumière", di Louis de Ny-Commento di Fabio Rossi

 


Libro: Patrick Djivas, Via Lumière

Autore: Louis de Ny

Edizioni: Officina di Hank

Anno: 2022

Recensione a cura di Fabio Rossi

 

Uscito due anni fa per la casa editrice francese Camion Blanc con il titolo Via Lumière, La biographie autorisée du bassiste d’Area et de PFM, viene finalmente stampato in Italia il bel libro di Louis de Ny dedicato a Patrick Djivas, uno dei personaggi di spicco del Rock Progressivo tricolore. L’etichetta genovese Officina di Hank ha creduto nelle potenzialità di questo saggio e, su consiglio dello scrivente amico da tempo di Louis, ha fortunatamente deciso di pubblicarlo. Il lavoro espletato dall’autore è stato certosino e il lettore troverà una messe d’informazioni che gli permetterà di inquadrare perfettamente tutte le vicende artistiche di Patrick corredate da numerose informazioni sulla sua vita privata e le sue passioni principali.

E’ un viaggio nel tempo quello in cui si viene catapultati che ammalia specie quando si parla del periodo d’oro del progressive nostrano. Il bassista francese ha suonato in uno dei dischi più espressivi mai realizzati qui da noi, il superbo debut album degli Area Arbeit Macht Frei (1973), ed è stato protagonista di tutta l’epopea della PFM a partire dal notevole LP L’isola di niente (1974). Approcciare a questa biografia significa anche deliziarsi con le vicissitudini di una delle band che hanno scritto la storia del prog al punto di meritare affermazioni di tutto riguardo anche all’estero. Rammentiamo che gli Emerson, Lake & Palmer vollero fortemente la PFM sotto il loro marchio discografico (Manticore Records). Lo stile di scrittura di Louis è scorrevole, lineare, i capitoli di cui si compone il libro sono brevi, essenziali e ciò rende l’opera alla portata di tutti essendo scevra da inutili barocchismi letterari. V’imbatterete in personaggi ormai mitici come Greg Lake, Ian Anderson, Jaco Pastorius, Frank Zappa oltre naturalmente a Fabrizio De André, il compianto artista ligure con cui la PFM ha intessuto una collaborazione ormai passata alla storia. E’ un percorso bellissimo quello che affronterete che consentirà di comprendere meglio le mirabolanti vicissitudini di un personaggio dal talento naturale come Patrick, amato e stimato da tutti e non solo per la sua encomiabile tecnica al basso (Pastorius lo considerava il migliore dopo di lui!).

Corredata dalla prefazione del suo amico e compagno di mille avventure Franz Di Cioccio, Patrick Djivas, Via Lumière – La biografia autorizzata del bassista di Area e PFM si appresta a diventare uno dei titoli piu’ significativi usciti in Italia quest’anno nell’ormai inflazionato mondo della saggistica musicale. Consigliato vivamente. I soldi per divulgare la cultura SONO QUELLI MEGLIO SPESI. Ricordatevelo sempre.

samedi 23 juillet 2022

Il Giro Strano : Il pianeta della verità

Il Giro Strano ! Déjà, je ne peux pas dire que j'ai gardé un grand souvenir de La Divina Commedia, le CD sorti en 1992 par Mellow Records. Il est vrai que le CD faisait partie des bandes, enregistrées en 1972 et 1973, ressuscitées par le label italien pour alimenter son catalogue de l'époque sans trop se préoccuper de la qualité intrinsèque de la source. Il est vrai aussi qu'à la même période, je m'enfilais une dizaine de CD par mois rien qu'en prog italien. J'en avais gardé l'impression d'une musique un peu foutraque, proche de jams plus ou moins bien mises en forme. L'histoire était celle d'une formation de musiciens de Savona qui n'avaient jamais dépassé le stade des démos alors même qu'il pouvait revendiquer une proximité de style avec Dalton, Flea, Officina Meccanica, Procession, Rockys Filj ou même, par épisodes, The Trip avec en plus la voix du chanteur (Mirko Ostinet) qui pouvait s'apparenter à celle de Claudio Canali (Biglietto per l'inferno). J'avoue que j'avais donc un peu relégué ce groupe aux oubliettes. Quelques trente années plus tard, Pino Pintabona et Massimo Gasperini du label génois Black Widow sont venus me rappeler au bon souvenir de ce groupe et ils ont eu raison. Car sans avoir produit des chefs d’œuvre (il ne faut pas exagérer non plus), la mixture musicale, produite par Il Giro Striano, faite d'un rock fortement teinté de jazz et de blues méritait d'être remise en avant avec un bon lifting sur le son (ce qu'a fait Black Widow, ce que n'avait pas fait Mellow Records). En 2022, l'album de la deuxième exhumation devient Il pianeta della verità avec huit titres en plus dont deux récupérables en téléchargement MP3.   

Il est donc temps de faire amende honorable et de se pencher sur ces reliques d'un temps où les groupes de prog italien grouillaient de partout mais où bien peu accédaient à la consécration, à savoir : signer avec un label et enregistrer un premier album (qui était d'ailleurs souvent aussi le dernier !). Il Giro Strano aura fait partie des groupes qui n'auront pas eu cette chance.

Le matériau musical présenté étant par définition un amalgame hétérogène de titres enregistrés à plusieurs moments sur une période d'environ deux années, avec des musiciens en partie différents, le track by track n'a pas vraiment de sens mais une vue d'ensemble s'impose. Avec le recul, les musiciens apparaissent bien en place avec un niveau de jeu élevé. Il est également évident qu'ils appuient fort avec des interprétations tout en puissance et en énergie. Tout en s'inscrivant dans le move des groupes de prog italiens cités plus haut, on entend également quelques fortes réminiscences de Colosseum et de son émanation, Greenslade. L'impression d'avoir affaire à une musique parfois en limite de la jam demeure mais il faut reconnaître que les musiciens maîtrisent à chaque fois parfaitement leur sujet et en général çà passe (même sur "Il pianeta della veritá" !). En cela, le rapprochement avec Colosseum est également évident avec cette même manière de lancer des thèmes et de les développer ensuite en improvisant plus ou moins avec souvent le sentiment que le groupe avance en équilibre instable sur un fil. Le travail de restauration des bandes sonores a largement amélioré la qualité d'écoute, mais cela ne fait pas tout et il y a évidemment des morceaux plus ou moins bien enregistrés, mais au moins cette fois le maximum a été fait. Dommage car plusieurs pistes ajoutées par Black Widow sur cette réédition (pistes 6 à 11) avaient un réel potentiel. Les titres les plus intéressants, offrant aussi une bonne prise de son, sont incontestablement "XIII transistor" et surtout "Il corridoro nero" qui se trouvent également être ceux à avoir été enregistrés par la dernière formation d'Il Giro Strano (avec le retour de l'excellent Mario Pignata à la basse) en décembre 1972. J'ajouterais également "Vecchio oldsea", un morceau de jazz rock tout ce qu'il a de plus Colosseum, mené au pas de charge.

Au delà de la quasi exhaustivité des enregistrements réalisés par le groupe présenté dans cette édition, au-delà d'une mise en son la plus soignée possible, on notera aussi un gros travail de recherche documentaire qui permet d'alimenter un livret de 12 pages très complet sur l'histoire du groupe.

Qua vous soyez en recherche de vieux trésors prog enfouis à déterrer ou que vous soyez des vrais complétistes en matière de RPI, cette version Black Widow des enregistrements d'Il Giro Strano me paraît dans tous les cas indispensable.

Membres du groupe : Mirko Ostinet (chant, de juillet 1971 à avril 1973), Mariano Maio (saxo et flûte, de juillet 1971 à avril 1973), Valentino Vecchio (guitare, de juillet 1971 à avril 1973), Alessio Feltri (claviers, de juillet 1971 à avril 1973), Mario Pignata (basse, de juillet 1971 à mars 1972 et de novembre 1972 à avril 1973), Giovanni “Peo” Guazzotti (batterie, de juillet 1971 à mars 1972), Riccardo Gabutti (basse, d'avril à octobre 1972), Delio Sismondo (batterie, d'avril 1972 àavril 1973).

 

La tracklist : 

1. XIII transistor
2. Il corridoio nero
3. Vecchio oldsea
4. La Divina Commedia :
- a) Inferno
- b) A riveder le stelle
- c) Purgatorio
- d) Paradiso
5. Il pianeta della veritá
6. You're gonna find *
7. Shadow of a dream *
8. Lo Strano Giro *
9. Sunshine! Sunshine! *
10. Trasmutazione I *
11. Trasmutazione II *
12. Il Calvario * @
13. Since I've been loving you * @

 * bonus tracks sur la réédition Black Widow de 2021

@ en écoute sur la version double LP et en téléchargement MP3 

Label : Black Widow Records

 


vendredi 22 juillet 2022

G.O.L.E.M. : Gravitational Objects Of Light, Energy And Mysticism

Le hard prog rétro vintage a toujours la cote, tout particulièrement en Italie, avec des groupes comme les revenants de Spettri et plus récemment les excellents Wicked Minds et Witchwood. Et pour cause, les sonorités chaudes d'orgue Hammond et les claquements de basse Rickenbaker font toujours leur effet et flattent l'oreille des vieux durs à cuire, survivants d'une époque révolue. Encore faut-il avoir du talent pour présenter une galette qui ne sente pas trop le réchauffé et qui attire l'oreille des hardos rompus à toutes les ficelles du genre. Et nos amis romains de G.O.L.E.M. (pour Gravitational Objects Of Light, Energy And Mysticism) ne sont vraiment pas en reste, apportant même une certaine touche d'originalité au genre, nous allons y revenir. Ce groupe accumule plusieurs points forts qui font la différence. Tout d'abord nous avons affaire à d'excellent musiciens qui manient à la perfection leurs instruments, sans oublier le chant de Marco Vincini réellement excellent. Ce nouveau venu sur la scène hard prog a fait ses classes depuis trois ans avec la bande des Samuraï of Prog, Marco Bernard et Kimmo Pörsti l'ayant remarqué dans les chœurs de Rhapsody Of Fire. Ensuite, j'ai parlé de talent et d'originalité pour écrire de bons titres. Là encore, difficile de prendre en défaut le groupe. Les compositions sont tout simplement emballantes avec une véritable impression d'entendre du neuf (fait avec du vieux, on est d'accord !). Au point qu'il n'est pas nécessaire de citer de noms de grands groupes en référence. La musique de G.O.L.E.M. se suffit à elle-même, à la fois puissante, chaleureuse, intense avec quelques envolées emphatiques et de nombreuses atmosphères prenantes (notamment sur le dernier titre). Vous l'aurez peut être remarqué mais la formation comprend deux claviéristes et pas de guitariste. Là encore, les rôles sont intelligemment répartis de manière à enrichir la musique proposée. Paolo Negri (qui est le compositeur quasi exclusif des six morceaux) se charge des synthés vintage (Moog, ArpOdyssey, Waldorf, Oberheim) et des orgues Hammond (il utilise trois modèles différents) pendant qu'Emil Quattrini assure le côté plus "classique" des claviers (piano, pianos électriques Rhodes, Hohner Clavinet et Yamaha CP 70) ainsi que les string parts jouées sur des Mellotron, Memotron et un Eminent Solina String Ensemble. La complémentarité des deux claviéristes va bien au-delà d'un jeu de superposition avec au contraire des grilles écrites bien distinctes venant étoffer les parties instrumentales sans qu'il n'y ait jamais ni de moments superflues ni de débordements inutiles (c'est évident dès le premier titre "Devils' Gold" ou encore avec l'intro au piano du catchy "The Man from the Emerald Mine"). La preuve de cette concision et d'une certaine rigueur dans le propos est apportée par la durée de l'album qui se limite à quarante cinq minutes. On ajoutera que les quelques touches psychédéliques, une fois encore parfaitement dosées (cf. la première partie très floydienne de "Five Obsidian Suns" et "Gravitational Objects of Light, Energy and Mysticism"), viennent épicer une musique qui dépasse décidément largement le cadre d'un simple heavy prog basique à l'instar de "Devils' Gold" et de son long pont de pop romantique mais aussi de "Marble eyes" qui doit autant à un prog d'inspiration baroque (les passages au piano joués martellato) qu'au hard rock. "The Logan Stone" pourrait même vous convaincre que G.O.L.E.M. est un groupe différent qui en a vraiment sous le pied avec ce titre qui pourrait facilement faire des envieux du côté de la concurrence.
Alors si vous aimez le hard prog, si vous pensez que vous avez encore la capacité et l'envie de vous étonner, donnez une chance à G.O.L.E.M., vous ne le regretterez pas, mois je me suis régalé.

Le groupe : Paolo Appolo Negri (orgues et synthés), Marco Zammati (basse), Francesco Lupi (batterie), Emil Quattrini (piano, piano électrique, Mellotron), Marco Vincini (chant)

La tracklist

01. Devil’s Gold
02. Five Obsidian Suns
03. The Logan Stone
04. The Man from the Emerald Mine
05. Marble Eyes
06. Gravitational Objects of Light, Energy and Mysticism (*)

(*) en éoute YT en cliquant sur le titre

Label : Black Widow Records

mercredi 20 juillet 2022

Officina F.Lli Seravalle : Ledrôs

Des titres de morceaux volontairement hermétiques, une couverture de pochette qui cherche plus à intriguer qu'à plaire avec ses circuits imprimés posés en vrac, une musique à la limite de l'expérimental, parfois même abstraite, pas de doute, les frères Seravalle (Alessandro et Gianpietro), toujours supportés par Loris Furlan (Lizard Records) sont déjà de retour avec Ledrôs, le quatrième album de leur projet fraternel Officina F.Lli Seravalle. Pourquoi Ledrôs ? Parce que ce mot en langage frioul signifie "à l'envers", "l'envers du décor", ou encore pour s'approcher de ce que veulent exposer les frères Seravalle "la face cachée". On comprend mieux alors la signification de certains titres ("Néfaste clairvoyance", "Sublime futilità"). Pour rentrer plus en détail dans le concept de l'album, je vous laisse lire les notes de dos de jaquette (pour cela, il vous faut donc acheter le CD bien sûr !).

Une fois encore, les frères Seravalle vont délibérément emmener l'auditeur dans un monde où la perte de repères est la norme. D'ailleurs la question se pose clairement : est-il bien raisonnable de continuer à proposer cette musique inclassable qui semble plus parler à ses concepteurs qu'à ses destinataires légitimes ? La réponse est évidemment oui ! Oui car ce que l'on entend dans cet album n'a rien de commun avec un prog psychédélique, devenu lui aussi désormais codifié et prévisible, et est surtout formidablement fascinant voire hypnotique. Passer du crimsonien "Elogio di Oblomov" à l'atonal "Di refosco et di ghigno" est déjà un choc en soi mais être happé ensuite dans le cône coloré d'"Il silenzio del corpo", qui me rappelle les "Afroclonk" d'Ozric Tentacles et plus généralement Curious Corn, finit de vous convaincre que les frères Seravalle ne vivent pas dans le même monde que nous. Le jazzy et crépusculaire "Néfaste clairvoyance" ouvre tout naturellement pour "Vignesia" qui supporte un texte récité écrit par Italo Calvino. Le changement d'ambiance est radical avec "A4 - Driving the moon home" qui évoque une conduite de nuit en voiture sous l’œil éclairant d'un lune bienveillante. Le planant et électronique "Stealth revolution" est beaucoup plus inquiétant. Il prend son temps pour se répandre et prendre de l'ampleur jusqu'à emplir tout l’espace sonore avec une succession de couches d'effets et de boucles qui viennent progressivement se superposer les unes aux autres, formant in fine une masse compacte. Retour au jazz avec "L'antiprometeo" mais un jazz décadent avec une ligne de piano tombante à la fois pesante et désespérante. La deuxième partie du morceau, bien que très différente (plus électronique) garde ce côté déprimant. Il n'y a décidément pas de salut dans ce titre comme semblent le confirmer les lignes de cordes (modélisées) plaintives qui sortent de partout (les gémissements des damnées de l'enfer ?). Finalement, le mode est un peu le même au début de "Sublime futilità", la trompette délivrant de longs lamentos puis le morceau se transforme en une sorte de marche chaloupée menée par une trompette et un bugle. Étonnant et irrésistible. Je me serais bien passé par contre de "retinal fetish" et de son tempo transe même si je conçois et comprends la volonté des auteurs d'exprimer au mieux par ce biais une forme de vision relevant des effets résultant de psychotropes hallucinogènes. "Jibias de interioridad" semble vouloir continuer le trip même si cette fois le tempo dance technoïde disparait au profit d'une boucle électro. Ledrôs se termine avec l'onirique "Terzo turno" dont le thème est progressivement poussé vers un long chorus de guitare électrique qui s'évapore dans un fade out qui pour une fois a du sens.   

Sans doute un peu plus accessible que certains de leurs précédents travaux, Ledrôs n'en est pas moins un disque qui a ses exigences et qui demande beaucoup d'attention de la part de l'auditeur qui devra en outre accepter de rentrer dans un univers aussi singulier que déroutant. Mais c'est bien là l'intérêt de ce type de musique. Objectif atteint donc !


La tracklist : 

  1. Elogio di Oblomov
  2. Di refosco e di ghigno
  3. Il silenzio del corpo
  4. Néfaste claivoyance
  5. Vignesia
  6. A4 - Driving the moon home
  7. Stealth revolution (from the top down)
  8. L'antiprometeo
  9. Sublime futilità
  10. Retinal fetish
  11. Jibias de interioridad
  12. Terzo turno

lundi 11 juillet 2022

Prog Fest 2022, Genova Porto Antico

Sarò presente il 16 luglio al ProgFest di Genova con (normalmente !) copie del libro tradotto in italiano su Patrick Djivas,"Via Lumière". Ci vediamo sabato per questa bella fiera del progressive rock italiano.



dimanche 26 juin 2022

Louis de Ny : 5 sur 5 !

Cinq livres au compteur sur le rock progressif italien et ses sujets connexes, çà commence à ressembler à quelque chose ! Encore merci à ceux qui me suivent, qui me lisent et qui me font confiance dans cette aventure qui prend, les années passant, de plus en plus des airs d'épopée !

Giallo & Rosso : quand le rock progressif italien faisait son cinéma


 

Présentation du livre

Quand la rencontre entre le rock progressif italien et le cinéma de son pays a-t-elle eu lieu ? Pourquoi un compositeur aussi réputé que Luis Enriquez Bacalov a-t-il collaboré avec les New Trolls et Osanna ? Comment Goblin est-il devenu le groupe incontournable des musiques du giallo italien ? Quel est le rapport entre Attila et le groupe Premiata Forneria Marconi ? Qui avait remarqué que la bande-son illustrant La Cerimonia dei sensi était un vrai chef-d'oeuvre signé Le Groupe X ? Le film Shock aurait-il eu le même intérêt sans l'étonnante musique de Libra ? Quel compositeur italien de musiques de films d'horreur a-t-il repris un morceau de King Crimson en concert ? Pourquoi Ennio Morricone est-il dans ce livre ? Qui se cachait derrière The Braen's Machine ? Quelle est la véritable histoire de l'album Distorsions du groupe Blue Phantom ? Toutes les réponses à ces questions, avec encore bien d'autres révélations et autant de sujets d'étonnement, sont dans ce livre. Les fans de rock progressif transalpin comme les amateurs du cinéma italien trouveront leur bonheur dans cet ouvrage qui propose également une mise en perspective originale entre chaque film évoqué et sa bande-son grâce aux précieux éclairages de Stéphane Lacombe. Giallo & Rosso est donc un nouvel épisode de la saga de ce rock progressif italien qui n'a décidément pas fini de surprendre plus de cinquante ans après sa naissance.

Et le lien Camion Blanc, bien sûr ! : Giallo & Rosso

samedi 18 juin 2022

Patrick Djivas, Via Lumière : enfin la version en italien !

FR : pour moi, chaque nouveau livre que j'écris et que je publie ensuite est comme un nouveau bébé. J'ai du bonheur et de la fierté. Et celui là est un grand bonheur. Car ce livre est différent. Il est en italien! Merci à Patrick Djivas bien sûr et à Fabio Rossi, Marco Porsia, Claudio Pozzani, Francesca d'Ancona pour m'avoir accompagné dans cette fantastique aventure. Et maintenant il faut lire ce livre, cette belle histoire d'une vie extraordinaire

IT : Per me, ogni nuovo libro che scrivo e pubblicho è come un nuovo bambino. Sono felice e orgoglioso. E questo è una grande felicità. Perché questo libro è diverso. È in italiano! Grazie a Patrick Djivas e a Fabio Rossi, Marco Porsia, Claudio Pozzani, Francesca d'Ancona per avermi accompagnato in questa fantastica avventura. E ora devi leggere questo libro, questa bella storia di una vita straordinaria

Link Officina di Hank


samedi 11 juin 2022

Gazzara : Progression

Regarder cette pochette de disque rappellera fatalement un vieux et bon souvenir aux fans de prog italien qui se remémoreront alors l’énigmatique Planetarium et l'album Infinity. Là s'arrêtera toutefois l'essentiel de la comparaison, les deux œuvres n'ayant rien en commun musicalement. Mais une fois cette remarque formulée, la question du jour est bien sûr : qui est Gazzara ? Francesco Gazzara est un musicien (claviers, guitares) et compositeur italien. Fan de musique progressive en général et de Genesis en particulier (il a écrit un livre sur le groupe anglais en 2021), Francesco a déjà enregistré trois albums publiés en format numérique (Play me my song  en 2014), Here it comes again en 2020 et Foxtrot en 2021) qui ne s’éloignent jamais bien loin de l'univers de la Genèse, ce qui va encore être le cas du présent Progression même si Francesco revendique aussi d'autres influences dans le monde du rock progressif (ELP, Gentle Giant, King Crimson, Yes) mais aussi en dehors (musique classique, musique de films, musique folk).

Le thème du disque s’inspire de la plus ancienne carte de  Grande-Bretagne (la Gough Map, dessinée en 1360 et retrouvée au début du XIXème siècle par un antiquaire), ce qui explique les titres en anglais évoquant pour l'essentiel des noms de villes de la vieille Angleterre. Pour en revenir à ce que contient l’album Progression, il est effectivement difficile de ne pas penser à Genesis. Un peu à l'instar du groupe anglais Yak, on baigne complètement dans l'univers genesien (à part sur le liturgique "Misericordiae"). Mais là où les anglais de Yak restent très généralistes dans leurs évocations de Genesis, Francesco Gazzara réalise un travail d'une finesse et et d 'une précision absolues, recréant ainsi les ambiances genesiennes mais en évitant le côté casse-gueule de l'hommage servile ou de la vaine caricature. Bien sûr, difficile de le nier, les atmosphères oniriques et entrainantes semblent émaner d'un album enregistré par des musiciens ayant directement partie liée avec Genesis. Pourtant, en dépit des nombreuses références que l’on peut trouver dans cet album, la valeur ajoutée amenée par Francesco Gazzara est phénoménale. L’album est un enchantement d'un bout à l'autre. Le langage propre à Genesis est bien là mais l'appropriation est telle que le rendu ressort à la fois original dans sa conception et nouveau dans son expression. A ce niveau c'est une vraie performance. Vous pourrez vous amusez à aller rechercher toutes les références à des morceaux ou à des parties de titres de Genesis, cela devrait vous occuper un bon moment ! Mais il est plus intéressant pour moi d’apprécier cette œuvre pour ce qu'elle est vraiment : une création totale musicalement parlant et une vraie réussite artistique. Je devrais détacher un morceau plus qu'un autre (peut être "Bramber" ou encore "Boreham street") mais honnêtement l'exercice est difficile et je préfère vous laisser faire votre choix vous même. Dans tous les cas, il sera bon.

Sur cet album Francesco Gazzara joue de toute une panoplie de claviers analogiques. Il assure aussi les parties de basse, de guitare acoustique et de guitare électrique. Les autres musiciens présents sont : Giuliano Ferrari à la batterie, Dario Cecchini (flûte, saxo, clarinette), Carmine Capozzucco (hautbois), Fabrizio Paoletti (violon), Giulia Nuti (violon), Giorgia Pancaldi (violoncelle). The Old Way Choir assure les voix sur "Misericordiae".

La tracklist :

  1. Misericordiae
  2. Southampton
  3. Havant
  4. Chichester
  5. Arundel
  6. Bramber
  7. Winchelsea
  8. Lewes
  9. Boreham street
  10. Appledore
  11. Rye
  12. Canterbury 
Voici le lien bancamp pour écouter et commander ce très bel album : Francesco Gazzara bandcamp


dimanche 5 juin 2022

Elisa Montaldo "Sarah's theme" feat. Barbara Rubin

La collaboration entre ces deux grandes musiciennes italiennes que sont Elisa Montaldo et Barbara est donc désormais devenue une réalité (donc un rêve devenu réalité pour moi) depuis la publication de la magnifique pièce instrumentale : "Sarah's theme" écrite par Elisa pour une bande sonore de film sur laquelle elle a récemment travaillé.
Il s'agit d'un thème instrumental composé à l’origine pour piano seul. Mais Elisa a souhaité ajouter quelques embellissements notamment une partie de violon alto dont elle a confié l'exécution à Barbara Rubin qui est de fait la musicienne et la personne parfaite pour donner une touche unique à ce titre ! Bien lui en a pris car le résultat est exceptionnel de beauté et de délicatesse. Il faut aussi préciser que les deux artistes avaient envie depuis déjà un bon moment de travailler ensemble. Barbara a enregistré un superbe solo de violon et a participé à la production du morceau en s'investissant dans le mix et le master. Elisa a encore ajouté des sons ambiants bizarres (certains d’entre eux fournis par l'indispensable Mattias Olsson). Pour la vidéo, Elisa a été chercher Dollezh, un artiste qui a un site sur TikTok. Le résultat visuel a quelque chose des vieux films d'horreur italiens des années soixante dix. Cherchez du côté de Mario Bava, Dario Argento et Lucio Fulci si vous voyez ce que je veux dire. La vidéo est à la fois originale et effrayante, un cauchemar doux-amer à l’intrigue psychédélique selon les propres mots d'Elisa.

Cette première collaboration en appelle d'autres et cela me semble très bien parti pour aboutir à un projet musical de plus grande envergure encore. 

En attendant vous pouvez déjà écouter et visionner "Sarah's Theme" sur YT en cliquant sur ce lien 

Voici également les pages bandcamp d'Elisa et de Barbara :

https://elisamontaldo.bandcamp.com 

https://barbararubin.bandcamp.com

mardi 31 mai 2022

Break / Pausa

FR : Vous l'avez peut-être remarqué mais l'activité du blog a ralenti depuis un moment. Je suis en effet dans la dernière ligne droite pour la sortie de, non pas un, mais deux livres qui me demandent beaucoup de temps pour mettre les dernières touches et affiner les détails. Je vous promets deux belles surprises dont une plus spécifiquement pour mes amis italiens. A très bientôt pour les communications officielles. Merci à tous pour l'intérêt porté à mes travaux. 

IT :Forse l'hai notato, ma l'attività del blog è rallentata da un po'. Sono davvero in dirittura d'arrivo per l'uscita di, non uno, ma due libri che richiedono molto tempo per mettere gli ultimi tocchi e perfezionare i dettagli. Vi prometto due belle sorprese di cui una più specificatamente per i miei amici italiani. A presto per le comunicazioni ufficiali. Grazie a tutti per l'interesse nei miei lavori.

lundi 23 mai 2022

DAAL : Daedalus


Après la sortie de Decalogue of Darkness en 2018 (sans doute l’album le plus poussé et le plus réussi de Daal), Alfio Costa et Davide Guidoni se sont retrouvés à Rome en 2019 afin de mettre en route le prochain album de Daal. Une fois encore le covid est passé par là et a compliqué le processus créatif. Mais treize ans après ses début avec Disorganicorigami, Daal publie enfin son septième album studio, Daedalus. L’expression musicale de Daal a toujours comporté des thèmes sombres ou des descriptions de situations psychologiques difficiles. Même si elle est pleine d’influences littéraires, l’offre musicale du groupe est surtout instrumentale. La musique du Daal est personnelle, intime, mélancolique, évocatrice, parfois hypnotique et « désordonnée ». Elle est le résultat des sentiments de ses  créateurs. Elle trouve toujours l’inspiration dans la réalité mais si elle en propose une vision le plus souvent fantaisiste.
 
Le groupe est toujours formé de Davide Guidoni à la batterie, Alfio Costa aux claviers, Ettore Salati aux guitares et de Bobo Aiolfi à la basse.

Le thème principal de l'album reprend bien sûr à son compte le mythe d’Icare avec ce comportement propre à l'Homme qui le pousse à dépasser ses propres limites, défiant ainsi les lois de la nature en se projetant dans l'inconnu. La recherche et l’expérimentation sans fin, caractéristiques fondamentales de la musique de Daal, trouvent un terrain fertile dans ce contexte. Avec Daedalus, les musiciens de Daal poursuivent leur voyage d’exploration en matière de composition avec en particulier un travail sur les contrastes et l'élaboration de fresques symphoniques sombres et mélancoliques. « Journey through the spiral mind, part 1 & 2 » est une suite divisée en deux parties qui ouvre et ferme l’album comme un cadre d’exploration sonore. Il s'agit d'un voyage musical à l’intérieur d’une spirale mentale avec l’idée qu'il doit sortir quelque chose de formel du chaos apparent entre matière, couleur et son. « Icarus Dream » est une réflexion sur le vol d’Icare, une métaphore de la volonté humaine qui dépasse les limites imposées par la nature ou, dans le cas de Daal, de sortir des frontières imposées par les schémas musicaux. « Labyrinth 66 » est une autre petite suite en deux parties, inspirée du labyrinthe de Cnossus. C’est une expérience de recherche sur le son informel et « fluide » dans la première partie, qui trouve sa propre forme dans la deuxième partie. « Painting Wings » est une vision de la musique exprimée en termes de couleurs, de lumières et d'ombres : "peindre ses ailes pour être ce qu’on veut être et se montrer comme on est vraiment, avant de voler ». « In my time of shadow » est une réflexion mélancolique toute simple sur notre existence et sur le sens de la vie : se regarder nu et être conscient de ses côtés sombres. « Minotaur » décrit par la musique le résultat de l’union monstrueuse entre Pasiphae et un taureau offert par Poséidon. « « Sunrise » et « Moonrise » représentent les deux éléments opposés de lumière, et de manière allégorique les contrastes et les similitudes de notre vie.

Daedalus est incontestablement un bon cru, un album empli de belles mélodies, d'ambiances prenantes et de soli enchanteurs, un album duquel semble sortir une forme de sagesse et de sérénité. Comme si les musiciens avaient trouvé la paix intérieur et s'étaient allégés au point de pouvoir enfin prendre leur envol.


La tracklist :

  1. Journey through the spiral mind, part 1
  2. Icarus dreams
  3. Painting wings
  4. Labyrinth 66, part 1 & 2
  5. In my time of shadow
  6. Journey through the spiral mind, part 2
  7. Minotaur (bonus track ltd. edition) 
  8. Sunrise (bonus track ltd. edition) 
  9. Moonrise  (bonus track ltd. edition)  
Vous pouvez écouter les 2 titres surlignés.

dimanche 1 mai 2022

La Vittima Designata (version restaurée) : les bonus


 La "Vittima Designata", version restaurée et augmentée (éditeur Frenezy). Pour ma partie, voilà ce qui est proposé en bonus sur le DVD et le Blu-ray : entretien (évocation des New Trolls et de Bacalov, histoire de la bande-son) puis analyse musicale des troid mouvements (adagio, allegro, cadenza andante con moto).

jeudi 28 avril 2022