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dimanche 2 juillet 2023

Homunculus Res : ecco l'impero dei doppi sensi

Pour son cinquième album en dix années d'existence, le groupe Homunculus Res met les petits plats dans les grands. Inspirés depuis leurs débuts par Picchio Dal Pozzo et par tous les grands groupes de l'école de Canterbury à commencer par Caravan, Hatfield and The North, Egg, National Health et aussi par Soft Machine, les musiciens d'Homunculus Res sont complètement dans leur élément dans ce style de musique qui les habite au point de donner l'impression qu'ils sont capables de lui redonner une nouvelle jeunesse. Ce qui est de fait bien le cas avec ce nouvel album, ecco l'impero dei doppi sensi. J'en veux pour preuve le titre de départ, malicieusement intitulé "il gran finale", pour lequel vous allez vous frottez les oreilles en vous disant que Richard Sinclair chante en italien maintenant et que son cousin Dave l'accompagne à nouveau à l'orgue Hammond A100. Mais non, il s'agit bien de l'équipe d'Homunculus Res lancée à pleine vitesse. Vous aurez normalement le même genre de sensations pour la chanson suivante pourtant proche du pastiche : "Quintessenza la la". Je pense aussi à "Pentagono" et "Cinque sensi" qui sont de vrais numéros d'équilibriste, fonctionnant à la perfection entre une incroyable précision rythmique et une étonnante décontraction pour la partie mélodique, en un mot, épatant ! De fait, on a plus affaire à un groupe qui déroule au gré de ses envies créatrices (principalement celles de Dario D'Alessandro d'ailleurs puisqu'il a composé neuf des dix titres de cet album) sans trop se poser de questions existentielles du style "je vais essayer de sonner comme machin sur ce morceau". Non, avec les Siciliens d'Homunculus Res", ce serait plutôt : "Hé, les gars on finit vite ce morceau parce que j'ai une sacré bonne idée pour le suivant !". Et à ce petit jeu là, le groupe est fort, très fort même !'. Et çà marche. Car ces dix pièces sont toutes des petites perles de bonheur avec un tour de force répété à dix reprises qui consiste en des compositions mélodiques et fluides qui ont pourtant une complexité relatives dans les harmonies et les tempi. C'est en fait assez bluffant, car il ressort régulièrement un petit côté délicieusement pop qui ne tombe jamais dans la facilité, ce qui est assez évident sur l'irrésistible "Il bello e il cattivo tempo" qui évoque, au moins au début, les Beach Boys ou sur "Fiume dell'oblio" qui penche plus du côté des Kinks voire même des Beatles. Je doit vous parler aussi de "Doppi sensi" qui ferait sûrement plaisir à un certain Robert Wyatt avec une première partie baignant dans l'onirisme décalé alors que la seconde relève d'un avant-gardisme clairement revendiqué. Ce morceau de dix minutes, qui clôt opportunément l'album, en est incontestablement la plus belle pièce. Celle qui permet au groupe Homunculus Res de se hisser sans problème à la hauteur de ses illustres devanciers.
Il y a de plus une dimension supplémentaire dans cette musique : l'utilisation d'une lutherie aussi large qu’insolite d'instruments que l'on a peu l'habitude de rencontrer, même dans le rock progressif contemporain. Le surprenant "Viaggio astrale di una polpetta", qui oscille entre jazz et folk médiéval, est ainsi agrémenté d'une étonnante panoplie d'instruments à vent anciens qui lui donne un petit côté Gryphon plutôt sympathique. Plusieurs autres morceaux de cet album bénéficient également de cet équipement particulier. On comprend mieux alors les couleurs sonores, si particulières et si pittoresques, qui se dégagent de "Cinque sensi", "Fiume dell'oblio" et "Doppi sensi".

Voilà un disque frais, très facile d'abord et pourtant incroyablement fouillé avec une multitude d'idées et de trouvailles parfaitement exploitées et mises en musique (si je n'utilise pas cette expression maintenant, je ne l'utiliserai jamais !). A vous de découvrir toutes ces petites merveilles au gré de plusieurs écoutes successives, ce que la cinquantaine de minutes que dure cet album, supporte très bien.

Le groupe : Dario D'Alessandro (chant, guitare rythmique, claviers, glockenspiel, basse sur 1), Davide Di Giovanni (orgue, piano, synthés, basse sur 4), Mauro Turdo (lead guitare), Daniele Di Giovanni (batterie, percussions), Daniele Crisci (basse).
Les autres musiciens invités : James Strain (oud sur 1), Massimo Giuntoli (claviers sur 2), Giorgio Trombino (saxophone alto, flûte sur 2), Dominique D'Avanzo (chant, flûte, recorder, clarinette sur 4), Emanuele "Sterbus" Sterbini (chant sur 4), Marco Monterosso (guitare sur 5), Alan Strawbridge (chant sur 8), Giovanni Parmeggiani (Moog, synthétiseur Korg Polysix, Fender Rhodes sur 8), Giuseppe Turdo (cor français et cor anglais, hautbois, trompette sur 4 et 7), Dario Lo Cicero (flûte panaulon, flûte, basson, trombone, orgue de cristal sur 9 et 10), Mila Di Addario (piano à tangentes sur 8, angelica glass harmonica sur 10), Federico Cardaci (Arp Odyssey, Oberheim, Digitone, Memotron sur 10), Luciano Margorani (guitare sur 10), Andrea Cusumano (whistle sur 9), Enea Turdo (chant sur 10).

La Tracklist :

1. Il gran finale
2. Quintessenza la la la
3. Il bello e il cattivo tempo
4. Viaggio astrale di una polpetta
5. Fine del mondo
6. Pentagono
7. Parole e numeri
8. Cinque sensi
9. Fiume dell'oblio
10. Doppi sensi

C'est sorti chez Ma.Ra.Cash

mercredi 9 août 2023

Homunculus res : ecco l'impero dei doppi sensi (trad. it.)

 
Ed è proprio questo il caso di questo nuovo album, ecco l'impero dei doppi sensi. Ne voglio la prova nel titolo di apertura, maliziosamente intitolato "il gran finale", per il quale vi fregherete le orecchie dicendovi che Richard Sinclair ora canta in italiano e che suo cugino Dave lo accompagna di nuovo all'organo Hammond A100. Invece no, è proprio il team Homunculus Res lanciato a tutta velocità. Normalmente proverai lo stesso tipo di sensazioni per il brano successivo, per quanto vicino a un pastiche: "Quintessenza la la". Penso anche a "Pentagono" e "Cinque sensi" che sono dei veri equilibristi, che lavorano alla perfezione tra un'incredibile precisione ritmica e un sorprendente rilassamento della parte melodica, in una parola, stupefacente! Si tratta infatti più di un gruppo che si dispiega secondo i propri desideri creativi (principalmente quelli di Dario D'Alessandro peraltro visto che ha composto nove dei dieci brani di questo album) senza porsi troppe domande esistenziali del tipo "sono cercherò di suonare come qualcosa su questa traccia". No, con i siciliani di Homunculus Res", sarebbe piuttosto: "Ehi, ragazzi, finiamo in fretta questo pezzo perché ho un'idea maledettamente bella per il prossimo!". E in questo giochetto la banda è forte, molto forte anche!" E funziona. Perché questi dieci pezzi sono tutti delle piccole perle di felicità con un tour de force ripetuto dieci volte che consiste in composizioni melodiche e fluide che tuttavia hanno una relativa complessità nelle armonie ed è davvero sorprendente, perché viene fuori un lato un po' deliziosamente pop che non cade mai nel facile, cosa abbastanza evidente sull'irresistibile "Il bello e il cattivo tempo" che evoca, almeno all'inizio, i Beach Boys o su "Fiume dell'oblio" che propende più verso i Kinks o addirittura verso i Beatles.Devo parlarvi anche di "Doppi sensi" che farebbe sicuramente piacere a un certo Robert Wyatt con una prima parte immersa nel fantasy anticonformista mentre la seconda è chiaramente avanguardismo affermato. Questo pezzo di dieci minuti, che chiude opportunamente l'album, è senza dubbio il pezzo più bello. Quella che permette al gruppo Homunculus Res di elevarsi agevolmente all'altezza dei suoi illustri predecessori.
C'è anche un'ulteriore dimensione in questa musica: l'uso di un'ampia e insolita liuteria di strumenti che non siamo abituati a incontrare, anche nel rock progressivo contemporaneo. Il sorprendente "Viaggio astrale di una polpetta", che oscilla tra il jazz e il folk medievale, è così impreziosito da una stupefacente panoplia di vecchi strumenti a fiato che gli conferiscono un lato piuttosto piacevole del piccolo Grifone. Anche molti altri brani di questo album beneficiano di questa particolare attrezzatura. Capiamo meglio allora i colori sonori, così particolari e così pittoreschi, che emergono da "Cinque sensi", "Fiume dell'oblio" e "Doppi sensi".
Ecco un nuovo disco, molto facile all'inizio eppure incredibilmente dettagliato con una moltitudine di idee e scoperte perfettamente sfruttate e messe in musica (se non uso questa espressione adesso, non la userò mai!). Sta a te scoprire tutte queste piccole meraviglie in diversi ascolti successivi, che i cinquanta minuti che dura questo album, supportano molto bene."
Le band: Dario D'Alessandro, Davide Di Giovanni, Mauro Turdo, Daniele Di Giovanni, Daniele Crisci.

Tracklist :

1. Il gran finale
2. Quintessenza la la la
3. Il bello e il cattivo tempo
4. Viaggio astrale di una polpetta
5. Fine del mondo
6. Pentagono
7. Parole e numeri
8. Cinque sensi
9. Fiume dell'oblio 

Label : Ma.Ra.Cash

 

jeudi 14 décembre 2023

Ma sélection des meilleurs albums de RPI en 2023 / La mia selezione dei migliori album RPI nel 2023


MMXXIII Quelle belle année pour le rock progressif italien ! Elle est aussi inattendue que magnifique. Car 2023 restera incontestablement une grande cuvée avec des révélations (Tritop, Le Vele di Oniride), des confirmations éclatantes (Andrea Orlando, Homunculus Res, I Viaggi di Madeleine, Mater a Clivis Imperat, Sfaratthons), des valeurs sûres en pleine forme (Antilabé, Il Bacio della Medusa, Sophya Baccini'Aradia, Luca Scherani, Il Cerchio d'Oro, LogoS) et même le retour d'anciens noms mythiques (Franco Mussida, Le Orme).
Cette année 2023 a été prolifique aussi par la quantité, quasiment pas une semaine sans recevoir une nouveauté RPI. J'ai essayé de vous en présenter un maximum en n'écartant que ce qui avait réellement peu ou pas d'intérêt ou qui n'était pas prog ou prog friendly. Alors, à année exceptionnelle, sélection exceptionnelle. Au lieu des 9 voire 12 choix habituels, ce ne sont pas moins de 16 albums (un record donc !) que je vous propose de découvrir (ou de redécouvrir pour les plus assidus d'entre-vous). Une fois de plus, il n'y a pas de classement car c'est tout simplement impossible. Mais comme c'est la coutume ici, un album obtient la distinction suprême, et pour 2023 c'est incontestablement Il Segno del Comando avec Il Domenicano Bianco qui se hisse tout en haut du Mont Olympe. Mais je peux vous affirmer que les albums respectifs d'Andrea Orlando, Mater a Clivis Imperat et Le Vele di Oniride méritaient presque autant cette première place. C'est vous dire la qualité de ce millésime 2023. 
Voici maintenant la liste détaillée de cette sélection. En cliquant sur le nom de chaque album vous accéderez directement à la chronique. 

MMXXIII Che bellissimo anno per il progressive rock italiano! È tanto inaspettato quanto magnifico. Perché 2023 resterà incontestabilmente grande con rivelazioni (Tritop, Le Vele di Oniride), conferme eclatanti (Andrea Orlando, Homunculus Res, I Viaggi di Madeleine, Mater a Clivis Imperat, Sfaratthons), valori sicuri in piena forma (Antilabé, Il Bacio della Medusa, Sophya Baccini'Aradia, Luca Scherani, Il Cerchio d'Oro, logos) e anche il ritorno di antichi nomi mitici (Franco Mussida, Le Orme).
Quest'anno 2023 è stato prolifico anche dalla quantità, quasi non una settimana senza ricevere una novità RPI. Ho provato a presentarvene un massimo scartando solo ciò che aveva realmente poco o nessun interesse o che non era prog o prog friendly. Quindi, anno eccezionale, selezione eccezionale. Invece delle 9 o 12 scelte abituali, vi propongo di scoprire (o riscoprire per i più assidui di voi) non meno di 16 album (un record!). Ancora una volta, non c'è classifica perché è semplicemente impossibile. Ma come è consuetudine qui, un album ottiene la distinzione suprema, e per il 2023 è incontestabilmente Il Segno del Comando con Il Domenicano Bianco che sale in cima al Monte Olimpo. Ma posso dirvi che i rispettivi album di Andrea Orlando, Mater a Clivis Imperat e Le Vele di Oniride meritavano quasi lo stesso primo posto. Questo vi dice la qualità di questo anno 2023.
Ecco ora l'elenco dettagliato di questa selezione. Cliccando sul nome di ogni album accederete direttamente alla cronaca.

Il Segno del Comando : Il Domenicano Bianco
 
Andrea Orlando : La Scienza delle Stagioni
Mater a Clivis Imperat : Carmina Occulta
Le Vele di Oniride : La Quadratura del Cerchio
 
Il Cerchio d'oro : Pangea e le tre lune
Sfaratthons : Odi e Amo
Luca Scherani : Everything's changing
Il Bacio della Medusa : Imilla
LogoS : Bokeh
I Viaggi di Madeleine : Tra Luce e Ombra
Antilabé : Animi Motus
Sophya Baccini' Aradia : Runnin' with the Wolves