dimanche 31 mai 2020

Enten Hitti : A tutti gli uragani che ci passarono accanto

Vraiment très agréable pour un dimanche d'été cette écoute de l'album d'Enten Hitti. A tutti gli uragani che ci passarono accanto. Publié une première fois en 2004 à 100 exemplaires CD, il est aujourd'hui réédité chez Lizard et ADN Records. Car Enten Hitti en est déjà, de fait, à huit albums depuis le milieu des années quatre vingt dix, période durant laquelle le groupe s'est constitué autour de la paire Gino Ape / Pierangelo Pandiscia. Plutôt pensé comme un projet artistique centré sur la recherche musicale avec la volonté d'associer la musique traditionnelle, l'électronique, la musique d'ambiance, la new age et la chanson d'auteur, Enten Hitti reste une formation très discrète qui évolue principalement dans un milieu underground italien avec quand même quelques bandes son composées pour la RAI et divers spectacles. 
A tutti gli uragani che ci passarono accanto  est une très belle collection de chansons, marquées par les voix graciles de Simona Barbero et Adriana Pulejo qui auront du mal a renier leurs origines méditerranéennes. Gino Ape et Pierangelo Pandiscia sont les responsables de l'intégralité des compositions sauf les textes des titres 3 et 8 dont les paroles sont à l’origine de Boris Vian, traduites bien sûr en italien. Cet album se présente un peu comme une version édulcorée (si je peux me permettre ce terme qui n'a rien de péjoratif) de ce que fait Antilabè.  Dans l'ensemble çà reste très éthéré, facile d'écoute mais avec beaucoup de subtilités et de détails très fins qui se révèlent petit à petit. Car, il est essentiel d'écouter cet album dans un environnement calme afin de profiter au maximum des doux et chauds effluves diffusés par cette musique à la fois attachante et relaxante.  Je vous laisse découvrir et savourer.

La tracklist : 
1. Casa dei pensieri à écouter ici
2. Luna di Pietra à écouter ici
3. Il solo nella strada à écouter ici
4. Le mani d'Africa à écouter ici
5. Vento lento  à écouter ici
6. Necramor à écouter ici
7. Figlia dell' acqua e del sole del mattino à écouter ici 
8. Non vorrei crepare à écouter ici
9. Dea mangiamele à écouter ici
 
Le groupe est formé de : Gino Ape (hautbois, piano, accordéon , chant), Pierangelo Pandiscia (guitares, percussions, métallophone, cor, chant), Stefano Nosari (double basse), Gianpaolo Verga (violon), Simona Barbero (chant), Adriana Pulejo (chant) 

Lizard Records (http://www.lizardrecords.it/)

mercredi 27 mai 2020

Habelard2 : Noises

Mine de rien, sous le nom d'Habelard2, le milanais Sergio Caleca fait son truc tout seul dans son coin, sans rien demander à personne (ses albums sont auto-produits). C'est déjà le huitième album solo, depuis 2013, pour le claviériste d'Ad Maiora. Huit albums en à peine plus de sept ans, c'est quand même pas mal pour un musicien qui, il est vrai, est sur le pont depuis 1977 et qui avait déjà commis toute une série de disques sous différents noms entre 1979 et 1994. Il en profite d'ailleurs pour cultiver un certain éclectisme dans les genres musicaux abordés. Il peut se le permettre. Il est seul aux commandes. Il fait donc ce qu'il veut ! En plus, il faut souligner que l'homme est doué pour composer de remarquables pièces dans des styles divers allant de la prog au classique en passant par la pop arty, le jazz et même le pastiche de bandes son de films policiers ("Music for an imaginary crime action movie "). Cette vidéo sur YT donne une assez bonne idée de son travail.
Quand je dis que Sergio fait tout tout seul sur ce nouvel album (Noises), il fait vraiment tout ! Il joue de la guitare électrique de la guitare acoustique, de la basse et des synthés. Faute d'avoir une collection de claviers à la Wakeman, il utilise des logiciels de type Cubase et Kontact5 pour recréer les sonorités de Mellotron, Hammond ou Wurlitzer qu'il recherche, idem pour la batterie et les percussions pour un résultat vraiment bluffant. 
Un seul homme pour jouer de tous les instruments et pas de chant. On sait l'exercice difficile. Pourtant Sergio s'en sort bien. Son secret réside sans doute dans son approche pleine d'humilité de la musique et dans sa volonté de ne jamais vouloir en faire trop alors qu'il a, à l'évidence, un bagage classique solide. Le résultat est ce long ruban fluide que l'on écoute avec plaisir d'une traite, ce qui n'empêche pas d'en extraire quelques belles perles qui ont toutes pour point commun d'exhaler le Cantebury sound dans toute sa splendeur ("Water drops", "Step by step", "Inquietanti presenze", "Pandemonio").
Tout est de très grande qualité dans ce Noises : du soyeux "Last train" au symphonique "Coffee break" (qui hésite entre Happy The Man et Camel) en passant bien sûr par les quatre morceaux incontournables dont j'ai parlé plus haut, et sans oublier le très pastoral "Nektar" dont la mélodie élégante ne vous quittera pas, bien après la fin du morceau.
Je termine en soulignant qu'il se dégage de cet album une impression de sérénité et de positivité qui me rappelle Caravan (attention ce n'est pas une comparaison purement musicale, quoique par moments !) et donne à son écoute une sensation de bien être que "Step by step" incarne très bien.
Intéressez-vous au travail de Sergio Caleca, je vous promets que vous découvrirez des trésors. Si vous avez le temps, allez vous balader notamment du côté de l'album Maybe publié en 2017 et enregistré avec des membres de Maxophone, Phoenix Again, The Watch, Ubi Maior et Ad Maioria bien sûr, vous ne serez pas déçu.

La tracklist :
1. Last train à écouter ici
2. Water drops
3. Step by step à écouter ici
4. Coffee break
5. Noises (part 1 - 2 - 3)
6. Mediterraneo
7. Inquietanti presenze à écouter ici
8. Nektar
9. Pandemonio
10. Rimorsi et rimpianti
11. Fine delle trasmissioni

lundi 25 mai 2020

MAT2020, interview Louis de Ny


A l'occasion de la sortie récente de mon tout dernier livre, la biographie de Patrick Djivas "Via Lumière", le maître du prog italien, Athos Enrile, m'a interviewé pour le magazine MAT2020. Vous pourrez lire cet entretien (en italien 🙂) dans le numéro du mois de mai qui vient d'être mis en ligne. Encore merci Athos (et toujours merci à Rossana qui n'est jamais loin 👋) . L'occasion de vous faire connaître cette revue spécialisée dans le RPI que je consulte régulièrement.

http://www.mat2020.com/ultimo-numero.html

samedi 23 mai 2020

Bon anniversaire Patrick !

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Patrick Djivas (23 mai 1947). Membre fondateur d’Area et membre historique de Premiata Forneria Marconi (depuis bientôt cinquante ans !). La vie de ce grand musicien français exilé en Italie est juste incroyable. Elle méritait bien une biographie et je vous promets que çà a été une immense fierté pour moi que de l’écrire. Maintenant si vous prenez le temps de la lire, ce sera un grand  plaisir supplémentaire partagé avec Patrick qui me dit souvent qu’il pense ne pas être connu en France. prouvez lui le contraire ! 

Voici les liens pour commander le livre Patrick Djivas, Via Lumière :

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dimanche 17 mai 2020

Falena : Una Seconda Strana Sensazione

Troisième album pour Falena, mais le premier à sortir dans un format physique édité (CD) grâce au label Locanda Del Vento distribué par Lizard Records.
Je passe rapidement sur le côté concept de l'album car l’histoire  personnelle de l'anonyme Monsieur F. ne me passionne pas particulièrement, encore moins ses états d'âme et ses multiples tiraillements internes.
Côté musique, c'est beaucoup plus intéressant. Certes il faudra d'abord vous habituer à la voix au pathos particulier d'Emiliano Sellati mais après, je vous le promets, çà ira tout seul. D'ailleurs le groupe sait faire en frappant très fort  avec un morceau instrumental introductif qui dégage tout sur son passage. C'est carré, propre et efficace. De manière générale, le style est assez dramatique, voire emphatique, dans une tonalité hard prog qui évoquera Museo Rosenbach ("Una Seconda Strana Sensazione"), Jumbo (sur "Dubbio" par exemple) pour les références de l'ancien temps et pour ce qui concerne des groupes plsu récents, Fiaba et surtout Il Bacio Della Medusa et Il Segno del Comando.
Il faut reconnaître que le côté expressif est ici très bien maîtrisé. Les parties instrumentales sont clairement au service de la voix d'Emiliano Sellati pour un résultat étonnement homogène. J'en veux pour preuve un morceau comme " Il Peso Della Misura" qui aurait facilement pu prendre une connotation lourdingue et qui passe parfaitement. Le lyrisme italien revient même de manière inattendue sur "Passagio", renforcé en cela par la présence d'une guitare acoustique, d'une flûte traversière et de chœurs discrets. " Nella Colonia Penale " présente aussi ce côté lyrique, la démesure en plus ! En parlant de démesure, intéressez vous à "Requiem" qui dans le genre, devrait faire baver de plaisir mes amis d'Il Segno del Comando. Voilà du doom prog (si si, çà existe !) absolument irrésistible.
Il est d'ailleurs à noter, la bonne idée qu'ont eu les musiciens d'intercaler de nombreuses respirations, toutes d'un style très différent, qui permettent d'aérer l'ensemble ("E Scosto I Capelli Dal Cuore", "L'erpice", "...Per Un Libero Pensiero ", "Il Mercato", "Conseguenza"). Car, il est vrai qu'une durée de soixante six minutes pour ce genre de musique, qui va chercher  directement l'auditeur en le poussant dans ses retranchements émotionnels, pourrait lasser à la longue. Si je dois ressortir un morceau de ce magma sonore, qui sent quand même pas mal le souffre, je choisis sans hésiter une seconde "Sete", le morceau épique de l’album, une vraie tuerie qui va vous prendre aux tripes pendant plus de neuf minutes. Là aussi, la connexion avec Il Segno del Comando semble assez évidente. La voix d'Emiliano Sellati prend ici une dimension de prêcheur menaçant avec l'orgue liturgique en arrière plan. Incontestablement la paire finale "Sete"/"Conseguenza" est un expérience sensorielle à vivre. 
Les romains de Falena démontrent avec cet album qu'ils ont un style qui à défaut d'être vraiment original (cf. les différentes références auxquelles j'ai fait allusion dans cette chronique) est très bien assumé et surtout très bien développé avec de plus une constance dans la qualité et un nivellement par le haut qui fait honneur à ses créateurs.

La tracklist :
01. Antefatto (à écouter ici)
02. Un Mite Inverno
03. Il Dubbio 
04. Il Peso Della Misura
05. E Scosto I Capelli Dal Cuore
06. Passagio (à écouter ici)
07. Una Seconda Strana Sensazione (à écouter ici)
08. L’Erpice
09. Nella Colonia Penale
10. ...Per Un Libero Pensiero
11. Requiem...
12. Il Mercato
13. Sete (à écouter ici)
14. Conseguenza

Le groupe : Emiliano Sellati (chant), Alessandro Fusacchia (guitares, chœurs), Marco Peschi (claviers, flûte traversière), Andrea Trinca (basse, chœurs), Rossano Acciari (batterie)

Le CD est distribué par Lizard Records (http://www.lizardrecords.it/)

lundi 11 mai 2020

Ubi Maior : Bestie, Uomini e Dèi (trad. italiano)

 

Bene, questa volta ci siamo!
Gli Ubi Maior pubblicano (finalmente) il loro quarto album. Primo ascolto completo, prime impressioni: è sempre buono, sempre così ispirato.
Ma c'è anche che questo gruppo migliora con l'avvicinarsi dei suoi vent'anni di esistenza. Gabriele Manzini (tastiere), Alessandro di Caprio (batteria) e Mario Moi (voce) sono solidi pilastri con, per quanto riguarda Mario, un ruolo sempre più importante da quando ha felicemente ripreso la pratica del violino e della tromba. Questo gli permette di essere presente anche sulla strumentale "Nessie". Gli ultimi arrivati, Gianmaria Giardino al basso e Marcella Arganese alla chitarra, sono ormai membri indispensabili, e ho già detto e scritto a più riprese che Marcella aveva dato molto al gruppo in termini di musicalità ma anche di efficienza. A questo proposito, un brano come "Bestie, Uomini e Dèi" dimostra l'alto livello di complementarità raggiunto da Gabriele e Marcella, sia nella creazione che nell'esecuzione di una composizione ambiziosa.
L'album è molto omogeneo, quasi compatto, con i suoi sei pezzi di durata compresa tra 5 e 10 minuti al massimo. Il brano "Nero notte" è saggiamente collocato in apertura per rassicurare i fan fin dai primi secondi sulla grande forma del gruppo dopo cinque anni di silenzio. Ed è proprio così! E tanto vale dirlo subito, questi 3/4 ora di musica passeranno molto (troppo) velocemente.
Menzione speciale per "Wendigo", di cui il vostro “servitore” ha avuto la fortuna di seguire la genesi, che è un pezzo di notevole finezza ed efficacia. Devo ammettere che il risultato finale mi lascia a bocca aperta. Quando parlo di efficienza, bisogna riconoscere che un pezzo come "Nessie" si presenta con un riff d'introduzione devastante!
Senza dubbio con questo Bestie, Uomini e Dèi, Ubi Maior ha raggiunto il culmine della sua arte. Il gruppo riesce nell'impresa di rinnovarsi, pur mantenendo la propria identità, senza mai cedere alla facilità, un pezzo come "Fabula Sirenis" ne è il miglior esempio e lo stratosferico "Misteri Di Tasseglia" non è lontano dal seguire lo stesso cammino.
Perché il bello di Ubi Maior è questa ambivalenza permanente della sua musica, sia melodica che energica, sia sinfonica che ritmica, in qualche modo appannaggio dei grandi gruppi di prog italiani! 
(traduzione Rossana Lombardi)

vendredi 8 mai 2020

Ubi Maior : Bestie, Uomini e Dèi

Bon, cette fois, on y est ! Ubi Maior sort (enfin) son 4ème album. Première écoute complète, premières impressions : c'est toujours aussi bon, toujours aussi inspiré. Mais il y a aussi que ce groupe se bonifie à l'approche de ses vingt années d'existence. Gabriele Manzini (claviers), Alessandro di Caprio (batterie) et Mario Moi (chant) sont de piliers solides, avec en ce qui concerne Mario un rôle de plus en plus important depuis qu'il a repris avec bonheur la pratique du violon et de la trompette. Ce qui lui permet d'être aussi présent sur l''instrumental "Nessie". Les derniers arrivés, Gianmaria Giardino à la basse et Marcella Arganese à la guitare, sont désormais des membres indispensables, et j'ai déjà dit et écrit à plusieurs reprises que Marcella avait apporté énormément au groupe en terme de musicalité mais aussi d'efficacité. A cet égard, un morceau comme "Bestie, Uomini e Dèi" démontre le haut niveau de complémentarité atteint par Gabriele et Marcella, tant dans la création que dans l'exécution d'une composition ambitieuse.
L'album est très homogène, presque compact, avec ses six morceaux d'une durée allant de 5 à 10 minutes maximum. Le titre "Nero notte" est judicieusement placé en opener afin de rassurer les fans dès les premières secondes sur la grande forme du groupe après cinq années de silence. C'est bien le cas ! Et autant vous le dire tout de suite, ces 3/4 d'heure de musique vont passer très (trop) vite.   
Mention spéciale pour "Wendigo", dont votre serviteur a eu la chance de suivre la genèse, qui est une pièce d'une finesse remarquable et d'une efficacité à toute épreuve. J'avoue que le résultat final me laisse sur le cul. Quand je parle d'efficacité, il faut reconnaître qu’un morceau comme "Nessie" se pose là avec son riff d'intro dévastateur !   
Incontestablement avec ce Bestie, Uomini e Dèi, Ubi Maior est au sommet de son art. Le groupe réussit l'exploit de se renouveler, tout en gardant son identité, sans jamais céder à la facilité, un morceau comme "Fabula sirenis" en est le meilleur exemple et le stratosphérique "Misteri Di Tasseglia" n'est pas loin de suivre le même chemin.
Car ce qui est bon avec d'Ubi Maior, c'est cette ambivalence permanente de sa musique, à la fois mélodique et énergique, à la fois symphonique et rythmée, l'apanage des grands groupes de prog italiens en quelque sorte !

La tracklist :
1. Nero notte
2. Misteri di Tessaglia
3. Wendigo
4. Nessie à écouter ici
5. Fabula Sirenis
6. Bestie, Uomini et Dèi

Le groupe : Gabriele Manzini (claviers, flûte),), Alessandro di Caprio (batterie), Mario Moi (chant, violon, trompette), Gianmaria Giardino (basse), Marcella Arganese (guitares)

Voici les liens du groupe :
sa page bandcamp : https://ubimaior.bandcamp.com/album/bestie-uomini-e-d-i
sa page FB : http://www.facebook.com/ubimaiorweb

Merci pour eux !

dimanche 3 mai 2020

Elisa Montaldo : "Il giorno che non ti aspettavi"

Elisa vient de poster sur YT une nouvelle chanson qu'elle a composée et enregistrée au début de la période de confinement. C'est évidemment une très belle chanson qui en appelle d'autres pour un futur album solo. Voici les paroles traduites en français.

"Le jour que tu n'attendais pas"

Si l’histoire est écrite,  je ne veux plus la lire
Ici, tout se mélange et les couleurs sont floues 
Le silence a envahi les villes et les quartiers 
Les gens au balcon veulent crier la musique

Et on reste là comme ça, sans rien faire des ses mains 
Quand tout parait éteint... 

C’est alors que les mains  
Trouvent quelque chose à faire, fouillent et se souviennent 
Tendues, elles cherchent d’autres mains 
Qui s’accrochent à la vie, une mosaïque disparaissant dans une teinte unie
Le jour que tu n’attendais pas est là 

Les voix de trop de vérités se mélangent
Désormais, plus personne ne croit en la parole sacrée 

C’est comme souffler sur un millier de fourmis et regarder 
Comment le chaos les désunit en un instant
Inconscientes et sans but elles courent, elles s’échappent, elles fuient toutes la même réalité qui les poursuit 

Et brusquement notre vie quotidienne s'arrête
Et quand tout parait éteint... 

 C’est alors que les mains 
 Retrouvent quelque chose à faire, elles créent pour comprendre 
 Quand le lendemain arrivera, il nous trouvera ici 
 Pour nous entrainer dans une danse ancienne et infinie 
 Et le jour que tu n’attendais pas sera là

dimanche 26 avril 2020

La Janara : Tenebra

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Massimo Gasperini fait tout ce qu'il peut pour favoriser et promouvoir un de ses styles musicaux de prédilection, en l’occurrence un heavy metal d'obédience doom et gothique. Après, on est d'accord, musicalement, tout çà à la base, c'est du heavy rock. Le côté occulte et satanique c'est pour épater la galerie et faire peur aux petits enfants et aux âmes sensibles. Black Sabbath, Alice Cooper et Blue Oyster Cult, ce n'était pas autre chose.
Le dernier né de la série chez Black Widow Records (le label de Massimo) ne déroge pas à la règle. Déjà le nom du goupe, La Janara ! On ne peut pas se tromper. La Janara, c'est une sorcière qui apparaît régulièrement dans les vieux contes et les légendes anciennes de la région de la Campanie. Le titre de l'album ensuite, La tenebra, nous place d'emblée du côté obscur, çà se passe de commentaires ! La pochette, avec la jeune fille nue protégeant sa virginité avec un crâne de chèvre, est là pour choquer et marquer les esprits (il y a du sacrifice humain dans l'air !). Et enfin le look des protagonistes : cuir noir, ceintures cloutés, tatouages ésotériques et rimmel appuyé autour des yeux de Raffaella Càngero alias La Janara. Car à la tête de cette bande décidée a semer la terreur et a célébrer des messes noires, il y a une jeune femme, fort avenante pour une sorcière, et qui pour tout dire n'a rien d'une souillon. 
Musicalement, le groupe est à la hauteur de l'image qu'il veut se donner tout en restant très fréquentable. C'est plus heavy métal ("malevento", "mephis") que black - trash - speed métal. Disons que c'est du power métal qui se respecte (l'épique "ver sacrum"), très bien exécuté ce qui ne gâche rien avec des envolées très réussies ("mater tenebrarum"). Pour ceux qui ont les oreilles délicates (comme moi),  il y a même quelques morceaux qui échappent au climat plombé de l'ensemble. Avec "violante aveva un osso di capra" et "volano i corvi", nous avons ainsi  droit à deux très belles chansons sur base de  guitare acoustique. La superbe "volano i corvi" a même des accents rappelant fortement la chanson d'auteur italienne, impression que l'on avait déjà eu avec le titre présenté en 2017 sur le  EP : "la luce" (à écouter ici)
De manière générale, Raffaella Càngero et son groupe maîtrisent leur sujet et il n'y a pas grand chose à leur apprendre, juste à leur souhaiter un deuxième album aussi réussi. 
Post tenebras lux !

La tracklist :
1. malevento à écouter ici
2. mater tenebrarum à écouter ici
3. violante aveva un osso di capra à écouter ici
4. tenebra à écouter ici
5. mephis à écouter ici
7. il canto dei morti à écouter ici
8. volano i corvi à écouter ici
9. or poserai per sempre à écouter ici
10. ver sacrum à écouter ici

Le groupe (là çà mérite une peu de détail pour une fois, vous allez comprendre) :
"la Janara" : "la sorcière" (Raffaella Càngero) : chant
"il boia" : "le bourreau" (Nicola Vitale) : guitares
"l'inquisitore" : "l'inquisiteur" (Rocco Cantelmo) : basse
"il mercenario" : "le mercenaire" (Antonio Laurano) : batterie

L'album Tenebra est sorti en version CD en 2019 et tout récemment (en 2020) en version vinyle chez Black Widow Records (https://blackwidow.it/)

samedi 25 avril 2020

Flora (riscoperta di questo ottimo gruppo, con tre album nella discografia)


De temps en temps, j'aime bien mettre en lumière des groupes sortis de nulle part mais qui méritent vraiment qu'on parle d'eux, tout simplement parce que ce qu'ils font (ou ont fait enl'occurence) est bon. C'est le cas de Flora. Ce groupe, c'est l'affaire depuis 1998 de Paolo Nicastro (basse et chant) et Fabrizio Lusitani (guitares) accompagnés d'une équipe solide avec Claudia Nicastro au chant, Pietro Beltrami ax claviers, Michele Tizzoni  à la batterie et Pina Muresu au saxophone. En tout le groupe a enregistré six albums (les trois premiers étant en fait des démos auto-produites). A ma connaissance, seuls les trois CD distribués par Lizard Records sont assez facilement trouvables.
Car depuis 2013, le groupe de Piacenza n'a plus donné aucun signe de vie et a laissé peu de traces sonores sur le web. Voilà tout ce que j'ai trouvé :
Le titre "Camaleonte" extrait de Sei en écoute sur FB 
Une vidéo sur YT d'un extrait de concert datant du 11 juin 2011 Flora Live YT
En route maintenant pour un rapide panorama des trois albums disponibles chez Lizard Records (http://www.lizardrecords.it/)
Flora (2005)


Avec cet album éponyme, qui est donc le quatrième dans l'ordre des enregistrements du groupe mais le premier réellement édité et publié, Flora dessine les contours d'une identité musicale très personnelle caractérisée par une manière d'aborder la musique qui est en toute circonstance douce voire même suggestive à l'instar d'un morceau comme "baltico" (la version qui est sur Flora) mais aussi par une forte accointance avec le jazz, certes un jazz dilué, parfois édulcoré mais jazz quand même. Pas question pour autant de s'ennuyer, le groupe montrant aussi à l'occasion des velléités pour emballer la machine, certes toujours dans un registre mesuré ("Insalata n° 4"), et ne rechignant pas non plus à se lancer dans des développements plus recherchés, notamment en terme de rythmiques élaborées ("15/8").

Traiettorie di Vola (2009)


En 2009, le groupe revient à la charge avec Traiettorie di Vola. J'avoue que j'ai un gros faible pour cet album qui est à mon avis d'un niveau supérieur aux deux autres présentés ici. 
C'est vrai d'abord pour ce qui concerne la qualité et l’intérêt des compositions. En écoutant cet album, j'ai la sensation (agréable) d'avoir affaire à des musiciens développant une approche très esthétique de la musique qui se traduit par une expression par moments très proche du pop art (les instrumentaux "Ed Hopper" et "Rami", la séquence free sur la deuxième partie de "Trasparente"). Le saxophone, omniprésent sur les trois albums, est ici particulièrement bien mis en valeur avec à plusieurs reprises un positionnement lead ("Ed Hopper", "Marco", "L'attesa"). C'est aussi sur Traiettorie di Vola que Claudia Nicastro peut donner sa pleine mesure au chant ("Come Costruire un Albero").
Enfin c'est le disque sur lequel les instrumentistes se lâchent un peu plus au point d'accoucher d'un improbable titre de jazz funky technoïde ("L'attesa") pour la touche finale, quand ils ne se laissent pas aller à flirter avec un rock qui cousine avec Caravan ("Trasparente") ou avec les compatriotes de Conqueror ("Marco").  A l'évidence la nouvelle distribution des rôles, avec Paolo Nicastro passé de la guitare à la basse et donc l'arrivée subséquente d'un guitariste maîtrisant un registre plus large et développant un jeu plus rock, permet de produire une musique beaucoup plus dynamique tout en gardant toujours ce côté classe et cette mesure qui font la différence ("It's all right").

Sei (2012)
En 2012, Sei permet au groupe Flora de présenter une belle synthèse de son style tout en gardant le côté  soyeux de Flora et en y ajoutant une belle dose d'entrain communicatif, hérité de Traiettorie di Vola (propriété qui manquait par contre clairement sur le trop contemplatif Flora) très bien exprimé sur de nombreux morceaux ("Caleidoscopio", "Camaleonte" écoute YT ici, "Tartaruga", "Non mi ricordo", "Cosimo post-moderno" "Signor Psiche") bénéficiant tous d'un traitement énergique matérialisé par une rythmique soutenue, par des accords plaqués et par des riffs de guitare plus tranchants, le morceau "Insalata n° 6" renouant quant à lui avec la complexité rythmique de "Insalata n° 4", un côté jubilatoire en plus.

lundi 20 avril 2020

Magnolia (trad. italiano)


Di certo il nome Magnolia, per un gruppo progressive in più italiano, suona un po’ sdolcinato. Peccato, perché originariamente, nel 1994, il gruppo si chiamava Eclissidra. Con questo nome è anche uscito un EP, Fiori di pioggia. Ma è con il nome di Magnolia (bizzarro, no?) che il gruppo ha pubblicato due CD, con l’etichetta Lizard Records.
Prima La zona d’ombra nel 2012 

poi Con Fuoco nel 2018


Ascoltando i due album, è evidente che ci troviamo di fronte a un gruppo che si allontana nettamente dal progressif classico italiano per avvicinarsi ai Magenta, ai Marillion (periodo Hogarth) ai The Gathering. Onestamente, se non ci fosse il cantato in italiano, ci si potrebbe sbagliare. Chiara Gironi ha una voce sublime, ai livelli di Ana Torres (Universal Totem Orchestra) con una tessitura che si avvicina a quella di Grazia Maremonti (Plurima Mundi).
La musica dei Magnolia riesce ad essere sinfonica, romantica (come in "Terre di mezzo"), ma anche densa e intensa (in "Non ho" e "Rivolta"), sempre straordinariamente costruita e strutturata in modo da permettere voli energici ; non lascia indifferenti e trasporta facilmente l’ascoltatore in canzoni impareggiabili come :
• "La gabbia" : il mio colpo di fulmine, brano sublime in ogni sua parte per ascoltare qui
• "Li fuori" per ascoltare qui
brani presi da La Zona d’ombra
o ancora
• "Stasi" per ascoltare qui
• "Syrma" per ascoltare qui
presi da Con fuoco
Ciò che colpisce nella musica dei Magnolia è la dolcezza nella composizione ma anche nell’esecuzione, delicatezza che non esclude la forza latente che si libera quando serve. In questo i Magnolia navigano fra un’estetica Art Rock ("Home") a un pop da orafo ("Piccola ala" e "Ellis one"), e una sensibilità prog che è filo conduttore (la suite "Luna del viandante"). Recentemente ho ritrovato lo stesso approccio artistico (e lo stesso piacere nell’ascolto) con il gruppo internazionale Psychic Equalizer.
Notiamo anche una grande attenzione agli arrangiamenti (estratti di musiche da film, trame sonore, rumori, ecc.), come facevano i Pink Floyd Di The Wall e i Queensryche di Operation Mindcrime. Sto parlando del lavoro di post produzione, non della musica stessa (anche se a guardare bene…!)
Gruppo poco conosciuto sulla scena prog, i Magnolia meriterebbero una maggiore esposizione, per la loro proposta musicale che punta all’eccellenza e che si distingue per una qualità costante.
Succederà forse con il terzo album, che speriamo arrivi presto, sempre con Lizard Records, permettendo al gruppo romano di far esplodere un talento che non chiede altro.

Lizard Records ( http://www.lizardrecords.it/)

samedi 18 avril 2020

Magnolia

Évidemment Magnolia, pour un groupe de rock progressif, même italien, çà fait quand même un peu fleur bleue (ou rose, c'est comme vous voulez). Dommage car à l’origine, en 1994, le groupe s'appelait Eclissidra, un EP, Fiori di Pioggia, est même sorti sous ce nom à l'époque.Mais c'est bien en tant que Magnolia (çà fait bizarre hein !) que le groupe a sorti deux CD chez Lizard Records. D'abord La Zona d'Ombra en 2012 puis con fuoco en 2017.

A l'écoute de ces ceux albums, il apparait vite évident que l'on a affaire à une formation qui se démarque assez nettement du prog italien classique pour aller s'aventurer du côté de Magenta, Marillion (avec Hogarth)  voire The Gathering. Honnêtement, s'il n' y avait pas le chant en italien, on pourrait s'y méprendre. Au passage, Chiara Gironi a une voix sublime qui est du niveau de celles d'Ana Torres (Universal Totem Orchestra) et de Grazia Maremonti (Plurima Mundi), sa tessiture se rapprochant plus de celle de cette dernière. Symphonique, romantique à souhait ("Terre di Mezzo") mais aussi dense et intense ("Non ho", "Rivolta"), toujours  remarquablement construite et structurée de manière à permettre d'énergiques envolées, la musique de Magnolia ne laisse pas indifférent et embarque facilement l'auditeur à l'instar de chansons aussi imparables que:
"La gabbia" : mon coup de cœur, morceau sublime de bout en bout à écouter ici 
 "Li fuori" à écouter ici
extraites de La Zona d'Ombra,
ou encore :
tirées de con fuoco 
Ce qui frappe dans la musique produite par le groupe c'est cette extrême finesse dans les compositions mais aussi dans leur exécution, ce qui n'exclut pas bien contraire une puissance latente qui ne demande qu'à être libérée quand le besoin s'en fait sentir. En cela Magnolia navigue entre une esthétique Art Rock ("Home") et une pop d'orfèvre ("Piccola Ala", "Ellis One"), avec une sensibilité prog comme fil conducteur (la suite "Luna del Viandante" en trois parties). J'ai retrouvé cette même approche artistique (et le même bonheur d'écoute) tout récemment avec le groupe international Psychic Equalizer.
On remarque aussi une très grande attention portée aux arrangements (extraits de bandes son, trames sonores, bruitages divers...) qui peuvent être rapprochés de ce qu'ont fait Pink Floyd sur The Wall et Queensrÿche sur Operation Mindcrime. Je parle bien là du travail en post production et pas de la musique elle-même (quoique en cherchant bien...!). 
Groupe discret sur la scène prog, Magnolia mériterait un meilleur éclairage plus en rapport avec une proposition musicale qui relève souvent de l'excellence et qui se distingue aussi par une qualité constante. Ce sera peut être pour le troisième album, que l'on espère voir arriver bientôt maintenant, toujours chez Lizard Records, qui permettra aux romains de faire éclater enfin au grand jour un talent qui ne demande que çà.

Label : Lizard Records (http://www.lizardrecords.it/)

lundi 13 avril 2020

Fungus family : The Key of the Garden

Fungus, sur album studio et en concert, c'est une expérience unique à vivre. Pour avoir assisté à plusieurs perormances de ce groupe en Italie, vous pouvez me faire confiance. C'est surtout la présence de ce grand escogriffe de Dorian Deminstrel (c'est un pseudo bien sûr) qui retient l'attention. Il y a du Joe Cocker dans sa gestuelle, du Jim Morrison dans sa voix, du Peter Hamill dans ses intonations.
Comment définir la musique de Fungus ? comme une mixture à l'ancienne de heavy prog mélangé à de la pop psychédélique pour un résultat particulièrement homogène et emballant. Imaginez le vieux Pink Floyd de Syd Barret qui aurait fait alliance avec les Doors, çà aurait donné quelque chose de très proche de ce que fait aujourd'hui Fungus. La présence de Nick Turner, le mythique membre de Hawkwind n'est évidemment pas un hasard et donne indication supplémentaire concernant une autre référence majeure du groupe.
J'ai été particulièrement impressionné par la "Suite  n° 5" en deux parties, passionnant morceau épique remarquablement construit avec un enchaînement fluide de séquences à rebondissements, par l'intensité dégagée par le faussement tranquille "Eternal Mind" (en fait une tuerie qui cache bien son jeu), par "Demo - crazy" qui lui annonce clairement la couleur et ne déçoit pas en baignant effectivement dans une forme de folie assumée. J'ai carrément craqué pour "iq84" qui est clairement la masterpiece de l’album, et pas seulement par sa durée (plus de douze minutes), mais bien du fait d'un contenu au pouvoir magnétique tellement attirant qu'il est difficile de s’extraire de ce morceau puissant, une fois la dernière note jouée.
Bien sûr tout n'est pas parfait sur cet album. Ainsi l'autre long titre "Holy picture" n'est pas du niveau de "iq84". Il s'agit à l'évidence d'une jam, enregistrée live, qui a été rajoutée sur l'album pour faire bonne mesure Ceci explique la prise de son pour le moins roots sur la batterie avec une caisse claire qui sonne comme une casserole mais cela n'excuse pas une partie centrale qui traîne beaucoup trop en longueur (c'est le principe d'une jam me direz-vous). Dommage car l'intro piano/voix est très réussie. Dans un autre genre, je ne vois pas bien l’intérêt d'avoir inclus les deux reprises de Pink Floyd ("See Emily Play") et de Family ("The Weaver's Answer") qui, si elles permettent aux musiciens de Fungus de se faire plaisir en rendant hommage à ses sources d'influences, n'apportent rien au travail d'ensemble qui se suffisait à lui-même sans cela. 

Ce qui est sûr, c'est que ce The Key of the Garden, sorti en 2019, est incontestablement ce que le champignon génois a produit de mieux et de plus abouti en quatre albums et une quinzaine d'années d'existence.

Tracklist :
1. Suite n° 5 (part 1) en écoute ici
2. Eternal Mind à écouter ici
3. Demo - crazy à écouter ici
4. iq84 à écouter ici
5. Becoming To Be à écouter ici
6. Suite n° 5 (part 2) en écoute ici
7. See Emily Play à écouter ici
8. Holy Picture en écoute ici
9. The Weaver's Answer à écouter ici

Le groupe est formé de : Dorian Deminstrel (chant, guitare acoustique), Alessio "Fuzz" Caorsi (guitares), Claudio Ferreri (orgue, piano, synthés), Carlo "zerothehero"Barreca (basse, flûte, trompette), Cajo (batterie)
et en invités : Nik Turner (Magic flûte sur "Eternal Minds", Space saxophone sur "Becoming to Be"), Daniele Barreca (percussions sur "The weaver's answer")

Label : Black Widow Records (https://blackwidow.it/)

samedi 11 avril 2020

Caravaggio


Après un premier contact peu concluant, en décembre 2019, Caravaggio avait sorti un premier titre, "Before mye eyes", que j'avais finalement écouté avec un intérêt certain et un réel plaisir. Un beau morceau en mid tempo avec une coloration très méditerranéenne mais avec aussi un fond métal très diluée. Avec l'arrivée ces jours-ci du deuxième single, "Joyful Graveyard", les choses se présentent désormais différemment. Il va être temps de s'intéresser à ce nouveau groupe car tout d'un coup çà devient très sérieux. Et si tous les titres du futur album sont du même calibre que les deux premiers publiés, çà devrait être du tout bon à l'arrivée. En effet "Joyful Graveyard" est une ballade très réussie avec à la fois beaucoup d'intensité et de fraicheur. Le chant haut parfaitement maîtrisé de Vittorio Ballerio y est pour beaucoup mais la composition elle-même avec ses divers enchaînements est très bien construite. Il peut s'en passer des choses en six minutes ! La preuve ! Imaginez les plus belles ballades du Uriah Heep de la grande époque avec quelques accents méditerranéens intelligemment positionnés sans en rajouter (l'accordéon)  et vous y êtes. 
Comme je viens de l’écrire, j'attends maintenant la suite et l'album avec impatience. 

"Before my eyes" à écouter ici
"Joyful Graveyard" à écouter ici

Les musiciens :  Vittorio Ballerio (chant), Fabio Troiani (guitares, mandoline), Marco Melloni (basse),  Alessio Del Ben (batterie), Mauro Poedra (accordéon), Alex La Bua (percussions)

jeudi 9 avril 2020

Quel Che Disse Il Tuono : il velo dei riflessi

"Quel che è certo è che i membri di Quel Che Disse Il Tuono sono totalmente intrisi di cinquant'anni di storia del rock progressivo italiano, lo fanno sentire molto bene e si distinguono nel loro primo album. È bello in questi tempi che provocano disagio".
Un parere autorevole, quello di un esperto internazionale di prog-rock come Louis de Ny, su 'Il velo dei rifless': buona lettura! Synpress Ufficio Stampa

De cette nouvelle formation de prog italien, on connaît au moins trois des quatre membres, ce qui est déjà pas mal : Alessio del Ben également batteur chez Caravaggio, le claviériste Niccolo Gallani qui vient de Cellar Noise et Francesca Zanetta l'ex guitariste d'Unreal City. D'ailleurs, puisqu'on reparle ici de la sympathique Francesca, son nouveau groupe, Quel Che Disse Il Tuono, navigue clairement dans un style assez proche de son précédent combo.
Ces quatre jeunes italiens revendiquent, eux, une filiation avec d'illustres et mythiques ancêtres que sont Il Balleto di Bronzo et Museo Rosenbach. Je suis plutôt d'accord avec eux sur ce point. Ils citent aussi Banco del Mutuo Soccorso et Le Orme. Là c'est beaucoup moins évident à mes oreilles, même s'il y a sur "Figlio dell'uomo"une citation quasi littérale tirée de Felona e Sorona
Dans l'ensemble, nous avons droit à des tempos plutôt lourds et à un son assez gras très régulièrement éclairci par les claviers de Niccolò Gallani, la véritable plaque tournante du groupe. Ce n'est pas doom pour çà, c'est juste pesant par moment avec un chanteur qui met sa voix au diapason, c'est le cas de le dire. Seul "Chi Ti Cammina Accanto" bénéficie d'un traitement plus léger sur la durée du morceau. 
A l'évidence nos amis sont très motivés et leur enthousiasme se ressent jusque dans leur musique. Parfois un peu trop d’ailleurs. Les compositions et la musique du groupe gagneraient à être mieux canalisées, le côté brouillon et les nombreux changements de direction peuvent perdre momentanément l'auditeur. Il y a beaucoup de bonnes idées, dans il velo dei riflessi, qui mériteraient d'être exploitées et développées de manière plus rationnelles (sur le morceau "Il Bastone e Il Serpente", on y est presque). Pas facile quand on parle de prog italien ! Pourtant le moins est parfois l'ami du mieux.
Ce qui est sûr, c'est que les membres de Quel Che Disse Il Tuono sont totalement imprégnés de cinquante ans d'histoire de rock progressif italien et le font très bien sentir et ressortir sur leur premier album. Cela fait du bien en ces temps anxiogènes.  

Trackist :
1. Il Paradigma Dello Specchio (Primo Specchio) à écouter ici
2. Figlio Dell'Uomo (Secondo Specchio) à écouter ici
3. Chi Ti Cammina Accanto? (Terzo Specchio) à écouter ici
4. Il Bastone e Il Serpente (Quarto Specchio) à écouter ici
5. Loro Sono Me (Catarsi) à écouter ici
Les musiciens : Francesca Zanetta (guitares), Niccolò Gallani (claviers, flûte), Roberto Bernasconi (basse, chant), Alessio Del Ben (batterie, claviers)

mercredi 8 avril 2020

Annonce Spéciale Vente Livres

Bonjour à toutes et à tous. En cette période si particulière, des mesures légitimes de protection de la population sont prises par les divers acteurs de l'économie du pays. Ainsi Amazon ne vend plus de produits "non nécessaires", les librairies sont hélas fermées, y compris celles qui faisaient de la vente à distance (je pense à la librairie Parallèles). 
Alors même que le confinement vous laisse plus de temps que d'habitude pour certains loisirs culturels sédentaires, vous pouvez avoir envie de vous plongez dans la lecture et tout particulièrement celle de livres se rapportant à votre musique préférée, le rock progressif. L'éditeur Camion Blanc prend toujours les commandes et assure les expéditions à domicile. Commander aujourd'hui directement via le site de mon éditeur est aussi un moyen de le soutenir.
Voici les liens pour ce qui concerne mes trois livres :

"Le Petit Monde du Rock Progressif Italien", cliquez ici, merci

 "Plongée au cœur  du Rock Progressif Italien", cliquez ici, merci

"Patrick Djivas, Via Lumière", cliquez ici, merci

Vous pouvez aussi me contacter en mp via messenger sur FB ou à cette adresse mail: jlee56@hotmail.fr,  il me reste quelques exemplaires de chaque livre.
Portez vous bien. Faites attention à vous et à vos proches. 
Louis

dimanche 5 avril 2020

Ubi Maior : Besti, Uomini e Dèi ("Nessie")

En attendant la sortie le 20 mai 2020 de Bestie, Uomini e Dèi, le nouvel album d'Ubi Maior, voici un premier titre instrumental en écoute sur YT pour éveiller votre curiosité.
Il vous suffit de cliquer sur "Nessie"
Mario Moi ne chante pas sur ce morceau mais est au top au violon et à la trompette, Marcella est meilleure que jamais à la guitare électrique et Gabriele Manzini maîtrise son sujet, comme d'habitude, aux claviers. La section rythmique (Alessandro Di Caprio & Gianmaria Giardino) est solide.
Un ENORME instrumental qui annonce un sacré album à venir ! J'adore déjà ! 

samedi 4 avril 2020

Interview de ...Louis de Ny ! (Par Athos Enrile)

Rencontre avec Louis de Ny


J'ai interviewé Louis de Ny, à l'occasion de la sortie de son nouveau livre dédié à Patrick Djivas, bassiste de la PFM: "Patrick Djivas, Via Lumiere".
Voici comment cela a satisfait mes curiosités...

Athos Enrile, Giuseppe Terribile, Louis de Ny, Gino Terribile

Peux- tu dire au public italien toi histoire liée à la musique progressive? D’où vient ton amour pour le prog?
Ce n’est pas original Athos, mais la musique, je suis tombé dedans tout petit. D’abord le classique (par mes parents) et puis le rock à l adolescence. Ce que tu écoutes à cette période de ton existence forme ton oreille et te conditionne pour le restant de tes jours. Par chance, pour moi comme pour beaucoup d’autres de la même génération, j’ai commencé par la pop des Beatles, puis le rock prospectif (on ne disait pas « progressif » à l’époque, rappelez-vous) allant de King Crimson à Pink Floyd en passant par Gentle Giant, Camel, Caravan, le hard rock de Deep Purple et Uriah Heep et encore Traffic, Jethro Tull ou les premiers disques de Queen. Le prog italien est venu assez vite même si je l’avoue les premiers contacts avec le chant en italien, via Banco del Mutuo Soccorso et Le Orme, m’ont un peu dérouté. Pour une raison assez floue mais sans doute liée à ce que j’écoutais à l’époque, j’ai d’abord été attiré par des groupes comme Museo Rosenbach, Biglietto Per l’Inferno, Il Balleto di Bronzo ou Alphataurus, qui étaient des formations développant dans leur musique un côté hard prog assez marqué. Mais j’ai aussi très vite adoré Delirium, Maxophone, la Locanda delle Fate, Quella Vecchia Locanda et... J’ai vraiment trouvé dans ce courant musical tout ce que je recherche dans la musique. Le prog italien est une sorte de melting pot parfaitement équilibré qui amalgame avec une sorte d’évidence tous les styles de musique que j’aime (baroque, rock, hard, pop, jazz et folklore méditérannéen). S’ajoute aussi à cela votre capacité, vous les italiens, à toujours être mélodiques. On dirait que chez vous c’est dans votre ADN.  Vous avez ce sens très naturel du beau et une évidente envie de vous faire plaisir mais aussi de faire plaisir en accouchant de belles chansons. Enfin, j’avoue que c’est le rock progressif italien qui me procure le plus de vibrations positives et de charges émotionnelles fortes. Çà ne s’explique pas vraiment de manière rationnelle en fait. Sans doute une question de sensibilité très personnelle.   

As-tu également eu une approche de musicien ou seulement d'auditeur?
A la base je connais et je lis la musique, je joue de la guitare et comme tous les adolescents, j’ai fait partie de groupes de rock éphémères et sans avenir !
Disons que je comprends mieux la musique que je ne la joue ! 

Peux-tu parler des livres que tu as écrits au fil des ans?
J’ai écrit des deux livres en français sur le rock progressif italien («Le Petit Monde du rock Progressif Italien» et «Plongée au cœur du rock progressif italien»). Je ne les ai pas écrit pour toujours raconter la même histoire (vous la connaissez mieux que moi en Italie) mais pour faire connaître le prog italien à plein de gens, pour faire partager ma passion et mes émotions pour cette musique et pour mettre en avant les musiciens. D’ailleurs dans mon deuxième livre (« Plongée au cœur du rock progressif italien »), il y a toute une partie consacrée à 15 musiciens italiens connus qui s’expriment sur plein de sujets.
Le dernier livre est une biographie sur Patrick Djivas, le bassiste de Premiata Forneria Marconi.

Ton nouvel emploi est dédié à Patrick Djivas: pourquoi ce choix ?
C’était en fait assez logique pour moi. Je m’intéresse au rock progressif italien. J’écris sur le rock progressif italien (des livres mais aussi mon blog). Et il y a en Italie un musicien français, Patrick Djivas, qui joue dans un grand groupe de prog italien, Premiata Forneria Marconi et que j’admire. Alors évidemment c’était naturel que je fasse ce livre sur lui. 

Comment as-tu traité le sujet "Djivas"? As-tu seulement étudié les aspects techniques et musicaux ou tu es même entré dans la vie personnelle?
«Patrick Djivas, Via Lumière » est une biographie. C’est la vie de Patrick pendant plus de soixante dix ans d’existence. Donc çà a demandé des dizaines d’heures d’entretiens et de conversations, mais avec Patrick c’est facile car il connaît beaucoup de choses, il raconte bien et son esprit est très structuré. Les aspects techniques et musicaux ont été amenés et développés par Patrick lui-même, que ce soit sur la musique en général ou sur la basse.

Comment le livre a-t-il été reçu en France?
Bien. Il y a beaucoup de gens à me suivre mais aussi beaucoup de gens qui s’intéressent au rock progressif, donc çà se passe bien. Mais notre objectif (Patrick et moi) est d’avancer sur la version italienne. Nous espérons vraiment qu’elle pourra se faire et sortir. On est d’accord, Patrick est beaucoup plus connu en Italie qu’en France, donc c’est l’édition italienne qui nous intéresse. Nous cherchons un bon éditeur italien.
  
Comment juges-tu la santé de la musique progressive?
Le rock progressif est passé en cinquante ans du statut de musique de référence à celui de musique élitiste faite pour une minorité de connaisseurs. C’est comme çà ! Dans notre société actuelle, le rock progressif est trop complexe et trop exigeant pour réussir à s’imposer et plaire au plus grand nombre.
Je crois dans ce mouvement musical quand je vois et j’entends de jeunes musiciens âgés de vingt cinq ans faire un rock progressif pur et inspiré. Mais je crois aussi que l’âge d’or est passé et définitivement terminé. C’était la période de l’aventure. C’est comme la conquête de l’ouest en Amérique. çà n’existe qu’une fois et après on fait vivre le mythe et on se raconte les belles histoires le plus longtemps possible.   

Je t'ai rencontré en Italie et je sais que le prog italien est important pour toi: quels sont les groupes du passé et les plus jeunes qui t'ont le plus impressionné?
Je ne peux pas répondre directement à la question Athos, il y a trop de groupes importants pour moi. Et si j’en cite et que j’en oublie, je vais me faire plein d’ennemis en Italie. Je vais te répondre en reprenant ce que j’ai déjà évoqué en France lors de conférences que j’ai faites sur le rock progressif.
Pour le rock progressif italien, je donne souvent trois points de repère correspondant à trois périodes distinctes et importantes du prog italien. Pour le golden age des seventies, je cite le deuxième album de Banco del Mutuo Soccorso (« Darwin »), un LP parfait de la première à la dernière note, qui est incontestablement le point haut de la discographie des romains (je pourrais aussi citer « Uomo di Pezza » de Le Orme ou « L’isola di Niente » de la PFM). Ensuite, pour la renaissance du prog italien au début des années 90,  je parle du premier album de Finisterre car ce groupe de Gênes a vraiment eu l’ambition de redonner ses lettres de noblesse au prog italien au bon moment et « Finisterre », sorti en 1995, est clairement une oeuvre ambitieuse pour son époque. Enfin pour la période plus récente (les années deux mille), je choisis le premier album d’Il Tempio delle Clessidre. La formation d’Elisa Montaldo a réussi en 2010 à catalyser le meilleur de l’ancien et du moderne. En plus, on entend sur ce disque la voix poignante de Stefano Galifi qui donne une intensité incroyable à la musique. Voilà, je sais c’est très réducteur. Que mes amis italiens me pardonnent ce raccourci.  
 
As-tu eu l’occasion de faire des présentations de ton nouveau travail?
Des présentations étaient prévues en mai et juin en France et à Milan. Elles ont été stoppées net avec la crise du coronavirus et le confinement décidé en France et en Italie. J’espère que nous allons pouvoir replanifier de nouveaux évènements pour présenter le livre sur Patrick Djivas.
  
Quel sera ton premier acte musical à la fin de cette urgence sanitaire?
Aller très vite en Italie pour assister à un concert ou à un festival avec plein de groupes prog italiens !
En attendant je pense beaucoup à mes nombreux amis italiens et j’espère tous les retrouver bientôt, souriants et en pleine forme.
 Merci à toi Athos et merci à tous ces musiciens italiens qui nous donnent autant de bonheur. Portez vous bien et faites attention à vous.
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