Tout amateur de rock progressif italien qui se respecte honore l'album de Celeste, sorti en 1976, comme un joyau du genre. Souvent appelé par son titre principal "Principe di un giorno", ce disque avait marqué la fin d'une époque pour le prog italien, se distinguant par sa délicatesse et par ses atmosphères oniriques. La formation s'est ensuite disloquée mais Ciro a continué une grande carrière de producteur de disques (Mellow Records) mais aussi de musicien, réactivant même le nom de Celeste, il y a une dizaine d'années, ce qui s'est traduit par toute une série d'albums de très belle facture. Si vous suivez ce blog, vous avez d'ailleurs eu l'opportunité d'en lire les chroniques : Il risveglio del principe (+ interview), Il principe del regno perduto, Echi di un futuro passato, Anima animus.
Vous savez que je ne suis pas fan des commémorations et autres oraisons des vieux albums, mais pour cette fois je fais une exception, car un petit (et rapide) retour en arrière s'impose. En 1972, Ciro Perrino et Leonard Lagorio laissent le groupe séminal Il Sistema pour former Celeste avec également Giorgio Battaglia et Mariano Schiavolini. La composition du premier album démarre en 1973 pour un enregistrement en 1974 et finalement une sortie en 1976. Entre-temps le train du prog italien est déjà passé.
Où l'histoire devient intéressante, c'est que la conception même de l'album avait été pensée avec des textes en anglais. Cette partie avait été confiée à la chanteuse britannique Nikki Berenice Barton qui traduisit les paroles de Ciro en anglais. Il existe d'ailleurs un enregistrement live qui permet d'entendre le groupe joué les morceaux du futur album avec Nikki Barton interprétant ses parties vocales en anglais. Mais le retour en Angleterre de la chanteuse obligea finalement le groupe à enregistrer l'album avec les paroles en italien, obligeant les quatre membres du groupe à se coller à tour de rôle au micro.
Le temps a passé, tout le monde a gardé en mémoire ce très bel album, régulièrement cité dans les disques de RPI à posséder, mais une certaine frustration a pourtant continué à hanter Ciro pendant toutes ces années. Tout en développant de nouveaux projets musicaux pour Celeste, l'idée de sortir l'album Principe di un giorno dans la version prévue est peu à peu devenue une évidence pour lui, pour ne pas dire une obsession ! Sans la maladie qui a frappé Nikki Barton il y a quelques années, l'hypothèse d'un album réenregistré avec la chanteuse anglaise a même failli se concrétiser. Pour Ciro, l'enjeu est donc devenu ensuite de trouver une chanteuse ayant le timbre de voix adéquat à ce qu'il avait en tête. D'essais infructueux en tentatives peu convaincantes, Ciro a fini par trouver la perle rare, grâce à son ingénieur du son, Marco Canepa qui connaissait bien une jeune chanteuse australienne avec laquelle il avait déjà travaillé (notamment pour Alan Simon). Disons-le sans aucune hésitation, l'ingénieur du son italien a vraiment eu le nez fin. Siobhán Owen a enregistré ses parties vocales comme dans un rêve répondant ainsi parfaitement aux aspirations de Ciro Perrino.
Évidemment, préalablement à l'écoute de l'album 2026, il a été utile de réécouter celui de 1976. Et il faut bien dire que le résultat est bluffant. Chaque instrument est distinctement audible, chaque note, même la plus discrète, se fait entendre. La musique sonne plus claire et plus brillante. Elle semble enfin se libérer de sa gangue. Quand on sait que les bandes originales
ont été définitivement perdues, il est clair que Marco
Canepa a réalisé un travail miraculeux de restauration du
son et de mastérisation de l'ancien album.
Voilà qui change beaucoup les choses. Car Celeste développe une musique avant tout soft basée sur les claviers, le piano bien sûr le plus souvent associé au mellotron. L’ambiance générale est très pastorale, à l’instar du bucolique "Far white halo". Les atmosphères délicates, se rapprochent parfois d’Errata Corrige. Les percussions sont minimalistes mais toujours judicieuses.
Ce qui distingue également Celeste, c'est cette capacité à développer des parties instrumentales sur quasiment chaque morceau, comme sur le très réussi « Ancient fables » ou encore sur "The great island" qui termine par un solo de Leonardo Lagorio à l'Arp Odyssey. "Games in the night" (Giochi nella notte) marque toujours autant par son élégance que par son originalité, évoquant un Maxophone entièrement acoustique.
Voilà qui change beaucoup les choses. Car Celeste développe une musique avant tout soft basée sur les claviers, le piano bien sûr le plus souvent associé au mellotron. L’ambiance générale est très pastorale, à l’instar du bucolique "Far white halo". Les atmosphères délicates, se rapprochent parfois d’Errata Corrige. Les percussions sont minimalistes mais toujours judicieuses.
Ce qui distingue également Celeste, c'est cette capacité à développer des parties instrumentales sur quasiment chaque morceau, comme sur le très réussi « Ancient fables » ou encore sur "The great island" qui termine par un solo de Leonardo Lagorio à l'Arp Odyssey. "Games in the night" (Giochi nella notte) marque toujours autant par son élégance que par son originalité, évoquant un Maxophone entièrement acoustique.
Mais le plus de cet album relooké est bien sûr la voix "céleste" (facile je sais) de Siobhán Owen qui vient très avantageusement remplacer les parties chantées de l'époque. Les paroles en anglais et les intonations de Siobhán font que cet album prend soudainement des accents celtiques. Cette dimension supplémentaire donne encore plus de charme à cette musique qui possédait déjà un fort pouvoir évocateur, flirtant avec le féérique et le surnaturel. A cet égard " Far white halo" passe dans la catégorie "sublime".
Voilà en tout cas une très belle manière de fêter le cinquantième anniversaire de cet album. Ciro Perrino doit être largement remercié pour sa persévérance à faire vivre l'esprit de Celeste, non pas comme une antique relique du passé, mais bien comme une entité contemporaine se régénérant à chaque fois à travers un nouveau projet artistique (ce sera encore le cas très bientôt). Labente tempore, futurum cogita !
Le groupe : Ciro
Perrino (percussions, xylophone, flûte, recorder, mellotron, chœurs), Leonard Lagorio (piano, claviers, flûte, saxophone, mellotron, chœurs), Giorgio Battaglia (basse, xylophone, chœurs), Mariano Schiavolini (guitares, violon, chœurs).
Invitée 2026 : Siobhán Owen (chant)
La tracklist :
1. Prince of one day (Principe di un giorno)
2. Ancient fables (Favole antiche)
3. Eftus (Eftus)
4. Games in the night (Giochi nella notte)
5. The great island (La grande isola)
6. Far white halo (La danza del fato)
7. The merchant (L'imbroglio)
Label : Inner garden Records
Lion bandcamp : Celeste "Prince of one day"

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