lundi 27 décembre 2021

ma sélection des meilleurs albums de RPI pour 2021


Je suis toujours un peu mal à l'aise avec cette histoire de meilleurs albums de l'année. Tout d'abord parce que cela reste très subjectif et très personnel. Ensuite car je connais quand même un paquet des musiciens concernés et qu’il n'est pas toujours facile de rester objectif. Voilà pourquoi je préfère parler de "sélection" ou de "top" mais pas de "classement". 

Au passage, merci aux artistes, musiciens et groupes pour ces beaux moments de musique sans cesse renouvelés le plus souvent sans qu'ils aient en retour la juste rémunération de leur travail artistique (s'il vous plaît, faites moi plaisir, boycottez Spotify). La reconnaissance est donc essentielle et est le moins que l'on puisse faire quand on s'intéresse un tant soit peu à ce qu'ils créent. Au passage, une partie des albums de cette sélection sont des auto-productions dont mes trois coups de cœur. Les temps changent !

Merci également à tous ceux qui m'envoient leur musique, labels et artistes, soit en format physique (bien !) soit par lien (moins bien).

2021 aura globalement été une bonne année pour le rock progressif italien avec pas mal de sorties intéressantes. Pour ce qui concerne ma sélection, je vous propose cette année trois catégories avec trois albums retenus à chaque fois (si le titre est souligné c'est qu'il y a un lien pour une écoute totale ou partielle de l'album).

Mes Coups de Cœur 2021

Ske, Insolubilia TOP "1" 2021

Elisa Montaldo, Fistful of Planets part II

Antiche Pescherie Nel Borgo, Si no sabir...tazir !

 

Mes Musts 2021

Syndone, Kama Sutra

Accordo dei Contrari, UR-

Premiata Forneria Marconi, Ho Sognato Pecore Elettriche

 

Les belles surprises de 2021  

Archangel, (Third warning)

Gruppo Autonomo Suonatori, Omnia Sunt Communia

Alessandro Corvaglia, Out of the gate

Je n'oublie pas les autres albums qui m'ont également beaucoup plu dont Fufluns (Refusés), Stefano Lupo Galifi (dei ricordi un museo),  Habelard2 (Copriferro Semantico), Hora Prima (L'uomo delle genti), Hunka Munka (Foreste Interstellari), Hype, (Evolve), Il Porte di Venere (e pensa che mi meraviglio ancora), Il testamento degli Arcadi (il testamento degli Arcadi), Bernardo Lanzetti (Horizontal rain), Nodo Gordiano (H.E.X.), Officina F. Lli Seravalle (Blecs), Osanna, Il diedro del Mediterraneo, Prometheo (Quello Che Rimane), Raven Sad (The leaf and the wing).


lundi 13 décembre 2021

break

 

Vous avez remarqué que je n'ai rien publié depuis le post d'Osanna il y a dix jours. Les sorties se faisant rares en cette fin d'année, je vais faire une petite pause qui va me permettre de terminer mes deux livres en cours d'écriture qui devraient sortir, je l'espère, en 2022. 

On se retrouve pour mon top de l'année 2021. D'ici là, passez de bonnes fêtes et soyez prudents pour vous mais aussi pour les autres. Abundans cautela non nocet.

samedi 4 décembre 2021

Osanna : Il Diedro del Mediterraneo

Ce nouvel album d'Osanna arrive en même temps que le film Osannaples (Réal. Deborah Farina) et le livre sur Lino Vairetti (L'Uomo, sulle note di un veliero par Franco Vassia), deux , tous deux présentés au forum du Veruno cette année.

Après une courte intro énigmatique au didgeridoo, Lino Vairetti entre en scène pour déclamer "Il Diedro del Mediterraneo" l'instrument principal d’accompagnement étant ici la harpe de Vincenzo Zitello ce qui donne une couleur inusitée à cette ode à la Méditerranée." Ti Ritroverò" reste sur la tonalité très laid back de ce début d'album. Mais avec Osanna, les ballades réservent toujours quelques surprises, et celle là ne déroge pas à la règle, avec un pont central très festif avant de s'échapper doucement vers une digression jazz rock remarquablement fluide. Avec "L'Uomo del Prog", c'est cette fois le violon qui entre en scène. La lente montée en intensité de ce titre est un véritable tour de force. Lino semble d'ailleurs s'effacer pour laisser le plus de place possible aux différentes parties instrumentales qui se succèdent à toute vitesse, un vrai régal ! Je veux bien entendre ce morceau sur scène. "Tu" est un hommage direct à Danilo Rustici, le guitariste historique du groupe disparu au début de cette année. Lino chante avec son cœur. Vous me direz, c'est toujours le cas mais là l'émotion est palpable et l'intervention de David Jackson au saxo vous mets au bord des larmes. Quelle belle chanson, quel solo final de guitare électrique. "Signori della Terra" est une simple complainte mais quand c'est Lino qui s'y colle, seulement accompagné de Pako Capobianco à la guitare électrique, cela prend vraiment du relief et il est vraiment difficile de se détacher du chant de Lino. Il y a ensuite "Tempo" qui vous propose un retour dans le temps pour atterrir à Woodstock. On s'y croirait presque. Inutile de préciser que Pako se surpasse une fois encore. Ce garçon est vraiment un guitariste hors pair d'une efficacité incroyable.  Nous voilà arrivé au grand moment de l'album. Le poème d'Antonio De Curtis récité par Francesco Paolantoni ouvre pour ce magnifique chant de tradition napolitaine "Zuoccole e Tammorre " qui virevolte et danse sur une tarentelle rock dont seul Osanna a le secret. La voix féminine que vous entendez n’appartient pas à n’importe qui. Fiorenza Calogero réalise un travail remarquable depuis de nombreuses sur la recherche et la mise en valeur des chants traditionnels du sud de l'Italie, et tout particulièrement de la région napolitaine. "Mare nostrum" arrive à point nommé pour secouer l'album. Il s'agit d'un rock très typé Osanna. Lino Vairetti ressort son harmonica, sa voix filtrée reprend en partie les paroles de "Il Diedro del Mediterraneo". Je vous recommande tout particulièrement le pont instrumental avec un solo de malade de Pako et un chorus de saxo de Saverio Giugliano qui se fond parfaitement dans l'ensemble.  "Caracalla '71" évoque évidemment le festival rock prog du même nom qui s''était déroulé à Rome en 1971.Voilà un titre qui devrait vous permette de bien finir l'album car son accès est immédiat et le riff principal s'impose de lui-même. Voilà qui rappelle aussi qu'il y a cinquante ans exactement sortait L'uomo, le premier album d'Osanna.

Sans atteindre à mon avis la magnificence de Palepolitana, Il Diedro del Mediterraneo dévoile une facette plus nostalgique d'Osanna mais fait honneur au groupe. Plutôt rock, folk ou pop, moi de toute façon, je suis fan absolu d'Osanna. En bref, Osanna sera toujours Osanna !

Le groupe : Lino Vairetti (chant, guitare acoustique, claviers), Irvin Vairetti (synthés, programmation, chant), Pako Capobianco (guitares), Enzo Cascella (basse), Gennaro Barba (batterie et percussion), Sasà Priore (claviers).

La tracklist  (vous pouvez écouter chaque titre en client sur son lien) :

1. Spirit
2. Il Diedro del Mediterraneo
3. Ti Ritroverò
4. L'Uomo del Prog
5. Tu
6. Signori della Terra
7. Tempo
8. Zuoccole, Tammorre e Femmene
9. Zuoccole e Tammorre
10. Mare Nostrum
11. Caracalla '71

le lien bandcamp du groupe Osanna


 

 

dimanche 28 novembre 2021

Il Testamento degli Arcadi

Voici le premier album de ce collectif créé en 2019, s'inspirant de la série télé de science-fiction du même nom. Le projet a vu le jour grâce une fois encore à Loris Furlan (Lizard Records) qui a mis en relation Pierpaolo Lamanna, l'auteur du concept, avec quelques artistes liés à Lizard Records, à commencer par Alessandro Seravalle (Garden Wall, Officina F.lli Seravalle etc...), le principal artisan de la partie musicale. Mais aussi Milo Furlan (Scarled), Gianluca Tassi (Black Jester, Moonlight Circus, Faveravola) et Mirko Baruzzo (Spirosfera, Anam) qui complétent le groupe. Sont également venus se joindre au projet : Mariano Bulligan au violoncelle, Simone d’Eusanio au violon et Lorenzo Giovagnoli (Odessa) qui joue des claviers et réalise les orchestrations. 

je laisse comme d'habitude la partie conceptuelle, ce n'est en général pas mon propos, et je passe à la partie musicale. De ce côté là, le résultat est varié pour ne pas dire hétérogène. Les dix morceaux sont un drôle de mélange entre rock industriel, prog sombre adouci par le violon miaulant de Simone d'Eusanio, psychédélisme barré et krautrock au souffle cosmique marqué par l'attirail d'instruments exotiques utilisé par Mirko Baruzzo. On retrouve bien là la patte fantasque et parfois dérangée d'Alessandro Seravalle. Lorenzo Giovagnoli est heureusement là pour donner un semblant de normalité au tout grâce à ses arrangements apparaissant en début et en fin d'album. Pour faire court, il vous faut imaginer une synthèse d'Iron Butterfly, d'Embryo, d'Amon Duul, de Goblin, de Van der Graaf Generator et du King Crimson période années deux mille. Pas facile hein ! Le tout donnant ce que Loris Furlan qualifie d'ethno-space-kraut. "Bergman" me semble un bon départ pour se faire malgré tout une idée générale de ce qui vous attend. A vous d'avoir la curiosité d'aller écouter le reste. Je pense que vous ne serez pas déçus.

Il Testamenti degli Arcadi : Alessandro Seravalle (guiatres, Mellotron, piano, synthés), Mirko Baruzzo (guiatre électrique, violon esrai, sarad, santur, tablas), Milo furlan (batterie, percussions), Gianluca Tassi (basse), Pierpaolo Lamanna (concept, paroles, direction artistique)

Avvec : Mariano Bulligan (violoncelle), Simone D'Eusanio (violon), Lorenzeo Giovagnoli (claviers et orchestrations).

La tracklist CD : 

  1. Un altro tempo, un altro luogo
  2. Mare imbrium I
  3. La missione dei Dariani
  4. Exodus I - il dominio del drago
  5. Bergman
  6. Exodus II - Il guardiano di Piri
  7. Phantasma (a) Fotosintesi Umana b) Forza Vitale c) Fine dell’Immortalità)
  8. Gli occhi di Tritone
  9. Mare imbrium II
  10. Exadus III - Terrarcadia

 La tracklist LP :

  1.  Un altro tempo, un altro luogo

  2. La missione dei Dariani
  3. Phantasma (a) Fotosintesi Umana b) Forza Vitale c) Fine dell’Immortalità)
  4. Bergman
  5. Sole nero
  6. Gli occhi di Tritone
  7. Mare imbrium
  8. Terrarcadia 

Vous pouvez écouter les titres surlignés.

Lable : Lizard Records

 

samedi 20 novembre 2021

Accordo dei Contrari : UR -

Voici le cinquième album, en déjà presque quinze ans, d'un groupe qui n'a jamais déçu. Car le nom d'Accordo dei Contrari est autant gage de qualité technique que de perfection esthétique. Même si la seule incursion en France des italiens date déjà de 2014, je crois me souvenir que ceux qui étaient présents cette année là au festival Crescendo ont été impressionnés par l'excellence de ce groupe qui est, à mon avis, encore meilleur aujourd'hui et supérieur dans sa formation actuelle. Je vous rassure tout de suite, UR - ne risque  pas de déroger à la règle.

Quand les musiciens de Bologne affirment qu'ils veulent juste faire une musique originale, ambitieuse et belle à la fois, ils sont parfaitement en phase avec leur objectif et en même temps en dessous de la vérité. De fait, la musique délivrée par Accordo dei Contrari est toujours aussi puissante mais également, il faut bien le dire, toujours aussi sophistiquée et exigeante. Le rapprochement avec un jazz rock fusion à la Mahavishnu Orchestra  semble tout à fait approprié voire carrément justifié si l'on met en parallèle  le morceau "Cosi respirano gli incendi del tempo "avec "Birds of Fire". Très loin, du côté italien, il y a également des accointances avec Area, en particulier celui de Arbeit Macht Frei, et plus récemment avec Deus Ex Machina, ce qui est plutôt un beau compliment. Mais pour moi, le groupe dépasse largement (heureusement) ce cadre trop restrictif pour se positionner sur une ligne artistique qui pourrait se trouver quelque part à mi chemin entre le meilleur Canterbury et l'Art Rock. "Tergeste" et "Secolo breve" en sont de remarquables exemples. Quand on sait que toutes les compositions sont exclusivement signées par le claviériste Giovanni Parmeggiani, il y a là de quoi tirer un grand coup de chapeau à ce musicien qui est, depuis le début, le véritable maître à penser de cette formation, accompagné du fidèle Marco Marzo aux guitares.  

Ce qui est sûr, c'est  que cet album est sans doute le meilleur à ce jour du groupe et comme je vous ai affirmé que les quatre autres albums étaient excellents, je dois m’expliquer : UR - fait la différence avec ses prédécesseurs d'une part, car il est porté par une inspiration  maximale constante, et d'autre part, car il ne souffre d 'aucune baisse de régime pendant ses cinquante trois minutes, ce qui relève quasiment de l'exploit compte-tenu de la densité du matériau sonore que fourni le groupe. Un must en quelque sorte !

Le groupe : Giovanni Parmeggiani (claviers) , Marco Marzo Maracas (guitares), Stefano Radaelli (sax alto), Cristian Franchi (batterie)

La trackist :
1. Tergeste
2 Cosi respirano gli incendi del tempo
3. Più limpida e chiara di ogni impressione vissuta (Part III)
4. UR -
5. Secolo breve
6. Contrari ad ogni accordo 
 

L'album est sorti le 19 novembre chez Cuneiform.











Le lien bandcamp du groupe : Accordo dei contrari


















dimanche 14 novembre 2021

Habelard2 : Copriferro Semantico

 

Sergio Caleca (Habelard2) continue son bonhomme de chemin. Pour son neuvième album, il s'est entouré d'un vrai groupe, ce qui n'est pas si fréquent avec ce musicien qui a plutôt l'habitude de tout faire lui-même. Nous parlons donc cette fois d'Habelard2 & Friends. Qui sont ces musiciens d'ailleurs ? Paolo Callioni, au chant, est le compère de Sergio Caleca dans le groupe Ad Maiora qui, au passage, n'a plus rien produit depuis 2016. Le guitariste, Ettore Salati, a un CV long comme le bras et est bien connu des progueux pour avoir été avec The Watch au début de ce groupe et aussi pour être régulièrement associé aux albums de Daal. Gabriele Manzini a fait aussi appel à lui pour son projet parallèle Archangel. Fabio Sereni enfin est le batteur de la bande. Copriferro Semantico est un album un peu différent au caractère hétéroclite. La raison en est simple : il s'agit d'une collection de morceaux composés sur une période de quarante ans dont cinq dont la toute première mouture date de 1979. Sergio Caleco a depuis retravaillé ces compositions, parfois en s'y reprenant à plusieurs reprises, pour aboutir à cet excellent résultat. Car, je le redis, je suis toujours surpris par la qualité constante  de la musique produite par ce musicien, à commencer par le magnifique dyptique "Muscle Inertia Part I & II" qui a quelque chose de Goblin sur les premières mesures avant de prendre un envol floydien. L'intérêt de cet album tient aussi dans le fait qu'à côté des instrumentaux drivés par Sergio aux claviers (sauf "Bifolky" qui est une combinaison de guitares et de bouzouki), il y a quelques belles chansons comme "How can I explain it?" et "Nothing more". "Lulluba" est à mettre à part car il s'agit vraiment d'une pièce étonnamment construite, que l'on qualifiera de prog pour simplifier et pour faire plaisir à tout le monde, en fait une longue tirade qui mute en mini suite symphonique qui me rappelle un certain Rick Wakeman. Quant à "There's no solution", c'est le morceau résolument rock de l'album et même s'il est très teinté années quatre vingt, il fait son petit effet. Pour en revenir aux instrumentaux, si nous avons déjà évoqué "Muscle Inertia" "Bifolky" et "Lulluba", il faut aussi parler d'une autre pièce remarquable, "Acquaragia". Il s'agit d'une composition d'une richesse assez incroyable qui mérite plusieurs écoutes pour réellement se l'approprier entièrement. La première partie écrite sur le même type de gammes que celles utilisées par Gentle Giant ne fait qu'augurer d'une suite passionnante, ce qui est effectivement le cas, Sergio ayant l'intelligence d'ouvrir ensuite complètement le morceau. Le titre éponyme clôt l'album en une longue séquence planante de ME, proche de Tangerine Dream, bien agréable avec ces belles sonorités mélangées d'Elka Rhapsody, de synthé Davoli et de Syntorchestra Farfisa.
Cette musique mériterait évidemment plus de moyens et une meilleure production mais en l'état il s'agit déjà d'un très bon album qu permet à Sergio Caleca de garder la main et à l’auditeur de passer un bon moment, en attendant le retour de Ad Maiora ! (je suis têtu, je sais !)
 

La tracklist :
 
1. Muscle Inertia, part1
2. How can I explain it ? 
3. Bifloky
4. Acquaragia
5. Muscle Inertia, part 2
6. Nothing more 
7. Lulluba
8. There's no solution
9. Carosello
10. Crank
11. Copriferro Semantico

Contacts :
habelard2.altervista.org
habelard2.bandcamp.com


lundi 8 novembre 2021

Rovescio della Medaglia : La Bibbia (50th Anniversary)

Après le projet des 50 ans de Caronte porté à bout de bras par Pino Sinnone le batteur de The Trip, voici l'album des 50 ans de La Bibbia, le premier 33 tours d'Il Rovescio della Medaglia sorti en...1971 ! Si The Trip l'a fait, il n'y a pas de raison qu'Il Rovescio della Medaglia ne fasse pas pareil. Il se trouve  que les deux groupes se sont produits au Veruno cette année. Pour The Trip, pas de problème, Pino Sinnone a fait le show malgré ses soixante dix neuf ans. Pour Il Rovescio della Medaglia, le groupe était en place et le concert était grandiose mais j’avoue avoir été assez inquiet pour. Enzo Vita qui semblait absent, n'intervenant que très peu à la guitare électrique et laissant l'essentiel des parties de guitare, solo compris, au jeune Davide Pepi, au demeurant excellent. Revenons au groupe actuel. En vingt ans, Enzo Vita nous a sorti du chapeau au moins trois formations différentes portant le nom d'Il Rovescio della Medaglia (il avait même recruté Ranestrane en backing band il y a quelques années). il est donc légitime de se demander ce que vaut cette nouvelle mouture. Il y a d'ailleurs eu encore des mouvements de personnel dans le groupe depuis la sortie, pourtant récente (novembre 2020), du live Contaminazione 2.0. Au passage, Enzo Vita n'avait pas attendu le jubilé (et oui, un jubilé c'est cinquante ans, vous aurez au moins appris quelque chose à la lecture de cette chronique) de Contaminazione sorti en 1973, pour le reprendre intégralement en concert et en proposer une version enregistrée en public.

A l'écoute de l'album, il faut reconnaître que, un peu comme Pino Sinnone avec The Trip 2021, Enzo Vita a trouvé globalement la bonne formule. Seul le chant me semble un peu en retrait par rapport à celui de Pino Ballarini mais il faut être lucide, difficile de se hisser au niveau de Ballarini même cinquante ans après. Pour le reste ces musiciens connaissent leur affaire et impriment une belle modernité à l'ensemble de ces reprises tout en gardant le côté symphonique, sans doute même encore mieux mis en valeur. Mieux, la musique d'Il Rovescio della Medaglia retrouve la puissance et la hargne qui faisaient sa renommée à la grande époque. Les morceaux sont tous des brûlots compacts, de véritables missiles de heavy rock qui prouvent qu'Il Rovescio della Medaglia était largement en avance sur la nouvelle vague du heavy metal, la démesure baroque et la classe en plus ! 

Donc je ne vais pas faire le fine bouche. Cet album est une bonne surprise et les nouvelles interprétations des six titres de La Bibbia rendent hommage à leurs lointains prédécesseurs.

 

Le groupe : Enzo Vita (guitares), Andrea Castelli (basse), Nicola Costanti (claviers, chant), Davide Pepi (guitares), Marco Pisaneschi (batterie)


Le label : Jolly Roger Records

 

La trackist :

 1. Nothingness (Il Nulla)

  2. La Creazione

  3. L'Ammonimento

  4. Sodoma XY

  5. Il Giudizio

  6. The great flood (Il Diluvio)

  7. The creation (CD Bonus track - English Lyrics)

  8. The warning (CD Bonus track - English Lyrics)

  9. Judgment day (CD Bonus track - English Lyrics)                                        

dimanche 7 novembre 2021

Tony Pagliuca : Rosa Mystica

Découvrez le dernier album de Tony Pagliuca en cliquant sur ce lien

Même s'il n'a pas besoin d’être présenté, je rappelle juste que Tony Pagliuca est le clavier historique de Le Orme, membre fondateur:du groupe qu'il a quitté il y a maintenant bien longtemps et créateur en grande partie des pièces les plus prog des albums Collage, Uomo di Pezza et Felona e Sorona.  

Il a commencé sa carrière solo en 1990 avec l’album Io chiedo. Il a ensuite sorti Immagin'Arie en 1993, Re-collage (avec David Jackson) en 2004,  Après-Midi en 2010 et Canzone d'Amore en 2018. En gros, il prend son temps.

Cette fois, il propose un album qui est l'expression d'une recherche personnelle et intérieure que l'on peut qualifier de mystique. Ce la permettra de mieux comprendre le style de musique qui nous attend.

Pour enregistrer Rosa Mystica il a collaboré avec le regretté Maestro Vittore Ussardi. Les voix sont assurées par Elisabetta Montino (Quanah Parker) et Andrea Saccoman. Tony Pagliuca tient bien sûr les claviers, Giuseppe Vio est à la guitare, Alberto Pagliuca au ukulélé et Paolo Vianello à la batterie.

 

 

 

 

 

dimanche 24 octobre 2021

L'Equilibrio


En attendant des morceaux originaux, nous allons garder un œil sur ce projet qui revendique une inspiration directement tirée d'un concept album, enregistré par Le Orme en 1973, qui a effectivement marqué pour toujours le prog italien : Felona e Sorona. Le groupe a d'ailleurs choisi pour nom un des morceaux emblématiques de ce disque.

En écoute pour l'instant ces deux très belles reprises :

Sospesi nell'incredibile

L'equilibrio


lundi 18 octobre 2021

Alessandro Corvaglia : Out Of The Gate

Est-il encore nécessaire de présenter Alessandro Corvaglia, une des voix incontournables du prog italien contemporain ? Chanteur pour La Maschera di Cera, Höstsonaten et Delirium, Alessandro a également participé à de nombreux projets, Narrow Pass, il y a déjà longtemps, ou Il Giardino Onirico plus récemment. 
Pendant toutes ces années (2006/2020), Alessandro a pris son temps pour accumuler son propre matériel musical. Out of the Gate ne doit donc rien au hasard et est le fruit d'une longue gestation. Le résultat très réussi le démontre amplement.
Alessandro a réalisé un album abouti qui lui ressemble. Toutes ses influences sont bien présentes, à commencer par celle du Marillion de Fish  mais également celle de Fish en solo ("Promised land", "White ghosts"). Alessandro n'a pas été pour rien le chanteur de Mr Punch pendant des années ! Mais on aura aussi l'occasion de croiser l'ombre de Genesis ("The night of the eyes") ou plus imprévue celle d'Unitopia ("Preaching on line") sur cet album. Rien de vraiment étonnant pour qui connaît le bonhomme. Par contre la présence de Gordon Giltrap au travers de deux morceaux, dont l'inédit "12 towers" offert à Alessandro, est beaucoup plus inattendue mais tout à fait charmante, et se fond parfaitement dans l'ensemble. Nous sommes bien sûr assez loin du prog italien classique, seul "Where have I been?" pourrait y être facilement assimilé avec un chant en italien. Ce n'est pas le cas, ce qui n'empêche pas ce morceau, tout en retenu, traversé par la flûte aérienne de Raffaela Izzo, d'être lui aussi magnifique.
L'élément vraiment intéressant de cet album, et qui fait vraiment la différence, est la large place laissée aux parties instrumentales qui fait que Out of the Gate est bien l’œuvre d'un musicien complet qui maîtrise son sujet et non seulement d'un chanteur qui veut se faire plaisir. Les instrumentaux ("The night of the eyes", "And the Lady came in") sont bien évidemment là pour le démontrer mais la deuxième partie de l'épique final de presque douze minutes ("Out of the Gate") ne laisse aucun doute sur la vision réellement progressive d'Alessandro pour sa musique.  
La longue liste de musiciens qui ont accompagné Alessandro dans son projet au long cours démontre également à quel niveau il est apprécié dans le milieu du RPI. Comment pourrait-il en être autrement d'ailleurs ! Alessandro est un artiste à la fois tellement chaleureux, sensible et attachant. A cet égard, "Vision", présenté dans un format très dépouillé et sobre, illuminé par la voix céleste de Raffaella Izzo en appui de celle d'Alessandro, est peut-être la chanson qui colle le mieux au personnage d'Alessandro. Il s'agit pourtant d 'un morceau de Peter Hammill tiré de l'album Fool's mate.
Out of the Gate n'est pas réservé aux seuls fans du prog italien. C'est un album œcuménique par essence qui a, au contraire, tout pour plaire au plus grand nombre. Du moment que vous êtes un vrai amoureux du prog, vous pouvez sans problème y trouvez votre bonheur, alors ne vous en privez pas! 

Les musiciens présents sur cet album : Alessandro Corvaglia, Martin Grice (saxo sur "Promised Land"), Andrea Orlando, Mark Cunningham, Marcella Arganese, Daniele Sollo, Stefano Avigliana, Emanuele Telli, Dariush Hakim, Ettore Mazzarini, Massimo Moscatelli, Filippo Bagnoli, Maurizio Fiaschi, Mauro Sabbione, Matteo Nahum, Raffaella Izzo (chant, flûtes), Cesareo, Gordon Giltrap.

La tracklist :
1. Promised land
2. The night of the eyes
3. Preaching on line
4. ... and the Lady came in
5. White ghosts
6. Vision
7. A deed within a dream
8. Where have I been?
9. 12 towers
10. Out of the Gate 
  

dimanche 10 octobre 2021

Premiata Forneria Marconi : hosognatopecorelettriche (recensione in italiano)

Per la seconda volta consecutiva, la grande etichetta prog tedesca Inside Out distribuisce il nuovo album della Premiata Forneria Marconi. La gestione di Iaia de Capitani è sicuramente ancora efficiente come sempre. Si chiama hosognatopecorelettriche, I Dreamed of Electric Sheep nella sua versione inglese, e ovviamente si riferisce a Blade Runner, ma non ci occuperemo nemmeno di questo.Sono disponibili due edizioni, una in italiano e l'altra in inglese. Per quest'ultimo, è ancora Marva Marrow che si è occupata della traduzione e dell'adattamento dei testi. Ancora una volta l'album viene proposto in CD ma anche in vinile, proprio come ai vecchi tempi. Comprende dieci brani di cui tre formidabili strumentali. "Mondi Paralleli" apre l'album in una modalità sinfonica e un trattamento orchestrale che fanno credere all'ascoltatore in un ritorno alla PFM in Classico di Da Mozart - A Celebration nel 2013. Questo brano è un killer con Marco Sfogli che fa un vero festival sulla chitarra elettrica. La coppia "Transumanza" / "Transumanza jam" lo chiude magistralmente, "Transumanza jam" essendo una lunga cavalcata.mescolando allegramente hard rock, jazz rock e funk, con un tono allegro il più gioioso possibile. Tra questi due estremi, siamo molto su un formato di canzone ma il gruppo mostra una certa vitalità che permette di avere momenti molto belli con voli regolari che sono certamente brevi ma sempre graditi. Nel genere, "Umani Alieni" è sicuramente il titolo di maggior successo. Tuttavia, ci vuole un po' di pazienza perché la canzone inizia davvero dopo averne suonata la prima metà. Possiamo ovviamente rimanere scettici sul lato sciropposo di "Ombre amiche" o sull'interesse di un titolo come "AtmoSpace" al limite dell'irrilevante. Nel genere preferisco di gran lunga il ritmato e orecchiabile "Mr Non Lo So" che non spezza tre zampe d'anatra ma che è un piacere da ascoltare con un ponte centrale che decolla davvero e un ritornello di violino millimetrico pronunciato dall'indispensabile Lucio Fabbri. Infine c'è il caso "Il Respiro del Tempo" che ascoltiamo chiedendoci se questo tipo di inno vagamente incantatorio, che mescola sapientemente folk celtico e folk mediterraneo su uno sfondo di ritmi programmati, non esca effettivamente da un album di Premiata Forneria Marconi. Non che la traccia sia intrinsecamente sgradevole, ancora una volta, solo che potrebbe essere stata registrata da qualsiasi smart band.

Disco molto diverso da Emotional Tattoos , hosognatopecorelettrichecomprende più sequenze suonate e più passaggi lasciando spazio agli strumenti, principalmente le tastiere con sonorità spesso vintage ma anche la chitarra con gli accenti hard/metal di Marco Sfogli. In breve, è ancora più prog del suo predecessore. E' anche l'occasione per incontrare alcuni musicisti di grande talento, con in primis Flavio Premoli, l'ex compagno che tanto manca alla Premiata Forneria Marconi, presente nell'ultimo pezzo, “Transumanza Jam”. Gli altri ospiti sono Ian Anderson (Jethro Tull), Steve Hackett (Genesis) e Luca Zabbini, il talentuoso leader dei Barock Project, fan incondizionato di Flavio Premoli appunto, che è infatti molto presente alle tastiere in questo album (ma non ha detto niente).

Ovviamente lontano anni luce dalla PFM di Storia di un minuto , dell'Isola di Niente e ancora da Stati di Immaginazione , hosognatopecorelettriche è comunque un album interessante che è stato pensato e prodotto con l'idea di iscriversi in toni contemporanei ("La Grande Corsa", "Pecore Elettriche") ma anche con la preoccupazione di non cedere alla tentazione di rifare quanto già fatto in passato dalla PFM. Almeno su questo punto, il contratto è rispettato. Per il resto, sta a tutti risolverlo.
 
 
Il gruppo : Franz Di Cioccio, Patrick Djivas, Marco Sfogli,Luccio Fabbri, Alessandro Scaglione, Alberto Bravin 
Ospiti : Ian Anderson, Steve Hackett, Flavio Premoli, Luca Zabbini
 

Tracklist :

1. Mondo Paralleli
2. Umani Alieni
3. Ombre Amiche
4. La Grande Corsa
5. AtmoSpace
6. Pecore Elettriche
7. Mr. Non Lo So
8. Il Respiro Del Tempo 
9. Transumanza 
10. Transumanza Jam

Premiata Forneria Marconi : hosognatopecorelettriche (revue)

 
 
Pour la deuxième fois consécutive, c’est le gros label prog allemand Inside Out qui assure la distribution du nouvel album de Premiata Forneria Marconi. Le management de Iaia de Capitani est décidément toujours aussi efficace. Il s'intitule hosognatopecorelettriche, I Dreamed of Electric Sheep dans sa version anglaise, et fait bien sûr référence à Blade Runner, mais on va pas en faire des caisses non plus là dessus. Deux éditions sont proposées, une en italien et l’autre en anglais.  Pour cette dernière, c’est à nouveau Marva Marrow qui s’est chargée de la traduction et de l’adaptation des paroles. Une fois encore, l’album est proposé en CD mais aussi en vinyle, comme au bon vieux temps. Il comprend dix morceaux dont trois formidables instrumentaux. « Mondi Paralleli » ouvre l’album sur un mode symphonique et un traitement orchestral qui font croire à l'auditeur à un retour au PFM in Classic de Da Mozart - A Celebration en 2013. Ce morceau est une tuerie  avec Marco Sfogli qui fait un vrai festival à la guitare électrique. La paire «Transumanza» / «Transumanza jam» le referme magistralement, «Transumanza jam» étant une longue cavalcade mélangeant allègrement hard rock, jazz rock et funk, avec un ton enjoué réjouissant au possible.  Entre ces deux extrémités, nous sommes  beaucoup sur un format chansons mais le groupe fait preuve d'une certaine vitalité qui permet de passer de très bons moments avec régulièrement des envolées certes courtes mais toujours bienvenues. Dans le genre, "Umani Alieni" est sûrement le titre le plus réussi. Il demande toutefois un peu de patience car le morceau démarre vraiment après en avoir passé la première moitié. On pourra bien sûr rester dubitatif sur le côté sirupeux de "Ombre amiche" ou sur l'intérêt d'un titre comme "AtmoSpace" à la limite du hors sujet. Dans le genre, je préfère de loin le rythmé et entraînant "Mr Non Lo So" qui ne casse pas trois pattes à un canard mais qui fait plaisir à entendre avec un pont central qui décolle vraiment et un chorus de violon millimétré délivré par l’indispensable Lucio Fabbri. Enfin il y a le cas "Il Respiro del Tempo" que l'on écoute en se demandant si cet espèce d'hymne vaguement incantatoire, mélangeant habilement folk celtique et folk méditerranéen sur fond de beats programmés, sort bien d'un album de Premiata Forneria Marconi. Pas que le titre soit désagréable en soi, une fois encore, juste qu'il pourrait avoir été enregistré par n’importe quel groupe un tant soit peu malin.
Disque très différent de Emotional Tattoos, hosognatopecorelettriche comprend plus de séquences jouées et plus de passages laissant de l’espace aux instruments, principalement les claviers aux sonorités souvent vintage mais aussi la guitare aux accents hard/métal de Marco Sfogli. En un mot, il est quand même plus prog que son prédécesseur. Il est aussi l’occasion de retrouver quelques musiciens de grand talent, avec en premier lieu Flavio Premoli, l’ancien compagnon qui manque tant à Premiata Forneria Marconi, présent sur le dernier morceau, « Transumanza Jam ». Les autres invités sont Ian Anderson (Jethro Tull), Steve Hackett (Genesis) et Luca Zabbini, le leader surdoué de Barock Project, fan inconditionnel de Flavio Premoli justement, qui est en fait très présent aux claviers sur cet album (mais je ne vous ai rien dit).   
Évidemment à des années lumières du PFM de Storia di un minuto, de l'Isola di Niente et encore de Stati di Immaginazionehosognatopecorelettriche n'en est pas moins un album intéressant qui a été pensé et réalisé avec l’idée de s’inscrire dans des tonalités contemporaines ("La Grande Corsa", "Pecore Elettriche") mais aussi avec le souci de ne surtout pas céder à la tentation de refaire ce que la PFM a déjà fait dans le passé. Au moins sur ce point, le contrat est rempli. Pour le reste, à chacun de faire le tri.


Le groupe : Franz Di Cioccio (chant, batterie), Patrick Djivas (basse, claviers), Marco Sfogli (guitares, chœurs), Lucio Fabbri (violon, chœurs), Alessandro Scaglione (claviers, piano, chœurs) , Alberto Bravin (claviers, guitare, acoustique, chœurs).
Invités : Ian Anderson (flûte), Steve Hackett (guitare électrique), Flavio Premoli (Minimoog), Luca Zabbini (orgue Hammond, piano, Minimoog)
 

La Tracklist :

1. Mondo Paralleli
2. Umani Alieni
3. Ombre Amiche
4. La Grande Corsa
5. AtmoSpace
6. Pecore Elettriche
7. Mr. Non Lo So
8. Il Respiro Del Tempo 
9. Transumanza 
10. Transumanza Jam


 


dimanche 3 octobre 2021

Stefano "Lupo" Galifi : Dei Ricordi, un museo

FR : Dei ricordi, un museo est donc le premier album solo d'un jeune homme de plus de soixante dix ans qui est un véritable mythe dans le prog italien. Car Stefano "Lupo" Galifi (puisqu'il s'agit de lui) a été le chanteur du groupe légendaire Museo Rosenbach qui a sorti en 1973 Zarathustra. Cet album fait consensus et est considéré comme un des dix meilleurs albums du rock progressif italien. Près de trente après, Stefano est revenu sur scène et en studio avec un autre groupe essentiel du prog italien,Il Tempio delle Clessidre avant de reformer Museo Rosenbach pour d'abord réenregistrer Zarathustra live en studio (2012) avant d’enregistrer un nouvel album, Barbarica en 2013. Depuis, nous avions l'habitude de voir Stefano se produire en invité avec d'autres artistes et groupes mais on le rencontrait aussi régulièrement devant une scène, surtout du côté de la région ligure lors de concerts prog. Mais l'homme avait depuis longtemps dans un coin de sa tête d'exprimer en musique ses idées et de remettre en lumière quelques vieux souvenirs.  En juillet 2020, Stefano a finalement franchi le pas. Il a contacté des musiciens et compositeurs que nous connaissons bien, qui forment une vraie troupe de guerriers du prog autour de lui et l'album a été mis en chantier. Les paroles ont été prises en charge par Gabriele Guidi Colombi (La Coscienza di Zeno, Not a Good Sign) qui tient aussi la basse. Luca Scherani (La Coscienza di Zeno, Höstsonaten) s'est occupé de toute la musique (compositions, mélodies, arrangements). Il assure bien sûr toutes les parties de claviers et joue aussi de la flûte. Marcella Arganese (Ubi Maior, Mr. Punch, Archangel) est aux guitares mais elle a aussi co-composé avec Lupo le titre "Dei ricordi, un museo". La formation est complétée par Folco Fedele à la batterie (que l'on a connu avec Panther & C.) ainsi que par Alessio Calandriello (La Coscienza di Zeno, Not a Good Sign) et Irene Spina sont aux chœurs. Vous aurez compris qu'il s'agit presque d'une réunion de famille du prog ligurien ! (j'ai écrit presque car il y un ou plutôt une intruse. Cherchez bien, c'est votre énigme du jour - LOL).

Pour les vieux grincheux (il y en a un paquet dans le prog), qu'ils se rassurent, la présence de ces musiciens est la garantie d'avoir affaire à un album de prog rock contemporain. Ce qui est bien le cas je vous le confirme avec en outre une véritable osmose qui s'est faite entre la musique créée pour l'occasion par Luca Scherani et la voix toujours aussi puissante et caractéristique de Stefano "Lupo" Galifi. Il y a quelques voix qui me retournent dans le prog italien à chaque fois que je les entend et celle de Lupo en en bonne place dans ce panthéon personnel. Vous imaginez donc mon bonheur sans limite aujourd’hui.

Avec cet album, une longue séquence se termine pour Stefano et comme il le dit lui-même "avant de clôturer un chapitre de sa vie et d'en commencer un autre, il faut ouvrir et ranger nos tiroirs intimes, un peu comme si l'on mettait de l'ordre dans son musée personnel ", Dei Ricordi, un museo !   

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IT (testo promo AMS) :  Dei ricordi, un museo è il primo vero album solista di Stefano "Lupo" Galifi, voce dei leggendari Museo Rosenbach, autori nel 1973 di Zarathustra, tra i massimi capolavori del Rock Progressivo Italiano. Tornato a calcare numerosi palchi e studi di registrazione negli ultimi anni come cantante de Il Tempio delle Clessidre e dei riformatisi Museo Rosenbach, nonché ospite e collaboratore di numerosi artisti della scena prog tricolore, Stefano ha finalmente trovato occasione di riordinare desideri, riflessioni e ricordi e di esprimere ancora una volta tramite la musica i propri pensieri. Un ciclo si chiude, e prima di aprirne un altro è necessario riorganizzare ed aprire i cassetti del proprio essere per riporre le proprie risposte, come in un 'museo esistenziale' che chiunque possiede.

Per la realizzazione di questo obiettivo Lupo si è avvalso della collaborazione di affermati musicisti e compositori che molti appassionati del genere sapranno riconoscere, a partire da Luca Scherani (La Coscienza di Zeno, Höstsonaten) il quale ha accolto l'invito con entusiasmo, immaginando le melodie e le musiche adatte alla potenza espressiva della voce di Stefano. I testi sono stati affidati a Gabriele Guidi Colombi (La Coscienza di Zeno, Not a Good Sign), parole ermetiche che interpretano il desiderio di riordinare quanto accumulato nel magma esistenziale di una vita. Completano la formazione Marcella Arganese (Ubi Maior, Mr. Punch), co-autrice della title-track che ripercorre il passato musicale di Lupo, e Folco Fedele, batterista professionista conosciuto in più ambiti oltre alla sua collaborazione con l’ensemble genovese dei Panther & C.

Dei ricordi, un museo è un album di moderno prog-rock in cui, grazie all'impronta stilistica dei musicisti coinvolti e alla voce, ancora oggi incredilbimente cristallina ed intensa, di Stefano Galifi, riecheggiano le sonorità dell'età dell’oro di quel progressive italiano di cui lo stesso Lupo è da sempre figura fondamentale.

Les musiciens : Stefano Lupo Galifi (chant et chœurs), Luca Scherani (piano, claviers, flûte, programmations), Marcella Arganese (guitares électriques et acoustiques), Gabriele Guidi Colombi (basse), Folco Fedele (batterie)


La tracklist:
1.Cuore ("dei ricordi, un museo" parte 1)
2.La morale cede
3.La stanza e l'angolo
4.Dei ricordi, un museo parte 2
5.Le due linee gemelle
6.Sterile
7.L'amante ("dei ricordi, un museo" parte 3)

 Le teaser sur YT (vous avec juste à cliquer sur la ligne soulignée pour écouter)

A ce sujet Marcella Arganese est la créatrice du teaser et de tout le graphisme de l'album.

Le lien pour acheter le CD  à partir du 8 octobre 2021 : BTF.IT AMS Records

 

vendredi 1 octobre 2021

Antiche Pescherie nel Borgo : Si no sabir...tazir !


Avec son autre groupe, Consorzio Acqua Potabile, Maurizio Venegoni nous a toujours habitué à chaque sortie de disques à des éditions limitées sortant à chaque fois de l'orinaire. Mais là, pour le premier album de sa nouvelle formation, Antiche Pescherie nel Borgo, il s'est surpassé. Car cette fois l'édition limitée est non seulement insolite mais carrément luxueuse et pour tout dire précieuse. Dans la catégorie des sorties vinyles récentes, c'est sans doute le plus bel objet proposé aux collectionneurs depuis bien longtemps. Jugez plutôt : la pochette est en fait un poisson (une daurade royale) plus vrai que nature dans lequel sont insérés le vinyle et un livret de 80 pages présentant le groupe, ses membres et racontant l'histoire du concept (celle des boutiques des pêcheurs dans le vieux Venise d'il y a plusieurs centaines d'années), le tout avec des photos et des illustrations polychromes, représentant aussi une vraie compilation de documents historiques. Pour ajouter à la rareté, l’édition vinyle est limitée à 199 exemplaires, numérotés bien sûr. Le souci du détail a même été porté jusqu'à prévoir un support pour que le poisson puisse être posé à la verticale sur sa tranche. Le livret de la version CD est un peu différent mais réalisé sur le même modèle et aussi beau.  Enfin si vous voulez tout savoir, le titre de l'album Si no sabir...tazir ! évoque, le sabir, la langue parlée à l'époque ancienne (du XVIème au XVIIIème environ) par les marins, les pêcheurs et les dockers de Venise, qui était en fait un parler vénitien enrichis de mots génois, arabes, portugais, grecs, turcs et même scandinaves. Le sabir (savoir en arabe) était donc une forme d’espéranto avant l'heure. "Si no sabir tazir !" signifie littéralement : "si vous ne parlez pas le sabir, taisez-vous !".     

Ce projet a mis plusieurs années pour mûrir et aboutir. Pour être précis, il date de 2016 et de la première collaboration effective de CAP avec Alvaro Fella, le chanteur de Jumbo, qui avait donné l'album Coraggio e Mistero. Maurizio et Alvaro ont ensuite eu envie de continuer l'aventure ensemble. Les deux années suivantes ont permis de mettre sur pied le nouveau groupe, de travailler sur le concept et d'élaborer les premiers morceaux. Le 1er juin 2018, nous étions quelques uns à assister à la première performance en public d'Antiche Pescherie nel Borgo (APnB) à la FIM de Milan, ce que Maurizio Venegoni a appelé "la naissance sur les fonts baptismaux".  Ce soir là, j'ai même fait le roadie (il faut savoir donner de sa personne !).

Le groupe que Maurizio Venegoni a réuni autour de lui est constitué d'une belle brochette de musiciens irréprochables. On ne présente plus bien sûr le lion de Milan Alvaro Fella et son compère de Jumbo, Dario Guidotti, maître es instruments à vent. Enrico Venegoni, déjà présent sur la dernière période de CAP, est désormais le clavier alter ego de Maurizio et il y a à l'évidence une grande complicité entre eux deux qui dépasse la dimension familiale. Augusto Gentili est un bassiste hors norme (mais aussi un spécialiste - et pratiquant - des instruments de musique bretons comme la bombarde !). Le batteur Massimiliano Varotto est d'une efficacité redoutable. Enfin je regrette déjà le départ de Paolino Doria tant il s'était imposé à la guitare électrique avec son style explosif (bienvenu au passage à Luca Musso, son remplaçant).

Avant d'attaquer la partie purement musicale, il est également indispensable de savoir que Maurizio Venegoni a eu l'idée de reprendre des morceaux existants de groupes prog du monde entier (parfois peu connus). Il s'en est servi comme bases pour les retravailler, les arranger et les développer afin d'en proposer à chaque fois une version totalement nouvelle adaptée et compatible avec la ligne musicale directrice choisie pour l'album. Bien sur les artistes concernés ont été informés en amont et ont tous donné leur accord pour une utilisation libre de leur morceau. L'opener "Corte Sconta (detta Arcana" est la reprise du titre d'Eloy "Illuminations" extrait de Colours (1980). La version de APnB permet de rentrer immédiatement dans le vif du sujet et d'embarquer l'auditeur dans un univers excessivement énergique et expressif. "Tocheti pocheti" est une adaptation du morceau d'inspiration médiévale "En superbô" du groupe français Minimum Vital (album Capitaines, 2008). APnB en fait un pur joyau d'une grande délicatesse et les interventions de Dario Guidotti au sax alto y sont évidemment pour beaucoup. Le lien est d'ailleurs tout trouvé avec "Sorisu nel vedru (por l'homo feliz)" qui est en fait un étonnant croisement réussi entre la célébration celtique des premières neiges  du Breton Ronan Le Bars ("An erc'h kentan") et l'instrumental "Service with a Smile" des Américains de Happy The Man. Alvaro Fella est juste énorme sur ce titre dont la puissance contenue n'en est que plus efficace. "Il mio nome è Lemuel" est une composition co-écrite par Enrico et Maurizio Venegoni. Elle était prévue au départ pour faire partie d'un des projets des Samuraï of Prog de Marco Bernard. Cela ne s'est pas fait. Dommage pour les S.O.P., tant mieux pour nous car il s'agit d'un réel épique à rebondissement, remarquablement attachant et doté d'un final à couper le souffle. "4tro" a été composée par Maurizio Venegoni en pensant à David Crosby. Ne cherchez pas autre chose qu'une inspiration du moment. Alvaro n'est pas David Crosby. En tout cas, c'est un beau moment cool marqué par un court chorus de Paolino Doria et un  solo de saxo de Dario Guidotti qui tient l’auditeur un long moment en haleine. "Biancomagno" est à l'origine un morceau du groupe argentin El Reloj ("Harto Y confundido" sur l’album El Reloj, 1976). On retrouve bien le côté rugueux presque sauvage de l'original. Alvaro n'a pas beaucoup à forcer sa nature sur ce titre qui flirte avec le hard prog et dont la longue section centrale instrumentale n'en finit pas de nous ravir. C'est tout pour le vinyle. Le CD comprend deux titres en plus. "Bhairavi - Profumi d'Oriente" est signé par Augusto Gentili, le bassiste d'APnB et évoque effectivement des parfums d'Orient très typés. Ce titre me rappelle ce qu'a fait Le Orme sur La Via della Seta. "Tomba masso poeta E..." est à l'origine une vieille chanson du groupe irlandais Mellow Candle, l'élégante "Boulders on my grave" tirée de l'album Swaddling Songs (1972). Une fois encore APnB se l'approprie et la fait sienne. 

"Faire du neuf avec du vieux"  pourrait être la devise de cet album. C'est d'ailleurs devenu aujourd'hui un phénomène de société dans tout ce qui touche à la mode et à la décoration. Mêler le vintage et le moderne est très tendance Alors pourquoi pas dans le rock progressif ! Mais il ne suffit pas de vouloir appliquer une recette, encore faut-il faire preuve de savoir-faire. Ici l'exercice de reprises de compositions d'autres groupes est réussie car il s'agit avant tout d'une appropriation totale sans la moindre concession à l'original. A partir de l'instant où APnB rentre dans un de ces morceaux, le groupe joue sa propre participation en totale liberté, en se lâchant complètement. La trame de départ n'est en fait plus qu'un prétexte, une clé en quelque sorte pour avancer vers une création entièrement nouvelle. Pour certains de ces groupes, d'autres titres ont d'ailleurs à un moment été envisagés. A l'arrivée, nous avons, non pas un album de reprises, mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, un ensemble homogène de pièces originales s'emboitant parfaitement les unes dans les autres avec une unité de ton et une signature nettement identifiable, celle de groupe APnB, qui, il faut bien le reconnaître est très proche de celle du Consorzio Acqua Potabile de Coraggio e Mistero. Ce type d'exercice, assez fréquent dans le jazz, est une nouveauté dans le prog où l'on se contente le plus souvent  soit de faire une cover à l'identique, soit d'insérer quelques citations exogènes dans un titre. 

Ce disque est à l'image de son principal démiurge : généreux, expansif et débordant d'énergie positive. Il y a de l'album de l'année dans l'air ! C'est moi qui vous le dit.

Les musiciens : Paolino Doria (guitares), Alvaro Fella (chant), Augusto Gentili (basse, contrebasse 6 cordes), Dario Guidotti (flûte, saxophone, chant), Massimiliano Varotto (batterie), Enrico Venegoni (claviers : piano, Mellotron M4000D, mini Moog, orgue Zarenbourg Waldorf, synté Phatty), Maurizio Venegoni (claviers : orgue Hammond XK3C, mini Moog, synthé Crumar DS2),


La tracklist :

  1. Corte Sconta (detta Arcana)
  2. Tocheti - Pocheti
  3. Soriso nel vedru (por l'homo feliz)
  4. Il mio nome è Lemuel
  5. 4tro
  6. Biancomagno (O parole di pesce)
  7. Bhairavi -Profumi d'Oriente (CD bonus track)
  8. Tomba masso poeta E... (CD bonus track)


samedi 25 septembre 2021

Arthuan Rebis : Sacred Woods (recensione in italiano)

 
Arthuan Rebis è lo pseudonimo di Alessandro Arturo Cucurnia. Polistrumentista, suona diversi tipi di arpa, ma anche chitarra classica, bouzouki, cornamusa, flauto, tastiere, percussioni e tutta una serie di strumenti esotici. È un compositore, ingegnere del suono, concertista internazionale e naturalmente un musicista freelance che crea le sue opere. Fa parte di progetti come IN VINO VERITAS, Antiqua Lunae e The Magic Door, ogni volta con la stessa propensione ad offrire uno spettro musicale molto aperto. L'universo musicale di Arthuan Rebis è composto da una moltitudine di influenze provenienti dall'Oriente come dall'Occidente: musica medievale, tradizionale, barocca, pagana, folk, new age, celtica. Le scale utilizzate provengono dall'India, dalla Mongolia, dalla Cina, dalla regione mediterranea e dal folklore nordico e celtico. Questo melting pot musicale sembra improbabile eppure funziona per la semplice ragione che Arthuan Rebis padroneggia la sua arte al livello di Alan Stivell. Se cito Stivell è perché questi due musicisti hanno un approccio artistico molto vicino e hanno in comune questa apertura mentale unica verso le diverse culture musicali del mondo con questa volontà di proporre un'assimilazione fedele, mai distorta o snaturata. Ecco perché non parlo di World Music! È essenziale sottolineare che tra i grandi strumentisti presenti al fianco di Arthuan Rebis, troviamo Vincenzo Zitello, l'arpista italiano di fama mondiale che ha imparato direttamente da Alan Stivell. Vincenzo Zitello accompagna Arthuan Rebis in tutti i suoi progetti. E conoscendo il rigore di Zitello questo è davvero un riconoscimento tra due grandi musicisti che suonano nella stessa corte.
Sembra essere un luogo comune dire che ascoltare Sacred Woods è un cambio di scenario. Tuttavia, questo è davvero il caso e, soprattutto, è uno dei punti di forza di questo album che sposta costantemente i paradigmi e fa viaggiare l'ascoltatore da un universo all'altro senza mai sentire una pausa. Al contrario, sembra esserci un filo invisibile che collega le nove tracce. L'impercettibile è un elemento essenziale del tutto.
Arthuan Rebis è molto più di un artista proteiforme, è uno di quei rari musicisti alchimisti, creatori di opere uniche e preziose che costituiscono anelli indispensabili nel genoma musicale universale. Sacred Woods è ovviamente un'illustrazione perfetta di questo.
 
I musicisti: Arthuan Rebis (voce, arpa celtica, chitarre, basso, esraj, bawu, gaita, flauti irlandesi, percussioni, synth), Nicola Caleo bodhràn, percussioni, piatti), Ysmail Emanuele Milletti (basso fretless), Vincenzo Zitello (arpa bardica, fujara, santoor), Giada Colagrande (voce), Mia Guldhammer (voce), Gabriele Gasparotti (synths), Glen Velez (bodhràn), Federico Sanesi (tablas), Paolo Tofani (narratore)
 
La tracklist :
Albero sacro
Driade
Kernunnos
Runar
Elbereth
come foglie sospese
Fairy Dance
Danzatrice del cielo
Diana
 
Come complemento a Sacred Woods, non sarebbe di troppo raccomandarvi anche La Primavera del Piccolo Popolo, un album molto celtico del 2020. Potete trovarlo sul bandcamp di Arthuan Rebis (https://arthuanrebis.bandcamp.com/)