samedi 17 janvier 2026

Liturgia del Piombo : Volume primo (Trad. IT)

Ecco dunque Liturgia del Piombo, il nuovo progetto solista di Ludovico Maggi Padovan. ​Il nome non è stato scelto a caso, dato il suo significato pesante. ​Evoca direttamente questa pratica divinatoria che consiste nel versare piombo fuso nell'acqua e nell'interpretarne i segni, la molibdomanzia in un linguaggio erudito. ​Ma si riferisce anche, naturalmente, a quel periodo buio dell'Italia che ha visto un accumularsi di azioni terroristiche, omicidi, ma anche intrighi politici e corruzione di ogni genere, con una serie di drammi che sono rimasti a lungo nella memoria collettiva.
Ludovico Maggi non è un neofita, tutt'altro, poiché in precedenza ha fatto parte con Andrea Pozzi di Wanda Wulz, un gruppo che ha comunque prodotto quattro ottimi album tra il 2012 e il 2020. ​Wanda Wulz navigava felicemente tra la musica elettronica dark wave e il pop industriale (sempre molto cupo). ​Musicalmente molto distante da Wanda Wulz, Liturgia del Piombo è piuttosto una formula audace che combina il meglio del rock progressivo heavy energico e del jazz avanguardista e disinibito, un post prog jazzy in un certo senso!
Ludovico ha la fortuna di essere un talentuoso polistrumentista. ​Può così dare libero sfogo a tutti i suoi desideri di suoni originali e trascrivere le idee e l'atmosfera del suo concept utilizzando gli strumenti che ritiene più appropriati. ​In questo caso, il clarinetto e l'organo sono gli elementi distintivi del suono voluto dal suo creatore.
Ho accennato poco prima a un discorso musicale energico ma anche pesante. ​Al di là dei temi vari, molto riusciti perché sempre molto melodici, è questa dimensione "potente" che fa la differenza e cattura l'ascoltatore perché c'è molta dinamica in questa musica che rimane sempre molto ariosa, il che fa una grande differenza per me. ​A volte abbandonando formule più elaborate ("pagine 84-168", "pagine 254-336", "pagine 594-666"), Ludovico non esita a divertirsi proponendo anche brani molto facilmente accessibili come nel caso del rilassante "pagine 336-419" o dell'irresistibile funk-rock "pagine 420-505" attraversato da un bel coro di pianoforte elettrico. ​
Lo sottolineo regolarmente, gli album 100% strumentali sono spesso esercizi impegnativi, ancora di più quando un solo musicista è al comando, ma per quanto riguarda questo ​Volume primo, non si può che rimanere estasiati di fronte alla ricchezza e all'interesse di queste otto tracce. ​ ​
Un eccellente lavoro di alchimista in un certo senso! ​
Ancora una volta, questo album non beneficia né di un'etichetta né di un distributore, dagli almeno la possibilità che merita.

La tracklist :

  1. Pagine 1-83
  2. Pagine 84-168
  3. Pagine 169-253
  4. Pagine 254-336
  5. Pagine 336-419
  6. Pagine 420-505
  7. Pagine 506-593
  8. Pagine 594-666
     

 

Liturgia del Piombo : Volume primo

Voici donc Liturgia di Piombo, le nouveau projet solo de Ludovico Maggi Padovan. Le nom n'a bien sûr pas été choisi au hasard compte-tenu de sa lourde signification. Il évoque directement cette pratique divinatoire qui consiste à verser du plomb fondu dans l'eau et à en interpréter les signes, la molybdomancie en langage savant. Mais il fait aussi bien sûr référence à cette période noire de l'Italie qui a cumulé actions terroristes, assassinats, mais aussi intrigues politiques crapoteuses et corruptions en tout genre avec à la clé une série de drames restés inscrits pour longtemps dans la mémoire collective.
Ludovico Maggi n'est pas un néophyte, loin de là puisqu'il a précédemment fait partie avec Andrea Pozzi de Wanda Wulz , un groupe qui a quand même accouché de quatre très bons albums entre 2012 et 2020. Wanda Wulz naviguait avec bonheur entre musique électronique tendance dark wave et pop indus (toujours très sombre). Très éloigné musicalement de Wanda Wulz, Liturgia di Piombo serait plutôt une formule audacieuse combinant le meilleur du rock progressif heavy énergique et du jazz décomplexé avant-gardiste, un post prog jazzy en quelque sorte !
Ludovico a la chance d'être un multi-instrumentiste de talent. Il peut ainsi laisser libre cours à toutes ses envies de sonorités originales et retranscrire les idées et l'ambiance de son concept en utilisant les instruments qu'il pense les plus appropriés. En l’occurrence, la clarinette et l'orgue sont ici les éléments distinctifs du son voulu par son créateur.
J'ai évoqué un peu avant un propos musical énergique mais aussi heavy. Au delà des thèmes variés, très réussis car toujours très mélodiques, c'est bien cette dimension "powerful" qui fait la différence et scotche l'auditeur car il y énormément de dynamiques (avec un "s") dans cette musique qui reste toujours très aérée, ce qui fait grandement la différence pour moi. Délaissant parfois des formules plus élaborées ("pagine 84-168", "pagine 254-336", "pagine 594-666"), Ludovico n'hésite pas à se faire plaisir en proposant aussi des morceaux très simplement accessibles comme c'est le cas pour le très relax "pagine 336-419" ou encore pour l'irrésistible funk-rock "pagine 420-505" traversé par un chouette chorus de piano électrique. 
Je le souligne régulièrement, les albums 100% instrumentaux sont souvent des exercices casse-gueules, encore plus quand un seul musicien est aux commandes, mais pour ce qui concerne ce Volume primo, on ne peut que rester béat face à la richesse et à l'intérêt de ces huit pistes.   
Un excellent travail d'alchimiste en quelque sorte !
Comme une fois encore, cet album ne bénéficie ni d'un label ni d'un distributeur, donnez lui au moins la chance qu'il mérite. Voilà pour vous y inciter le lien bandcamp utile :

La tracklist :

  1. Pagine 1-83
  2. Pagine 84-168
  3. Pagine 169-253
  4. Pagine 254-336
  5. Pagine 336-419
  6. Pagine 420-505
  7. Pagine 506-593
  8. Pagine 594-666
     



 

mardi 13 janvier 2026

ZU : Ferrum Sidereum

 

Si je compte bien, il s'agit du 13ème album pour cette formation originaire de Bologne. Au passage le groupe fêtera en 2027 ses trente années d'existence. ZU est un trio, à vocation essentiellement instrumentale, centré sur les explorations musicales de ses deux membres présents depuis les débuts du groupe, Luca Mai et Massimo Pupillo.

Le résultat est toujours aussi complexe et barré, à l'avant-garde de l'avant-garde ! Une musique qui explore les possibilités soniques de l'indus, du noisy, du free jazz et du métal. Sur la durée de l'album (80 minutes), l'écoute peut s'avérer goûteuse ou éprouvante. Tout cela dépend de votre fibre musicale et de votre résistance aux coups de boutoir. Au-delà d'une grande originalité, il faut reconnaître à cette musique un très fort pouvoir magnétique. Voilà, en tout cas, un album qui secoue sévère et qui réveille en ce début d'année. 

Morceaux préférés : "Kether", "Hymn of the pearl".  

Le groupe : Luca Mai (synthés, instrus. électroniques, saxophone), Massimo Pupillo (basse, guitare, synthés), Paolo Mongardi (batterie).

La tracklist :

  1. Charagma
  2. Golgotha
  3. Kether
  4. A.I. Hive Mind
  5. La donna vestita di sole
  6. Pleroma
  7. Fuoco Saturnio
  8. The celestial bull and the white lady
  9. Hymn of the pearl
  10. Perseidi
  11. Ferrum sidereum

Sortie le 6 janvier 2026 en formats CD et double LP vinyle

Label : House of Mythology 

Lien écoute bandacmp : ZU Ferrum Sidereum

dimanche 4 janvier 2026

Conférence Rock Progressif Italien le 10 janvier 2026

Le samedi 10 janvier 2026, je serai à la Médiathèque d'Issy-les-Moulineaux pour une conférence sur le rock progressif italien. SI vous êtes dans le coin, n'hésitez pas à venir, cela se passe sous un format sympa de "café musical" de 16h00 à 17h30.

jeudi 1 janvier 2026

Edito du Nouvel An et Bonne Année 2026 (+ Trad. IT)

 

 

L’IA et l’ultracrépidarianisme ou « Le crépuscule des lumières ».
En ce début d’année 2026, qui marque déjà un quart révolu du vingt-et-unième siècle, somme- nous encore une civilisation qui s’améliore intellectuellement, qui apprend à développer une pensée structurée et crée pour le plaisir d’atteindre la beauté, de toucher au sublime ?
Je ne le crois pas.
D’un côté, nous avons la société du n’importe quoi. Aujourd'hui, n’importe qui s’auto-proclame spécialiste, expert, artiste, penseur, critique. Plus besoin d’études fastidieuses (et fatigantes), de longs apprentissages, de passations d’expériences et de partages de connaissances, car des vecteurs de communications très pratiques et peu regardant en termes de compétences, servent désormais d’abreuvoirs idéologiques aux masses. Les plateaux télé et radio déversent à longueur de journées les affirmations en forme de diktats des représentants serviles des pouvoirs et le verbiage vide des « sachants ». Les réseaux sociaux permettent aux esprits les plus embrumés de s’affirmer comme des tenants de la bien pensance et aux philosopheurs bancales anonymes de s’ériger en donneurs de leçons. Lire les posts sur les pages FB et Insta s’apparente à un vrai festival de la connerie humaine.
De l’autre côté, l’IA est arrivée, omnisciente, omniprésente, partout ! Là où ce formidable outil aurait dû être utilisé et concentré sur des applications permettant l’amélioration de nos conditions de vie (la recherche médicale par exemple), l’homme a décidé de s’en servir pour penser moins, réfléchir moins, gagner de l’argent plus vite, atteindre le succès sans effort. Le phénomène de l’IA n’est pas une vague, même pas un tsunami, c’est un reset autant inexorable que fatal pour l’humanité. L’IA est une technologie absolue et dominatrice qui va raser, effacer progressivement tout ce qu’il y avait avant, tout ce que l’homme avait mis des siècles à bâtir et à créer lentement. Mais surtout l’IA va instaurer l’obscurcissement de la pensée, la négation de la réflexion et la disparition de la création. L’homme apprenait grâce à ses erreurs si nécessaires pour évoluer et faire mieux, l’homme trouvait ses ressources pour créer un monde meilleur et plus beau dans son imaginaire. L’IA va amputer l’homme de ce qui en faisait un être capable d’interférer sur son processus évolutif et de développer une conscience.
L’IA annonce l’ère de l’homme diminué. L’IA et l’ultracrépidarianisme sont les maux de notre époque, les ferments de l’inéluctable crépuscule des lumières. 
 
Trad IT : 
 
"Il crepuscolo delle luci"
All'inizio di questo 2026, che segna già un quarto del XXI secolo, siamo ancora una civiltà che migliora intellettualmente, che impara a sviluppare un pensiero strutturato e crea per il piacere di raggiungere la bellezza, di toccare il sublime?
Non credo.
Da un lato, abbiamo la società del “tutto vale”. Oggi chiunque si autoproclama specialista, esperto, artista, pensatore, critico. Non c'è più bisogno di studi noiosi (e faticosi), di lunghi apprendistati, di trasmissione di esperienze e condivisione di conoscenze, perché vettori di comunicazione molto pratici e poco esigenti in termini di competenze servono ormai da abbeveratoi ideologici per le masse. I programmi televisivi e radiofonici riversano tutto il giorno affermazioni sotto forma di diktat dei rappresentanti servili del potere e le chiacchiere vuote dei “sapienti”. I social network consentono alle menti più confuse di affermarsi come sostenitori del pensiero corretto e ai filosofeggianti anonimi e traballanti di ergersi a dispensatori di lezioni. Leggere i post sulle pagine Facebook e Instagram è come assistere a un vero e proprio festival della stupidità umana.
Dall'altra parte, è arrivata l'IA, onnisciente, onnipresente, ovunque! Laddove questo formidabile strumento avrebbe dovuto essere utilizzato e concentrato su applicazioni che consentissero il miglioramento delle nostre condizioni di vita (la ricerca medica, ad esempio), l'uomo ha deciso di utilizzarlo per pensare meno, riflettere meno, guadagnare denaro più velocemente, raggiungere il successo senza sforzo. Il fenomeno dell'IA non è un'onda, nemmeno uno tsunami, è un reset tanto inesorabile quanto fatale per l'umanità. L'IA è una tecnologia assoluta e dominante che radere al suolo, cancellando progressivamente tutto ciò che c'era prima, tutto ciò che l'uomo aveva impiegato secoli a costruire e creare lentamente. Ma soprattutto l'IA porterà all'oscuramento del pensiero, alla negazione della riflessione e alla scomparsa della creazione. L'uomo imparava grazie ai suoi errori, così necessari per evolversi e migliorare, l'uomo trovava le risorse per creare un mondo migliore e più bello nella sua immaginazione.
L'IA amputerà l'uomo di ciò che lo rendeva un essere capace di interferire con il suo processo evolutivo e di sviluppare una coscienza.