lundi 29 décembre 2025

Sélection albums RPI 2025 / Selezione album RPI 2025

 

L'année 2025 aura été de nouveau prolifique pour le prog en provenance d'Italie. et une fois de plus, la quantité n'aura pas nui à la qualité, loin de là. Pour 2025 je retiens pas moins de 20 albums (un record depuis que ce blog existe) qui m'ont particulièrement plu avec des retours aussi emballants qu'inattendus (Aufkärung, Cervello, Tale Cue), des nouveaux arrivants talentueux (Phil Servini & The Mind Warp, RaraOvis) et enfin des confirmations rassurantes (Caravaggio, Tritop, Wilson Project). Tout cela pour dire que ce n'est pas demain la veille que le prog italien mettra la sourdine. 

Cette sélection a été réalisée à partir d'une cinquantaine d'albums reçus et écoutés dont une quarantaine ont bénéficié d'une chronique dans ce blog. J'en profite au passage pour remercier les nombreux groupes et musiciens qui m'envoient directement leur CD (parfois leur vinyle !). Merci pour leur confiance. Enfin, les 20 albums qui suivent sont présentés sans ordre de préférence.

 Sélection albums RPI 2025 / Selezione album RPI 2025  

 ***

Aufklärung : Nell'idea di un tempo che

Caravaggio : We all we are

Celeste :Anima Animus

Cervello : Chaire

Daal : Decoding the emptiness

G.O.L.E.M. :  Still Life (EP)

Hora Prima : 2

Il Segno del Comando : Sublimazione (live)

Limite Acque Sicure : Un'altra mano di carte

Elisa Montaldo : Looking back, moving forward

Nuova Era 20.000 leghe sotto i mari

Diego Petrini La materia del suono

Paola Tagliaferro e la compagnie dell' Es : Il suono delle sfere 

Phil Selvini & The Mind Warp T.E.T.R.U.S.

RaraOvis : ne sveleremo l'essenza

Runaway Totem (feat. AndromaA) : Metaphorm Tetraphirm

Submarine Silence : Atonement of a Former Sailor Turned Painter

Tale Cue : Eclipse of the midnight sun

Tritop : Tritop 120

 Wilson Project : Atto Prima


vendredi 26 décembre 2025

Tritop : Tritop 120

Parmi les très très bonnes surprises de l'année 2023, il y avait eu l'apparition du groupe Tritop avec son excellent premier album Rise of Kassandra (chronique ici). Deux ans plus tard, Tritop récidive et nous propose Tritop 120.
Mais au fait, avant d'attaquer la partie musique de cet album, pourquoi s'appelle-t-il Tritop 120 ?  Il s'agit d'un hommage au meilleur ami d'Ivo, Roberto, décédé dans un accident de voiture en 2019 et dont le surnom était justement Tritop 120. J'aime la fidélité et la loyauté en amitié, deux qualités très - trop - rares de nos jours. Pour cela, respect à Ivo et au groupe. 
 Comme pour Rise of Kassandra, le gros du travail de composition est à nouveau fourni par le batteur du groupe, Ivo Di Traglia, pour un résultat remarquablement construit alliant structures complexes intéressantes, voire novatrices, et lignes mélodiques très travaillées.
Après le très court instrumental introductif qui fait office de leurre, "Master of drama" ne tarde pas à s'imposer par sa puissance et dévoile des côtés métal épique et nü métal absolument terrifiants.
De fait, ce second album s'affirme donc comme beaucoup plus métal que son prédécesseur mais il est surtout beaucoup plus orienté vers un prog moderne là où Rise of Kassandra naviguait beaucoup dans un prog à la Spocks Beard, Flower Kings voire même Magic Pie. En attaquant l'écoute de ce morceau, profitez bien des deux premières minutes pour respirer un grand coup, car après vous risquez d'avoir le souffle coupé. Les quelques notes qui entament "Wanderlust" jouées au piano, dans un style romantique, ne sont qu'un très court intermède car les musiciens mettent à nouveau la gomme avec il est vrai une dose de métal moins forte pour un résultat qui ressemble à du Neal Morse speedé qui aurait abusé de psychotropes.  
Tritop 120 mérite à l'évidence plusieurs écoutes pour en saisir toutes ses nuances et toute sa richesse notamment harmonique. A cet égard, la longue suite de plus de 23 minutes, "Asymmetrical Reflections Of A Restless Heart" peut être considérée comme ce que le groupe a fait jusque là de plus ambitieux et de plus sophistiqué (tout cela dans le bon sens du terme évidemment !). Dès l'intro, la sensation de grandeur et d'emphase provoquée par les orgues est absolument prenante. Divisé en cinq parties, ce morceau m'évoque le meilleur de Shadow Gallery, ce groupe de prog métal américain toujours inégalé à ce jour dans la manière de construire des cathédrales musicales flamboyantes sans fioritures inutiles ni effets de styles stériles (suivez mon regard). 23 minutes 32, c'est long, et pourtant je peux vous dire qua ça pousse jusqu'au bout avec une intensité qui va crescendo.Just incredible !  
Je ne sais pas jusqu'où ira ce groupe mais en tout cas, Tritop 120 démontre et prouve qu'il en a encore sous le pied. 
Dernier album et dernière chronique sur ce blog pour 2025, mais franchement je peux vous dire que l'on termine l'année en beauté pour le prog made in Italie ! Une année qui se finit par un vrai coup de tonnerre dans le ciel toujours bleu du prog italien.   

Le groupe :  Ivo Di Traglia (batterie), Pierfrancesco Di Pofi (claviers, Hammond, piano, synthés, chœurs), Francesco Caponera (guitares, chœurs,), Jacopo Tuzi (basse, guitare acoustique, chœurs), Mattia Fagiolo (chant lead), Iacopo Di Traglia (guitare classique).

+ Roberta Campoli, Annalaura Talpa, Eleonora Belfiore (chœurs féminins sur 4)

La tracklist

1 - Rebuild nothing
2 - Master of drama 
3 - Wanderlust
4 - Asymmetrical reflections of a restless heart 

Voici le lien bandcamp du groupe pour écoute et achat : Tritop bandcamp

samedi 13 décembre 2025

Cervello : Chaire

Après sa dissolution en 1974, laissant comme héritage musical un unique album, le singulier Melos, et après le décès de son chanteur Gianluigi Di Franco en 2005, le sort de la formation napolitaine Cervello semblait définitivement appartenir au passé. Certes en 2017, les survivants Corrado Rustici, Antonio Spagnolo et Giulio D'Ambrosio avaient fait revivre le nom et la légende du groupe le temps d'un concert au Japon. Un coffret live (CD + DVD) avait d'ailleurs été publié à suivre. Mais tout cela pouvait ressembler à ces multiples "revenez-y" qui maintiennent en vie, depuis maintenant plus de trente ans, les légions du rock, du hard rock et du rock progressif.
C'était sans compter avec la détermination de Corrado Rustici qui a décidé de ressortir les bandes enregistrées en 1973/1974 en vue d'un second disque qui n'a jamais vu le jour pour cause de séparation prématurée. Chaire est donc un album qui présente des compositions originales mises en valeur avec des arrangements actuels. Corrado Rustici étant passé maître dans l'art de la production, le résultat est assez incroyable car de manière étonnante et improbable, la musique du groupe garde le même pouvoir de fascination qu'il y a cinquante ans, peut être justement car ce ne sont pas des nouveaux morceaux mais bien des témoignages musicaux contemporains du premier album mis en lumière avec toujours la même cohésion instrumentale et la voix si évocatrice du regretté Gianluigi Di Franco Je vous le dis en un mot, le résultat est miraculeux. A l'instar du morceau phare "Templi Acherontei" posté en avant-première sur YT, tout l'album est fait de cet alliage entre la culture méditerranéenne (pour rappel le groupe est de Naples), la folie d'un prog désinhibé, parfois provocant, et les charges émotionnelles provoquées par des envolées oniriques touchant au sublime.
Le live de 1973 doit être pris comme une archive d'époque, d'une durée d'ailleurs très courte (27 minutes). Le son de l'enregistrement est assez brut, proche d'un bootleg de qualité moyenne. Il permet toutefois de retrouver le groupe en action, faisant preuve d'une énergie et d'une vitalité assez bluffantes, interprétant une set-list qui reprend les titres de Melos ainsi que l'inédit "Progressivo remoto", un instrumental déjà entendu lors du concert de 2017 à Tokyo.
On pourra éventuellement bloquer sur l'artwork flashy de la pochette mais pour ma part, je trouve que cette porte des étoiles de laquelle se déverse cette profusion de couleurs est plutôt bien vue. Quant au contenu musical, il faut bien admettre que la résurrection du groupe Cervello est plus que convaincante et que l'album studio Chaire, qui en est le corollaire et surtout la motivation principale,  est une des palingénèses les plus réussies du petit monde du rock progressif italien.

Le groupe : Corrado Rustici (guitares, claviers, voix), Antonio Spagnolo (basse, guitare acoustique, voix), Giulio D'Ambrosio (flûte, saxophone, voix), Gianluigi Di Franco (chant lead), Roberto Portaon (batterie).

Tracklists CD 1 et CD 2 :

Chaire
1. Chaire - Hello
2. Templi Acherontei
3. La Seduzione di Chiaro Ulivo
4. Reina de Roca
5. Movalaide incl. Trasfigurazione
6. La Danza dei Guardiani
7. Chaire - Farewell

Live 1973 Pomigliano D'Arco 
1. Intro
2. Canto del Capro
3. Scinsione
4. Euterpe
5. Melos
6. Progressivo Remoto

Sortie : le 5 décembre 2025

Label: Sony Music
Formats : CD, vinyle, digital

jeudi 11 décembre 2025

Elisa Montaldo : looking back, moving forward

 

Fidèles lecteurs de ce blog, vous avez une nouvelle en avant première la présentation et la chronique d'un album qui sort le jour même. C'est pas beau ça !

Pourquoi cet album ne s’appelle pas Fistful of Planets 3 ? Après tout, c’est toujours Elisa Montaldo en solo. Il y a même des thèmes repris de Fistful of Planets 1 et 2 , alors !
Alors, le titre de ce quatrième album, looking back moving forward, donne la clé de cette énigme : regarder en arrière, aller de l’avant.
Derrière, il y a Fistful of Planets 1 (2015) et Fistful of Planets 2 (2021) mais aussi bien sûr Dévoiler (2020). Trois albums en dix ans, une décade, un cycle complet en quelque sorte. Mais surtout, une période pendant laquelle Elisa, l’artiste mais aussi la femme, a avancé dans son propre parcours de vie.
Dix ans après Fistful of Planets 1, elle a donc senti qu’il était temps d’aller de l’avant. Bien sût, cette étape cruciale ne s’est pas décidée en un déclic. Le doute, les hésitations, parfois même la perte de repères, font partie d’un cheminement naturel pour atteindre une sérénité perdue, peut-être même inconnue, et pour percevoir enfin distinctement la lumière d’une aube nouvelle. Ce jour nouveau est arrivé.
Ensuite, il faut décoder. Car Elisa procède toujours à sa manière, très personnelle, par petites touches. Ces quatorze vignettes musicales sont autant de traceurs émotionnels qui une fois écoutés, réécoutés, représentent un miroir à facettes multiples. Vous pouvez vous déplacer, changer votre angle de perception et ainsi discerner des ondes fluctuantes et des reflets mouvants. Il s’agit là d’une impression troublante poussée à son paroxysme avec les six capsules instrumentales qui forment la suite « The dreamcore bubble ».
Alors, je sais, vous allez me dire que je ne vous parle pas beaucoup musique dans cette chronique. Détrompez-vous. La musique ce sont des émotions, des sensations, des vibrations. C’est donc à vous d’aller à la découverte de cet album qui résonnera selon votre sensibilité. C’est sûrement ce qui explique que je suis très touché à titre personnel par « You’re with me » et « All di là delle idee ».
Mais comme je suis quand même bon prince, je vous propose de zoomer sur deux pièces hors norme à écouter en priorité. D’abord le magnifique motet profane « Alone or not » qui constitue une véritable cathédrale vocale formée par la voix émouvante d’Elisa à laquelle viennent se joindre les chœurs fournis par Francesco Ciapica enregistrés sur pas moins de seize pistes pour un résultat « just gorgeous ». Ensuite la chanson « Looking back – Moving Forward » avec le duo Elisa Montaldo – Barbara Rubin (et avec une fois encore Francesco Ciapica en renfort) au summum de ce qui peut se faire en matière de sensitivité. 

J’espère vous avoir donner envie d’acquérir et d’écouter cet album alors ne rater pas ce rendez-vous que vous propose Elisa. 


Les musiciens ;

Elisa Montaldo (chant, choeurs, piano, piano Rhodes, Roli Seaboard rise 2, claviers, synthés, autoharpe, flûte native américaine, flûte hulusi,  mandoline, percussions africaines, ocarina, effets.
Musiciens invités : Mattias Olsson (batterie, percussions), Francesco Ciapica (chant), Barbara Rubin (chant et violon),  Carmine Capasso (guitares, theremin, sitar), Giacomo Castellano (guitares électriques), Carlo Guardamagna (basse)

La tracklist :

1 - Raining solitude
2 - Still Floating / we didn’t waste time
3 - Alone or not (modern vampire)
4 - The Bunyan Effect
5 - You’re with me
6 - Al di là delle idee
7 - Northern Woods
"The Dreamcore bubble" (8 à 13)
8 - Out of the cold white desert
9 - 1941 the path
10 - Pastel markers
11 - 30 January
12 - Wesak (LoFi version)
13 - Watermelon in Easter hay
14 - Looking back, moving forward
 

Sortie le : 11 décembre 2025 (autoproduction)

Formats : CD édition limitée avec goodies (50 exemplaires), CD digipack, digital download

Écoute et commande du CD sur le lien bandcamp elisamontaldo