dimanche 24 octobre 2021

L'Equilibrio


En attendant des morceaux originaux, nous allons garder un œil sur ce projet qui revendique une inspiration directement tirée d'un concept album, enregistré par Le Orme en 1973, qui a effectivement marqué pour toujours le prog italien : Felona e Sorona. Le groupe a d'ailleurs choisi pour nom un des morceaux emblématiques de ce disque.

En écoute pour l'instant ces deux très belles reprises :

Sospesi nell'incredibile

L'equilibrio


lundi 18 octobre 2021

Alessandro Corvaglia : Out Of The Gate

Est-il encore nécessaire de présenter Alessandro Corvaglia, une des voix incontournables du prog italien contemporain ? Chanteur pour La Maschera di Cera, Höstsonaten et Delirium, Alessandro a également participé à de nombreux projets, Narrow Pass, il y a déjà longtemps, ou Il Giardino Onirico plus récemment. Pendant toutes ces années (2006/2020), Alessandro a pris son temps pour accumuler son propre matériel musical. Out of the Gate ne doit donc rien au hasard et est le fruit d'une longue gestation. Le résultat très réussi le démontre amplement. Alessandro a réalisé un album abouti qui lui ressemble. Toutes ses influences sont bien présentes, à commencer par celle du Marillion de Fish  mais également celle de Fish en solo ("Promised land", "White ghosts"). Alessandro n'a pas été pour rien le chanteur de Mr Punch pendant des années ! Mais on aura aussi l'occasion de croiser l'ombre de Genesis ("The night of the eyes") ou plus imprévue celle d'Unitopia ("Preaching on line") sur cet album. Rien de vraiment étonnant pour qui connaît le bonhomme. Par contre la présence de Gordon Giltrap au travers de deux morceaux, dont l'inédit "12 towers" offert à Alessandro, est beaucoup plus inattendue mais tout à fait charmante, et se fond parfaitement dans l'ensemble. Nous sommes bien sûr assez loin du prog italien classique, seul "Where have I been?" pourrait y être facilement assimilé avec un chant en italien. Ce n'est pas le cas, ce qui n'empêche pas ce morceau, tout en retenu, traversé par la flûte aérienne de Raffaela Izzo, d'être lui aussi magnifique.
L'élément vraiment intéressant de cet album, et qui fait vraiment la différence, est la large place laissée aux parties instrumentales qui fait que Out of the Gate est bien l’œuvre d'un musicien complet qui maîtrise son sujet et non seulement d'un chanteur qui veut se faire plaisir. Les instrumentaux ("The night of the eyes", "And the Lady came in") sont bien évidemment là pour le démontrer mais la deuxième partie de l'épique final de presque douze minutes ("Out of the Gate") ne laisse aucun doute sur la vision réellement progressive d'Alessandro pour sa musique.  
La longue liste de musiciens qui ont accompagné Alessandro dans son projet au long cours démontre également à quel niveau il est apprécié dans le milieu du RPI. Comment pourrait-il en être autrement d'ailleurs ! Alessandro est un artiste à la fois tellement chaleureux, sensible et attachant. A cet égard, "Vision", présenté dans un format très dépouillé et sobre, illuminé par la voix céleste de Raffaella Izzo en appui de celle d'Alessandro, est peut-être la chanson qui colle le mieux au personnage d'Alessandro. Il s'agit pourtant d 'un morceau de Peter Hammill tiré de l'album Fool's mate.
Out of the Gate n'est pas réservé aux seuls fans du prog italien. C'est un album œcuménique par essence qui a, au contraire, tout pour plaire au plus grand nombre. Du moment que vous êtes un vrai amoureux du prog, vous pouvez sans problème y trouvez votre bonheur, alors ne vous en privez pas ! 
 
 

Les musiciens présents sur cet album : Alessandro Corvaglia, Martin Grice (saxo sur "Promised Land"), Andrea Orlando, Mark Cunningham, Marcella Arganese, Daniele Sollo, Stefano Avigliana, Emanuele Telli, Dariush Hakim, Ettore Mazzarini, Massimo Moscatelli, Filippo Bagnoli, Maurizio Fiaschi, Mauro Sabbione, Matteo Nahum, Raffaella Izzo (chant, flûtes), Cesareo, Gordon Giltrap.


La tracklist :
1. Promised land
2. The night of the eyes
3. Preaching on line
4. ... and the Lady came in
5. White ghosts
6. Vision
7. A deed within a dream
8. Where have I been?
9. 12 towers
10. Out of the Gate 
  

dimanche 10 octobre 2021

Premiata Forneria Marconi : hosognatopecorelettriche (recensione in italiano)

Per la seconda volta consecutiva, la grande etichetta prog tedesca Inside Out distribuisce il nuovo album della Premiata Forneria Marconi. La gestione di Iaia de Capitani è sicuramente ancora efficiente come sempre. Si chiama hosognatopecorelettriche, I Dreamed of Electric Sheep nella sua versione inglese, e ovviamente si riferisce a Blade Runner, ma non ci occuperemo nemmeno di questo.Sono disponibili due edizioni, una in italiano e l'altra in inglese. Per quest'ultimo, è ancora Marva Marrow che si è occupata della traduzione e dell'adattamento dei testi. Ancora una volta l'album viene proposto in CD ma anche in vinile, proprio come ai vecchi tempi. Comprende dieci brani di cui tre formidabili strumentali. "Mondi Paralleli" apre l'album in una modalità sinfonica e un trattamento orchestrale che fanno credere all'ascoltatore in un ritorno alla PFM in Classico di Da Mozart - A Celebration nel 2013. Questo brano è un killer con Marco Sfogli che fa un vero festival sulla chitarra elettrica. La coppia "Transumanza" / "Transumanza jam" lo chiude magistralmente, "Transumanza jam" essendo una lunga cavalcata.mescolando allegramente hard rock, jazz rock e funk, con un tono allegro il più gioioso possibile. Tra questi due estremi, siamo molto su un formato di canzone ma il gruppo mostra una certa vitalità che permette di avere momenti molto belli con voli regolari che sono certamente brevi ma sempre graditi. Nel genere, "Umani Alieni" è sicuramente il titolo di maggior successo. Tuttavia, ci vuole un po' di pazienza perché la canzone inizia davvero dopo averne suonata la prima metà. Possiamo ovviamente rimanere scettici sul lato sciropposo di "Ombre amiche" o sull'interesse di un titolo come "AtmoSpace" al limite dell'irrilevante. Nel genere preferisco di gran lunga il ritmato e orecchiabile "Mr Non Lo So" che non spezza tre zampe d'anatra ma che è un piacere da ascoltare con un ponte centrale che decolla davvero e un ritornello di violino millimetrico pronunciato dall'indispensabile Lucio Fabbri. Infine c'è il caso "Il Respiro del Tempo" che ascoltiamo chiedendoci se questo tipo di inno vagamente incantatorio, che mescola sapientemente folk celtico e folk mediterraneo su uno sfondo di ritmi programmati, non esca effettivamente da un album di Premiata Forneria Marconi. Non che la traccia sia intrinsecamente sgradevole, ancora una volta, solo che potrebbe essere stata registrata da qualsiasi smart band.

Disco molto diverso da Emotional Tattoos , hosognatopecorelettrichecomprende più sequenze suonate e più passaggi lasciando spazio agli strumenti, principalmente le tastiere con sonorità spesso vintage ma anche la chitarra con gli accenti hard/metal di Marco Sfogli. In breve, è ancora più prog del suo predecessore. E' anche l'occasione per incontrare alcuni musicisti di grande talento, con in primis Flavio Premoli, l'ex compagno che tanto manca alla Premiata Forneria Marconi, presente nell'ultimo pezzo, “Transumanza Jam”. Gli altri ospiti sono Ian Anderson (Jethro Tull), Steve Hackett (Genesis) e Luca Zabbini, il talentuoso leader dei Barock Project, fan incondizionato di Flavio Premoli appunto, che è infatti molto presente alle tastiere in questo album (ma non ha detto niente).

Ovviamente lontano anni luce dalla PFM di Storia di un minuto , dell'Isola di Niente e ancora da Stati di Immaginazione , hosognatopecorelettriche è comunque un album interessante che è stato pensato e prodotto con l'idea di iscriversi in toni contemporanei ("La Grande Corsa", "Pecore Elettriche") ma anche con la preoccupazione di non cedere alla tentazione di rifare quanto già fatto in passato dalla PFM. Almeno su questo punto, il contratto è rispettato. Per il resto, sta a tutti risolverlo.
 
 
Il gruppo : Franz Di Cioccio, Patrick Djivas, Marco Sfogli,Luccio Fabbri, Alessandro Scaglione, Alberto Bravin 
Ospiti : Ian Anderson, Steve Hackett, Flavio Premoli, Luca Zabbini
 

Tracklist :

1. Mondo Paralleli
2. Umani Alieni
3. Ombre Amiche
4. La Grande Corsa
5. AtmoSpace
6. Pecore Elettriche
7. Mr. Non Lo So
8. Il Respiro Del Tempo 
9. Transumanza 
10. Transumanza Jam

Premiata Forneria Marconi : hosognatopecorelettriche (revue)

 
 
Pour la deuxième fois consécutive, c’est le gros label prog allemand Inside Out qui assure la distribution du nouvel album de Premiata Forneria Marconi. Le management de Iaia de Capitani est décidément toujours aussi efficace. Il s'intitule hosognatopecorelettriche, I Dreamed of Electric Sheep dans sa version anglaise, et fait bien sûr référence à Blade Runner, mais on va pas en faire des caisses non plus là dessus. Deux éditions sont proposées, une en italien et l’autre en anglais.  Pour cette dernière, c’est à nouveau Marva Marrow qui s’est chargée de la traduction et de l’adaptation des paroles. Une fois encore, l’album est proposé en CD mais aussi en vinyle, comme au bon vieux temps. Il comprend dix morceaux dont trois formidables instrumentaux. « Mondi Paralleli » ouvre l’album sur un mode symphonique et un traitement orchestral qui font croire à l'auditeur à un retour au PFM in Classic de Da Mozart - A Celebration en 2013. Ce morceau est une tuerie  avec Marco Sfogli qui fait un vrai festival à la guitare électrique. La paire «Transumanza» / «Transumanza jam» le referme magistralement, «Transumanza jam» étant une longue cavalcade mélangeant allègrement hard rock, jazz rock et funk, avec un ton enjoué réjouissant au possible.  Entre ces deux extrémités, nous sommes  beaucoup sur un format chansons mais le groupe fait preuve d'une certaine vitalité qui permet de passer de très bons moments avec régulièrement des envolées certes courtes mais toujours bienvenues. Dans le genre, "Umani Alieni" est sûrement le titre le plus réussi. Il demande toutefois un peu de patience car le morceau démarre vraiment après en avoir passé la première moitié. On pourra bien sûr rester dubitatif sur le côté sirupeux de "Ombre amiche" ou sur l'intérêt d'un titre comme "AtmoSpace" à la limite du hors sujet. Dans le genre, je préfère de loin le rythmé et entraînant "Mr Non Lo So" qui ne casse pas trois pattes à un canard mais qui fait plaisir à entendre avec un pont central qui décolle vraiment et un chorus de violon millimétré délivré par l’indispensable Lucio Fabbri. Enfin il y a le cas "Il Respiro del Tempo" que l'on écoute en se demandant si cet espèce d'hymne vaguement incantatoire, mélangeant habilement folk celtique et folk méditerranéen sur fond de beats programmés, sort bien d'un album de Premiata Forneria Marconi. Pas que le titre soit désagréable en soi, une fois encore, juste qu'il pourrait avoir été enregistré par n’importe quel groupe un tant soit peu malin.
Disque très différent de Emotional Tattoos, hosognatopecorelettriche comprend plus de séquences jouées et plus de passages laissant de l’espace aux instruments, principalement les claviers aux sonorités souvent vintage mais aussi la guitare aux accents hard/métal de Marco Sfogli. En un mot, il est quand même plus prog que son prédécesseur. Il est aussi l’occasion de retrouver quelques musiciens de grand talent, avec en premier lieu Flavio Premoli, l’ancien compagnon qui manque tant à Premiata Forneria Marconi, présent sur le dernier morceau, « Transumanza Jam ». Les autres invités sont Ian Anderson (Jethro Tull), Steve Hackett (Genesis) et Luca Zabbini, le leader surdoué de Barock Project, fan inconditionnel de Flavio Premoli justement, qui est en fait très présent aux claviers sur cet album (mais je ne vous ai rien dit).   
Évidemment à des années lumières du PFM de Storia di un minuto, de l'Isola di Niente et encore de Stati di Immaginazionehosognatopecorelettriche n'en est pas moins un album intéressant qui a été pensé et réalisé avec l’idée de s’inscrire dans des tonalités contemporaines ("La Grande Corsa", "Pecore Elettriche") mais aussi avec le souci de ne surtout pas céder à la tentation de refaire ce que la PFM a déjà fait dans le passé. Au moins sur ce point, le contrat est rempli. Pour le reste, à chacun de faire le tri.


Le groupe : Franz Di Cioccio (chant, batterie), Patrick Djivas (basse, claviers), Marco Sfogli (guitares, chœurs), Lucio Fabbri (violon, chœurs), Alessandro Scaglione (claviers, piano, chœurs) , Alberto Bravin (claviers, guitare, acoustique, chœurs).
Invités : Ian Anderson (flûte), Steve Hackett (guitare électrique), Flavio Premoli (Minimoog), Luca Zabbini (orgue Hammond, piano, Minimoog)
 

La Tracklist :

1. Mondo Paralleli
2. Umani Alieni
3. Ombre Amiche
4. La Grande Corsa
5. AtmoSpace
6. Pecore Elettriche
7. Mr. Non Lo So
8. Il Respiro Del Tempo 
9. Transumanza 
10. Transumanza Jam


 


dimanche 3 octobre 2021

Stefano "Lupo" Galifi : Dei Ricordi, un museo

FR : Dei ricordi, un museo est donc le premier album solo d'un jeune homme de plus de soixante dix ans qui est un véritable mythe dans le prog italien. Car Stefano "Lupo" Galifi (puisqu'il s'agit de lui) a été le chanteur du groupe légendaire Museo Rosenbach qui a sorti en 1973 Zarathustra. Cet album fait consensus et est considéré comme un des dix meilleurs albums du rock progressif italien. Près de trente après, Stefano est revenu sur scène et en studio avec un autre groupe essentiel du prog italien,Il Tempio delle Clessidre avant de reformer Museo Rosenbach pour d'abord réenregistrer Zarathustra live en studio (2012) avant d’enregistrer un nouvel album, Barbarica en 2013. Depuis, nous avions l'habitude de voir Stefano se produire en invité avec d'autres artistes et groupes mais on le rencontrait aussi régulièrement devant une scène, surtout du côté de la région ligure lors de concerts prog. Mais l'homme avait depuis longtemps dans un coin de sa tête d'exprimer en musique ses idées et de remettre en lumière quelques vieux souvenirs.  En juillet 2020, Stefano a finalement franchi le pas. Il a contacté des musiciens et compositeurs que nous connaissons bien, qui forment une vraie troupe de guerriers du prog autour de lui et l'album a été mis en chantier. Les paroles ont été prises en charge par Gabriele Guidi Colombi (La Coscienza di Zeno, Not a Good Sign) qui tient aussi la basse. Luca Scherani (La Coscienza di Zeno, Höstsonaten) s'est occupé de toute la musique (compositions, mélodies, arrangements). Il assure bien sûr toutes les parties de claviers et joue aussi de la flûte. Marcella Arganese (Ubi Maior, Mr. Punch, Archangel) est aux guitares mais elle a aussi co-composé avec Lupo le titre "Dei ricordi, un museo". La formation est complétée par Folco Fedele à la batterie (que l'on a connu avec Panther & C.) ainsi que par Alessio Calandriello (La Coscienza di Zeno, Not a Good Sign) et Irene Spina sont aux chœurs. Vous aurez compris qu'il s'agit presque d'une réunion de famille du prog ligurien ! (j'ai écrit presque car il y un ou plutôt une intruse. Cherchez bien, c'est votre énigme du jour - LOL).

Pour les vieux grincheux (il y en a un paquet dans le prog), qu'ils se rassurent, la présence de ces musiciens est la garantie d'avoir affaire à un album de prog rock contemporain. Ce qui est bien le cas je vous le confirme avec en outre une véritable osmose qui s'est faite entre la musique créée pour l'occasion par Luca Scherani et la voix toujours aussi puissante et caractéristique de Stefano "Lupo" Galifi. Il y a quelques voix qui me retournent dans le prog italien à chaque fois que je les entend et celle de Lupo en en bonne place dans ce panthéon personnel. Vous imaginez donc mon bonheur sans limite aujourd’hui.

Avec cet album, une longue séquence se termine pour Stefano et comme il le dit lui-même "avant de clôturer un chapitre de sa vie et d'en commencer un autre, il faut ouvrir et ranger nos tiroirs intimes, un peu comme si l'on mettait de l'ordre dans son musée personnel ", Dei Ricordi, un museo !   

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IT (testo promo AMS) :  Dei ricordi, un museo è il primo vero album solista di Stefano "Lupo" Galifi, voce dei leggendari Museo Rosenbach, autori nel 1973 di Zarathustra, tra i massimi capolavori del Rock Progressivo Italiano. Tornato a calcare numerosi palchi e studi di registrazione negli ultimi anni come cantante de Il Tempio delle Clessidre e dei riformatisi Museo Rosenbach, nonché ospite e collaboratore di numerosi artisti della scena prog tricolore, Stefano ha finalmente trovato occasione di riordinare desideri, riflessioni e ricordi e di esprimere ancora una volta tramite la musica i propri pensieri. Un ciclo si chiude, e prima di aprirne un altro è necessario riorganizzare ed aprire i cassetti del proprio essere per riporre le proprie risposte, come in un 'museo esistenziale' che chiunque possiede.

Per la realizzazione di questo obiettivo Lupo si è avvalso della collaborazione di affermati musicisti e compositori che molti appassionati del genere sapranno riconoscere, a partire da Luca Scherani (La Coscienza di Zeno, Höstsonaten) il quale ha accolto l'invito con entusiasmo, immaginando le melodie e le musiche adatte alla potenza espressiva della voce di Stefano. I testi sono stati affidati a Gabriele Guidi Colombi (La Coscienza di Zeno, Not a Good Sign), parole ermetiche che interpretano il desiderio di riordinare quanto accumulato nel magma esistenziale di una vita. Completano la formazione Marcella Arganese (Ubi Maior, Mr. Punch), co-autrice della title-track che ripercorre il passato musicale di Lupo, e Folco Fedele, batterista professionista conosciuto in più ambiti oltre alla sua collaborazione con l’ensemble genovese dei Panther & C.

Dei ricordi, un museo è un album di moderno prog-rock in cui, grazie all'impronta stilistica dei musicisti coinvolti e alla voce, ancora oggi incredilbimente cristallina ed intensa, di Stefano Galifi, riecheggiano le sonorità dell'età dell’oro di quel progressive italiano di cui lo stesso Lupo è da sempre figura fondamentale.

Les musiciens : Stefano Lupo Galifi (chant et chœurs), Luca Scherani (piano, claviers, flûte, programmations), Marcella Arganese (guitares électriques et acoustiques), Gabriele Guidi Colombi (basse), Folco Fedele (batterie)


La tracklist:
1.Cuore ("dei ricordi, un museo" parte 1)
2.La morale cede
3.La stanza e l'angolo
4.Dei ricordi, un museo parte 2
5.Le due linee gemelle
6.Sterile
7.L'amante ("dei ricordi, un museo" parte 3)

 Le teaser sur YT (vous avec juste à cliquer sur la ligne soulignée pour écouter)

A ce sujet Marcella Arganese est la créatrice du teaser et de tout le graphisme de l'album.

Le lien pour acheter le CD  à partir du 8 octobre 2021 : BTF.IT AMS Records

 

vendredi 1 octobre 2021

Antiche Pescherie nel Borgo : Si no sabir...tazir !


Avec son autre groupe, Consorzio Acqua Potabile, Maurizio Venegoni nous a toujours habitué à chaque sortie de disques à des éditions limitées sortant à chaque fois de l'orinaire. Mais là, pour le premier album de sa nouvelle formation, Antiche Pescherie nel Borgo, il s'est surpassé. Car cette fois l'édition limitée est non seulement insolite mais carrément luxueuse et pour tout dire précieuse. Dans la catégorie des sorties vinyles récentes, c'est sans doute le plus bel objet proposé aux collectionneurs depuis bien longtemps. Jugez plutôt : la pochette est en fait un poisson (une daurade royale) plus vrai que nature dans lequel sont insérés le vinyle et un livret de 80 pages présentant le groupe, ses membres et racontant l'histoire du concept (celle des boutiques des pêcheurs dans le vieux Venise d'il y a plusieurs centaines d'années), le tout avec des photos et des illustrations polychromes, représentant aussi une vraie compilation de documents historiques. Pour ajouter à la rareté, l’édition vinyle est limitée à 199 exemplaires, numérotés bien sûr. Le souci du détail a même été porté jusqu'à prévoir un support pour que le poisson puisse être posé à la verticale sur sa tranche. Le livret de la version CD est un peu différent mais réalisé sur le même modèle et aussi beau.  Enfin si vous voulez tout savoir, le titre de l'album Si no sabir...tazir ! évoque, le sabir, la langue parlée à l'époque ancienne (du XVIème au XVIIIème environ) par les marins, les pêcheurs et les dockers de Venise, qui était en fait un parler vénitien enrichis de mots génois, arabes, portugais, grecs, turcs et même scandinaves. Le sabir (savoir en arabe) était donc une forme d’espéranto avant l'heure. "Si no sabir tazir !" signifie littéralement : "si vous ne parlez pas le sabir, taisez-vous !".     

Ce projet a mis plusieurs années pour mûrir et aboutir. Pour être précis, il date de 2016 et de la première collaboration effective de CAP avec Alvaro Fella, le chanteur de Jumbo, qui avait donné l'album Coraggio e Mistero. Maurizio et Alvaro ont ensuite eu envie de continuer l'aventure ensemble. Les deux années suivantes ont permis de mettre sur pied le nouveau groupe, de travailler sur le concept et d'élaborer les premiers morceaux. Le 1er juin 2018, nous étions quelques uns à assister à la première performance en public d'Antiche Pescherie nel Borgo (APnB) à la FIM de Milan, ce que Maurizio Venegoni a appelé "la naissance sur les fonts baptismaux".  Ce soir là, j'ai même fait le roadie (il faut savoir donner de sa personne !).

Le groupe que Maurizio Venegoni a réuni autour de lui est constitué d'une belle brochette de musiciens irréprochables. On ne présente plus bien sûr le lion de Milan Alvaro Fella et son compère de Jumbo, Dario Guidotti, maître es instruments à vent. Enrico Venegoni, déjà présent sur la dernière période de CAP, est désormais le clavier alter ego de Maurizio et il y a à l'évidence une grande complicité entre eux deux qui dépasse la dimension familiale. Augusto Gentili est un bassiste hors norme (mais aussi un spécialiste - et pratiquant - des instruments de musique bretons comme la bombarde !). Le batteur Massimiliano Varotto est d'une efficacité redoutable. Enfin je regrette déjà le départ de Paolino Doria tant il s'était imposé à la guitare électrique avec son style explosif (bienvenu au passage à Luca Musso, son remplaçant).

Avant d'attaquer la partie purement musicale, il est également indispensable de savoir que Maurizio Venegoni a eu l'idée de reprendre des morceaux existants de groupes prog du monde entier (parfois peu connus). Il s'en est servi comme bases pour les retravailler, les arranger et les développer afin d'en proposer à chaque fois une version totalement nouvelle adaptée et compatible avec la ligne musicale directrice choisie pour l'album. Bien sur les artistes concernés ont été informés en amont et ont tous donné leur accord pour une utilisation libre de leur morceau. L'opener "Corte Sconta (detta Arcana" est la reprise du titre d'Eloy "Illuminations" extrait de Colours (1980). La version de APnB permet de rentrer immédiatement dans le vif du sujet et d'embarquer l'auditeur dans un univers excessivement énergique et expressif. "Tocheti pocheti" est une adaptation du morceau d'inspiration médiévale "En superbô" du groupe français Minimum Vital (album Capitaines, 2008). APnB en fait un pur joyau d'une grande délicatesse et les interventions de Dario Guidotti au sax alto y sont évidemment pour beaucoup. Le lien est d'ailleurs tout trouvé avec "Sorisu nel vedru (por l'homo feliz)" qui est en fait un étonnant croisement réussi entre la célébration celtique des premières neiges  du Breton Ronan Le Bars ("An erc'h kentan") et l'instrumental "Service with a Smile" des Américains de Happy The Man. Alvaro Fella est juste énorme sur ce titre dont la puissance contenue n'en est que plus efficace. "Il mio nome è Lemuel" est une composition co-écrite par Enrico et Maurizio Venegoni. Elle était prévue au départ pour faire partie d'un des projets des Samuraï of Prog de Marco Bernard. Cela ne s'est pas fait. Dommage pour les S.O.P., tant mieux pour nous car il s'agit d'un réel épique à rebondissement, remarquablement attachant et doté d'un final à couper le souffle. "4tro" a été composée par Maurizio Venegoni en pensant à David Crosby. Ne cherchez pas autre chose qu'une inspiration du moment. Alvaro n'est pas David Crosby. En tout cas, c'est un beau moment cool marqué par un court chorus de Paolino Doria et un  solo de saxo de Dario Guidotti qui tient l’auditeur un long moment en haleine. "Biancomagno" est à l'origine un morceau du groupe argentin El Reloj ("Harto Y confundido" sur l’album El Reloj, 1976). On retrouve bien le côté rugueux presque sauvage de l'original. Alvaro n'a pas beaucoup à forcer sa nature sur ce titre qui flirte avec le hard prog et dont la longue section centrale instrumentale n'en finit pas de nous ravir. C'est tout pour le vinyle. Le CD comprend deux titres en plus. "Bhairavi - Profumi d'Oriente" est signé par Augusto Gentili, le bassiste d'APnB et évoque effectivement des parfums d'Orient très typés. Ce titre me rappelle ce qu'a fait Le Orme sur La Via della Seta. "Tomba masso poeta E..." est à l'origine une vieille chanson du groupe irlandais Mellow Candle, l'élégante "Boulders on my grave" tirée de l'album Swaddling Songs (1972). Une fois encore APnB se l'approprie et la fait sienne. 

"Faire du neuf avec du vieux"  pourrait être la devise de cet album. C'est d'ailleurs devenu aujourd'hui un phénomène de société dans tout ce qui touche à la mode et à la décoration. Mêler le vintage et le moderne est très tendance Alors pourquoi pas dans le rock progressif ! Mais il ne suffit pas de vouloir appliquer une recette, encore faut-il faire preuve de savoir-faire. Ici l'exercice de reprises de compositions d'autres groupes est réussie car il s'agit avant tout d'une appropriation totale sans la moindre concession à l'original. A partir de l'instant où APnB rentre dans un de ces morceaux, le groupe joue sa propre participation en totale liberté, en se lâchant complètement. La trame de départ n'est en fait plus qu'un prétexte, une clé en quelque sorte pour avancer vers une création entièrement nouvelle. Pour certains de ces groupes, d'autres titres ont d'ailleurs à un moment été envisagés. A l'arrivée, nous avons, non pas un album de reprises, mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, un ensemble homogène de pièces originales s'emboitant parfaitement les unes dans les autres avec une unité de ton et une signature nettement identifiable, celle de groupe APnB, qui, il faut bien le reconnaître est très proche de celle du Consorzio Acqua Potabile de Coraggio e Mistero. Ce type d'exercice, assez fréquent dans le jazz, est une nouveauté dans le prog où l'on se contente le plus souvent  soit de faire une cover à l'identique, soit d'insérer quelques citations exogènes dans un titre. 

Ce disque est à l'image de son principal démiurge : généreux, expansif et débordant d'énergie positive. Il y a de l'album de l'année dans l'air ! C'est moi qui vous le dit.

Les musiciens : Paolino Doria (guitares), Alvaro Fella (chant), Augusto Gentili (basse, contrebasse 6 cordes), Dario Guidotti (flûte, saxophone, chant), Massimiliano Varotto (batterie), Enrico Venegoni (claviers : piano, Mellotron M4000D, mini Moog, orgue Zarenbourg Waldorf, synté Phatty), Maurizio Venegoni (claviers : orgue Hammond XK3C, mini Moog, synthé Crumar DS2),


La tracklist :

  1. Corte Sconta (detta Arcana)
  2. Tocheti - Pocheti
  3. Soriso nel vedru (por l'homo feliz)
  4. Il mio nome è Lemuel
  5. 4tro
  6. Biancomagno (O parole di pesce)
  7. Bhairavi -Profumi d'Oriente (CD bonus track)
  8. Tomba masso poeta E... (CD bonus track)